‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 158 sur 162 · Novum Teslamentum graece, Okonii, s. d · texte numérisé non relu

Novum Teslamentum graece, Okonii, s. d

An à

telle que l'avait publiée Jérôme!. Ils ont édité jusqu’à présent les évangiles, les Actes des apôtres et l'épitre aux Romains.

H. I. White publie maintenant tout le Nouveau Testament en édition mineure. Î[l a reproduit les parties publiées de la grande édition et pour le reste il publie les parties qui avaient été préparées et non encore publiées. Le texte est accompagné de nombreuses variantes et en tête du volume se trouve l'index des autorités citées.

IIT. Le manuel de Kenyon? est divisé en huit chapitres. Le premier est consacré à définir la tâche de la critique textuelle et à déterminer l'étendue des corrections qu'il y a lieu de faire subir au texte, fourni par les manuscrits, afin de reproduire, dans la mesure du possible, le texte original du Nouveau Testament. L'auteur fait observer avec raison que les variantes portent à peine sur la millième partie du texte et que ces variantes, quelque sérieuses et intéressantes qu'elles puissent être, ne mettent en péril aucun des dogmes chrétiens.

Dans le second chapitre il essaye de se représenter quelle a été la forme des autographes du Nouveau Testament, puisque nous ne les possédons plus. Ils ont été écrits sur papyrus, car le parchemin n'était employé, au 1°’ siècle, d’une manière générale, que pour les notes, pour les copies à bon marché, ou en feuilles détachées ; il n’ont pas d’ailleurs été écrits par des scribes professionnels. Quant aux copies, faites par des particuliers, elles n'étaient pas surveillées et présentaient de nombreuses variantes. Or, ce sont précisément ces copies qui ont été sauvées, au temps

4. Nouum Testamentuim latinum, secundum editionem Sancti Hieronymi : editio minor, curante Henrico I. White. Oxonii, MDGCCCXI. 2. Handbook to the textual Criticism of the New Testament.

k70 CRITIQUE ET PHILOLOGIE DU NOUVEAU TESTAMENT. des persécutions, car celles des églises furent détruites. Céci nous expliqué pourquoi nous trouvons tant de leçons divergentes dans les manuscrits du Nouveau Testament.

Dans le troisième chapitre sont décrits les manusérits majuscules et dans le quatrième, les manuscrits minuscules, Kenÿon expose la manière de désigner les manuscrits. C'est Wetstein qui est l’initiateur de là notation, perfectionnéé par Tischendorf et Scrivener et employée jusqu'en ces dernières années. Actuellement, deux nouvelles notations ont été proposées, l'une par von Sodén et l’autre par Gregory. Kenyon préfère cette dernière parce qu’elle est peu compliquée et laissé subsister une partie de l'ancienne notation. Celle de von Soden lui paraît fort ingénieuse, et il croit qu’elle pourra devenir familière à celui qui la prätiquera ordinairement, mais qu'elle sera difficile à rétenir par l'étudiant qui ne s’en servira qu'occasion< ellemént. Elle ne séra pas d’ailleurs aussi ütile que le pense von Soden. Ce dérnier a voulu surtout donner ‘par les signes qu'il emploie la date des manuscrits. Mais, d'abord, la date des minuscules est fort incertäiné; de plus, ce qu’il importe surtout de connaître, c'est la date des manuscrits dés neuf premiers siècles. Or, tous les manuscrits antérieurs à l'an 900 sont, dans cette notation, catalogués én bloc indistinctement. On ne saura donc pas exactement auquel des neuf premiers siècles appartient le manuscrit noté. L'incon vénient le plus grave de cette nouvelle notation est de réndre difficile l'identification des manuscrits : pour les codex bien connus, tels que « B, on se rappellera facilément que von Soden les noté 32 ét 31, mais, qui se souviendra que e19 désigne le codex Purpureus Petropolitanus ou «1029 le codex Augiensis ? Îl faudra avoir constamment recours à la nomenclature,

Ïl n'y à pas lieu de nous arrêter à la description des manuscrits, très complète et très exacte, comme on pouvait l’attendre d’un paléographe aussi expert qué Kenyon, qui, d'ailleurs, comme directeur du British Museum, a sous la main les meilleurés sources d'information. Nous signalerons seulémént quelques observations intéressantes. Il est très probable, d'après notre auteur, que le Sinaiticus et leVaticanus ont été copiés en Egypte. 11 fait encore remarquer, après avoir catalogué et décrit les principatx manuscrits minuscules, qu'une très petite partie des 3218 que nous possédons a été collationnée. Et l'on connaît encore moins les Lectionnaires.

Lé cinquième chapitre traite des vérsions anciennes ; une attention spéciale est donnée, comme il convieñt, aux versions les plus anciennes et les plus importantes, les versions syriaques, coptes et latines. Kenÿon étudie assez rapidement le Diatessaron, les syriaques Sinaïtique et Curétoniénne et adopte l'opinion de Burkitt sur la date d’origine de la Peschitto. Rabbula, évêque d'Edesse, en 411, traduisit le Nouveau Testament en . syriaque, et ordonna qu’une copie en fût déposée dans chaque église pour l'usage du culte. Or, avant Rabbula, on ne trouve aucune citation de la Peschitto, tandis qu'après lui elles se multiplient; c'est donc sa traduction qui est la Peschitto. Tous les syriacisants n’ont pas adopté cétte opinion. Les versions Sinaïtiqué et Curetonienne représenteraient la vieille version syriaque des évangiles, ce qui nous paraît très probable. A propos de la version philoxéno-harkléenne, : Kenyÿon n'étudie pas la question posée en ces dernières années : La vérsion harkléenne est-elle représentée par les manuscrits que l’on croyait jusqu'à présent la contenir?

Quant aux versions coptes, elles dateraient de la

fin du n° siècle ou de la première moitié du rn° siècle; * la Sahidique serait plus ancienne que la Bohaïrique. . - La Sahidique contient un nombre considérable de variantes analogues à celles du codex de Bèze et de ses congénères. Kenyon a soin de rapporter en note que Horner, le dernier éditeur de la version sahidique, trouve que ces variantes sont moins nombreuses qu’on ne l'avait supposé tout d’abord.

L'hypothèse de l’origine africaine de la Bible latine est celle qui est aujourd’hui le plus en faveur; elle le sera de plus en plus d’après Kenyon. La date probable de cette traduction serait le milieu du m° siècle; il nous semble qu'il faudrait plutôt la reporter vers la fin de ce siècle. Mangenot serait même d'avis qu'elle a été faite entre l’an 210+et 220. :

À propos de la version gothique, nous aurions aimé que l’auteur traitât plus en détail ses rapports avec les versions latines de type italien, et, en particulier, avec le codex Brixianus. On trouvera sur cette question une bonne étude de Mangenot dans l’article qu'il a écrit sur Ulfilas dans le Dictionnaire de la Bible de Vigouroux, Vol. V, col. 2354.

Le sixième chapitre est consacré aux citations néotestamentaires des anciens écrivains ecclésiastiques et le septième à la critique textuelle du Nouveau Testament. Dans celui-ci sont passées en revue les éditions les plus remarquables du Nouveau Testament depuis la Polyglotte d'Alcala jusqu’à nos jours et les systèmes de critique textuelle qui ont été élaborés pour l’établissement du texte néotestamentaire !.

Le chapitre huitième où il est question du problème textuel est très suggestif. Quatre types de texte,

14. Les éditions des critiques catholiques, Brandscheid, Hetzenauer, Bodin, ne sont pas mentionnées. Il n’est pas parlé non plus du traité de Paulin Marlin sur la critique textuelle du Nouveau Testament.

æ$ y à, sont présentés avec leurs caractéristiques textuelles, les manuscrits qui les contiennent et leur valeur critique. L'opinion de Kenyon sur la solution probable de la question du texte du Nouveau Testament a été exposée dans Le Nouveau Testament dans l'Eglise chrétienne, T. Il, p. 487.

[V. Dans son travail : The primitive Text of the Gospels and Acts, A. Clark prouve la fausseté de la règle de critique qu'avait émise Griesbach : Brevior lectio, nisi testimonium vetustorum et grapium auctoritate penitus destituatur, praeferenda est verbosiort. Librarii enim multo proniores ad addendum fuerunt quam omittendum. L'étude des manuscrits de Cicéron lui avait prouvé combien elle était peu fondée; l'examen des manuscrits Vaticanus, Sinaiticus, Alexandrinus lui démontra que pour le Nouveau Testament elle était d’une fausseté évidente. « Le procédé, dit-il, a été de contraction et non d’extension. Le texte primitif est le plus long et non le plus court. On le trouvera non pas dans les codices x B A ou dans la majorité des manuscrits grecs, mais dans les textes occidentaux, c'est-à-dire dans les anciennes versions et le codex de Bèze, et dans les plus anciens écrivains ecclésiastiques. Si mon analyse estexacte, nous sommes ramenés en arrière à un archétype des quatre évangiles sous forme de codex qui ne peut pas être plus ancien que le milieu du n° siècle. Cet archétype paraît avoir contenu les passages les plus sérieusement contestés par les critiques récents : la finale de Marc et la péricope de la femme adultère de Jn, VII, 53-VIIT, 11. »

Pour les. Actes, tous les manuscrits, y compris le codex de Bèze, proviennent d’un ancêtre écrit, non en lignes égales, comme c’est le cas pour les évangiles, mais en cola et commata, c'est-à-dire en lignes de

longueur variable suivant le sens dé la phrase, comme est écrit le codex de Bèze. Le texte ordinaire a été développé de celui-ci par l’omission fréquente de lignes, accompagnée de modifications dans le texte. Clark! à répondu aux objections qui ont été faites à son système. Il fait remarquer que le Vaticanus et

le Sinaïticus représentent un texte plus récent que

celtii des anciénnes versions latines et syriaqués qui datent de la fin du n° siècle et qu'ils ont été copiés en Égypte, pays où les critiques se sont éxercés à reviser les textes, d’où il suit que le téxte primitif du Nouveau Testament a dû être mieux conservé à Antioché et à Rome. Nous avons déjà dit ce que nous pénsions de la valeur critique du texte occidental.

V. Voici les principales conclusions du travail de A. Souter sur le texte du Nouveau Testament ? : On ne peut espérer qu'il soit fait, du moins de notre temps, dé grands progrès sur le texte de Westcott-Hort pour lé rapprocher des autographes originaux. Si ces critiquës n'ont pas dit le dernier mot, ils ont du moins posé des fondations qui permettent d'insérer lés découvertes nouvelles dans léur système.

La découverte de nouveaux matériaux fera pencher la balance en faveur de leçons que Westcott-Hort, se

.basant sur l'évidence qu'ils avaient, ont rejetées ou placées en marge du texte. Il en est ainsi pour l’addi-

tion de xet rñç vuuoñs, Mt, XXV, 1 et la suppression de

rc apuptlus, Jn, VIIT, 34 après ces paroles du Seigneur : ‘O roubiv vhv duaptlav SoÙkds ct. On trouverait encore d’autrés additions explicatives dans le texte du Nouveau Testament.

Les papyrus récemment découverts ont pérmis

1. The primitive Text of the Gospels and Acts, dans The Journal of theological Studies, janv. 1915, p. 225. London. 2. Noëum Testamentum graece.

d'établir quelle était l'orthographe des mots grecs à l'époque où furent copiés les manuscrits du Nouveau Testament. Ainsi la forme £° £kxiôt, qu'on ne croyait pas usuelle, se trouve dans les papyrus et les inscriptions. Le v euphonique est dans tous les payrus contenant des parties du Nouveau Testament.

Souter remarque qu'il y aurait lieu de reconstruire le texte du Nouveau Testament qu'ont commenté les anciens exégètes, par exemple celui de l'Ambrosiaster et de tenir le plus grand compte de leurs commen: taires parce qu'étant plus près des temps apostoliques ces exégètes avaient ii l'intelligence du texte des avantages que nous n’avons plus.

VIL Nous avons publié dans Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, T. Il, p. 490, les conclusions auxquelles était arrivé H, C+. Hooker après vingt ans de recherches dans les manuscrits du Nouveau Testament, Il vient de les établir dans Codex B and its allies. Voici ce qu’il veut démontrer : « Ma thèse, écrit-il, est que ce furent B (Vaticanus) et x (Sinaiticus) et leurs ancêtres avec Origène qui revi« sèrent le texte « Antiochien », et que, quoiqu'il y ait eu un archétype plus ancien que ces deux groupes de textes, le texte « Antiochien » est, dans beaucoup de passages, plus pur, sinon meilleur et plus près de l'archétÿpe original que beaucoup de textes en vogue en Égypte. » Cf. Revue bibl., juil. 1920, p. 448.

VIII. Nous avons déjà parlé de l'ouvrage de J. Vogels! sur les anciens évangiles syriaques et leur räpport avec le Diatessaron de Tatien, dans lèquel il veut démontrer que ces versions dépendent du Diatessaron. Dans un premier travail, Die Harmonistik im Evangelientext des Codex Cantabrigiensis, il avait

4. Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, T. II, p. 213.

essayé de prouver que le Codex D, contenant de nombreuses leçons harmonisantes, a dû prendre sa forme actuelle sous l'influence d'un Diatessaron grec pour le texte grec et d’un Diatessaron latin pour le texte latin. S'appuyant sur ces résultats il déduit des leçons harmonisantes du manuscrit sinaïtique des évangiles et du manuscrit Curetonien que ces versions dépendent d’un Diatessaron syriaque, qui ne peut être autre que le Diatessaron de Tatien. Le P. Lagrange! n’est pas de cet avis et dans une discussion très serrée de l'ouvrage de Vogels il démontre qu'il n’a pas établi l’antériorité de Tatien sur l'ancienne version syriaque et donc sur l’usage que celle-ci aurait fait de celui-là.

IX. Les versions égygtienne, bohaïrique et sahidique sont de première importance pour la solution des problèmes de la critique textuelle du Nouveau Testament, en particulier de celui de l'extension du texte occidental et de l'existence en Égypte du texte grec représenté par le Vaticanus et le Sinaiticus. En 1898-1905, Horner a publié la Version copte du Nouveau Testament en dialecte bohaïrique ou memphitique et en 1911 la Version copte des évangiles en dialecte sahidique ou thébain; c’est de cette dernière que nous parlerons ?.

Le travail a été particulièrement difficile, car nous ne possédons de cette version aucun manuscrit complet; Horner a dû rassembler les fragments des évangiles répandus un peu partout afin d'arriver à présenter un texte sans lacunes. Il a réussi à donner les quatre évangiles en entier sauf quatorze versets de Mare, I, 20, 21, 24-29; XVI, 2-7. Quelques autres ver-

4. Revue biblique, N. S., 9° année, p. 284. Paris, 19192. 2. The Coptic Version of the New Testament in the southern Dialect.

sets de Matthieu et Luc sont incomplets. En face du texte copte, il a placé une traduction anglaise, très littérale, où il suit, autant qu’il est possible, l'ordre et les particularités du texte copte.

En note est fourni un apparat critique qui rendra les plus grands services à tous ceux qui étudient le texte des évangiles. Horner, en effet, ne s’est pas contenté de reproduire les variantes du texte sahidique et des autres versions coptes, mais il compare encore chaque leçon de ce texte avec celles des manuscrits grecs et des autres versions. Il explique cet apparat critique à la fin de son troisième volume. Il nous semble que s’il avait dressé un tableau des abréviations et des sigles qu'il emploie, ses explications auraient été plus utiles.

On avait cru jusqu'à présent que la version sahidique avait admis beaucoup de variantes occidentales. Horner croit bien que les leçons occidentales sont plus nombreuses que les autres variantes, mais il soutient que dans l’ensemble la version sahidique est en accord avec le texte neutre, tel qu’il se trouve dans le Vaticanus et le Sinaïiticus. De même que le texte neutre, la sahidique omet la péricope de la femme adultère, les versets de la sueur de sang dans Luc. Mais elle donne la lecon occidentale de Luc, XXII, 53 : La pierre placée devant le sépulcre du Seigneur était telle que vingt hommes pouvaient à peine la déplacer. Reconnaissons cependant qu’elle ne contient pas les autres grandes interpolations des textes occidentaux. On y trouve la doxologie du Pater, VI, 13, qu'on croit d’origine syrienne sous la forme suivante : Délivre-nous du mal, parce que est tienne la puissance et la domination pour toujours. La date que donne Horner à la version sahidique, 188 après J.-C., nous paraît trop reculée.

X. Le P. Lagrange a exposé dans la Revue biblique! le système de critique textuelle qu'a élaboré von Soden, et fait ressortir les points de vue sur lesquels il n’est pas complètement en accord avec lui. C’est à ces derniers que nous nous arrêterons. Von Soden rejette l’ancienne conception d'un texte neutre au 1v° siècle, qui n'aurait jamais subi de recension, et la conception rivale d’un texte plus riche, dit occidental, dont les leçons, attestées au n° siècle chez Justin et chez 1rénée, n'auraient pas moins d'autorité que celles des manuscrits plus purement grecs dans certains cas donnés. ‘En d’autres termes, le texte occidental est-il un texte - ” original ou n'est-il qu'une déviation du texte original? Bousset tient pour un texte grec occidental qui aurait donné naissance aux versions latines. Von Soden croit que le texte occidental n’a jamais existé tel quel et que c’est sous l'influence du Diatessaron que le type I H K a été déformé dans les versions latines et syriaques. Le P. Lagrange pense qu’il n'y eut jamais deux textes grecs dont l’un eût été presque le rival de l’autre. Il croit qu'il se trouve dans la tradition dite occidentale telle leçon préférable à toute la tradition des manuscrits grecs, mais ces leçons ne font point partie d'un texte lié qui eût été au 11° siècle aussi distinet des autres que H ou K. Mais il lui est impossible de rendre Tlatien responsable soit du nombre énorme des harmonisations de K, soit des leçons secondaires, si originales qu’elles soient, qu'on rencontre dans le groupe I.

De l’examen des leçons occidentales le P. Lagrange conclut : « Les traductions latines ont bien pu être faites d'après un type I H K, comme le soutient Soden, être gâtées plus que d’autres textes par des tendances

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