Mist. Franc, lib. m, cap
2, Hauck (Die Bischofswahlen, p. 13) est cependant d'un avis coutrair».
Pénétrons avec lui, par exemple, sur le domaine de Thierry P"", qui comprend l'est et une partie considérable du sud de la Gaule ^ Grégoire, qui était d'origine arverne, s'intéresse particulièrement au siège épiscopal de Clermont. Il nous apprend donc qu'à la mort d'Eufrasius (515), le peuple élut, pour le remplacer, l'évêque de Rodez, Quintianus, que les Goths avaient chassé de son diocèse. Mais l'ambition d'un prêtre, nommé Apollinaire, suspendit l'effet de cette élection. Les sœurs et l'épouse d'Apollinaire circonvinrent Quintianus, qui n'aspirait qu'au repos, et le supplièrent de renoncer au siège de Clermont, en faveur de leur parent. Ce désistement obtenu, elles envoient à la cour Apollinaire, chargé de présents, Thierry se laissa circonvenir, et Apollinaire fut ordonné évêque. Quatre mois plus tard, il mourait. Thierry jeta alors les yeux sur Quintianus. « C'est par amour pour nous, dit-il, que cet homme a été chassé de son diocèse. Qu'on l'établisse sur le siège de Clermont. » Ses envoyés convoquèrent alors les évêques de la province et le peuple de la cité, qui s'empressèrent de combler le désir du prince 2. Ainsi, cinq ans seulement après la mort de Clovis, la royauté intervient directement dans les nominations épiscopales, et le clergé et le peuple n'ont pas l'air de s'en étonner.
Cela est plus frappant encore dans la nomination du successeur de Quintianus : « Quintianus étant
1. Grégoire de Tours {loc. ci7. ;cf. lib. X, cap. 31) raconte que « Theodorus et Proculus episcopi qui de partibus Burgundiae advenerant, ordinante Chrotechilde regina, tribus annis Turonicam rexerunt ecclesiam ».De ce récit sommaire faut-il conclure que les Tourangeaux ne furent pas consultés pour cette translation?