‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 32 sur 177 · Matlh., XIX · texte numérisé non relu

Matlh., XIX

2. De Exhortatione castilatis, cap. 13, P. L., t. H, col. 930.

que sept, les femoralîa ou jambières manquent à sa liste. Le savant alexandrin s'étonne de cette divergence et en cherche la raison. IjQS femoralîa, dit-il, figuraient la chasteté ; s'ils manquent dans l'énumération du Lévitique, c'est que les prêtres de l'Ancien Testament n'étaient pas tenus de pratiquer cette vertu perpétuellement, mais seulement pendant la durée de leur service au Temple. Et il ajoute : « Je me garderai bien d'appliquer cette interprétation aux prêtres de la loi nouvelle ^ ». Par là, ne donne-t-il pas clairement à entendre que les prêtres catliôliques devaient observer non pas temporairement, mais àperpétuité, la continence? Aussi, continuant son commentaire, il compare et oppose en quelque sorte la paternité spirituelle des prêtres de l'ancienne loi à la paternité spirituelle des prêtres de la loi nouvelle : « Dans l'Église aussi, les prêtres peuvent avoir des enfants, mais à la manière de celui qui a dit : Mes enfants, je souffre pour vous les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. » Une telle explication suppose que les prêtres catholiques, s'ils n'étaient pas tenus par une loi proprement dite d'observer la continence, la pratiquaient du moins ordinairement.

La même impression se dégage des textes patristiques du iv^ siècle. Eusèbe (-f- 340), examinant, au cours de sa Démonstration èvangélique, les raisons pour lesquelles la procréation des enfants est moins en honneur sous la loi nouvelle que dans l'Ancien Testament, fait observer que « la continence convient

1. a Sed ego in sacerdolibus Ecclesiae hujus modi intelligentiam non introduxerim. » In Levité Homilia VI, cap. 6, P. G., t. XII, cok 474.

aux prêtres et à tous ceux qui sont employés au service du Seigneur » : lepwjtévouç. . . dvéyeiv Àontov açaç aÔTobç irpocîT^xet tvîç ya^i.iKTi(; &[jt,t)aac ^. C'est dans le même sens que saint Cyrille de Jérusalem écrit : « Celui (évêque, prêtre ou diacre) qui veut servir comme il convient le Fils de. Dieu s'abstient de toute femme » : ■ El yotp ô Tw oîw xctXtoç îepaTeuwv àTziyexoLi Yuvaixoç ^. « Il est beau, dit de son côté l'auteur de la Constitution apostolique égyptienne (vers 400), que l'évêque ne soitpasmarié, ou du moins n'ait eu qu'une femme^. » Une lettre célèbre de Synésius, ce philosophe néoplatonicien devenu malgré lui évêque de Ptolémaïs, montre combien l'idée de la continence épiscopale était entrée avant dans les mœurs, même en Orient, aux environs de l'an 400. « Je ne puis, dit-il, cacher à mon frère ce que je veux que tout le monde sache... Dieu, la loi et la main sacrée de. Théophile (évêque d'Alexandrie) m'ont donné une épouse. Or je déclare hautement que je n'entends ni me séparer d'elle, ni avoir avec elle des rapports clandestins à la manière des adultères. La séparation serait impie ; les rapports clandestins seraient contraires à la règle du mariage. Je veux donc avoir d'elle de nombreux enfants "*... » Les critiques estiment que Synésius reçut l'épiscopat dans ces dis-

1. Demonstrat. evang., lib. I, cap. 9, P. G., t. XXn, col. 81.

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