‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 12 sur 162 · Licht vom Osten · texte numérisé non relu

Licht vom Osten

férencier cette langue du grec contemporain. Il prouve

son hypothèse en montrant qu’on retrouve le grec du Nouveau Testament — même dans ce qu’il a de plus caractéristique, c’est-à-dire dans ce qu'on avait cru provenir de l’hébreu ou de l’aramén — dans les inscriptions, et sur les ostraka.

Nous n'avons pas à entrer dans le détail de ce travail de Deissmann ; nous avons déjà exposé dans l'Histoire des livres du Nouveau Testament, tome III, p. 325-338, tout ce qu’il apportait de nouveau sur la langue du Nouveau Testament et le secours qu’il fournissait pour l’exégèse. Nous continuons à penser que la connaissance du grec populaire pourra être utile pour comprendre celui du Nouveau Testament, mais qu'il faudra aussi tenir grand compte du grec des Septante, de Polybe, de Josèphe et des autres écrivains de ce temps-là. Il y aurait lieu aussi de relever

. un peu plus le caractère littéraire de certains écrits du Nouveau Testament que ne le fait Deissmann. Sans parler de l’épître aux Hébreux qui est une œuvre d’excellent grec, on devra tenir la plupart des épitres pauliniennes pour des œuvres d’une belle tenue littéraire. Il ne faudrait pas, pour juger ces écrits, prendre toujours pour norme les écrits classiques. Il est des pages de l’épître aux Romains pour ne parler que de celle-là qui égalent et, à notre avis, qui dépassent en éloquence les plus belles pages des écrivains classiques.

IT. E. Buonaiuti! a recueilli dans un volume des études sur diverses questions de philologie et d’histoire néotestamentaires. Il a eu pour but principal de faire ressortir l'importance que peuvent avoir pour l'interprétation et l'intelligence du Nouveau Testa-

4. Saggi di Filologia e Storia del Nuovo Testamento. ÉTUDES DE CRITIQUE. . 4

ment les inscriptions et les papyrus récemment publiés.

IV. Nos lecteurs savent que les philologues modernes enseignent que le gree du Nouveau Testament n’est pas une langue spéciale, comme on l’avait cru autrefois, mais la langue parlée au temps de Notre-Seigneur dans tous les pays de langue grecque. Rouffiac! partage cette opinion et il prouve qu'elle est bien fondée en l’établissant à nouveau à l'aide des inscriptions grecques trouvées à Priène, ville de la côte d'Asie Mineure. Les textes qu’il étudie appartiennent à l'époque de la formation de la langue commune et sont de peu antérieurs au christianisme, à peu près de l’an 334 avant Jésus- Christ jusqu'au commencement de l'ère chrétienne.

Dans une première partie, consacrée à la grammaire, Rouffiac étudie les questions d'orthographe, de phonétique, de morphologie et quelques particularités de l'emploi des prépositions. Ainsi l'expression, &rù r0Ù viv, désormais, fréquente dans Luc, et qu'on retrouve dans les papyrus est aussi dans deux inscriptions de Priène. [pd y est aussi employé pour marquer une date comme dans Jean, ainsi que &té, non classique, dans ce sens, mais employé par Luc, pour désigner l'espace de temps pendant lequel une action se passe.

Dans la seconde partie : Vocabulaire et syntaxe, sont examinés les mots prétendus bibliques, les constructions dites hébraïsantes, les termes spéciaux à la langue commune et qu’on retrouve dans le Nouveau Testament. L'expression xurx mpéswmov, au sens de coram, terme technique de la langue judiciaire, est employée dans ce sens par Actes, XXV, 16 et plusieurs textes de Magnésie et de Priène. ’Anévavrt, inconnu au

4. Recherches sur les caractèmes du grec dans le Nouveau Testament, d'après les inscriptions de Priène.

grec classique, mais qu'on trouye dans Matthieu, est de la langue commune. L'expression qu’emploie Paul dans son discours aux Athéniens, Act, XVII, 21, of émunmodvres Éévar, étrangers en séjour dans la ville, était courante à son époque. On trouve employés dans le même sens dans le Nouveau Testament et les inscriptions de Priène les termes occéetu, uioleate, rdcuç rkç Auépac, de yéypantat et l'expression qu’emploie plusieurs fois Paul pvelav moutsôa. Les remarques sur le vocabulaire de Luc sont fort intéressantes.

La troisième partie, portant sur la langue religieuse et morale, contribuera à l’étude du problème des rapports du Nouveau Testament avec le monde grec, en recherchant ce que les expressions techniques des cultes païens, en particulier du culte impérial, apportent à la compréhension historique du Nouveau Testament. L'auteur étudie d’une façon approfondie l'inscription qui rapporte la proposition du proconsul Paulus Fabius Maximus de commencer l'année le jour de la naissance d'Auguste et l'éloge qu'il fait du prince à ce sujet. On y trouvera des expressions néotestamentaires, doyrepebs, edayyéhwov, xüproc, xrlotnc, aura. Enfin l’auteur relève toutes les expressions de la piété et de l'idéal moral communes aux inscriptions et aux écrits néotestamentaires, telles que edcéfeux dans le sens de piété envers Dieu, evoi, bienveillance. Toutes les qualités que doit avoir un évêque d'après Paul sont attribuées dans les inscriptions à divers citoyens. Ï1 fait remarquer enfin que l'argument que l’on a voulu tirer des noms propres cités au chapitre XVI de l'épître aux Romains pour établir que les destinataires étaient des Romains ou des Ephésiens ne prouve

‘rien, car on retrouve ces noms propres dans toute

. l’étendue de l'empire.

Page 1