‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 34 sur 162 · III. Le commentaire de Frame * sur les épîtres aux · texte numérisé non relu

III. Le commentaire de Frame * sur les épîtres aux

4, Épitres de saint Paul : Lettres aux Thessaloniciens, aux Galates

auæ Corinthiens.

9, Commentary on the Epistles to the Thessalonians,

Thessaloniciens est clair, bien composé et complet. Aucune des questions que soulèvent ces épîtres n’est laissée de côté et il en est quelques-unes de très importantes et qui n’ont pas encore reçu de solution. Signalons seulement les deux suivantes : Qui était l'homme de péché et quel est celui qui le retient, dont parle Paul dans la seconde épître aux Thessaloniciens? L'homme de péché, le fils de la perdition, qui s'oppose et qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou qu’on adore, jusqu’à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même être Dieu, le sans loi, 6 dvouos, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche et qu'il anéantira par l’apparition de son avènement n'est pas un prince païen, ni un chef politique, ni un faux Messie juif, mais un homme extraordinaire, sous le pouvoir de Satan, un instrument de Satan pour tromper les hommes. Celui qui le retient ou ce qui le retient n’est pas un personnage, mais un état de choses, mais quoi? Etait-ce l'empire romain, ou un être surnaturel qui tient l’homme de péché en esclavage ou tout autre chose, l’auteur ne le sait pas. Les allusions de Paul sont

trop vagues pour qu’on puisse mettre un nom certain

sous les personnages dont il parle ici.

Il n’y a pas lieu de prouver longuement l’authenticité de la première épître; elle est acceptée actuelle ment par la grande majorité des critiques; celle de la seconde est beaucoup plus discutée; il y a cependant une tendance à la croire paulinienne. Frame ne croit pas que l'hypothèse de Harnack sur la seconde épitre résolve toutes les difficultés. Harnack soutient que les deux épiîtres sont pauliniennes, mais qu’elles ne sont pas adressées aux mêmes lecteurs; la première était

pour l'église de Thessalonique, formée de païens. convertis; la seconde pour une autre église de la même

ville, composée de Juifs convertis. Cette hypothèse est séduisante, mais elle s'appuie sur des bases inconsistantes. Nous ne voyons nulle part qu'il y ait eu à * Thessalonique deux communautés chrétiennes: les Actes n’en parlent pas et seraient plutôt opposés à cette supposition.

IV. Dans l'introduction au commentaire sur les épiîtres aux Thessaloniciens par E. von Dobschütz! sont traitées les questions suivantes : l’action missionnaire de Paul, la fondation de la communauté chrétienne à Thessalonique, les rapports de Paul avec cette communauté, le contenu et le caractère des deux épiîtres aux Thessaloniciens, leur authenticité, l’histoire de l’exégèse de ces deux épitres.

Von Dobschütz s'arrête peu à établir l’authenticité paulinienne de la première épître aux Thessaloniciens,

puisqu'elle est admise par tous les critiques, sauf les hypercritiques de l’école hollandaise. La seconde épître, “au contraire, bien qu'actuellement il y ait tendance à la reconnaître comme paulinienne, est encore discutée par un certain nombre. C’est donc à elle que s'applique surtout l’auteur. [1 se place d’abord au point de vue de l’inauthenticité, puis à celui de l'authenticité et conclut que tout s'explique mieux dans la seconde hypothèse. Cette discussion très approfondie et poussée dans tous ses détails, et surtout dans les questions philologiques, est remarquable par la précision. et la modération des conclusions. A certaines obscurités 0 1 manque.d’information qu'on a reprochés à la seconde épitre, von Dobschütz fait observer avec raison que Paul n’écrivait pas pour nous, mais pour des lecteurs qui étaient bien au courant de ces questions. Et il tire

a, Die Thessalonicher-Briefe.

de l’état de cette épître une preuve de son authenticité.

De nombreuses dissertations, insérées dans le cours du commentaire, développent les questions importantes ou expliquent les plus difficiles. Voici les principales : formules pauliniennes pour Dieu et le Christ; elles sont très diverses, six pour Dieu, quinze pour le Christ. La prédication de Paul dans ses premières missions ; les doctrines proéminentes dans ses autres épîtres : la Loi, la justification, la chair et l'esprit, ne paraissent pas avoir eu une large place dans cette prédication. L'organisation de la communauté : l'activité de ceux qui étaient à la tête de l’église de Thessalonique n'avait pas reçu de consécration officielle. La trichotomie : pour Paul l'homme était un composé du cu et de la duyn; le nveüux n'était pas du même ordre, c'est un élément nouveau, qui vient de Dieu et n'est accordé qu’au chrétien.

Aïnsi qu'on peut le présumer, plusieurs dissertations traitent des questions eschatologiques, — la parousie du Seigneur, le jugement du Seigneur, — de l’Antichrist et des signes de sa venue, qui occupent une si large place dans ces deux épîtres. Celui que Paul appelle 6 &vouos, l’inique, n'est pas Satan, ni un pseudo- Messie juif, ni aucun personnage historique contemporain ou futur. C’est un personnage déterminé, dont on connaît le caractère, mais qui ne s’est pas encore révélé, car il est retenu par la puissance romaine. En lui se concréteront tous les caractères de l'ennemi de Dieu, tels qu'ils nous sont connus par l’histoire d'Antiochus Épiphane, par le mythe de l'ancien dragon et ceux des faux prophètes. Son opposition à Dieu ne sera ni antijuive, ni politique, mais d'ordre moral. En lui, Paul a condensé toutes les anciennes traditions eschatologiques.

pape nav

V. Le P. Knabenbauer ! nous a donné un commentaire sur les épitres aux Thessaloniciens, à Timothée, à Tite et à Philémon. Les objections contre l’authenticité de ces épîtres sont résolues assez rapidement, car elles ne lui ont pas paru très sérieuses. Il rejette en quelques lignes l'hypothèse qu'avait suggérée Harnack. Il est toujours très prudent dans ses explications. Ainsi, à propos du passage de la première épître aux Thessaloniciens, V, 44, il dira qu'il n’est pas permis de conclure de ces mots « nos qui vivimus, qui relinquimur », etc., que Paul ait pensé qu'il était probable ou possible que le Christ viendrait, lui étant encore vivant. Il n'en savait rien et tous ses autres enseignements insinuent qu'il s’écoulera encore un long espace de temps avant le retour du Seigneur.

Le P. Knabenbauer rejette toutes les suppositions qui ont été faites à propos de l’Antichrist, et n'accepte aucune des identifications qui ont été proposées. « L’explication véritable et catholique du passage de la deuxième épître aux Thessaloniciens, II, 3-11, est l'explication eschatologique : Avant l'arrivée du Seigneur se produira l’apostasie religieuse; l'Antichrist, organe de Satan, viendra. Au temps où écrivait l’ Apôtre ce qui le retenait, rù xuréyov, c'était l'empire romain; donc, quoique Paul ait pensé à lui-même il ne s’est pas trompé. »

VI. Dans son commentaire sur les épitres aux Thessaloniciens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon, Dibelius? se montre un adepte déclaré du système actuellement en faveur en Allemagne et ailleurs sur la dépendance de Paul à l'égard des religions de mystères. Nous

4. Commentarius in Epistolas ad Thessalonicenses. 2. An die Thessalonicher.

relèverons quelques-unes des indications qu’il donne à ce sujet.

L'hypothèse qu'a émise Harnack sur les destinataires de la seconde épître aux Thessaloniciens paraît assez vraisemblable à Dibelius. Le terme rupouoix qu'emploie Paul pour désigner la venue du Christ à la fin des siècles était employé dans les inscriptions pour désigner le retour d’un dieu. D’après Dibelius le personnage de l’Antichrist serait d’origine mythique; il ne croit pas que celui qui l’arrête, & xatéywv, soit, pour Paul, l'empire romain. |

Il n’est pas certain que l’épître aux Philippiens ait été écrite à Rome; il est possible qu'elle l'ait été à Éphèse, au temps où Paul y a été captif. Dibelius interprète le passage christologique, Il, 6-11, dans le sens des mystères païens : Paul traduit ici en langage chrétien la conception mythologique d’un dieu qui se dépouille de ses attributs divins en opposition avec un personnage qui, au contraire, s’arrogeait une

dignité qui ne lui appartenait pas.

=. VII Le commentaire d’Alf. Plummer sur les deux épîtres aux Thessaloniciens! est remarquable par l'étude précise qui est faite de la signification des termes grecs. De l'explication grammaticale de ceux-ci ressort le sens exact des enseignements de. Paul. L'auteur fait ressortir aussi que la plupart de ces“ termes et leur emploi sont vraiment pauliniens : ce qui établit l’authenticité de ces épîtres, authenticité admise actuellement par presque tous les critiques. Quelques doutes subsistent encore au sujet de la seconde épître, mais Plummer prouve qu'il y a plus de difficultés à l’attribuer à quelqu'un d'autre qu'à Paul. Il répond d’ailleurs très nettement aux objections qui.

4. À Commentary on Saint Pauls first Epistle to the Thessalonians: on the second Epistle. j

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ont été faites contre l’origine paulinienne des épîtres. La phraséologie se rapproche tellement de celle de l’Apôtre qu'il ne voit pas la nécessité d’en attribuer la rédaction à un secrétaire qui n'avait reçu que des directions générales. Quant à l’eschatologie elle ne se présente pas sous un aspect différent dans ces deux épitres. Dans la première Paul enseigne que le jour du Seigneur arrivera soudain, qu’on ignore le moment où il viendra : dans la seconde il précise les signes qui annoncent sa venue, mais il laisse toujours ses lecteurs dans l'incertitude de la date de ce jour.

En disant à ses lecteurs : Nous qui sommes vivants, il s’identifie naturellement à eux, sans qu'on puisse en conclure qu’il sera encore vivant lors du retour

du Christ, ce qui affirmerait le prompt retour du

Seigneur. Ce ne pouvait être son opinion, car les signes avant-coureurs de ce retour n’étaiént pas encore visibles.

L'homme d'iniquité, l'adversaire du Christ et de son Évangile est un personnage réel et non un symbole d'un état de choses : telle était la croyance universelle de la primitive Église. Avant le second avènement du Seigneur paraîtrait un faux Christ qui établirait sur la terre un règne de perversité extraordinaire et qui serait anéanti par le retour glorieux du véritable Christ. Plummer remarque qu'il ne suit pas de cette croyance que la théorie d’un Antichrist personnel soit la théorie certaine. Paul peut avoir vu dans un adversaire actuel de l'Évangile le type de l'esprit antichrétien et de là conclure à la personnification de cetesprit. Se rappelant

en outre que les pouvoirs romains ont fait obstacle

aux menées des Juifs, il a affirmé que l’homme d'iniquité était arrêté pour qu'il ne parût qu'en son temps. Ce qui l’arrêtait c’est l'empire romain personnifié dans son souverain. Tout le passage de la seconde

épitre sur les fins dernières, Il, 1-13, est exposé avec netteté et précision par Plummer".

VIII, Dans son travail sur les épitres aux Thessaloniciens le P. Vosté examine rapidement les contradictions que l’on a cru voir entre les deux épiîtres au point de vue de l’époque de la Parousie du Seigneur. Paul ne dit pas dans la première épître que la fin du monde est imminente ou proche et ses déclarations sur l'ignorance où l'on est de sa date précise n’est pas inconciliable avec la mention qu'il fait des signes précurseurs de cette fin.

Paul a-t-il cru que la fin du monde était proche et dans le passage : Nous les vivants, qui sommes laissés pour la venue du Seigneur, a-t-il cru qu'il serait encore vivant à ce moment-là? Paul n'a pas en vue directement la date de la Parousie; il veut répondre aux inquiétudes des fidèles de Thessalonique en affirmant seulement qu'il y aura parité entre ceux qui sont morts et ceux qui seront encore vivants lors de la venue du Seigneur, Paul ignorant l’époque de la Parousie et sachant seulement que sa date devait rester incertaine n'a pas pu sur ce point donner des précisions aux Thessaloniciens qui, eux, partageaient l'opinion commune de leur temps sur l’imminence de la venue du Seigneur. Il s’est exprimé conformément à l'opinion de ses lecteurs, comme si eux et lui devaient être vivants lors de la Parousie. Le sens obvie de ce passage est cependant que Paul croyait à l'imminence du retour du Seigneur.

Pour sauvegarder l'inerrance du texte les Pères ont.

rejeté cette interprétation ; des théologiens catholiques l'ont cependant adoptée. La Commission biblique l'a condamnée.

1. Nous traiterons plus en détail la question de la Parousie d’après saint Paul dans les Etudes de critique et d'exégèse. -

Qui est l’Antichrist? Quel est l'obstacle qui le retient ? Le P. Vosté adopte l'opinion des Pères qui croient que c'est l'empire romain en ce sens que par l'équité de ses lois et de son gouvernement il s’opposait à l’avènement d’un personnage incarnant le désordre. Quand l'empire romain fut tombé on substitua l'empire chrétien à l'empire romain dans sa mission de retenir l’Antichrist.

Examinons maintenant les travaux qui ont traité en particulier de l’authenticité des épîtres aux Thessaloniciens.

IX. L'origine paulinienne de la première épître est. admise par tous les critiques, sauf van Manen et d’autres de la même école. Il reste quelques hésitations sur deux passages, Il; 16 et IV, 15, que plusieurs critiques tiennent pour des interpolations. Ch. II, 16», Paul, après avoir rappelé. les crimes des Juifs, déclare que la colère est parvenue sur eux au dernier terme, pouce d x” adrodc À Gpyh eiç téloc. On suppose que ce membre de phrase est une glose marginale, écrite après la prise de Jérusalem en l'an 70. Mais les calamités qui ont frappé le peuple juif, au temps où l'Apôtre a écrit son épître : massacres, famines en Palestine, édit de Claude expulsant les Juifs de Rome, étaient suffisantes pour justifier cette parole de l’'Apôtre. Ch. IV, 155ss., Paul affirme que c'est « par une parole du Seigneur » qu'il parle aux Thessaloniciens des événements qui signaleront la fin du monde. On a cru voir ici une citation de IV Æsdras, V, 41, 42; il est plus probable que nous avons là une parole du Seigneur, qui n’a pas été rapportée par les évangélistes, un agraphon, ou bien Paul fait-il allusion à Matth., XXIV, 31, ou enfin à une révélation particulière du Seigneur. En tout cas, rien n'autorise à voir dans ce passage une interpolation. À

.X. L’authenñticité de la seconde épître a été attaquée à nouveau par Wrede ‘ Holmann, von Soden, Weinel et quelques autres, mais a été soutenue en ces derniers temps par Bousset, Drummond, von Dobschütz, Knowling, Deissmann, Moffatt, Feine, Bacon, Harnack, Jülicher, Clemen, Bornemann, Wohlenberg, Milligan, J. Weiss, Vosté, Plummer. L'attaque a porté sur trois points : 1° la langue et le style de l’épître; 2° ses ressemblances avec la première épître; 3° le caractère de son exposé doctrinal.

Il ne semble pas qu’on ait rien présenté de nouveau

.sur le premier point ?. Si l’on lit cette épître sans idée

préconçue on ne peut nier que l’on y retrouve bien la langue et le style de Paul; ainsi que l’a dit Reuss, pour une expression non paulinienne on en trouve dix qui sont pauliniennes. Voici ce qui résulte de l'étude de Fraune sur la langue des épiîtres aux Thessaloniciens.

Elles contiennent en tout environ 466 mots différents et 30 d’entre eux sont des &rat Aeyôueva. La première épître en contient 20; 9 se trouvent dans les Septante: 4 sont dans de bons écrivains grecs; éhorekñ est dans Plutarque; évopxitw se trouve dans le texte A du II Esdras, XXIII, 13; épyéyyehos est dans l'épitre de Jude, 9; mhnpogopix est dans l'épiître aux Colossiens, IT, 2, et dans l’épître aux Hébreux, VI, 11; 22. Paul a employé cinq fois le verbe correspondant et Luc une fois I, 1. Il se trouve dans le papyrus Ambherst, 11° siècle après J.-C., 66, 42; ünepexxepraoüi V, 13, est une mauvaise variante de Ümepexreptocoù ; Cf. von Soden, ad locum. Resteraient GeodlSaxros et suwpurérne. Or, le premier a été formé par analogie de 6eôxriaroc, Il Macch., V, 23, en souvenir de Gdaxrèc

1. Die Echtheit des zweilen Thessalonicherbriefs. 2, Cf, Histoire des livres du Nouveau Testament, T. I, p. 97.

LS

. 6eoù, /saïe, LIV, 13. Le second a dû être formé du. classique qukérns et peut être comparé à cuvuaënrip, Jn, XI, 16, et d'autres termes analogues.

La seconde épître aux Thessaloniciens contient 10 êtaë \eyôueva, dont 5 se retrouvent dans les Septante; 3, draxrelv, draxtus, ÉvSeryua, dans le grec du temps de Paul; xalomowïiv est une variante de Lévitique, V, 4. Reste érepavkavew qui se retrouve dans le grec du u° siècle après J.-C. et même dans Andocide, 1v° siècle av. J.-C. Il est bien dans la manière de Paul qui aime les composés avec üxép.

On relève dans ces deux épiîtres un grand nombre de mots dont Paul a emprunté la signification aux Septante ou à la langue chrétienne du temps, dyañwoüvn, dydnn, &ylabew, dvoutx, etc. et d’autres qui sont devenus des termes techniques du christianisme : édehpds, dmôo- TOÀ0G, ÉVÉPYELX, WUoTpiov, Tapousia, Etc.

Enfin un bon nombre des mots employés par Paul dans ces deux épitres : dyxmnvôc, aiwvioc, dpéoxetv (rw), dondteolar, ééoucix, ebyapioreiv, xavéyeiv, Küptoc, mapouoia, vios eo etc., ont été retrouvés dans les inscriptions et les papyrus et, de ce fait, ont reçu une lumière nouvelle.

L'examen des phrases ou des membres de phrase que l’on relève dans ces deux épiîtres donnent lieu aux observations suivantes : 1° Phrases que l’on trouve dans la I épitre et nulle part ailleurs : dx oûv, els tov Eva, êv Bdper eva, Épuräv xal mupaxaheiv, À 6pyà À épxouévn, etc.; dans la IL° épître : Gudôvar éxdtxnaiv rive, êx LéGou yoes0c, on A pellomev.

2° Phrases qu’on trouve dans la ["° épiître et etes dans le Nouveau Testament, mais non dans les autres épitres : déyea@ar rdv Adyov, 6 TEpaGuY, viol port Pt de même dans la Il° épître : &v0’ov, Giüôvar etphvnv, Ev Gytaou nvelparos, EC.

3° Phrases communes aux deux épîtres et qui ne sont pas dans le reste du Nouveau Testament : aûrol LV oldure, xal yèp 8x:; qu'on trouve dans le Nouveau Testament mais non dans les autres épîtres de Paul : adroc 6 Peds, xal d1ù Toûro, vuxrôs xal huépas, etc.

4° Phrases qui se trouvent dans la I'° épître et dans les épitres, sauf la Il° épître aux Thessaloniciens,

mais ne sont pas dans le reste du Nouveau Testament : maë xal dis, Er vüv mpoceuyüv, épéoxew Oeû, ete. — Phrases de la II° épître, qui sont dans les autres épiîtres, sauf la T° aux Thessaloniciens, et ne se trouvent pas dans le reste du Nouveau Testament : dç ôter, of àmoAAduevor, Oedc rarhp Auüv, etc.

5° Phrases que l’on trouve dans la I" épitre, dans tout le Nouveau Testament, sauf la Il° épitre : ëv mavrl romw, émenobeiv ideiv, 0émuax voù Osoù; inversement, phrases qui sont dans la [T° épître et dans tout le Nouveau Testament, mais non dans la [ épitre : èv vopart, mapè ro Oeû, etc.

6° Phrases communes aux deux épîtres et aux autres épîtres de Paul, mais qui ne sont pas dans le reste du Nouveau Testament : dpa oùv, ro sdayyéltov uüv, xdmoc xal m0y0oc, etc.

7° Phrases communes aux deux épîtres et qui se trouvent dans les autres épîtres et dans le reste du Nouveau Testament : &v Kuplw, ydotc uiv xal eionvn, À moapoucix roù Kupiou, etc.

La conclusion de cette enquête est que l'on ne peut rien conclure de l'examen de la langue et du style de ces épîtres contre leur authenticité : On y trouve trop de marques de leur origine paulinienne; trop souvent elles sont en accord avec les autres épîtres pauliniennes pour qu'il y ait lieu d’en douter. Si quelquelois elles ont des phrases qui leur sont particulières, cela prouve seulement que Paul n’en était pas réduit à

répéter toujours les mêmes formules, que quelquefois dans ces épîtres il a été original ou qu’il a emprunté ses formules aux Septante ou autres écrits du Nouveau Testament !.

Sur le second point attaqué : les ressemblances qui existent entre les deux épîtres, on peut dire que c’est un argument à double tranchant. On soutient qu’elles prouvent qu'un faussaire a imité la première épître pour en composer une autre, mais on peut encore mieux soutenir que la seconde est de l’Apôtre justement parce qu’elle s'accorde sur plusieurs points avec la première. Les rapports s'étendent d’ailleurs seulement à un tiers du contenu et consistent surtout dans ce que l’on peut appeler la forme épistolaire : la salutation, les actions de grâces, la bénédiction, les remerciements, etc. Les autres ressemblances sont des réminiscences de termes ou de membres de phrase.

Et remarquons que les ressemblances linguistiques ou littéraires ne sont pas toujours entre les passages

similaires des deux épîtres, ce qui devrait être si la seconde était l'œuvre d’un faussaire, tandis que cela est très naturel si les deux épitres ont été écrites par le même auteur à peu près à la même époque.

‘ Le troisième point : caractère de son exposé doctrinal, sera traité dans nos Études de critique et d'exégèse.

XI. Wrede? a relevé surtout les différences de ton qui éclatent entre les deux épitres. Le ton de la seconde épître est moins confiant, moins paternel que celui de la première; il est plus officiel, plus sévère. Si l'on compare les nombreux passages parallèles entre les deux épiîtres, on reçoit de ceux-ci une impres-

4. Pour un exposé complet de ces phrases voir Frame, Commentary on the Epistles to the Thessalonians, p. 32:84, Edinburgh, 1912, 9, Die Echtheit des zweilen Thessalonicherbriefes,

. sion toute différente des rapports entre Paul et l’église de Thessalonique et du caractère de cette communauté.

La première épître est évidemment écrite à des Gentils convertis pour qui Paul avait la plus chaude ‘affection et de plus elle est remarquable par l’absence de toute coloration issue de l'Ancien Testament. La seconde, au contraire, paraît s'adresser à des Juifs convertis et possède une coloration juive très marquée.

Wrede conclut de ces observations que la seconde épître n’a pas pu être écrite à la communauté de Thessalonique et qu’elle n'a pas été écrite par Paul. Celui-

ci n'aurait pas pu changer ainsi subitement de ton

dans une épître écrite à la même communauté que l'avait été la première. Elle a donc été écrite par un faussaire qui a voulu contre-balancer les espérances eschatologiques trop vives à Thessalonique, qu'avait fait concevoir la première épiître.

. On fait remarquer encore que l'écrivain de la seconde épître semble moins en possession que celui de la première de sa langue et de son style : la phrase est plus lourde, plus embarrassée. On dirait un écrivain qui en imite un autre sans bien posséder les procédés de style de celui qu'il imite.

Tout cela est bien subjectif. On ne peut exiger d'un auteur qu'il donne à toutes ses lettres le même ton. La coloration plus ou moins juive des deux épitres ne ressort pas en tout cas du nombre des citations de l'Ancien Testament que l’on relève dans celles-ci, car elles sont aussi nombreusés dans l’une que dans l’autre; il y en a même une de plus dans la première épitre. La sévérité qui se montre dans quelques passages s'explique bien par les circonstances. On avait mal interprété à Thessalonique certains enseigne-

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ments de l'Apôtre et celui-ci rétablit la vérité un peu sèchement, mais ainsi que cela doit être dans un exposé doctrinal. De plus, Paul ne pouvait supporter qu’on abusät de ses enseignements pour tomber dans la paresse; de là quelques mots très vifs, III, 10. Mais les passages où l’Apôtre exprime sa confiance et sa tendresse envers ses frères ne manquent pas : Que Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, leur dit-il, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et qui nous a donné par sa gräce une consolation éternelle et une bonne espérance, console vos cœurs et les affermisse en toute bonne œuvre et en toute bonne parole, 11, 16, 17. Et encore : Car il est juste de la part de Dieu... de vous donner à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lors de la révélation du Seigneur Jésus, I, 6, 7. Cf. I, 11; III, 1-5. Quant au style lourd et embarrassé de cette seconde épître on pourrait le retrouver à peu près semblable dans d’autres épîtres. À ce point de vue les épîtres de Paul et même les passages de la même épître présentent des différences profondes. Tantôt, l'écrivain, lorsqu'il est pénétré d’une pensée qui échauffe son cœur, est entraîné en des effusions lyriques d’une clarté fulgurante; tantôt, au contraire, lorsqu'il explique une doctrine spéculative, il paraît dégager péniblement sa pensée et il l’expose en phrases longues et entremêlées d’incidentes, ce qui leur donne une tournure embarrassée. Paul ne retrouve la clarté et la précision dans son exposé que lorsqu'il donne des règles de morale ou des conseils pratiques. Pour se convaincre de la vérité de toat cela, qu'on lise l’épître aux Romains et l’on y trouvera des exemples de ces tons différents que peut prendre une même lettre.

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