‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 27 sur 162 · Geschichte der paulinisshe Forschung · texte numérisé non relu

Geschichte der paulinisshe Forschung

2, The Pauline Epistles,

saloniciens, I-IIT; Il Thess., ILT; les épîtres aux Colossiens et à Philémon et probablement Romains, XIV. Luc serait l’auteur des Pastorales et de Romains, XVI, 25-27. Pour justifier ces attributions d’écrits, Scott s'appuie sur les différences de doctrine, de style que présenteraient ces quatre groupes.

XV. Sous ce titre : The Teaching of Paul in terms of the present Day, W. Ramsay étudie les doctrines de Paul, telles qu'on peut les présenter actuellement. Il met dans un très haut relief un Paul, homme d'action, haïssant l’idolâtrie, passionné pour le bien, dont Jésus était le modèle, C'était un génie pratique, qui n’a point emprunté à l’hellénisme ses spéculations,

mais son goût de la liberté individuelle et de l’éducation morale, Les mystères païens n'ont eu aucune influence sur la religion chrétienne. Paul n'a pas ignoré l'existence et les pratiques des mystères, mais il les a condamnées. L'épître aux Galates serait antérieure au concile de Jérusalem. Titus n'aurait pas été contraint à la circoncision, mais il s'y serait soumis de lui-même, ou se serait éloigné pour n'être pas un sujet de querelle; Paul n'était pas épileptique; il était atteint de la malaria d'Asie Mineure. En appendice sont étudiées les questions suivantes : Allocution de Paul à la Cour de l'Aréopage à Athènes; rapports de Paul avec les mystères grecs; la théorie que Paul était épileptique; l'hymne de l'amour céleste (1 Cor., XIII) : l'emprisonnement et le procès supposé de Paul à Rome (Actes, XXVIIT); la date de l’épître aux Galates; l'usage du mot mystère dans les épîtres ;

D' Deissmann sur les épîtres de Paul comme littéra=

ture.

XVI. Dans sa brochure Probleme der Paulusforschung, R. Kmopf examine rapidement les problèmes qui se posent sur Paul, sa vie et ses doctrines. Sur les

événèéments de sa vie il n’a rien dé nouveau à dire : l'intérêt de son travail est surtout dans les positions qu’il soutient sur les rapports entre Paul et le monde de son temps. Paul était Juif et il a fortement subi l'influence du judaïsme; ses doctrines principales lui viennent de l'Ancien Testament et du rabbinisme contemporain. Mais c'était un Juif de la Diaspora; il est né et il a vécu dans le monde grec. Il parlait le grec et de ce fait il a été imprégné des idées grecques; sa mystique lui vient de l’hellénisme et en particulier des mystères païens. On découvre chez lui deux ordres d'idées : les unes complètement juives : la Loi, la foi, les œuvres, lesacrifice expiatoire, la justice de l'homme, - la justice de Dieu; les autres qui lui viennent de l'hellénisme : l'esprit et la chair, la mort avec le Christ et la résurrection, la vie dans l'Esprit et l'union avec le Christ. Il resterait à démontrer que certaines res« semblances plutôt extérieures entre quelques idées de cette époque et les doctrines que Paul a vécues et développées par suite de son expérience religieuse - prouvent une dépendance de celles-ci à celles-là : la ressemblance n'implique pas toujours la dépendance. Dans son article « Paul et l'hellénisme », Knopf soutient que l’Apôtre a reçu une certaine culture grecque et qu’il a connu, à un certain degré, la philosophie de son temps, particulièrement le stoïcisme. Il rapproche des épiîtres pauliniennes quelques passages des écrits stoïciens. Dans le traité, De mundo, 6, il est dit que « Dieu, quoique invisible à toute nature mortelle, . est vu par celle-ci d’après ses œuvres, » Et Cicéron, dans ses Tusculanes, I, 70, dira aussi : « Deum non vides, tamen ut deum agnoscis ex operibus suis. » Ceci nous rappelle l’épître aux Romains, 1, 19, 20. C'était un principe fondamental de la morale stoicienne que toute action morale doit suivre la loi non

écrite, établie en l’homme par la nature et par Dieu, Cicéron, De legibus, I, 6, 18. Paul parle aussi de cette loi non écrite, Rom., II, 15. Knopf relève encore d’autres rapprochements entre les écrits stoïciens et les épîtres pauliniennes.

Il est persuadé aussi que certaines doc Rn de Paul: l'union intime du croyant avec le Christ; la vie nouvelle, la résurrection avec le Christ, le Dieu sauveur, lui ont été inspirées par les religions de mystères. Nous avons essayé de prouver dans un article du Dictionnaire apologétique de la foi catholique, t. II, Les mystères païens et saint Paul, que malgré certaines ressemblances de termes, les doctrines de Paul

- étaient indépendantes de celles des religions de mystères. Voici la conclusion : « L’apôtre Paul connaissait à fond les Saintes Écritures dont il s'était instruit dès sa jeunesse ; elles étaient, on doit l’affirmer, la base de sa mentalité religieuse. Il avait reçu les enseignements des rabbins qui l’avaient initié aux spéculations de la théologie juive. Enfin et surtout, Paul avait reçu directement de Notre-Seigneur la révélation de l'Evangile et, de plus, il avait été instruit de la vie et des enseignements du Seigneur par la tradition apostolique. . N'oublions pas la puissante personnalité morale et religieuse de l’Apôtre qui, éclairé tout d’abord par les lumières qui lui venaient des Saintes Écritures, puis par la révélation directe du Seigneur et par l’enseignement apostolique, soumettait tout au creuset de son

-expérience religieuse.

« On peut donc affirmer a priori que l'esprit de Paul ne devait pas subir profondément des influences en dehors de celles-ci, sauf, pour ainsi dire, à la périphérie de son esprit. Des conceptions aussi étrangères aux conceptions juives et chrétiennes que celles des religions de mystères ne pouvaient qu'être extérieures

à celles qui formaient un tout bien uni dans son esprit.

« Nous reconnaissons que l'Apôtre a connu certaines doctrines des religions de mystères ét même des rites de ces mystères; il ne pouvait en être autrement, car ces idées étaient, on peut le dire, du domaine public ; elles n'étaient pas secrètes. En outre, Paul, étant en fréquentes relations avec des convertis païens, dont quelques-uns avaient été initiés aux mystères, a dû apprendre de ceux-ci les conceptions et les rites des mystères : les premières pour les combattre et les seconds pour les juger. Que certains termes tels que yootç, d6a, mvedua, vods aient traduit dans les religions de mystères des conceptions analogues à celles que nous retrouvons dans les épiîtres pauliniennes, cela ne prouve en aucune facon que Paul leur ait emprunté ces idées. Ressemblance n'implique pas dépendance. Les idées que représentaient ces termes venaient d’ailleurs à l'Apôtre, en très grande partie de l'Ancien Testament. » |

Il peut y avoir eu aussi des analogies d'idées. « Des idées très générales, remarque L. Venard'!, peuvent se retrouver à la base de beaucoup de religions différentes sans qu'il y ait lieu de supposer une influence réciproque, comme par exemple, l’idée de la participation à la vie d'un Dieu sauveur, idée qui peut naître spontanément des besoins religieux communs à l'humanité. Pour pouvoir affirmer que saint Paul l’a empruntée aux cultes d’Adonis et de Mithra, il faudrait que la ressemblance s’étendit à la conception même du salut et au mode de sa réalisation. Or, tout le monde doit reconnaître qu’en dehors de l’idée générale commune, il y a plus de différences que d’analo-

1. Les origines chrétiennes dans : Où en est l’histoire des religions? t. II, p. 225. Paris, 4911.

gies entre le christianisme paulinien et les diverses formes du paganisme mystique. »

En définitive, la théologie particulière de l'Apôtre était fondée sur des conceptions absolument étrangères aux conceptions païennes, à savoir sur la foi en Jésus- Christ crucifié, envoyé dans le monde par son Père pour sauver l'humanité par sa mort rédemptrice.

Quant aux rites sacramentels, tels que le baptème et l'eucharistie, il les avait reçus de la tradition apostolique ou de Jésus-Christ lui-même, et il les conser- .vait intégralement, tout en les éclairant à la lumière de ses doctrines. L'’explication, qu’il en donne, représentant le sacrifice complété par la manducation de la victime, comme une communion du fidèle avec la divinité est une idée sémitique et juive plutôt qu'hellénique.

Le P. Lagrange! conclut ainsi son étude sur l'école du syncrétisme judéo-païen : « Les religions païennes — surtout celles d'Osiris, d'Adonis et d’Attis, vieilles religions naturalistes — essayèrenten vain de dépouiller leur grossièreté native par un symbolisme transcendant. Le christianisme, religion de l'esprit, aurait plus d'une fois été contaminé par elles, si l'autorité ecclésiastique n'avait préservé les fidèles. Le dieu souffrant qui lutta le plus énergiquement contre le Christ et qui vraiment lui disputa les âmes, fut Aîttis, le plus méprisé de tous, avec ses tauroboles ou baptêmes de sang qui se donnaient pour plus efficaces que le baptême par l’eau. Mais quelles spéculations philosophiques pouvaient réhabiliter cette douche de sang, semblable, disait Cumont, à quelque orgie de cannibales. »

XVII. Dans le premier chapitre de son ouvrage « Judaïsme et saint Paul », Montefñore? se demande

1. Le sens du Christianisme d'après l'exégèse allemande, p. 305. 2, Judaism and St. Paul,

quelle: sorte de Juif était Paul, et d’une étude sur les doctrines rabbiniques il conclut que Paul n'était pas un juif rabbinique, de l’école de Jérusalem. D'après lui, la religion de Paul antérieurement à sa conversion était plus pauvre, plus froide, plus pessimiste que celle des rabbins de son temps; sa conception du Messie était moins humaine, plus développée du côté divin; Paul était déjà anxieux et tourmenté sur le sort du monde païen et de la grande masse des pécheurs païens ; son pessimisme le portait à exagérer le pou voir de l'inclination au mal et l'impossibilité de la sur monter; sa connaissance des religions de mystères le rendait mieux disposé et plus empressé à trouver.un moyen universel de salut, adapté à tous les hommes, juifs et gentils. Sa profonde nature religieuse n’a pas eu la nourriture qui lui était nécessaire; il n’a pas eu conscience qu'il pouvait accomplir toute la Loi. Enfin, son mysticisme est tout à fait étranger à l'esprit de la religion rabbinique. Il désirait passionnément atteindre Dieu, mais il n’a jamais eu l'assurance ou la conviction qu'il l'avait trouvé. Il a cru que le Maître de Nazareth lui donnerait une justice plus haute que celle qu’il connaissait et comblerait tous les désirs de son âme.

XVIIL. Dans un article du Correspondant, P. Batiffol a bien fait ressortir le caractère particulier de la personne de Paul, ce qui formait l'essentiel de son enseignement, enfin, ce qu'a été son action propre dans la diffusion du christianisme.

La personnalité de Paul se distingue par ses contrastes : il est tout à la fois fort et doux, sévère et tendre. « Ce dogmatiste absolu, cet autoritaire qui assujettit, qui punit, qui brise, ce dominateur est physiquement un chétif. » Maïs « en même temps qu'il sent

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