‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 21 sur 177 · Sur le Fides Romanorum, cf. Burn, p · texte numérisé non relu

Sur le Fides Romanorum, cf. Burn, p

3. Le Credo de Pelage, dans Burn, p. 228, et dans Hahn, p. 288,

4. Cf. son De Laude Sanctorum, cap. i, n» 2, éd. Tougard, p. 14.

5. Nicélas est-il l'auteur du Communionem Sanctorum, ou l'a-t-il

de l'église d'Afrique consiste dans l'addition de wtarn aeternam au dernier article ; la Gaule modifie le quatrième article en y ajoutant passas, et le septième par l'apposition Dei; Priscillien offre déjà la forme qui sera plus tard adoptée pour ce septième article : ad dexteram Dei Pati'is omnipotentis . Qu'une église ramasse toutes ces variantes et les fonde dans son Credo, et nous aurons, ou peu s'en faut, le formulaire qui constitue le Textus receppiis.

Mais ce n'est pas là l'œuvre d'un jour; il y faudra employer des siècles. La Gaule fut, à ce qu'il semble, le théâtre de cette lente élaboration.

Nous avons remarqué que la légende de Rufin reçut en Gaule sa forme dernière. Des documents assez nombreux font voir quel travail s'est accompli dans cette église autour du Credo. Nous ne nous attarderons pas à citer les formules de foi de Salvien ^ , de Leporius 2, de Bacchiarius ^, qui ne fournissent

emprunté et à qui ? Dom Morin étudie cette question dansiîeuMe d'Histoire et de Littérature religieuses (n° de mai-juin 1904, p. 209-233). Son opinion est que la formule est d'origine orientale, voire arménienne, et que Nicétas l'a empruntée à Cyrille de Jérusalem qui l'avait insérée dans son Credo, t. De Gubernatione Dei, VI, 6.

2. Leporius (v° siècle), né à Trêves, fut prêtre à Marseille ; il tomba dans le nestorianisme, fut converti par saint Augustin et revint en Gaule. Sa profession de foi: Libellus emendationis sive satisfaclionis est adressée aux évéques de Marseille et d'Aix. Dans Migne, P. L., t. XXXI, col. 1224; Hahn, p. 299; Burn, p. 133.

3. Bacchiarius était Espagnol; il vint en Gaule, où il fut soupçonné de prisciUianisme. Pour se justifier, il composa une profession de foi : fides Bacchiarii, dans Migne, P. L., t. XX, col. 1023; Burn, p. 131 ; Hahn, p. 286.

aucune lumière sur notre sujet. Mais, dès le v^ siècle, on aperçoit dans le Credo de Fauste de Riez des variantes qui le rapprochent sensiblement du Textus receptus. « Creatorem caeli et terrae », « mortuus », « descendit ad inferos », manquent encore; mais les quatre derniers articles ont leur forme définitive ^ sauf ohremissa peccatorum, au lieu de remissionem peccatorum ( « obremissa » est probablement d'origine bretonne ou irlandaise; on le retrouve dans V Antipîwnaire de Bangor, fin du vu® siècle ^),

Saint Césaire d'Arles (f 542) fait un pas de plus que Fauste. Son Symbole n'a pas encore creatorem caeli et terrae; au septième article il manque i)eï omnipotentis. Mais, sauf ces lacunes, tous les éléments qui entreront dans la composition du Textus receptus se trouvent réunis; la forme seule est différente de celle qui prévaudra, par exemple ad inferna descendit au lieu de descendit ad inferos^ etc. ^.

En regard du Credo de Césaire, nous pourrions placer celui de son contemporain, Cyprien de Toulouse, qui n'en diffère que par quelques mots, notamment l'omission de iJiortuus et la forme çenturus judicaturus au lieu de ventitriisjudicare^. Une particularité plus intéressante à noter, c'est la triple répétition du mot Credo qui se trouve en tête de chacune des trois divisions du Symbole : Credo in Deum Patrem; Credo et in Jesum Christum; Credo

\. Cf. Halm, p. 70; Burn, p. 223.

2. Sur le Symbole de l'Antiphonaire de Baugor, cf. Hahn, p. 83; Burn, 228. L'Antiphonaire fut d'abord édité par Muratori, dans ses Anecdota Ambrosiana, t. IV, p. 119-156 (Patavxi, 1713).

3. Cf. Hahn, p. 72; surtout Burn, p. 224-226. à. Cf. Burn, p. 22S-226.

in Spiritum Sanctiim. C'est là, paraît-il, une des caractéristiques du Symbole gallican.

La provenance du Credo attribué à saint Eloi [f 659) n'apasencore été soumise aune critique assez sévère. Nous n'y relèverons que deux omissions, par comparaison avec le Symbole de saint Césaire d'où il est censé tirer son origine : il ne mentionne pas la descente aux enfers ni la communion des saints * .

Vers l'an 700 se présente un groupe de documents gallicans qui sont d'un très grand intérêt pour l'histoire du Credo : nous voulons parler des ouvrages connus sous le titre, d'ailleurs défectueux, de Missale gallicanum et de Sacramentarium gallicanum 2, et du sermon faussement attribué à saint Augustin (serm. 242). Les divers symboles qu'ils contiennent ont un air de parenté indéniable. M. Burn les a étudiés en détail ^. Qu'il nous suffise de noter ici que les divergences qu'ils offrent avec le Textus receptus sont presque insignifiantes. Ils contiennent notamment, pour le premier article, l'apposition creatorem caeli et terrae. On verra plus loin l'importance de cette remarque.

Enfin, avec le sermon 241 du pseudo-Augustin et le traité dogmatique de saint Pirmin : Desingulis

\. Vita Eligii, lib. iï, cap. xv; Burn, p. 227; Hahn, p. 79. Dans le texte connu de la Vita Eligii, et dans Hahn, on lit communionem sanctorum. Mais M. Burn cite un manuscrit du ix'' siècle {cod. lat. Monacensis, 6430, fol. 37), où cette phrase manque. Cf. le texte de Krusch, dans Rerum merovingic. SS., t. IV, p. 731.

2. On sait que le Sacramentaire est un Missel et le Missel un Sacramentaire.

3. Ouv. cité, p. 234-237 ; cf. Hahn, p. 50, 73 et 77. Dans son article : The Texlus receptus of the Apostles' Creed, de juillet 1902 {The Journal of theological Studies, p. 488-489), M. Burn apparente encore à ces symboles ceux du Sacramentaire de Gellone et du pseudo-Augustin, sermon 243. Un des témoins du Sacramentaire de Gellone n'a pas l'apposition : Creatorem caeli et terrae.

libris canonicis ^ , nous nous trouvons en présence du Textus receptus. La provenance du sermon 241 est trop obscure pour qu'on puisse fonder sur son texte la moindre théorie ; on n'en connaît ni la date ni l'auteur ; il est seulement très vraisemblable qu'il tire son origine de la Gaule ^. Nous sommes un peu mieux renseignés sur saint Pirmin. Probablement originaii'e d'Irlande, il séjourna quelque temps en Neustrie et quitta la Gaule vers 720 pour se diriger vers la Germanie méridionale, où il fonda de nombreux monastères, entre autres l'abbaye de Reichenau (724) ^. Son traité qui contient le texte du Symbole, avec la mention de la légende rufinienne, date sans doute de cette époque. Voici la formule de son Credo; nous imprimons en italiques les mots qui le différencient du texte romain primitif '^ :

1. Credo in Deum Patrem omnipotentem, creatorem caeli et terrae.

2. Et in. Jesum Christum filium ejus unicum, Dominum nostrum ,

d. Le tLtre complet est : Dicta abbatis Pirminii, de singulis libris canonicis Scarapsus (scarapsus = excarpsus, excerptum, extrait). Migne, p. L., t. LXXXIX, col. 1029 et seq. ; Caspiarî, Anecdota, p. 131-193.

2. M. Hahn réunit en un seul texte les textes des sermons 240,241, 2i2 du pseudo-Augustin {ouv. cité, p. SO). M. Bum fait remarquer avec raison qu'ils ne sont pas de la même plume (ouv. cité, p. 237). M. Hahn (Ibid., note 86) constate que les trois sermons passent pour provenir de la Gaule ; mais comme, à l'entendre, les Credo gallicans ne contiennent pas creatorem caeli et terrae avant lexii^ siècle, il attribue les pseudo-augustiniens à la Haute Italie. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette attribution.

3. Sur saint Pirmin, voir A. Kôliler dans Herzug's Real-Encyklop. S'éd., t. XI, p. 692, etActa SS., nov., t. II, i (1894), p. 33. .

4. L'orlhograplie et la syntaxe de saint Pirmin ne sont pas très régulières. Ainsi : in Jesu Christo, filium ejus, ou discendit, ou encore sedit ad dexteram, ou même sancta ecclesia catholica. Cf. Burn, The Textîts receptus ofthe Apostles' Creed ô&as The Journal of theological Studies, July 1902, p. 48î.

3. Qui conceptus est de Spiritu sancto, natus ex Maria virgine.,

4. Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, ?norluus et sepultus, descendît ad inferna.

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