Hist. écoles., lib. I, cap. 23, P. G., t. LXVn, col
3. Hist. concilii nicaeni, II, 32. P. G., t.LXXXV, col. 1337.
titude; mais il y a tout lieu de penser qu'elle n'est autre que le prêtre novatien Auxanon, qui accompagna, jeune encore, l'évêque novatien Acésius au concile de Nicée. On peut donc, à bon droit, la tenir pour suspecte. L'ignorance où Socrate, simple laïque, était des matières de théologie, de liturgie et de droit canon, explique qu'il se soit laissé tromper dans une question de discipline un peu confuse.
La valeur du témoignage de Socrate ne dépend pas de sa plus ou moins grande connaissance de la. liturgie, de la théologie ou du droit canon. A-t-il su de bonne source que Papïmuce avait empêché les Pères de Nicée de faire une loi sur le célibat ecclésiastique? Toute la question est là. La source est novatienne, dit-on, et donc impure. Pourquoi? On a prétendu que les Novatiens avaient des idées plus larges que les catholiques sur les droits conjugaux du clergé. Rien de moins prouvé. Les Novatiens entendaient, au contraire, imposer aux laïques la loi de la monogamie, que saint Paul avait tracée uniquement pour le sacerdoce. S'ils étaient plus sévères que l'Église en matière de morale laïque, pourquoi veuton qu'ils aient été plus relâchés en matière de discipline sacerdotale? Les allégations de Bickell sont donc simplement tendancieuses et mal fondées. A supposer que Socrate n'ait connu que par les Novatiens la séance où fut traitée la question du célibat, l'historicité de l'incident n'en serait pas moins recevable ^ .
En somme, la chicane que l'on soulève contre le récit de Socrate provient d'un préjugé. On a cru
1. Cf. Funk, qui traite à fond ce point, Gôlibat und Priesterehe, p. lSO-153.
qu'un débat conciliaire sur une question déjà tranchée par l'antiquité chrétienne, voire par les Apôtres eux-mêmes, ne pouvait être qu'une légende à mettre au compte des hérétiques. Mais aujourd'hui que la discipline de l'Église primitive est mieux connue, l'anecdote dont Paphnuce est le héros, au lieu de paraître légendaire, offre au contraire tous les caractères de la vraisemblance ; elle ne fait que confirmer ce que nous savons par ailleurs sur la pratique du célibat ecclésiastique au commencement du iv** siècle.