Sessîo XXIV, can
Il restait à en assurer l'exécution. Pendant de longues années l'œuvre fut d'une difficulté inouïe.. Au xiii^ siècle, cependant, les prêtres qui vivaient dans le concubinage ne formaient plus qu'une exception. Pour voir le chemin parcouru par la réforme, il suffît de comparer la situation du clergé d'un diocèse donn^ le diocèse de Rouen par exemple, à l'époque où Calixte II portait ses décrets et, cent cinquante ans plus tard, sous l'épiscopat d'Eudes Rigaud'. Le progrès de la discipline suivit à peu près la même marche dans le reste de l'Eglise latine. Mais au xiv® et au xv° siècle, la loi du célibat subit une nouvelle décadence. Il fallut le grand effort tenté par le concile de Trente (1545-1563) pour ramener le clergé à l'observation de la continence canonique. L'institution ou, si l'on veut, le fonctionnement régulier des séminaires, qui date de cette époque, est le moyen le plus efficace qu'on ait encore trouvé de former par un sérieux apprentissage les futurs prêtres à la pratique de leurs devoirs et notamment à la pratique de la chasteté.
1. En 1119, l'archevêque Geffroy, ayant voulu imposer aux prêtres mariés de son diocèse la loi du célibat, fut hué dans sa cathédrale; il y eut même à cette occasion des scènes de pugilat. Orderic Vital, Hist. eccles., lib. XU, cap. 13, Mîgne, P. L., t. CLXXXVIU, col. 887. Dans le concile que le même archevêque tint en 1128, sous la présidence du légat Mathieu, évéque d'Albano, et où furent renouvelés les décrets de Calixte II : « ut nullus presbitcr uxorem habeat », les choses se passèrent déjà plus convenablement. Orderic Vital, loc, cit., cap. 23, col. 921. Sur la situation du clergé rouennais dans la seconde moitié du xin« siècle, voir le Regestrum Visitattonum d'Eudes Rigaud, édité par Bonnin, Rouen, 1852.