Die Entstehung des Johannesevangeliums. Halle am S
Clemen déclare qu’il est impossible de faire accorder dans leur ensemble le IV° évangile et les évangiles synoptiques. Quant aux discours du Seigneur ils sont aussi basés sur une tradition, mais la forme est du fait de l’évangéliste. L'auteur conclut que le IV° évangile ne peut avoir été écrit par l’apôtre Jean, mais il l’aurait été par un juif converti qui a dû avoir des rapports avec l'Apôtre et a utilisé des récits ou des paroles de Jésus qui venaient de celui-ci.
Dans la partie générale, Clemen étudie les trois questions suivantes : À quelle date le IV° évangile a-t-il été écrit; en quel lieu et par qui? D’après lui, il n’a pas été écrit avant 94, parce que, dans certains détails des récits, de la passion principalement, il dépend de l’évangile de saint Luc, ni après 125, puisqu'à cette époque on en trouve des traces dans les écrivains de ce temps.
Le IV° évangile a été écrit à Éphèse où a vécu l’apôtre Jean, vers la fin de sa vie. Clemen discute avec soin l'hypothèse qui a été soutenue par plusieurs critiques à savoir que Jean aurait été mis à mort en même temps que son frère Jacques, par l’ordre d'Hérode, vers l'an 44. I] la rejette comme fondée sur des preuves insuffisantes, par exemple les paroles de Jésus aux fils de Zébédée, Mc, X, 39, et un passage de Papias, et parce qu’elle est opposée au témoignage formel d’Irénée. Nous avons déjà dit quel était, d’après Clemen, l'auteur du IV° évangile.
Nous ne pouvons discuter en détail le système qui est proposé dans cet ouvrage; faisons seulement deux observations. Il n’y a pas, nous semble-t-il, une différence bien profonde entre la théorie de Clemen et celles qu’il combat, tout au moins au point de vue des résultats. De plus, comment expliquer qu'un évangile, inspiré dans plusieurs de ses parties par un
témoin oculaire, l’apôtre Jean, et écrit, sinon de son vivant, du moins peu de temps après sa mort, a reproduit tant de traditions de médiocre valeur historique et si peu, au contraire, de faits authentiques? Nous croyons donc que l’ensemble du travail de. Clemen ne peut être accepté, sauf en ce qui concerne la réfutation des hypothèses contre l’unité du IV® évanile.
XVIIL. Il n’est pas nécessaire de nous arrêter longuement au gros ouvrage de Franz Overbeck! sur l'évangile de saint Jean, car il offre peu de choses que l’on puisse tenir pour démontrées. Après un exposé très détaillé des hypothèses de la critique contemporaine sur le IV* évangile, depuis Bauer jusqu'à Wrede — la meilleure partie du travail à notre avis — et une discussion sur la façon dont s’est formée la tradition sur l’origine johannique du IV* évangile et sur l’apôtre Jean, l’auteur expose son système : Dans une des dix premières années du n° siècle, un chrétien inconnu, prohablement un Juif converti, très au courant des spéculations alexandrines, a écrit cet évangile pour défendre contre les gnostiques sa foi à Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, et la faire accepter par les chrétiens convertis du paganisme. Pour donner du corps et de l’autorité à son travail il a emprunté aux évangiles synoptiques les faits de la vie du Seigneur, mais les paroles et les discours mis dans la bouche de Jésus sont de son invention, ainsi que les faits que l’on ne trouve pas dans les synoptiques. Il n’y a donc pas lieu de croire que pour ces discours et ces faits il a reproduit une tradition particulière. Tout ce qui n'est pas conforme aux synoptiques, les détails chronologiques, géographiques, est inauthentique. Quant à la tradition