PURE
vain ; il n'est pas étranger à certaines préoccupations de forme. La tendance ébionite de cet évangile viendrait d’une source intégralement reproduite plutôt que de l’auteur. L'évangile de Marc, peut-être sous une forme légèrement différente de celle que nous connaissons, les Logia, d’après une traduction différente de celle qu’a utilisée Matthieu et des sources particulières à Luc sont les sources du troisième évangile. Comme pour Matthieu des éléments propres à Luc proviennent des Logia, éléments que Matthieu n'avait pas utilisés et inversement. Les deux premiers chapitres ont une physionomie et un caractère qu’on ne retrouve pas dans le reste de l’évangile. Luc n’a pas utilisé pour les ch. IX, 51-XVIII, 14, une source particulière; il a accumulé à cet endroit de son œuvre des éléments empruntés aux Logia et des renseignements d'origine diverse. Pour le récit de la passion il a peut-être, à côté du récit de Marc, utilisé une tradition particulière. Goguel ne parle pas du rapport qui existe entre
‘ le récit de la passion dans Luc et dans le quatrième évangile. Le plan de l’évangile de Luc ne diffère de
celui de Marc que par quelques simplifications et par quelques additions. Cet évangile a dû être écrit vers l’an 80-100, comme celui de Matthieu; on ne peut dire quel est le plus ancien des deux.
Les données chronologiques sur la vie de Jésus sont rares : Jésus est né au plus tard l’an 4 avant notre ère; il serait mort à la Pâque de l’an 28.
XI. Edwin A. Abbott a entrepris sur le Nouveau Testament une suite d’études qu'il a intitulées Diatessarica; nous en avons déjà signalé quelques-unes : Johannine Vocabulary, Johannine Grammar. Il publie en ce moment un important travail sur les quatre Évangites : The fourfold Gospel. Avant d'en parler signalons les études de critique sur le Nouveau Testa-
fiént qu'il avait donnés antérieurement et dont plusieurs 8é rappottent aux évanpiles 1.
Les premières sont assez courtes et traitent de sujets divers : le joug de Jésus et la croix, la foi éomimé un grain de moutarde, la fin de l'évangile de Marc, la prédiction du crücifiement de Pierre, l'hypothèse moderne sur la moft de Jean, le fils de Zébédée. Sur cette dernière question, il fait rémarqüef qué les deux textes, sur lesquels elle sé fonde, sont d'écrivains relativenent récents et qu'elle n'a aucun appui dans l'äncienne littérature chrétienne. Cé qui est décisif éontre ellé c’est d'abord qu'Eusèbé n’a pas parlé du martyre simultané des deux frères, Jacques et Jean, bien qu'il ait raconté celui de Jacques; mais, c’est surtout que Paul mentionne Jean comme assistant à la conférence de Jérusalem, qui eut lieu au moins dix ans après la mort de Jacques.
Les notes sur la daté de composition de l'Apocalypse ét sur la signification de l'expression : le Fils dé l'homme, sont beaucoup plus développées. L'Apoéalypse aurait été écrite, comme on l’ädmet actuellement, vers l’an 96. Son auteur est Jean, l'apôtre, le fils dé Zébédée. Le but de l'écrit est dé montrer le progrès du bien, le progrès du mal, lé conflit èt la victoire du bien. L'auteur n’a pas inséré dans son écrit des documents déjà existants, mais il s'est inspiré surtout dé l’Ancién Testament. M. Abbott montre par une étude très attentive que lés faits téls qtié la mensüration du Temple, la naissance dé l’enfañt-Messie, lé dragon qüi le poursuit lui et sa mère, les deux témoins, ne proviennent pas d'anciennes apocalypses, mais sont la combinaison de données bibliques.
L'expression : le Fils de l'homme, est étudiée dans