Der Brief an die Epheser, Kolosser, Philemon
pauliniennes, cela provient de ce qu’elle a été écrite directement par Paul et qu’il était alors dans un état de dépression nerveuse. Cette raison nous paraît peu sérieuse. L’authenticité de la lettre s’appuie sur des preuves plus solides. L'étude sur le vocabulaire, la syntaxe et le style de ces épitres est très détaillée et excellente. Les notes de critique textuelle et de grammaire sont abondantes.
IIT. Dibelius ! accepterait l'authenticité de l’épître aux Colossiens, mais non celle de l’épitre aux Éphésiens, parce que cette dernière emploie des termes tels que xepa, cüua, uuoripuwv, dans un sens différent de la première. Nous avons remarqué la dissertation sur le terme oroetov, que Paul a employé plusieurs fois et dans un sens assez indéterminé. Sans nous arrêter à l'usage qu’en faisaient les grammairiens et les philosophes, signalons qu'il désignait aussi des divinités sidérales ou d’autres. Dans le grec moderne on appelle croryeta les démons locaux. :
IV. Dans son introduction à l’épître aux Ephésiens Robinson ? replace cette épitre dans la vie et le courant des idées de Paul, et montre comment après avoir résolu la question des rapports de la foi et de la Loi, l’'Apôtre entre dañs le vif de sa doctrine, à savoir l'unité de l'humanité dans le Christ et le dessein de Dieu pour le monde par le moyen de l'Eglise. Comme la plupart des critiques actuels, l’auteur croit que cette épître est une lettre encyclique, envoyée aux communautés d’Asie, qui était directement ou indirectement sous l'influence de Paul.
La partie originale du travail de Robinson c'est la traduction de l’épître, accompagnée d’une exposition très ample des idées, que présente la lettre. Il les suit
4, An die Epheser, Kolosser.
2, Epistle to the Ephesians.
dans tout leur développement, les enchaîne et montre comment elles aboutissent à établir cette doctrine essentielle, que Paul appelle un mystère : le dessein de Dieu de sauver le monde par Jésus-Christ. Le travail est complété par une suite d’études sur les mots importants de lépître : yépis et yapirobv, dyamntés comme titre messianique, puorñpiov, évepyeiv, émiÿieots, rhfpoua, etc. L'étude sur le terrne uvoräpiov est particulièrement intéressante. Après avoir suivi les différentes significations de ce mot dans les auteurs classiques, dans la Bible et dans les écrits du Nouveau Testament, l’auteur en détermine la signification dans les épîtres pauliniennes. Il conclut qu’il n’y a aucune connexion entre l'usage que le Nouveau Testament a fait de ce terme et la signification populaire de rite secret, que les initiés s’engageaient à ne pas révéler. Tout au contraire, un mystère; c'est un secret de Dieu qui doit être révélé.
L'ouvrage est complété par la citation des formules épistolaires qu'on a découvertes récemment dans les papyrus et par une discussion des principales variantes de l'épitre. Robinson croit que le passage V, 14 « C’est pourquoi il est dit : Éveille-toi, toi qui dors et ressuscite d’entre les morts et le”Christ t'éclairera » est emprunté à une hymne chrétienne, peut-être une hymne baptismale ou une hymne célébrant la descente du Christ aux enfers. Mais ce passage, introduit par une formule de citation, pourrait rappeler de. plus ou moins près Isaïe, LX, 1 ou Psaumes, LXVIIL, 19.
V. Signalons dans le commentaire sur les épitres aux Éphésiens, aux Philippièns et aux Colossiens par le P. Knabenbauer ! l'étude qui a été faite du pas-
1. Commentarius in sancti Pauli Epistolas aü Ephesios; Philippenses et Colossenses.
sage $i discuté de l’épitre aux Philippiens, II, 5 ss : Hoc enim sentite in vobis quod et in Christo Jesu, qui cum in forma Déi esset, non rapinam arbitratus est esse se aequalem Deo, etc. Tous les termes et surtout uoppn Oeoù et éprayude sont examinés avec soin et les principales explications qu'en ont données les Pères de l'Eglise et les exégètes contemporains sont recensées.
Ces épîtres de l4 captivité de Paul soulèvent plusieurs problèmes critiques qui sont discutés dans l'introduction. Et d’abord, quel est le but et l'occasion de l’épître aux Hphésiens et surtout quels en sont les destinataires? On sait que la leçon ès ’Eypéow est assez douteuse et plusieurs critiques ont pensé que cette épître n'était pas adressée uniquement aux Éphésiens, mais était plutôt une lettre circulaire aux églises d'Asie. Le texte de l’épitre n’est pas opposé à cette solution. Le P. Knabenbaüer croirait plutôt que cette épître est celle que Paul écrivit aux Laodicéens, et qui est mentionnée dans l’épitre aux Colossiens, IV, 16. Il tiendräit comme non improbable l'opinion de von Härnack, supposant que l'adresse aux Laodicéens a été supprimée dans l’épitre à cause des reproches qui sont faits à l’église de Laodicée dans l’Apocalypse, III, 14-19. Pourquoi a-t-on inséré l'adresse : « Aux Ephésiens »? on n’en sait rien.
VI. Tous les critiques tiennent la petite épître de Philémon pour paulinienne. Quant à l'épître aux Colossiens, dont l'authenticité avait été niée par les tenants de l’école dé Tübingen et d’autres critiques, elle est actuellement admise par les critiques le plus en vue : Harnack, Blass, Zahn, Clemen, Jülicher, Barth, Sanday, Knowling, Moffatt, Mc Giffert, Bacon. R. Scott croit que Timothée est l’auteur de cette épître.
Bien que l'épitre aux Éphésiens ait pour elle le
témoignage de nombreux écrivains anciens, elle est toujours tenue pour non paulinienne par un certain nombre de critiques, même parmi les plus récents, tels que Moffatt et Clemen. D'autres, Harnack, Jülicher, Deissmann, Bacon croient qu'il est possible qu'elle ait été écrite par Paul. Nous examinerons dans Etudes de critique et d'exégèse les observations nouvelles qui ont été présentées contre son authenticité et les récentes hypothèses sur les destinataires de cette épitre.
VII. La très grande majorité des critiques croit que l’épître aux Philippiens est paulinienne. Quelques-uns soutiennent qu'elle a été formée de deux lettres de ‘ Paul, que l’on découvre dans les chapitres I et II et: dans III et IV!. Chacune de ces deux parties se termine par les salutations ordinaires dans les épîtres pauliniennes, Il, 19-30 et IV, 2-23. Les chapitres III et IV seraient la lettre la plus ancienne. Cette hypothèse n’atteint en rien l'authenticité de l’épître, mais elle nous paraît inutile. Il est très possible que Paul après avoir terminé son épître au ch. IT, 30, ait reçu des nouvelles récentes sur la méchanceté et l’hypocrisie des judaïsants et qu'il ait ajouté quelques pages à son épître pour mettre ses lecteurs en garde contre ceux-ci.
VIII. K. Lake? croit qu'ily a eu introduction dans le corps de l’épître d’un fragment paulinien qui commencerait au ch. II, 4 ou III, 2 et se terminerait ch. IV, 2. Il explique cet état de choses, dont il retrouve des exemples dans d’autres épîtres de Paul, par la la façon dont s’est formée la collection des épîtres
4. M. JONEs, The Integrity of the Epistle to the Philippians, dans The Expositor, VIII° série, n° 47, p. 457-473. London, 4914.
2. The critical Problems of the Epistle to the Philippians, dans The Expositor, VIII Série, n° 42, London, 1914.
pauliniennes. Dans le courant du n° siècle, les églises chrétiennes se communiquèrent les lettres que chacune d'elles avait reçues de l’Apôtre. Elles envoyèrent des copies des lettres ou des fragments de lettres qu’elles avaient. On rangea l'envoi de chaque église sous un même titre et ainsi on eut une épître aux Philippiens de tout ce que cette église avait reçu de Paul. Nous savons par Polycarpe, II, XI, qu’il leur avait écrit plusieurs lettres. Ces passages cependant ne prouvent pas d’une façon certaine l’envoi de plusieurs lettres aux Philippiens.
IX. Quelques critiques avaient soutenu que l’épître aux Philippiens avait été écrite pendant la captivité de Paul à Césarée, mais la très grande majorité des critiques pense qu'elle l’a été à Rome vers la fin de sa captivité. Récemment Deissmann! avait admis que, tout comme les autres épitres de la captivité, Paul l’aurait écrite pendant un emprisonnement qu'il aurait subi à Ephèse. Lisco? a soutenu cette hypothèse et Albertz$ l'a exposée dans le détail pour l’épître aux Philippiens.
Il essaye d’abord de prouver que Paul a été emprisonné à Éphèse, lors du séjour qu’il y fit pendant son troisième voyage de mission, Act., XIX, 1, séjour pendant lequel eut lieu l’émeute, excitée par Démétrius, l'orfèvre. C’est à cette époque que l’Apôtre écrivit sa première lettre aux Corinthiens, où il fait allusion à ce qu'il eut à souffrir : « Si c'est dans des vues humaines que j'ai combattu contre les bêtes à Ephèse », I Cor., XV, 32. Ce combat contre les bêtes a dû être précédé d’un emprisonnement. Mais la plupart des