‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 49 sur 162 · IX. N'ayant pas entre les mains le commentaire de · texte numérisé non relu

IX. N'ayant pas entre les mains le commentaire de

Kühl sur l’épitre aux Romaïins!, nous citons le jugement que porte le P. Lagrange? sur cet ouvrage : « Sans introduction historique, avec très peu de préoccupation du milieu, sans aucun égard pour la tradi-

tion exégétique, ce commentaire a l'aspect d’un retar- ‘ dataire. On dirait de l'exégèse protestante avant Deissmann et le néo-hellénisme. Cependant l’auteur a vraiment repris l'étude de la pensée paulinienne sans négliger tout à fait les derniers travaux, et accompli de sérieux efforts pour déterminer le sens des phrases et l’enchaïînement des idées. D'ailleurs il retombe le plus souvent dans l’exégèse libérale protestante et n’a pas compris le réalisme de la mystique de saint Paul. Il s'attaque surtout à réfuter Zahn. »

X. Nous avons déjà signalé l’étude du P. Lagrange sur la langue et le style de l’épitre aux Romains. Voici quelques-unes des positions critiques et historiques qu'il tient à propos de cette épître$. La lettre aux Romains a été écrite de Corinthe pendant le séjour de trois mois qu'y fit l’Apôtre avant son dernier voyage à Jérusalem. On ne se trompera pas de beaucoup en en plaçant la composition dans l'hiver de l'an 56, ou au plus tard de l’an 57 après J.-C.

Au moment où Paul écrivait son épître aux Romains, en 56 ou 57, la communauté devait être composée en majorité de chrétiens venus du paganisme; mais les chrétiens, juifs d’origine, chassés de Rome par l’édit de Claude, y rentraient. Comme ils étaient les fondateurs de l’église, où les gentils avaient pris la direction et l'influence, on soupçonnerait aisément qu'il y eut là une situation délicate qui exigeait des deux parts

4. Der Brief des Paulus an die Rômer, 2, Epiître aux Romains, p. XII.

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