‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 7 sur 177 · Cf. Hahn, p. 22, n» 17; Burn, p · texte numérisé non relu

Cf. Hahn, p. 22, n» 17; Burn, p

2. Caspari, ouv. cit., t. ni, p. dOi; Burn, ouv. cit., p. 46-47.

3. Hahn, p. 23, n° 18; Kattenbusch, t. I, p. 64 et seq. Le ms. Galba A XVni, biblioth. Cottonienne, au British Muséum, est du ix« siècle. Le texte primitif fut apporté en Angleterre, comme celui du cod. Laudianus, par les missionnaires romains.

TRADITION ET LÉGENDE SUR l'oRIGINE

DU Credo romain

L'Église romaine avait-elle, au iv^ siècle, une idée précise des origines de son Credo baptismal? Saint Jérôme, le Sacramentaire gélasien et saint Léon le Grand, qui représentent une période d'environ soixante- quinze ans, de 375 à 450, nous renseignent du moins sur l'opinion qui régnait de leur temps à ce sujet dans la Ville éternelle.

Saint Jérôme, qui fut baptisé à Rome, connaît le Credo romain et le cite expresséiiient dans un écrit contre Jean de Jérusalem ; il indique même le sens du dernier article. Son sentiment est que le Symbole est d'origine apostolique : Symboliun fidei... ah Apostolis traditum ^ .

Saint Léon semble faire une allusion discrète à la légende rufinienne que nous rapporterons plus loin. « Elle est courte et parfaite, écrit-il à l'impératrice Pulchérie, la confession du Symbole catholique, rédigée en autant d'articles qu'il y a d'apôtres^. »

Avec le Sacramentaire gélasien nous sommes en

d. Épître à Pammachius contre Jean de Jérusalem, cap. xxviii : « In Symbole fidei et spei nostrae, quod ab apostolis traditum non scribitur in cliarta et atramento, sed in tabulis cordis carnalibus, post confessionem Trinitatis et unitatem Ecclesiae, omne dogmatis cliristiani sacramentum carnis resurreclione concluditur. » Migne, P. L., t. XXIII, col. 380. Cf. Kaltenbusch, oun, cité, t. I, p. 63, note 11.

2. « Catholici symboli brevis et perfecta confessio quae duodecim apostolorum totidem est signala sententiis. » Ep. 31, n" 4, Migne, P.L., t. LIY, col. 794.

présence d'un document liturgique officiel. Les critiques sont loin de s'accorder sur l'âge des divers éléments qui sont entrés dans la composition de cet ouvrage. On peut cependant admettre^que la Préface qui précède la Traditio Symholi aux catéchumènes est fort ancienne et remonte, comme le veut Kattenbusclî, aux environs de l'an 400, sinon plus haut. Or, nous y lisons ce qui suit : « Recevez le sacrement du Symbole èvangélique, qui a été inspiré par le Seigneur et institué par les Apôtres, dont leS;paroles sont brèves, mais les mystères sont grands. Car le Saint-Esprit qui l'a dicté aux maîtres de l'Eglise a renfermé la foi du salut dans cette brièveté, afin que ce que vous devez croire et professer toujours ne puisse échapper à votre intelligence ni fatiguer votre mémoire ' . » Les expressions « Symbole èvangélique » sont un peu vagues. Par « les maîtres de l'Eglise », à qui « le Saint-Esprit a dicté » le Symbole, oh pourrait entendre les successeurs des Apôtres aussi bien que les Apôtres eux-mêmes. Mais en affirmant que « le sacrement du Symbole èvangélique a été institué par les Apôtres », il semble que l'auteur veuille lever tout doute sur sa pensée véritable.

Toutefois, on ne peut dire que son langage soit aussi précis et aussi décisif que celui des écrivains de la Haute Italie.

En dehors de Rome, en effet, quelques écrivains affirment, avec une assurance parfaite, l'origine apostolique du Credo romain. Voici ce que Rufin, prêtre

1. « Suscipientes evangelici symboli sacramentum a Domino inspiratum, ab Apostolis institutum... Sanctus etenim Spiritus, qui magistris Ecclesiae isla dictavit, » etc. The Gelasian Sacramentary, éd. Wilson, 1894, p. 53; Migne,P. L.,t. LXXIV, col. 1089.

d'Aquilée, écrivait aux environs de l'an 400 : « C'est une tradition de nos ancêtres, traduitt majores nostriy qu'après l'Ascension du Seigneur, lorsque le Saint-Esprit se fut reposé sur chacun des Apôtres sous forme de langues de feu, afin qu'ils pussent se faire entendre en toutes les langues, ils reçurent du Seigneur l'ordre de se séparer et d'aller dans toutes les nations pour prêcher la parole de Dieu. Avant de se quitter, ils établirent, en commun, une règle de la prédication qu'ils devaient faire, afin que, une fois séparés, ils ne fussent pas exposés à enseigner une doctrine différente. Etant donc tous réunis et remplis de l'Esprit- Saint, ils composent ce bref résumé de leur future prédication, brève istud futurae praedicationis îndicium, mettant en commun ce que chacun pensait, et décident que telle devra être la règle à donner aux croyants. Pour de multiples et très justes raisons, ils voulurent que cette règle s'appelât Symbole. C'est qu'en effet symbole, en grec, peut signifier à la fois indicium et collatio, c'est-à-dire ce que plusieurs mettent en commun, résumé. Et c'est ce que firent les Apôtres, en mettant en commun ce que chacun pensait ' . »

D'autres auteurs, contemporains de Rufîn, rapportent en des termes un peu différents les traditions locales touchant l'origine du Credo romain. Il faut

i. « Brève istud futui'ae sibi praedicalionis iadicium, in unum conferendo quod sentiebat unusquisque, componunt, atque banc credentibus dandam esseregulam statunnt. Symbolum autem hocmultis et justissimis ex causis appellari voluerunt. Symbolum enim graece et indicium dici potest et collatio, lioc est quod plures in unum conferunt. Id enim fecerunt Apostoli in his sermonibus, in unum conferendo unusquisque quod sensit. » Commentarius in Symbolum apostolorum, Migne, P. L.,t. XXI, col. 337. Cf. Kattenbuscli, ouv. cité, t. II, p. 4 et seq.

citer en première ligne une Explanatio SymboU ad initiandos, sur l'âge duquel les critiques ne sont pas d'accord (la plupart l'attribuent à saint Ambroise, Kattenbusch à saint Maxime de Turin ou à un disciple de saint Ambroise) ' , mais dont la provenance est en tout cas très vraisemblablement italienne- L'auteur enseigne que « les saints Apôtres se sont réunis pour composer le bréviaire de notre foi » . Aussi serait-il criminel de l'altérer, soit en y ajoutant, soit en retranchant quelque chose. « Comme il y a douze apôtres, il y a douze articles. Ce symbole, composé et transmis par les Apôtres, est celui que tient l'Eglise romaine, où siégea Pierre, le Prince des Apôtres, qui apporta avec lui la doctrine rédigée en commun ^. »

Quelque opinion que l'on adopte sur la provenance de VExplanatio SymboU ad initiandos, il semble avéré que saint Ambroise attribuait au symbole de l'Eglise romaine une origine apostolique ; témoin la lettre adressée au pape Sirice par un concile de Milan et dont Ambroise fut très probablement l'inspirateur. C'est un hommage rendu à l'autorité irréfragable du Symbole des Apôtres si bien gardé par Rome : Sed si doctrinis non creditur sacerdotiim, credatur... Symbolo Apostoloruniy quod Ecclesia romana interner atiim semper custodit et servat ^.

Voici donc une série de témoignages qui, vers l'an

1. Caspari (omv. cilé, t. II, p. 48-127), dom Morin (Revue bénédictine, XI, 337 et seq.) et Burn (omu. cilé, p. 203 et seq.) se prononcent en faveur de saint Ambroise; Kattenbuscli (omu. cité, t. I, 84 et seq. et 406; t. II, p. 7 et seq.) estime que l'ouvrage est du v» siècle et il est porté à l'attribuer à saint Maxime.

2. Appendix aux Œuvres de saint Maxime, Migne, P. L., t. LVII, col. 83o-8o6.

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