Dans l'introduction à son commentaire sur la
Ie épiître aux Corinthiens !, J, Weiss nous fait connaître
ce qu'était la ville de Corinthe au temps où Paul écrivit
sa lettre, comment fut fondée la communauté chré= tienne de Corinthe, l’état et l’organisation de la com« munauté, les idées qui y régnaient, les partis qui la divisaient. Il éxamine ensuite quelle fut l’occasion de cette épître, où et à quelle époque elle fut composée. Il y distingue trois couches distinctes : À, qui serait composée de X, 1-22; VI, 12-20; IX, 24-27; XI, 2:34; XVI, 7229 ; 15-20 — B!, qui contiendrait VIT, VIII, XIII; X, 24-XI, 1; IX, 1-23; XII; XIV, XV, XVI, 72; XVI, 40 et ss. et B? qui contiendrait le reste de l'épître, La première partie, À, seulement, aurait été écrite à Ephèse, Cette épître traite en effet de sujets très divers et il est possible de supposer que les réponses que donne Paul à des questions différentes n'ont pas été faites dans une même épître, mais est-on obligé de le supposer? Dans le commentaire, Weiss relève les particularités linguistiques qui rattachent la langue de Paul à celle des papyrus et montre les rapports de l'argumentation paulinienne avec celle des écrivains grecs, surtout de ceux de la diatribè.
IT. Le travail A. Robertson et d'A. Plummer”? sur là première épître aux Corinthiens se compose d’une introduction et d’un commentaire. Dans la première il est parlé d’abord de la ville de Corinthe, des mœurs de sa population et de la prédication du chris=
tianismé dans cette ville par l'apôtre Paul qui fut
certainement le premier à y parler du Christ. La population composée de Grecs, d'Italiens et d'Orien-
taux, d'aventuriers, était impatiente de tout contrôle,”
amoureuse de liberté et le christianisme ne corrigea
4. Der erste Korintherbrief, 2, Commentary on the jirst Epistle to thé Corinthiuns.
bee à
LES ÉPITRES DE SAINT PAUL. De UMA
pas son indépendance d'esprit. De là naquirent toutes lés difficultés que Paul trouva dans le gouvernement de cette jeune église et qui l’obligèrent à écrire plusieurs lettres que nous avons perdues et les deux que nous avons. La question de l'authenticité de la première épitre aux Corinthiens est traitée rapidement, car, tant au point de vue interne qu'externe, elle est fortement soutenue.
La raison pour laquelle Paul écrivit sa lettre ressort nettement du contenu de celle-ci : les dissensions qui s'étaient fait jour dans la communauté et les questions qu'on lui avait posées. Voici comment la situation est présentée : Paul part de Corinthe avec Aquila et Priscille, et fixe sa demeure à Ephèse; Apollos con tinue l’œuvre de l’Apôtre à Corinthe, mais d’autres prédicateurs hostiles à Paul y arrivent; Paul fait une courte visite à Corinthe pour combattre cette hostilité, mais il ne réussit .pas dans sa tentative ; il écrit alors la lettre dont il est parlé dans I Cor., V,9. De mauvaises nouvelles lui sont apportées de Corinthe et alors il écrit l’épître que nous avons comme première épitre aux Corinthiens. Elle a été écrite à Ephèse et très probablement dans les premiers mois de l’an 55. Inutile dé nous arrêter à la chronologie qui est donnée ici; elle est actuellement obsolète.
Une attention spéciale est donnée à la doctrine qui ressort de cette épître sur les rapports de Paul avec le Christ, sur la résurrection, la personne du Christ, la vie chrétienne, l'œuvre collective de l'Église, sur le Saint-Esprit. Ce résumé est éclairci par le com< mentaire.
Vient ensuite une étude sur les caractères, le style et la langue de l’épitre. L'Apôtre n'avait pas à sa disposition une langue adéquate à la variété et à la subtilité de sa pensée, à l’intensité de ses sentiments;
il lutte constamment pour s'exprimer plus complètement. La suite logique est souvent brisée par l’intrusion de nouvelles idées. Cependant, dans la plupart des cas, l'argumentation de l’Apôtre est claire, et il est possible d'en suivre la marche. Les preuves sont disposées dans un ordre logique. La langue de Paul n'est pas le grec littéraire; on peut y relever certaines expressions qui rappellent les termes de la philosophie grecque.
III. Voici comment Allan Menzies'! explique les divers événements qui ont dû se passer entre la première et la seconde épiître aux Corinthiens. Malgré les exhortations que Paul avait adressées aux Corinthiens dans sa première épître, les choses ne s'améliorèrent pas; tout au contraire. Les Corinthiens revenaient de plus en plus au paganisme. Pour remédier à cet état de choses l’Apôtre retourna à Corinthe, mais sa visite fut infructueuse et même il y fut gravement offensé. De quelle façon? Nous ne le savons pas. Il partit, se proposant de revenir bientôt. Mais il préféra écrire une lettre et c’est à elle qu'il fait allusion dans la seconde épiître, II, 2. Je vous ai écrit dans une grande affliction et le cœur serré de douleur, avec beaucoup de larmes. Aurions-nous dans les ch. X-XIII cette lettre ou une partie de cette lettre? De nombreux critiques l’admettent; Allan Menzies ne le croit pas, car le contenu de ces chapitres ne répond pas à la description que nous fait Paul de cette lettre. Quant aux apôtres « par excellence ÿ auxquels il ne pense pas avoir été inférieur, XI, 5, ce ne sont pas quelques-uns des douze apôtres, auxquels Paul a toujours montré de la déférence, et avec qui il a voulu être en communion, mais des Juifs hellénistes qui se don-