‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 64 sur 162 · IV. Fulliquet essaye de reconstituer les plus an · texte numérisé non relu

IV. Fulliquet essaye de reconstituer les plus an

ciens documents écrits, rapportant les actions et les paroles du Seigneur, c’est-à-dire les documents qui ont servi de base à nos documents actuels. Il lui semble que l'hypothèse la plus probable est celle qui suppose deux documents primitifs : le Proto-Marc et les Logia de Matthieu; pour avoir le Proto-Marc, il suffit de retenir les fragments qui se retrouvent à peu près identiques dans les trois synoptiques. Mais comme les évangiles ne présentent pas un même fragment de façon identique, il s'ensuit que le Proto-Marc ou « Mc! n’a été connu tel quel ni de Matthieu, ni de Luc, ni même de Marc. En effet, nous devons appeler Mc? un exemplaire de ce Mc!, déjà remanié, retravaillé, celui qui a servi à notre Matthieu ; et pour retrouver ce Mc?, il sufflit d'isoler ce que Matthieu a de commun avec Marc, sans correspondance dans Luc. Et de même nous devons appeler Mc* un exemplaire de ce Mc!, autrement revisé, celui qui a servi à notre Luc, et pour retrouver ce Mc*, il faut isoler ce que Luc a de commun avec Marc sans correspondance dans Matthieu. Mais Mc* et Mc? avaient des parties communes, puisque certains fragments se retrouvent intacts ou ana= logues dans les trois synoptiques et ces fragments appartenant à Mc', constituent tout ce qui a survécu de Mc!. Et notre Marc actuel doit s'appeler Mc‘ puisqu'il représente un dernier remaniement, renfermant, outre les parties qui remontent à Mc', certains textes de Mc? et d'autres de Mcÿ, et enfin des fragments qui ne se trouvent ni en Matthieu, ni en Luc ou des abréviations ou résumés de portions originales de Matthieu ou de Luc. » Tout cela paraît un peu compliqué, mais, au fond, revient à dire que les trois évangélistes ont utilisé des documents reproduisant la même catéchèse mais sous des formes différentes. L'auteur a seulement le tort de donner à cette catéchèse le sigle Me, puis=

ee LA QUESTION SYNOPTIQUE.. 213

qu'elle n’est pas l'évangile qui porte le nom de Marc.

En outre, dans la reproduction qu'il en fait ensuite,

il suppose que les évangélistes l'ont traitée très libre-

ment, en y ajoutant même des détails ou des faits qui n'étaient pas historiques.

Le second document, que l’on retrouve dans les évangiles, c'est les discours du Seigneur que seuls, Matthieu et Luc ont utilisés; Marc ne les a pas connus. Il se compose de morceaux communs à Matthieu et à Luc.

V. Pullan ! essaye de résoudre le problème synoptique. Il constate d’abord que Luc et Matthieu contiennent des récits que l’on retrouve dans Marc et que, par conséquent, ils ont dù lui emprunter. Tous deux racontent la naissance surnaturelle de Jésus, mais avec des détails différents, qui prouveraient qu’ils reproduisaient deux traditions différentes dont l’une, celle de Matthieu, se rapporterait à Joseph et l’autre, celle de Luc, à la Vierge Marie. Matthieu s’est appliqué surtout à faire ressortir la naissance virginale de Jésus pour répondre aux calomnies des Juifs sur la Vierge Marie. L'objection que l’on tire du prétendu silence de Paul et de Jean sur la naissance surnaturelle de Jésus n’a aucune valeur. Si Paul ne la mentionne pas explicitement, il y fait une allusion transparente quand il affirme que tous les descendants d'Adam sont nés pécheurs, tandis que le Christ est né sans péché. Quant à Jean, il affirme la naissance virginale, au ch. I, 13, de son évangile quand il dit : Il n’est pas né du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dicu. Tel serait d’après Pullan, le texte original. Cette conjecture est très séduisante et elle s'appuie sur des Pères occidentaux, Tertullien et surtout Irénée qui cite ce texte dans la forme sui-

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