‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 46 sur 177 · P. G., t. LXVII, col. 101 et · texte numérisé non relu

P. G., t. LXVII, col. 101 et

LE CELIBAT ECCLÉSIASTIQUE. 95

propos du concile de Nicée, la seconde fois pour montrer les divergences de la discipline dans les diverses églises d'Orient.

« En Orient, dit-il, tous les prêtres illustres, voire les évêques ne sont contraints par aucune loi à s'abstenir de leurs femmes, s'ils veulent user des droits que leur donne le mariage ; un grand nombre d'entre eux, même durant leur épiscopat, ont des enfants de leur épouse légitime. Mais j'apprends qu'en Thessalie, s'est introduite une autre coutume; là, si un clerc dort avec une femme qu'il avait épousée étant laïque, il est déposé de ses fonctions ; l'auteur de cette loi ou plutôt de cette coutume est un évêque de Trikka, Héliodore. On observe la même règle à Thessalonique, dans la Macédoine et dans l'Hellade. » On s'est demandé si Socrate était bien sûr de ce qu'il avançait. La lettre de Synésius tendrait plutôt à établir que l'usage de l'Orient voulait que les évêques renonçassent à leurs droits conjugaux en recevant les ordres sacrés. Mais on a fait justement observer que la remarque de Synésius s'appliquait surtout à l'Egypte. L'Orient proprement dit pouvait obéir à d'autres règlements disciplinaires. Et Socrate était assez bien placé pour connaître les faits dont il rend témoignage.

Ces faits sont d'ailleurs conformes aux principes qu'il expose ailleurs. Pendant une des sessions du concile de Nicée, rapporte-t-il, « il vint à l'esprit de certains évêques d'introduire dans l'Eglise une loi nouvelle. On proposa d'interdire aux évêques, aux prêtres et aux diacres mariés tout commerce conjugal après leur ordination. Mais un évêque de la Haute Egypte, un vieillard vénérable, qui avait tou-

jours, pour son compte, observé le célibat, s'éleva énergiquement contre une pareille prétention. Il montra combien il serait imprudent d'imposer le fardeau de la continence non seulement aux clercs euxménies, mais aussi à leurs épouses. Le commerce de l'homme avec sa femme légitime est aussi une sorte de chasteté, dit-il ; c'est bien assez qu'on empêche, en vertu d'une ancienne tradition de l'Eglise, les clercs non mariés de prendre femme après leur ordination ; qu'on ne sépare pas ceux qui ont été ordonnés déjà mariés, ou du moins qu'on leur laisse la liberté de vivre ou non dans la continence, selon la préférence de leur cœur. L'autorité de Paphnuce trancha la question, ajoute Socrate, Il fut décidé que les clercs dans les Ordres majeurs seraient libres, après leur ordination, d'exercer leurs droits conjugaux ou d'y renoncer, à leur choix. »

L'authenticité de cet incident conciliaire a été révoquée en doute. Bickell estime qu'une telle anecdote est inconciliable avec ce que l'on sait de la pratique générale et obligatoire du célibat ecclésiastique dans l'antiquité chrétienne ^ Mais nous savons à quoi nous en tenir sur la prétendue généralité et obligation de cette pratique. Les preuves qu'en donne Bickell sont sans valeur. Le texte de Socrate, reproduit par Sozomène ^ et par Gélase de Cyzique ^, reste donc à juger en lui-même.

Bickell l'attribue aux préjugés de l'auteur, novatien avéré. La source où il puise son récit ne saurait saùs doute être indiquée, dit-il, avec une entière cer-

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