Jésus de Nazareth, T, p. 354, n. 1, Paris
Dans le codex Baroccianus !, 142, on trouve le passage suivant, emprunté, croit-on, à l'Histoire ecclésiastique de Philippe de Side (vers 430) : Ilamius Ev r@ Geurépw Aoyw Xéyer dt Lodvyns [6 6sokdyoc] xat "Téxwboç & 4&dehpoc adroù ümd Loudatwv &vnpéänoxv.
Dans le codex Coislinianus, 305, la Chronique de
Georgios Hamartolos?, moine byzantin du 1x° siècle, rapporte ceci : Après Domitien, Nerva régna un an; il rappela Jean de l’île (Patmos) et lui permit d’habiter à Ephèse. Il restait seul des douze disciples et après avoit écrit l’évangile qui est selon lui, il fut jugé digne du martyre, car Papias, évêque d'Hiérapolis, qui a vu cela, dit, au second livre de ses discours du Seigneur, qu'il a été mis à mort par les Juifs, êr éd "Tovdaiwv &vnpéôn. » Et il ajoute qu'il a ainsi accompli la prophétie de Notre-Seigneur à son sujet : Vous boirez, dit-il à Jean et à son frère Jacques, la coupe que je bois et vous serez-baptisés du baptême dont je suis baptisé.
Il est probable que ce témoignage de Papias ne fait qu'un avec celui de Philippe de Side et lui a été emprunté. Si l’on examine le contexte, on se convainc que Georgios Hamartolos place ce martyre de Jean après le règne de Nerva, 96-98 après J.-C., et non en 44, date du martyre de Jacques, son frère. Il rappelle même que, d'après Eusèbe*, Jean habita l'Asie et mourut à Hphèse, “Ludvvrs ÔÈ rhv ‘Aaiav, mpèç oÙc xat dre étsheutnoev êv "Epéow.
On avouera que les divers faits relatés sont contradictoires et permettent de supposer que ce passage a été interpolé. Or, ce passage ne se trouve que dans un
4. Édité par pe Boon; Neue Fragmente des Papias, Hegesippus und Pierius, p. 170, 1888. Leipzig.
2. GEORGIOS HAMARTOLOS, Chron., éd..Muralto, 1859, p. XVII ss.