‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 34 sur 177 · Adversus Vigilaniium, cap, 2, P. L., t. XXIII, col · texte numérisé non relu

Adversus Vigilaniium, cap, 2, P. L., t. XXIII, col

3. Bickell, Zeitschrift fur katoî. Théologie, 11, 44-46; III, 794.

son temps et forme Tidéal du sacerdoce chrétien. Son texte n'est donc pas de nature à trancher la question. Tertullien, quoi qu'on en dise, n'est pas plus explicite. « Combien de clercs, dit-il, font profession de continence ! » Quanti et quantse in ecclesiasticis ordinibus de contînentia censenturl Le sens du mot quanti, qui peut signifier : « Combien parmi les clercs observent (librement) la continence! » ou « combien sont nombreux les clercs, qui (tous) observent la continence! » doit être déterminé, assure-t-on, par le sens du mot quantse qui l'avoisine. Or celui-ci s'applique aux veuves, aux diaconesses et aux vierges, qui, toutes sans exception, étaient nécessairement astreintes à la chasteté. C'est donc que, selon Tertullien, le devoir de la continence s'imposait semblablement à tous les clercs ; autrement l'exemple qu'il proposait à son interlocuteur n'aurait pas été probant. Si quelques clercs usaient du mariage, il n'y avait pas de raison pour qu'un laïque ne fît pas comme eux K En bonne logique cette argumentation est irréfutable. Mais il reste à savoir s'il faut s'en rapporter à la logique de Tertullien. D'une façon oratoire (et l'on sait que cette façon est toujours la sienne) il pouvait proposer pour modèle à un veuf la majorité aussi bien que la totalité des clercs. L'exemple, sans être aussi convaincant, n'en eût pas moins été très persuasif. Et quand on prendrait son argumentation à la lettre, il faudrait encore prouver que le clergé dont il parle observait la continence en vertu d'une loi apostolique, et non en vertu d'une coutume plus ou moins récente.

Page 1