‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 6 sur 177 · ETUDES DE CRITIQUE ET DHISTOIBE · texte numérisé non relu

ETUDES DE CRITIQUE ET DHISTOIBE

les présentait un à un au pape, qui leur posait les trois questions où se résume tout le Symbole ^ :

Credis in Deum Patrem omnipotentem ?

Credis et in Jesum Christum, Filium ejus unicum, Dominum nostrum, natum et passum?

Credis et in Spii'itum San'ctum, sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem?

Sur sa triple réponse affirmative, le candidat était immergé trois fois, pendant que le pontife prononçait la formule : Baptizo te in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.

L'initiation chrétienne comprenait donc une double profession de foi. Tune attachée au sct^utin, V axiXve à la cérémonie même du baptême ; la première plus longue et plus explicite, quoique brève encore, la seconde réduite à trois questions posées par le ministre du sacrement. La seconde n'offre, en somme, qu'un abrégé de la première, et il se pourrait qu'elle en eût formé le noyau primitif.

Nous sommes sûrs de posséder le Symbole romain tel que le récitaient, la veille de leur baptême, les catéchumènes ou « élus », soit en grec, soit en latin, La version latine nous a été conservée non seulement par Rufin, mais encore par un manuscrit qu'Usher a découvert et qui est connu sous le nom de Codex Laudianus 35 (du nom de l'archevêque Laud) -.

mosaïques des deux baptistères de Ravenne (iV® et v« siècles) le Christ est représenté entièrement nu au milieu des eaux du Jourdain.

i. Sur les interrogations de Fide, dans l'Église romaine au m^ et iv" siècle, voir les formules dans Hakn, ouv. cité, p. 34-35.

2. Sur ces divers textes, cf. Halm, ouv. cité, p. 24-23, n"' 19 et 20 ; Kattenbusch, t. I, p. 62 et seq. ; Burn, p. 43 et seq. Le Codex Laudianus, qui appartient à la Bodléienne d'Oxford, est habituellement désigné sous le titre Codex E Actuum. Il est du vn» siècle et fut

Marcel, évêque d'Ancyre en Galalie, nous a transmis la version grecque, et voici dans quelles circonstances : exilé de son siège par les intrigues des Ariens, il passa une grande partie des années 340 et 341 à Rome ; sur le point de retourner dans son diocèse, il rédigea une profession de foi, destinée à servir de gage de son orthodoxie, et que ses amis pussent alléguer pour sa défense. Le texte nous en a été conservé par saint Épiphane [Hœres.j LXXII), et c'est encore le savant Uslier qui a fait observer le premier que ce document n'était pas le Credo de l'Église d'Ancyre, mais celui de l'Église de Rome, que Marcel avait adopté et fait sien ^ . On y peut remarquer de légères variantes, par exemple, l'omission du mot « Père » dans le premier article, et l'addition des mots « vie éternelle » dans le dernier. Mais comme les manuscrits du texte d'Épiphane d'où ce symbole est extrait fourmillent d'erreurs, il y a lieu de penser que les variantes suspectes sont des fautes de copistes. Tel est du moins le sentiment des meilleurs critiques, de Caspari et de Burn 2. Ce qui avait amené Usher à proposer cette attribution, c'est la découverte d'un texte apparenté au Credo de Marcel d'Ancyre, texte tiré du Psautier du roi Ethelstan et sûrement conforme au Symbole romain primitif^.

apporté en Angleterre par les missionnaires romains, probablement par Théodore de Canterbury (669-660).

Page 1