Le plus ancien récit complet de la vie de Jésus
4. Worte Jesu uñd Gemeindeüberlieferung zur Quellengeschichte der Synopse. Leipzig, 1913.
2, Nous empruhtons l’änalyse de l’ouvrage à un compte renüu de CLAYTON R. BOWEN, The American Journal of Theology, vol. XVII,
p. 435. Chicago, 1944.
formé par la réunion des deux récits précédents, les prédictions sur la passion formant le trait d'union. Ce récit, Stammbericht, qui ne contenait aucun discours est la source de tous les récits subséquents. Il existait en plusieurs recensions et a subi de nombreux changements et additions. Comme les récits 1 et 2 il a été formé en Palestine, avant le milieu du r°’ siècle.
4. Le Grundbericht, G, ou source narrative incorporée dans Marc et utilisée plus tard par Matthieu et Luc. Ce récit ne contient encore aucun discours et se développe sur la base du Stammbericht, 3, mais il n'est plus une reproduction objective de la tradition; il est dominé complètement par le dessein de démontrer la messianité de Jésus : « L'histoire est ainsi corrigée par la dogmatique. » De nouveaux matériaux sont ajoutés, spécialement des miracles; le vieux fond de récits est élargi et réformé à nouveau pour s'adapter à la preuve de la messianité. Ce document a été produit dans la communauté de Jérusalem vers l’an 50. Son but le plus caractéristique était de prouver aux Juifs incroyants que « Dieu a fait tout à la fois Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié », Act., Il, 36, discours de Pierre aux Juifs, le jour de la Pentecôte.
5. Le premier recueil de discours (Q!) contenait primitivement un discours eschatologique aux disciples sur leur avenir apostolique (en substance dans Matthieu); puis un discours subséquent sur les rangs dans le royaume, appuyé par l'exemple du petit enfant; probablement aussi la parabole du Semeur. Ce document est basé sur des paroles traditionnelles de Jésus, mais sous cette forme il a été produit par la communauté. Il a été écrit pour compléter G, auquel il a été ajouté aux environs de l’an 50. Jérusalem est aussi son lieu d’origine. Paul le connaissait, comme il res-
sort de la première épître aux Thessaloniciens, ch. IV et V et de la première épiître aux Corinthiens, ch. IX. Son point de vue est celui d’un christianisme strictement juif; (il défend, Mt, X, 5 ss, à ‘ceux auxquels il est adressé la mission chez les Gentils), à supposer même qu'il ne soit pas pleinement anti-paulinien.
6. Une seconde addition à G (Q?) consistait dans une série de dix-sept conflits entre Jésus et les pharisiens, avec un court discours traitant aussi de questions sur la Loi. Ce dernier est ajouté à Q ! ; le premier à G, qui, cependant, forme maintenant un seul document. Le point de vue de Q? est moins strictement juif que celui de Q! ; il commence déjà à exercer une certaine critique sur les usages et la croyance traditionnels et à développer une conscience morale et religieuse indépendante. Cette seconde addition à G a été faité aussi à Jérusalem, vers l’an 55 et a été connue de Paul, I Cor., VII. G, Qt et Q? ont pu exister en l’an 55 en trois codex séparés, mais étaient regardés comme une collection des Memorabilia de Jésus dans des éditions successives. Les écrivains subséquents les ont utilisés ensemble.
7. Un récit, développé, comme G, du Stammbericht original, mais indépendamment. Comme il est devenu la source spéciale de Marc il est appelé S {Sonderquelle). Celle-ci est historiquement une source narrative de la plus grande valeur. Différent de G, ce récit n’a aucun but dogmatique; il est écrit non pour prouver une thèse, mais pour raconter l’histoire évangélique. Il possède beaucoup de matériaux qui ne se trouvent pas dans G; il est excessivement vivant et pittoresque et donne à Marc son air de vérité et de réalité. 11 n'a aucun intérêt spécialement judéo-chrétien, et a dû naître dans une communauté hellénistique. Il n'a pas de rapports avec Pierre; la fameuse
déclaration de Papias est seulement une conjecture mal comprise, sans relation réelle soit avec l'évangile de Marc, soit avec S.
8 L’évangile de Marc. Celui-ci a fondu eñ un les deux ouvrages plus anciens (G avec des additions Q! et Q2, et S) aveé certains changements ét des additions faites par l'éditeur. Les unités plus anciennes furent brisées et des passages des deux sources furent employés alternativement, ce qui causa de fréquentes récapitulations et des doublets. L'ouvrage parut vérs l'an 70; Haupt ne parle pas dé la personñe où du lieu de résidence de l’auteur.
9. Une troisième addition à G (Q) faite par un groupe chrétien de Palestine après la destruction de Jérusalem. On y trouve trente-cinq passagés de discours, contenant des instructions pour la communauté dans les sombres jours qui viennétit, où, séparée de la synagogue, son nom rejeté commé le mal, elle doit prendre courage et une conscience d’ellé:même qui lui permette de faire face au monde comme un corps religieux indépendant. Q* est plus long que lequel que ce soit des passages du primitif Q, qu’il supplémente; il contient le bloc du discours sur la montagne, le récit de la tentation et béaucoüp plus que ce qui est maintenant le plus proéminent dans nos évangilés. C'est le produit de la communauté chrétienne et non une réminiscence historique de ce que Jésus a dit ; son esprit au plus ést son légs. Le point de vue fondamental est universaliste, critiquant sévèrement les chefs phaïisiens et les Juifs, reconnaissant lé juste jugement de Dieu sur Israël aveugle et entêté. Les matériaux de Q3 sont, bién entendu, simplement les matériaux de Q dans Matthieu et Luc, qui n’ont pas de parallèle dans Marc, lequel fut écrit de trop bonne heure pour en faire usage.