‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 14 sur 177 · Didachê, cap. \ii et ix · texte numérisé non relu

Didachê, cap. \ii et ix

3. Harnack a essayé de reconstruire artiûciellement, de pièces e de morceaux, la règle de fol usitée en ce temps. Cf. Burn, p. 31-32.

Orient au ii® siècle. A supposer qu'il ait été composé à Rome vers cette époque, les Orientaux auraient-ils songé dès lors à lui faire des emprunts ? La question ne comporte pas de réponse certaine. En tout cas, il n'est pas sans intérêt de connaître la règle de foi d'un docteur tel que saint Justin. Originaire de la Palestine et issu de parents païens, il devint un ardent propagateur de la doctrine chrétienne, dès que « les portes de la lumière s'ouvrirent à lui ». 11 enseigna à Éphèse, où probablement il fut baptisé, et à Rome, où il souffrit le martyre (vers 165). . A propos du baptême, Justin nous apprend que, de son temps, on donnait une instruction aux candidats, et qu'on exigeait d'eux une promesse. La formule baptismale qu'il nous apporte est un peu plus développée que dans saint Matthieu : « Au nom du Père de toutes choses et du Seigneur Dieu, et de notre Sauveur Jésus-Christ, et du Saint-Esprit ^ . » Sa christologie a quelques traits de ressemblance avec celle du Cred'o romain. Mais les variantes qu'elle offre dans les divers endroits des mêmes ouvrages où il l'expose empêchent de croire qu'il -se référât à une formule consacrée. Du reste, sur six passages qui renferment clairement sa doctrine sur ce point, cinq mentionnent la mort de Jésus, âitoQavôn^, expres-

1. Apolog. I, 61. La formule baptismale y est répétée deux fois, la seconde fois avec la mention : « Jésus-Christ qui a été crucifié sous Ponce-Pilate. »

2. Ces six passages se trouvent dans Apolog. I, 21, 31, 42, 46, et Dialog., 85, 132. M. Burn les donne parallèlement en un seul tableau [ouv. cité, p.37). Le plus important est une formule d'exorcisme {Dialog.,So) où on lit, à propos de Jésus, « Fils de Dieu et le premier-né de toute créature » : Atà IlapOÉvouYsvvriôévToçxal îraâïiTOù yêvouévou àv6pto7rou, xaî aTaupwOévxoç Itcc Hovitou niXàtou ûtïôtoù Xaou Û[ji.mv, xaî àuo6avovToç, ■x.ctX àvaaxàvTOç êx VEXpûv, xat àvaêàvTo; elç xov oijpavôv. Cf. Hahn, p. 4.

ÉTODES DE CRITIQUE. 3

sion qui manque au Symbole romain. Cependant il est impossible de nier une certaine parenté entre le langage de Justin et le texte du Credo usité à Rome. Kattenbusch cherche même à prouver que l'un procède de l'autre par voie d'emprunt ^ . Cette opinion ne paraîtra pas tout à fait dépourvue de probabilité, si on veut bien se rappeler que Justin a visité la Ville éternelle. Il resterait à prouver que le Symbole romain existait déjà à cette époque. C'est une hypothèse assez vraisemblable, comme nous le dirons plus loin. En résumé, il reste acquis qu'au ii^ siècle, les catéchumènes, pour recevoir le baptême, faisaient une profession de foi quelque peu détaillée sur la Trinité et sur la personne de Jésus-Christ.

U Apologie d'Aristide (vers 140-148) ne saurait nous fournir de plus explicites renseignements ; nous ne nous attarderons pas à la consulter^. Tournonsnous vers l'Occident.

Le témoignage d'Hermas serait bien précieux.

Mais sa profession de foi n'a trait qu'au premier article du Symbole : « Avant tout, dit-il, croyez qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui a tout créé et tout achevé, et tout fait de rien^. »

Nous ne connaissons guère que Marcion qui puisse nous renseigner sur l'état du Credo romain à cette époque. Il rompit avec l'Église romaine vers 145. Or, M. Zahn appelle l'attention sur un passage de l'épître aux Galates [Galat., iv, 24), remanié par cet hérétique à propos des deux Testaments. « L'un,

1. Kattenbusch, ouv. cité, t. Il, p. 279-298. Sur le Credo de Justin, cf. Hahn, oux). cite, p. 4-5, et Burn, p. 3o-40.

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