‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 77 sur 162 · Récits ultérieurs ajoutés à G, après qué Marc · texte numérisé non relu

Récits ultérieurs ajoutés à G, après qué Marc

s'en füt servi et avant que Matthieu et Luc l’aient utilisé. Ceux-ci comprennent une généalogie davidique (différente dans les différentes copies de G), une histoire de la conception virginale et de la naissance (mieux conservée dans Matthieu; Luc prénant seulement le fait et donnant de nouveaux détails), peut-être aussi une relation du suicide de Judas (dans Matthieu et Actes). La copie faite par Matthieu de G possède aussi d’autres additions, surtout dans les récits de la passion et de la résurrection.

11. Un troisième document narratif, utilisé par Lué comme une source spéciale (L). Un récit entièrement complet basé (comme G et S) sur le Stammbericht primitif, mais continuant l'histoire au delà de la résurrection dans l’âge apostolique primitif, de sorte qu'il devint aussi une source pour les Actes, Ses matériaux resserhblent beaucoup à ceux de S et sont tout à fait différents de G, mais ce récit idéalise et contient beaucoup de miracles pieux et sans art; il est tout à fait éloigné de la base historique de son récit. L'auteur est ut chrétien d'origine juive, mais de mentalité univer=

saliste, pour lequel la controverse primitive judéo-

païenne est oubliée depuis longtemps. Il parle toujours de Jésus -comme « le Seigneur » et a beaucoup d’éléments en commtün avec le quatrième évangéliste (Jean at-il connu L?); il a pu cependant écriré en Asie Mineure, quoique ses matériaux soient judéens. Sa date est approximativement l’an 80.

12, Des séries d’additions de discours postérieures (Qz — addition, zusatz, à Q) faites aux parties Q du document GQ, comme les matériaux indiqués au n° 10, ont été ajoutées aux parties de G. Comme précédemment la copie utilisée par Matthieu ñe recut pas exactement lés mêmes séries d’additions que la copié utilisée par Luc.

Ce sont des allusions au sort de Jérusalem, plüsieurs paraboles et explications, spécialement dans Luc (juge injuste, ami importun, le riche fou, le bon Samaritain, le riche et Lazare, l'intendant infidèle) mais aussi dans Matthieu (jugement du troupeau de porcs). Quelques additions sont communes aux deux évangélistes, principalement des suggestions qui ont été travaillées différemment par les deux évangélistes (Le, XII, 35 s — les dix vierges de Matthieu; l'enfant prodigue de Luc — les deux fils, l’un obéissant, l’autre désobéissant de Matthieu; le frère aîné de l’enfant prodigue dans Luc — les vignerons dans la vigne, dans Matthieu; les deux débiteurs dans Luc, VII, 41-43 — le mauvais serviteur dans Mt, XVII, 23-34). Les additions sous ce chef sont principalement des notes marginales faites dans les manuscrits de Q, traitées par les évangélistes avec plus de liberté que les textes eux-mêmes. La date et le lieu d'origine-de ces additions ne sont pas indiqués.

13. Une rédaction tardive strictement judéo-chrétienne (Nazaréenne) de l’exemplaire de GQ, que Matthieu a utilisée. Ceci est une polémique tempérée, anti-paulinienne, comme celle de l’épître de Jacques, qui se place à peu près au même point de vue, lequel est peut-être celui du groupe judéo-chrétien de Jérusalem après sa reconstruction à la fin du 1° siècle.

14. L'évangile de Luc. Ecrit vers l’an 100 par un auteur qui certainement n’est pas Luc, le compagnon de Paul, l’auteur du Journal de voyage dans les Actes, et probablement n’est pas un gentil. Il est plus un historien qu'aucun de ses prédécesseurs ou que Matthieu ; il se sert d’un plus grand nombre de sources (y compris Josèphe) qu'aucun des évangélistes et il en use d’une façon plus critique, quoiqu'il altère moins la langue, que Matthieu. Dans l’ensemble, la forme actuelle des - sources peut se retrouver plus fidèlement dans Luc

3 ny + DA.

(à comparer la citation du Journal de voyage dans les Actes).

15. L’évangile de Matthieu. Il a été écrit par un judéo-chrétien universaliste, plus récent que Luc de quelques années. Matthieu est plus théologien qu'historien, plus attentif à produire à l’aide de ses divers matériaux une unité religieuse édifiante. Il est habile dans ce genre de composition et présente « l’ Évangile » avec plus de succès que Luc, comme l'expérience de l'Église l'a toujours reconnu.

16. Contribution personnelle de Luc; additions et changements dus à l'éditeur en faveur de l’ébionisme, de l’ascétisme et de l'humilité.

17. Contribution personnelle de Matthieu; quatorze citations de l'Ancien Testament avec réflexions : matériaux ajoutés dans les sections traitant de la naissance de Jésus, de la passion, de la résurrection; certains commentaires se rapportant à Pierre {(spécialement XVI, 17-19), quelques paraboles ajoutées, explications et remarques de l'éditeur.

Comme conclusion nous avons, d’après Haupt, peu de paroles authentiques de Jésus, beaucoup plus de tradition des communautés (Gemeindeüberlieferung) ou plutôt de poésie des communautés (Gemeindedichtung). En d’autres termes, nous aurions quelques paroles directes de Jésus, un grand nombre de paroles transmises par les communautés chrétiennes ou plutôt dues à l'imagination de ces communautés.

XVIII. Dans son /ntroduction to the Literatur of the New Testament, J. Moffatt a consacré un important chapitre à l'étude du problème synoptique‘. Il rejette tout d'abord l'hypothèse de la tradition orale, laquelle ne peut expliquer les ressemblances et les

: 4, Op. cit., p. 177-216,

D co.

divergences des évangiles synoptiques et admet la priorité de l'évangile de Marc par rapport à ceux de Matthieu et Luc. Il analyse le témoignage de Papias, duquel il ressort qu’il y eut tout d'abord un évangile de Marc qui reproduisait la prédication de Pierre et des récits provenant de la tradition orale, mais le tout sans ordre. Ce Marc aurait été plus court que notre Mare actuel. Celui-ci est en effet un ouvrage où l'on retrouve des traces de rédactions successives, des additions, des changements, L'auteur a donc reproduit l’ensemble du Mare primitif en le complétant à l’aide de matériaux qui lui venaient d’ailleurs; il ne s’est pas servi du document Q.

Papias nous apprend encore que Matthieu a écrit en araméen les Logia du Seigneur, document Q, Mais notre Matthieu grec a certainement utilisé l’évangile de Marc, de sorte qu'on ne peut admettre qu’il est une traduction des Logia de Matthieu. Il a été composé à l'aide des Logia de Matthieu et de notre Mare actuel, Il en est de même de l’évangile de Luc, mais ces deux évangélistes ont eu aussi d’autres sources qui leur étaient particulières. Moffatt ne croit pas impossible que l’évangile de Matthieu ait été une des sources de Luc, mais il pense qu’on peut expliquer autrement que par une dépendance de Luc à Matthieu les passages où ces deux évangélistes s'accordent contre Marc. Elles proviennent peut-être de la tradition orale, du document Q, de sources communes, enfin de l'adaptation qui a été faite plus tard du texte d'un évangile à l’autre.

XIX. H. Pasquier pense avoir trouvé la solution du problème synoptique !. Voici un exposé suecinct de son système. Le premier évangile n’est pas autre que les Logia attribués à Matthieu par Papias. Rien ne prouve

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