Der Diakon Stephanus
daient pas entre elles. Et d’ailleurs cette improvisation ne s'achève pas. Si Luc avait composé ce discours, il l'aurait établi d'une façon plus logique et aurait répondu d’une façon plus précise aux accusations des Juifs contre Etienne. On n’y retrouverait pas d’ailleurs la couleur sémitique qui se trahit dans ce discours. Luc a dû avoir une traduction de l'araméen.
XV. Miss F. M. Stawell a soutenu, dans une communication faite à l’ « /nternational Medical Congress » tenu à Oxford que Luc était Romain!. La langue et le style de son œuvre le prouveraient. Son style est modelé sur le latin ou sur le grec des Septante. Luc a connu les écrivains grecs médicaux et il était probablement médecin; mais quelques-uns des meilleurs écrivains médicaux de cette époque étaient Romains. Le nom de Aoux& n'est pas grec mais romain; c’est un surnom de la gens Aenaea. Cette origine romaine expliquerait la sympathie de Luc pour l'autorité romaine, son désir de la montrer dans son meilleur jour. Enfin le plan qu'il suit dans son livre, faisant de Rome l'aboutissement de la prédication chrétienne, serait aussi une indication de l’origine romaine de Luc. Remarquons seulement que la couleur latine de la langue de Luc est peu évidente. Le grec de Luc, dans les parties qui lui sont entièrement propres, telles que le Journal de voyage, est le grec de la conversation des gens instruits. Nous ne nous arrêterons pas au parallèle qu'établit miss Stawell entre les Actes et l'Enéide.
XVI. Dans une étude sur les autorités dont s'est servi Luc pour établir son récit des douze premiers chapitres des Actes, Ramsay? déduit les conclusions
4, St. Luke and Virgil.
. The authorities used in the Acts, I-XII.
suivantes : La valeur historique de ces chapitres dépend des sources auxquelles Luc les a empruntés. Qu'il ait eu des sources écrites, on n’en peut douter, mais il ne les a pas reproduites servilement, il les a complétées à l’aide de renseignements obtenus de par ailleurs. Cela ressort de ce fait qu'il existe entre les détails de quelques récits des différences qui ont fait douter de leur réalité historique. Ainsi, il y a entre les trois récits de la conversion de Paul, IX, 1-19; XXII, 3-21; XX VI, 9-20, des détails divergents qu'on a souvent relevés. Si Luc les a laissés subsister, ce n’est pas qu'il ne les ait pas vus, mais il les a reproduits tels qu’il les avait appris, sans y rien changer, parce qu’à son point de vue et pour le but qu'il se proposait, ils étaient sans importance.
Nous nous rendons compte de ce travail de l’historien sur ses sources par l'examen du discours de Pierre à ses frères pour l'élection d’un apôtre à la place de Judas, I, 16-22. Il n’a certainement pas été prononcé tel que nous l’avons, et ne reproduit pas la source originale dans tous ses détails. Ce discours de l’Apôtre contient des termes qui ne répondent pas à la situation du moment : Pierre parle à ses frères de leur ministère, Gtaxovia, de leur épiscopat, ërioxomi expressions qui rappellent l’organisation primitive des églises. Remarquons cependant que ces termes peuvent avoir été employés dans leur sens général, et non dans le sens administratif qu'ils ont reçu plus tard. Le discours donne surtout des explications, nécessaires pour les lecteurs grecs, mais inutiles aux Juifs qui l’entendaient. Tels doivent être le récit de la mort de Judas et surtout le ÿ 18 : « Ce qui aussi a été connu de tous les habitants de Jérusalem, tellement que ce champ a été appelé en leur propre langue, Hakeldama, c'est-à-dire le champ du sang. » Nous devons conclure
de ces observations que Luc a ajouté des détails au fond authentique du discours,
Luce a emprunté plusieurs de ses récits à des documents, mais il a eu aussi communication de quelquesuns d’entre eux de la bouche de témoins oculaires, qu'il a connus à Jérusalem, vers 57-59, lors de la captivité de Paul, I les a appris de plusieurs rapporteurs, ce qui explique la différence de certains détails, lesquels n’ont pas été suffisamment amalgamés. Parmi ces témoins, les plus importants furent le diacre évangéliste, Philippe et ses filles. C’est de celui-ci qu'il tenait probablement les discours de Pierre et il les a peu remaniés, tenant ce témoin pour très véridique. Ces discours n’ont pas l'empreinte ordinaire du style de Luc et surtout les phrases y sont assez mal construites, Il semble bien qu'on ait là les notes d’un auditeur, qui a reproduit les phrases de l’orateur à peu près telles qu'elles ont été prononcées. Il y a des mots qui ne se rapportent à aucun verbe. Prenons, par exemple, le discours de Pierre au centurion Cornelius, ÿ 34-43. C’est une suite d'idées détachées, qui viennent les unes après les autres sans être reliées . d’après les règles de la syntaxe. |
Nous n’avons pas à relever les traits archaïques que l'on remarque dans les discours de Pierre, Observons seulement combien les récits qui encadrent ces discours sont naturels, simples, vraisemblables, C’est un témoin oculaire qui a raconté la guérison du boiteux de naissance, l'arrestation de Pierre et de Jean et les autres récits des chapitres IV, V, VII, VIII. Et ce témoin est Philippe, qui a certainement rapporté à Luc l’évangélisation de la Samarie, VIII, et la conversion de Cornelius, X.
C'est un autre témoin qui a raconté à Luc la scène qui se passa lorsque Pierre justifia devant l’église de :
Jérusalem sa conduite à l'égard des païens. Il répète ce qui a été raconté au chapitre précédent, mais avec des différences de présentation. La phraséologie du second discours de Pierre reproduit davantage celle de Luc que précédemment. La phrase de Pierre : Mnôauüs, Kôpre, dre oùdéote Éparyoy rüv xouvdv xat x pro, X, 14, de forme hébraïque, est changée, XI, 8, en Mnôapoc, Kôpue, Or1 xouvdv À Gxdfaprov oùérors sise eîc rd gtoua pou, de forme tout à fait grecque. On pourrait citer encore d’autres divergences et les expliquer par ce fait que, dans le second exposé, Luc fait davantage œuvre d’hisiorien et traite plus largement ses sources que dans le premier.
Le récit qui relate comment Pierre fut délivré de la prison, XIJ, 3-17, est palpitant de vie. C’est un tableau achevé, d'une vérité et d'un pittoresque qu'on trouve rarement même dans les récits de Luc. Aucun détail inutile, aucune amplification; la narration est simple et rapide. Nous avons certainement là le récit qu’a dû faire Pierre des faits et des réflexions que lui a suggérées l'intervention de l’ange. Il est probable que le
narrateur est un de ceux qui ont entendu Pierre dans
la maison de Marie, mère de Marc, lorsqu'il raconta sa libération. On a pensé à la servante Rhoda, qui a
pu donner tous les détails que contient le récit. Il est
. possible aussi que Luc l’ait connu par Jean Marc. En
tout cas, il porte tous les caractères de la vérité historique.
XVII. Dans l'Analyse critique des Actes des apôtres! Wellhausen donne une série de notes où il . essaye de distinguer les parties qui proviennent de sources de celles qui ont été surajoutées. Voici quelques-unes des observations qu’il présente : La descrip-