‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 153 sur 162 · La structure de l’Apocalypse de saint Jean · texte numérisé non relu

La structure de l’Apocalypse de saint Jean

mation du siècle présent et l'établissement du siècle futur, après le jugement général. Le P. Allo fait ensuite remarquer que ces diverses parties ont des caractères communs : l'emploi des nombres consacrés et symboliques, un fond de.scène commun dans les visions et dans chacune de celles-ci une partie narrative et une partie prophétique.

Quant aux objections que l’on présente contre l’unité de l’Apocalypse du fait des redites apparentes ainsi que de la présence de certains morceaux qui troublent le rythme présumé, le P. Allo les explique par ce qu'il appelle a loi de l’emboitement, le développement en ondes concentriques, la loi de périodicité dans l’exposition de l’antithèse, par la loi des deux phases, la répétition des images, etc. Ces diverses constatations de la structure de l’Apocalypse prouvent que nous avons là un écrit fortement charpenté. « Nous dirons pour conclure, écrit le P. Allo, que l’Apocalypse nous apparaît déjà, non comme une compilation chaotique et échevelée, mais comme une œuvre d’art spontané, d’une magnifique venue. Le rythme, malgré les atteintes partielles au parallélisme, en est très nettement marqué. Les développements en volutes et le glissement des symboles ne nuisent pas à la régularité symétrique des pensées. C’est une œuvre d’art qui nous déroute d'abord, il est vrai, mais qu’on admire toujours plus à mesure qu’on la pénètre mieux. On comprend qu’elle a pu jaillir brûlante, et comme un tout indivisible de la mémoire et du cœur du Voyant... Joignez à cette unité de pensée l'unité de langage, aujourd'hui reconnue. »

L’article'très important du P. Allo sur l’Apocalypse et l'époque de la parousie est analysé dans Études de critique et d’exégèse, au chapitre : La proximité de la parousie d’après saint Paul.

IT. Dans son commentaire sur l’Apocalypse!, F. Gigot attribue cet écrit à l'apôtre Jean, affirme que l’apôtre Jean et le presbytre du même nom sont la même personne et soutient que la langue de l’Apocalypse ressemble à celle du IV* évangile. Il maintient la parfaite unité de l’Apocalypse et tout ce qui est contenu dans le livre est strictement adapté au point de vue de l’auteur. Il ne peut être rangé dans la classe des apocalypses de l’époque. C’est un livre de profonde prophétie.

IV. Voici comment le P. Allo? explique les particularités diverses que l’on relève dans l’Apocalypse : « Si Jean pour avoir rendu témoignage au Christ, avait été ainsi condamné par un proconsul — car il est peu probable que César se soit jamais occupé de lui — à l’état de forçat, comment eüût-il pu composer un parfait ouvrage de style, même faire aussi bien que pour l’évangile? Ecrivant en de rares moments dérobés au labeur, en proie à la fois à l'émotion violente de révélations surhumaines, et aux peines, et aux craintes du dehors, obligé peut-être de profiter de la première occasion pour envoyer son livre en cachette à Ephèse, comment aurait-il fait pour soigner sa diction ? Il faudrait plutôt admirer ce qu'il a pu y mettre d'art, en des circonstances si défavorables pour un écrivain; nous ne jugerons pas qu'il n'aurait pu faire mieux s’il avait travaillé en liberté et en repos.

« Pour notre part, c'est vers cette deuxième conjecture que nous inclinerions. L’Apocalypse en effet avec la part d’incohérence, ou du moins d’imparfaite harmonie qu'il faut reconnaître dans son symbolisme, avec ses grossières fautes grammaticales, qui ne peuvent

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