‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 41 sur 162 · Der Brief des Paulus an die Galater · texte numérisé non relu

Der Brief des Paulus an die Galater

2. La Revue biblique, p. 250. N.-S$, Treizième aunée. Paris, 1916.

Galates ; en voici quelques extraits : L’épître aux Galates est un document de première importance, car elle renferme, dit Loisy, sur un des principaux fondateurs du christianisme et sur l’origine des premières communautés chrétiennes un ensemble de renseignements personnels et directs. Elle a été écrite aux habitants de la Galatie proprement dite, et non aux populations de la Lycaonie ou de la Pisidie, auxquels saint Paul n'aurait pu adresser cette apostrophe : « Insensés Galates ». Cela ressort nettement aussi du récit des Actes qui, cette fois pour Loisy, aurait puisé à bonne source. L’épiître a été écrite pendant le séjour que Paul fit à Éphèse, vers 52-55, probablement après la pre mière épître aux Corinthiens. L'occasion en fut la propagande des judaïsants, qui avait pour but d'amener les nouveaux convertis de Galatie à la pratique des observances juives et à se faire circoncire. Paul n’a pas nommé l’auteur principal de ces manœuvres judaïsantes, mais Loisy sait que c’est « Jacques, frère du Seigneur ». Paul parle, Gal., Il, 12, de judaïsants, venus à Antioche de la part de Jacques et qui avaient inquiété la communauté. Ce sont les mêmes qui ont troublé les Galates et Jacques est leur chef. Le rapprochement ne ressort pas nécessairement des textes; c'est une simple conjecture.

Après un rapide exposé du contenu de l'épitre, Loisy conelut : « Plaidoyer habile et concluant, sincère aussi, et vrai pour ce qui est des faits, attendu que Paul se serait exposé à une contradiction par trop aisée pour les adversaires et dangereuse pour lui, s’il avait risqué des assertions matériellement contestables. Mais c'est un plaidoyer qui, par eela même qu'il est plaidoyer, place les faits sous le jour qui convient pour la conclusion que l’auteur a en vue, laissant dans l'ombre tout ce qui pourrait aller contre l'objet de la

démonstration. C’est de plus, nous le savons déjà, le plaidoyer d'un homme passionné, qui ne voit que sa thèse et son œuvre, même sa personne, et qui n'entre pas dans la pensée, dans les sentiments, dans la personnalité, la mentalité de ceux qu'il prend pour advyersaires, Enfin, c'est le plaidoyer d’un enthousiaste, d’un visionnaire qui sait fort bien ce qu'il dit, mais qui est parfaitement incapable de critiquer les évolutions de de son esprit. » Un peu plus loin, il dira que Paul « a poussé jusqu'aux dernières limites possibles le génie du contresens ». [1 se contredit souvent, d'après Loisy, et interprète à faux les textes de l’Ancien Testament. « Les passages bibliques qu’il utilise ne sont pas que des sentences isolées de leur contexte et qui peuvent être appliquées à un autre objet par un simple artifice d’exégèse, ils sont comme le support d’une vision indépendante que son imagination y a rattachée. »

__ Au début de son épiître Paul déclare qu'il est « apôtre, non de la part d'hommes, ni par homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père », Il affirmait ainsi son autorité d'apôtre en face des judaïsants, d’après lesquels il était apôtre par mission de la première com munauté, celle de Jérusalem. Et Loisy nous explique quelle fut, d’après lui, la vraie notion de l'apostolat. Les premiers apôtres n'avaient pas été choisis par Jésus- Christ, ils étaient apôtres « en tant que délégués à la recette et à l’administration des dons fournis par les fidèles hiérosolymitains ». « L'apôtre paraît bien avoir été qualifié ainsi d’abord à raison d’une délégation de la communauté, et cette délégation ne concernait pas directement, du moins pas exclusivement, la prédication évangélique, mais les délégués étant prédicateurs, et la prédication étant le principal de leur ministère, au moins pour le plus grand nombre, l'idée

de la délégation par le Christ pour la prédication de l'Évangile se fit jour et prévalut. » Cela n’explique pas pourquoi ces préposés à la caisse commune ont été appelés « apôtres », terme qui, après tout, signifie « envoyés ».

Ils ne pouvaient être, d’ après Loisy, les envoyés du Christ, préchant sa doctrine. « Paul, d'après lui, n'a pas l’idée d’un enseignement donné par Jésus vivant et qui se perpétuerait dans la prédication des apôtres. » Mais un peu plus loin il nous parle « de la méthode,

qui était celle des apôtres judaïsants par rapport à

l’enseignement de Jésus ».

Paul affirme aussi dès le début que l'Évangile qu il annonce n'est pas de caractère humain : ce n’est pas d’un homme qu'il l’a reçu ni appris, mais par révélation de Jésus-Christ. 11 n'interprète donc pas sa conversion comme un fait extérieur, mais comme une vision révé= latrice du Christ esprit, tel qu'il doit être cru et enseigné. C’est à Damas qu'il a eu cette vision. « Par la vision qui l’a converti, c'est-à-dire quand il a vu clair en lui-même, qu'il a eu repris possession de son esprit et acquis la conscience réfléchie de sa foi nouvelle, il s’est trouvé croyant au Christ mort et ressuscité en Sauveur des hommes, et il s’est cru appelé à prêcher parmi les païens ce mystère de salut. » Le caractère intérieur de la vision est accusé dans la formule « révéler son Fils en moi ». Mais comment a été provoquée cette vision? « Sa pensée s'était remplie malgré lui de ce Christ qu'il combattait et la même suggestion inconsciente, qui suscitait dans son imagination surchauffée l’image deJésus, lui disait que cette apparition était Jésus lui-même. Subjugué par cette vision, Paul est aussitôt persuadé que Jésus est réellement vivant en Christ immortel. Mais cette impression que sa vision lui donne n’est pas la simple foi au prédicateur galiléen

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