Ep. 42, n. 51, Mignc, P. L.,t. XVI, col
400, s'accordent pour assigner au Credo romain une origine apostolique. L'auteur de VExplanatio Symboli ad înitiandos et Rufin se font l'écho d'une légende plus explicite. Ils racontent en propres termes que « les saints Apôtres se sont réunis (à quel moment? vers le temps de la Pentecôte, selon Rufm) pour composer le bréviaire de notre foi, ce qu'ils nommèrent le Symbole ». D'où provient cette. forme de la tradition et à quelle date remonte-t-elle^?
Rufin dit la tenir des anciens : tradunt majores nostri. Cette locution est un peu vague. Tout au plus pourrait-on en conclure, en toute rigueur, que la tradition a cent ans d'existence. Caspari fait remarquer qu'en un autre endroit Rufin désigne par majores des auteurs du iii^ siècle ^ . Il est impossible de préciser davantage le sens de cette expression.
Est-il plus aisé d'indiquer la provenance de la légende? Comme elle est attachée tout spécialement au Credo baptismal de Rome, on pourrait être tenté de croire qu'elle est d'origine romaine. Mais aucun des auteurs qui parlent au nom de cette Église ne semble connaître la tradition dont Rufin et VExplanatio se sont faits les échos. Il semble donc qu'il faille en chercher ailleurs la source.
On sait que Rufin avait beaucoup voyagé ; il avait séjourné quelque temps à Jérusalem et dans les environs; il connaissait Alexandrie aussi bien que R.ome ; il peut donc être considéré comme un témoin des traditions de l'Orient, non moins que de celles de l'Italie. Caspari affirme, il est vrai, qu'il est impossible de trouver en Orient la trace d'une tradition
\. Caspari, t. II, p. 96, note 69.
qui imputerait aux Apôtres la composition d'un Credo baptismal quelconque ^ Mais il ne faudrait pas donner à cette assertion un sens trop absolu. D'une part, il est constant que les Constitutions apostoliques (VII, 41) indiquent pour le baptême une « profession de foi » qui est censée provenir des Apôtres. D'autre part, ces mêmes Constitutions rapportent (VI, 14, cf. 11) que tous les Apôtres se sont réunis pour composer « une doctrine catholique, » xaGoXixrj SiSacxorXîa 2. Tout cela ne constitue pas, à proprement parler, la légende que nous transmet Rufin, mais en fournit- au moins quelques éléments. Les Constitutions, d'origine syrienne, sont vraisemblablement contemporaines de Valens (364-378). Il est très probable que Rufîn les connut. La légende se concilie fort bien avec leurs prétendues traditions ^.
Nous pouvons remonter plus haut encore ce courant traditionnel. Les chapitres des Constitutions apostoliques, auxquels nous nous référons, sont des remaniements de textes plus anciens. Le chapitre xli du septième livre, par exemple, a pour source un texte liturgique dont l'origine reste à déterminer, et le sixième livre offre une adaptation de la Didascalie des Apôtj^es, du m^ siècle, que saint Epiphane a connue encore (vers 375) ■*. M. Zahn appelle justement l'attention sur cette Didascalie d'origine syrienne, qui contient le passage suivant si caractéristique :