Riccioli et Yenturi, loc. cit
obtenir un aveu sincère de ses sentiments, Galilée protesta constamment que jamais, depuis 1616, il n'avait cru un instant, dans son for intérieur, au mouvement de la terre. Aussi ne fut-il pas condamné pour avoir soutenu cette doctrine, erreur ou hérésie aux yeux de ses juges, mais pour être véhémentement soupçonné d'y avoir cru malgré ses dénégations for- ^ melles et répétées. Et l'on voudrait qu'au moment où il venait de se soumettre à l'humiliante cérémonie de l'abjuration, il eût fait, spontanément et avec éclat, acte de parjure et de relaps, s'attirant ainsi, par manière de foudroyante réplique, les châtiments les plus redoutables! Et ses juges n'auraient pas relevé cette provocation! Et le pape l'aurait ignorée ou, la connaissant, aurait poussé la miséricorde jusqu'à gracier aussitôt, du moins en partie, le coupable ^ ! Tant d'invraisemblances réunies constituent une véritable impossibilité historique. On ne s'étonnera donc pas que les contemporains de Galilée n'aient pas eu connaissance du fameux mot qu'on lui attribue. La fabrication en est relativement récente. Il n'en est pas fait mention avant l'année 1761 2 ; et certains critiques lui supposent une origine allemande.
La peine de Galilée fut commuée par le pape, le jour même de sa condamnation ^. Le palais de l'ambassadeur de Toscane devint sa prison. Sur la demande de ses amis, il put même, quelques jours
1. « La condannatione fu subito permutata da Sua Beatit. in una relegazione al gîardino délia Trinita de Monte. » Dépêche de Niccolini, Le Opère, t. IX, p. 445.
2. La plus ancienne mention se trouve dans les Querelles littéraires, de l'abbé Irailh, 1761, t. III, p. 49. Cf. Gilbert, Le procès de Galilée, dans La Controverse, 1880, p. 102.