‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 89 sur 177 · Hist. Franc, VI, IS · texte numérisé non relu

Hist. Franc, VI, IS

chius, il fit simplement acte d'autorité ou, pour mieux dire, d'arbitraire.

L'arbitraire régnait ainsi dans la majeure partie des royaumes francs. Avec Cliilpéric et Brunehaut, on pouvait se croire revenu au temps de Clotaire 1". L'Eglise cependant prenait de plus en plus conscience de sa force. Sa richesse toujours croissante lui donnait, quelque prestige auprès des populations et même auprès des rois, qu'elle offensait ^ La politique profondément religieuse de Contran augmentait encore son influence. L'action que le fondateur de Luxeuil exerça autour de lui pénétra pareillement au fond des palais. 11 ne craignait pas de gourmander les souverains aussi bien que les évêques. Les intérêts généraux de l'Égiisele préoccupaient non moins vivement que le soin de son propre monastère. Il interrogea résolument le pape pour savoir s'il pouvait rester en communion avec les évêques simoniaques ^, et, lorsque les évêques s'assemblèrent à Chalon-sur- Saône afin de le juger ,àl les félicita, non sans ironie peut-être, de leur zèle, et les engagea à se réunir plus souvent pour veiller à l'observation des canons ecclésiastiques ^. On peut admettre que ses efforts ne furent pas sans succès. Au début du vii^ siècle, les abus de pouvoir en matière religieuse paraissent moins fréquents à la cour de Théodebert II et de Thierry IL Tout porte à croire que Lupus de Sens *,

1. « Periit honor noster, disait Chilpéric, et translatus est ad episcopos. » Greg. Tur., Hist. Fr., VI, 46.

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