‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 18 sur 177 · Cf. Burn, ouv.cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Burn, ouv.cit., p

3, M. Burn a reconstitué {ouv. cité, p. 202) le symbole de Milan au

plus sensibles encore; nous allons les relever, en insistant plus spécialement sur celles qui étaient destinées à subsister dans le Textus receptus.

Une remarque générale qui s'applique à toutes les variantes ou additions que nous aurons occasion de signaler, c'est qu'elles se sont insérées dans le texte du Credo, de façon à ne pas changer le nombre des articles. Elles ne forment qu'une sorte d'apposition, quelle que soit d'ailleurs leur importance dogmatique, comme les phrases Descendit ad inferna ou ad inferos, et pîtam aeternam.

Dans le Credo d'Aquilée^ nous signalerons d'abord les mots inçisibilem et impassihilem qui s'ajoutent au texte romain du premier article. Il est remarquable, en effet, que, dès l'origine, cet article a reçu des additions, non seulement en Italie, mais en Afrique et ailleurs. L'une de ces additions était appelée à prévaloir, c'est le Creatorem caeli et tarisse de Nicétas de Remesiana.

Rufin note encore dans le Credo d'Aquilée la phrase Descendit ad inferna. Cette formule est caractéristique ; en Occident nul autre symbole ne la contient; en revanche, on la rencontre dans trois Credo orientaux du iv^ siècle : les symboles de Sirmium de 359, de Nicée de 359, et de Constantinople de 360^. Le symbole de Sirmium, d'où dérivent les deux autres, est l'œuvre de Marc d'Aréthuse qui

moyen de VExplanatio ad initiandos et des sermons 212-214 de saint Augustin. Cf. Hahn, ouv. cité, p. 36-38.

1. Voir le symbole d'Aquilée dans Burn {ouv. cité, p. 202) et dans Hahn, p. 42.

2, Kaî etç rà xaTa/Oévia xateXOovTa, xal xà èxstffs olxovo[jLïi(raVTa ôv nuXwpoi aôou îôovTsç eçpi^av. Credo de Sirmium de 359. Cf. Burn, p. 203, pour le texte de Nicée (359) et de Constantinople {360); et pour les trois conciles, Hahn, p. 204-208.

s'est vraisemblablement inspiré de saint Cyrille de Jérusalem ^ L'insertion de la formule descendit ad inferna dans le Credo d'Aquilée est-elle un emprunt fait à l'Orient? Rufîn ne le croit pas; ces mots sont pour lui l'équivalent de sepultus^.

Le Symbole de ISicétas de Remesiana a fourni une contribution assez importante, de façon plus ou moins directe, au Textus receptus. Nicétas était un homme considérable en son temps. Paulin de Noie, qui fut son ami, le qualifie de « père » , de -f. maître » et de « docteur ». Il vint à Rome et y fut grandement admiré pour sa doctrine. Le latin paraît avoir été sa langue maternelle ; mais il était assez familiarisé avec le grec pour lire les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem, auxquelles il fait volontiers des emprunts. Il ne fut pas seulement l'apôtre des Balkans; toutes les régions qui avoisinaient son diocèse ressentirent les effets dé son zèle et de son éloquence. Saint Paulin nous apprend qu'il composa des hymnes, et nous savons par Gennadius qu'il écrivit en simple et clair langage six livres d'instructions pour les néophytes, et, entre autres, un livre (le cinquième) sur le Credo ^. Ce dernier ouvrage a été retrouvé par dom Morin, à la bibliothèque municipale de Rouen '% avec une attribution erronée.

i. Cf. Cyrille, Catech. TV, cap. xiet xii.

2. On pourrait noter encore dans le Symbole d'Aquilée la Torme hujus carnis resurrectionem au lieu de cai'nis tout court. Eujus est pour marquer que notre corps ressuscité sera identique à notre corps actuel. On rencontre cette forme dans le sermon 242 faussement attribué à saint Augustin, Migne, P. L,, t. XXXIX, col. 2193. cf., à cet égard, Burn, ouv. cité, p. 203.

3. Sur Nicétas de Remesiana, cf. Burn, p. 232-23o, et Kattenbuscli, 1. 1, p. 403-407.

4. Codex A, 214 (xi-xn« siècl.)- Cf. Morin, Revue bénédictine de Maredsous, 1897, p. 97 et seq.

L'homonymie fut cause de l'erreur. Le nom de Nicétas fît penser à Nicétas d'Aquilée. Mais la conformité du titre : De îmmortalitate animae Nicetae in libro quinto ad compétentes ^, avec l'indication de Gennadius, montre bien que l'œuvre est de Nicétas de Remesiana. Or, de nombreux traits, propres à ce Credo, et étrangers au Credo romain primitif, devaient entrer plus tard dans la composition du Textus receptus. Nous avons déjà noté pour le premier article l'apposition caeli et terrae creatorem; nous relevons encore passus et mortuus au quatrième article, catholicam, communionem sanctoruin au dixième (c'est la première fois que la « communion des saints » est mentionnée dans un Symbole), et enfin vîtam. aeternam au douzième ^.

Celte dernière phrase n'est pas particulière à Nicétas. Elle est caractéristique du Credo africain dès le me siècle^ , et on la retrouve encore dans le Sermon 215 de saint Augustin. A noter seulement la transposition des trois derniers articles du Symbole qui prend dans l'Église d'Afrique cette forme singulière : remissionem peccatorum et carnîs resurrectionem, vitam aeternam^ per sanctani ecclesiam^. Ce tour est évidemment dû aux polémiques soulevées sur le caractère et l'unité de la véritable Église, hors de laquelle il n'y a pas de rémission des péchés ni de salut possible. Le premier article du Symbole comprend aussi dans saint Augustin une apposition

\. Ms. cité, fol. 123 v».

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