St. Paul and Christianily
quelles il avait reçu la tradition sur la vie et l’ensei= gnement du Christ. D'après Headlam, son apport à la théologie chrétienne consisterait en ceci : « Tout le côté plus formel de son enseignement sur la j ustification, sa théorie du Christ comme le second Adam, l'attribution de l’origine du péché et de la mort à la chute d'Adam, son langage sur la prédestination et l'élection, quelques éléments de sa conception de la philosophie de l'histoire et, à un certain degré, s son exégèse biblique. »
XX. Dans son ouvrage : Saint Paul, sa vie, ses lettres et sa doctrine chrétienne', Me Neile s'est attaché surtout à résoudre les problèmes que présentent les Actes sur la vie de Paul et ceux que soulèvent ses épitres. Voici quelques-unes des solutions qu'il adopte. Lorsque le récit des Actes est en rapport avec celui de Paul, son témoignage est de haute valeur historique; lorsqu'ils sont en désaccord, celui de Paul a sa pleine force, les Actes n'étant qu'une autorité secondaire. Resterait à savoir si, en cas de divergence, il n'y aurait pas possibilité de les mettre en accord. Les discours des Actes reposent sur des données traditionnelles, mais Luc en est l'auteur. Il est actuellement reconnu que le style et le vocabulaire du Journal de voyage ne peuvent être distingués du reste du livre et que les Actes dans leur forme actuelle sont l'œuvre d'un seul écrivain, qui est Lue. Les leçons aberrantes du texte occidental sont dues à une suite de seribes ou d'éditeurs; elles présentent quelquefois de bonnes informations. La conversion de Paul eut lieu en l’an 39; le concile apostolique en 49; l’arrivée de Paul à Rome en l'an 60. Les épîtres aux Thessaloniciens ont été écrites en 51; la [°° aux Corinthiens, en 55 ou 56; la
4, St Paul, his Life, Letters, and christian Doctrine,
Il°/'en 56; les Galates, en 56 ou 49? Romains, en 57; Colossiens, Ephésiens, Philémon, e. 61; Philippiens, c. 62 ou 54-56?
Paul était d’un tempérament dont les nerfs étaient fortement tendus. Ses lettres nous le montrent sous ses divers aspects : on y trouve des réprimandes, tendres ou vives, une chaude indignation, de l'ironie, du pathétique, de l'amour, un tact qui lui permet de ne pas blesser, et cependant une force qui, lorsqu'il le veut, lui permet de blesser pour guérir. Les trois récits de la conversion de Paul dans les Actes sont concordants dans l’ensemble; il en est de même de celui des Actes, IX, 26-30 et des Galates, I, 18-24. Il est possible que la seconde visite de Paul à Jérusalem, qu'il raconte, Gal., 11, 1-10, soit celle dont parlent les Actes, XI, 27-30. Elle aurait donc eu lieu avant les voyages de mission de Paul. Il est plus probable cependant qu'il ‘faut la rapporter à celle des Actes, XV, 1,ss. Le décret apostolique avait pour but de faciliter les rapports des Juifs avec Îes Gentils; il défenidait donc de manger les viandes offertes aux idoles, les animaux étouflés et par conséquent le sang, et la pratique rituelle de la fornication. La région galatico-phrygienne, Act., XVE, 6, est ainsi nommée pour la distinguer de la Galatie, qui faisait partie de la province d'Asie. Le récit des Actes sur le séjour de Paul à Athènes ne suggère pas que celui-ci fut traduit devant le tribunal de l’Aréopage, mais simplement qu’il fut mené en un endroit tranquille de la colline de l’Aréopage pour y exposer ses doctrines. Son discours n'a pas été reproduit littéralement. La forme et les lignes générales sont de Luc qui a donné une certaine touche de stoïcisme aux paroles de Paul. Les Juifs n’ont pas dû accuser Paul: devant Gallion de vouloir persuader les hommes d’adorer Dieu d’une manière contraire à la Loi, Act., XVIEI, 43,
mais cela ressortait de leurs récriminations. Le discours de Paul à Césarée devant le procurateur Félix suit pas à pas le discours de son accusateur Tertullus, de sorte qu’il est peut-être une version différente du même discours. Luc s’est arrêté dans son récit, Act., XXVIII, 31, lorsqu'il a eu atteint le but qu'il s'était proposé de raconter l'expansion du christianisme depuis Jérusalem jusqu’à Rome. Après un procès régulier, où Paul fut accusé d'avoir causé des troubles dans l'empire, il fut décapité au commencement des persécutions de l’an 64.
Mc Neile tient pour pauliniennes les épîtres aux Thessaloniciens, aux Corinthiens, aux Galates, aux Romains, aux Colossiens, aux Philippiens, à Philémon. L’épitre aux Ephésiens peut être paulinienne, mais non de Paul; cependant, nous n'avons pas d'arguments suffisants pour rejeter son authenticité. Il est possible de tenir les épîtres pastorales pour pauliniennes, mais il est plus probable qu'elles ont été composées à l'aide de billets de Paul. « La voix est celle de Paul, mais la
main qui a écrit est celle d’un chrétien de la généra-
tion postérieure à Paul. »
Il y aurait lieu de faire des restrictions sur la conclusion du chapitre sur les sacrements : « Si les religions de mystères ont fourni à Paul quelques-uns des termes de son vocabulaire et ont modelé la forme de quelques-unes de ses idées, ce n’est pas dans une mesure qui dépasse ce que nous pouvions attendre d’un Juif de la Diaspora, toujours attaché à la loi hébraïque et aux traditions pharisiennes, mais qui, après sa conversion, a consacré toute la puissance intellectuelle de son âme à son apostolat des Gentils. Il avait bien compris que si le Christ était la fin de la Loi, il était
aussi la fin des mystères, étant lui-même le mystère. ».
Nous ne croyons pas que les doctrines pauliniennes
aient été influencées de quelque façon que ce soit par
k. S. PAUL : SA VIE INTELLECTUELLE ET RELIGIEUSE. 117
les religions de mystères. Ce qu'elles semblent avoir de commun avec celles-ci sont l'expression du mysticisme inhérent à l'esprit humain. Cf. mon article : Les mystères païens et saint Paul, dans le Dictionnaire apologétique de la foi catholique, T. TI.
De l'examen des travaux d'ensemble sur Paul nous passons à celui des travaux de détails.
XXI. Le P. Lemonnyer!' a étudié la jeunesse de Paul. Il pense que la famille de Paul faisait partie de ce groupe de Juifs qui recurent d’Antiochus Épiphane le droit de cité de la ville de Tarse. Son père devait être au sein de la tribu juive et de la cité elle-même un homme considérable, tant au point de vue du rang social que de la fortune. L’aïeul ou le père de Paul, déjà citoyen de Tarse, se vit conférer le titre de citoyen romain. Les citoyens romains de langue grecque portaient d'ordinaire avec un proenomen et un nomen latins, un cognomen grec; celui de Paul était latin. Son nom romain complet aurait été Gnœius Pompeius Paulus ou Marcus Antonius Paulus, mais plus probablement Caïus Julius Paulus. Vers cinq ou six ans, Paul commença de fréquenter l’école élémentaire annexée à la Synagogue de Tarse. Vers quinze ou seize ans, il fut envoyé à Jérusalem pour étudier aux pieds de Gamaliel. Il devait y être vers l’an 20 de notre ère; il a dû y rester jusqu’en 26 ou 27 et retourner ensuite à Tarse. Il n’a donc pas connu Jésus dont le ministère public commença vers cette époque. Il n’a pas dû fréquenter l'Université de Tarse; s’il ne faut pas exagérer l'étendue de la culture hellénique de Paul, il ne faut pas non plus la réduire à rien. J. Weiss met en relief la présence dans le style de l’Apôtre de formes et de procédés caractéristiques de la rhéto-