‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 43 sur 162 · partie de la même Éparchie galatique. Le terme · texte numérisé non relu

partie de la même Éparchie galatique. Le terme

Galatie désignait donc le pays des tribus gauloises et

c'est dans ce sens que Paul l’a employé. Paul apos-

trophe ses correspondants en les appelant Galates. Il n'a pu appeler de ce nom les Lycaoniens, Pisidiens et Phrygiens de la Galatie méridionale. Il n’a pas

transporté une dénomination ethnique bien déterminée

à des peuples de race différente.

Les données de l’épitre ne Cadrent pas d'ailleurs avec ce qui nous est rapporté dans les Actes sur l’évangélisation des églises de la Galatie méridionale, Antioche, Lystres, Derbé, Iconium. On ne voit nulle part dans l’épitre que Paul ait eu à faire avec des Juifs lorsqu'il a évangélisé les Galates, ce qui n’est pas le cas pour l'évangélisation des Galates du sud. Le judaïsme que Paul combat dans l’épiître a été importé ; les Galates étaient des païens, libres des observances

- judaïques; il n’en était pas ainsi à Antioche, Lystres, Derbé, Iconium.

L'épitre aux Galates a donc été ile à un peuple resté jusque-là en dehors de toutes les controverses judaïsantes, et plus on mettra la Galatie en dehors

* des grandes routes de l'Asie, plus on donnera d’appui à l’ancienne opinion.

Le nom de Galates était déjà assez clair; l’épître ne saurait convenir à ceux d’Antioche, nr de Lystres et de Derbé. Elle fut donc adressée aux Galates de Galatie, qui furent, comme Luc nous l’apprend, évangélisés par Paul; églises fondées, en passant, par une adhésion rapide, et que le premier contact avec les judaïsants menaça de détruire; églises composées de gentils, qui fournissaient au docteur des gentils la

meilleure occasion de traiter de la liberté chrétienne.

Mais quels sont les adversaires que combat Paul dans son épiître et quelles étaient leurs doctrines ? D'après le P. Lagrange Paul a vraiment attribué à ses adversaires l'idée que la circoncision et l’observance de la loi mosaïque s’imposaient même aux païens convertis comme condition de salut; c'était des judaïsants extrêmes et non pas des judaïsants mitigés qui n’auraient recommandé l’observance de la Loi qu'à titre de perfection plus grande et non de nécessité pour le salut. Pour expliquer les différences entre l’épître aux Galates et les Actes, XV, il faudra, dit le P. Lagrange, nuancer le texte de l'épître écrite à un point de vue différent de celui des Actes.

IV. E. Lévesque revient dans la Revue pratique d’apologétique ! sur la question souvent débattue des destinataires de l'épitre aux Galates. Il soutient qu’elle a été écrite aux habitants du sud de la Galatie romaine, que Paul avait évangélisés lors de son premier voyage missionnaire. Ces habitants d’Antioche, de Derbé, Lystres, Iconium, pouvaient à bon droit être appelés Galates, puisqu'ils avaient fait partie du royaume galate d'Amyntas, tout aussi bien que les indigènes de la Galatie du nord. Cette épître a dû être écrite avant la conférence de Jérusalem, car on ne s’expliquerait pas que Paul n'ait pas appuyé son argumentation aux Galates sur la décision de la conférence, qui tranchait nettement ce qui était l’objet du conflit, en affirmant que les Gentils pour être admis dans la société chrétienne n'étaient pas astreints à l'observation des lois mosaïques. Il s'ensuivrait que le voyage, à Jérusalem, que raconte Paul dans son épître, est celui qui est mentionné au ch. XI, 30, des Actes, et non celui dont il est

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