‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 88 sur 162 · The Beginnings of Gospel Story · texte numérisé non relu

The Beginnings of Gospel Story

2. Les évangiles synoptiques : Le paulinisme de Marc, p.363-43B. Paris,

VI. Le P. Lagrange! examine la même question à un triple point de vue. 1. Le paulinisme littéraire de l'évangile de Marc : « Personne, écrit-il, n’a signalé des rapprochements caractéristiques entre le style de Marc et celui de Paul, par exemple dans la syntaxe. On ne peut dire d'aucune phrase qu’elle s’inspire directement d’une phrase de Paul. Les expressions que Marc a en commun avec Paul ne comportent aucune doctrine spéci iquement paulinienne ; certains mots ne sont pas même pris dans le même sens chez les deux écrivains.

2. Paulinisme doctrinal : sur la christologie, sur l’universalité du salut, sur la réprobation des Juifs, Marc reproduit l’enseignement du Seigneur que Paul a développé. Le paulinisme de Marc est donc un paulinisme rudimentaire, ou plutôt le point de départ que Paul a pris dans la doctrine de Jésus.

3. Il reste le paulinisme de partisan, le parti pris de rabaisser les Douze au profit de Paul. Dans le second évangile, en effet, les apôtres ne sont guère ménagés : Jésus leur reproche de manquer d'intelligence; ils n'ont aucune idée du véritable idéal de Jésus; Pierre se scandalise; il renie son Maître; Judas le trahit, Tout cela prouve la fidélité de l’évangéliste à rapporter les faits tels qu’ils se sont passés et l’on peut ajouter tels qu’ils ont dû se passer. On ne voit nulle part apparaître un point de comparaison ;entre les Douze et Paul. L'apôtre des Gentils a dù lui aussi recevoir l’illumination d'en haut et s’il a eu l'intelligence ouverte

et l'esprit prompt il s'était servi tout d’abord de cette prédominance sur les apôtres, ignorants et peu intelligents, pour persécuter avec plus d’ardeur l’ Église du Christ. »

4. Evangile selon saint Marc : Le paulinisme de S, Marc, p. CXL, Paris, 1914.

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VIL. D’après Wisner Bacon, l’évangile de Mare, bien qu’il contienne des faits réels, n’a pas été construit comme un écrit historique; le principe directeur de sa construction a été de répondre aux exigences pratiques de la condition des communautés ; c'est ce que l’auteur appelle la théorie des « pragmatic values ».

VIII. La question de la finale de Marc, XVI, 9-20, continue à occuper les critiques. N’admettant pas comme authentique la finale longue que nous avons dans la plus grande partie des manuscrits majuscules, sauf le Vaticanus et le Sinaiticus, non plus que la finale courte, représentée par quatre majuscules et quelques autres autorités, n’acceptant pas d’ailleurs que le texte de Marc s’arrêtât à époéobvro y&p, qui n’est pas une finale, de l’aveu de tous les critiques, bien que quelques-uns pensent que le texte finissait ainsi, E. J. Goodspeed? essaie de reconstituer la finale originale, perdue on ne sait par quelle cause. Il part de cette idée que Matthieu reproduit Marc dans son récit de la passion, sauf pour quelques faits qui lui sont propres. Or, il constate que Mc, XVI, 1-8, est en parallèle avec Mt, XXVIII, 1-8, où les mêmes faits sont racontés; mais Mt, XXVIII, 9, 10, est la suite naturelle du récit et même Jésus y dit aux saintes femmes : Ne craignez point, ce qui répond à la frayeur qu'elles avaient d’après Marc. Donc, Mt, XXVIIT, 9,10, devait être dans Marc et complétait le récit.

La suite du récit de Matthieu raconte le rapport

que font les soldats gardiens du tombeau aux princes

des prêtres et l’ordre que ceux-ci donnent aux sol-

1. The purpose of Mark's Gospel, Journal of Bibl. Literature, Vol. XXIX, p. 41. New York, 4910.

2, The original conclusion of the Gospel of Mark; Amer. Journal of Theology, Vol. IX, p. 484. Chicago, 1905.

dats de dire que le corps de Jésus a été enlevé de nuit par ses disciples. Ce récit est le complément de celui où Matthieu raconte qu’une garde fut placée auprès du tombeau, épisode que Marc n’a pas relaté. Donc ce complément ne devait pas être dans son récit.

La suite du récit de Matthieu, XXVIII, 16-20, rapporte l'apparition de Jésus à ses disciples en Galilée, Or, dans Marc, XVI, 7, Jésus avait dit aux femmes : Allez, dites à ses disciples et à Pierre : 11 vous précède en Galilée; cette apparition de Jésus en Galilée devait donc être racontée dans le texte de Marc. Comme complément de son récit Marc devait donc rappeler que Jésus avait engagé les femmes à ne pas avoir peur et raconter son apparition en Galilée.

Ceci posé, le texte doit être reconstruit de la façon suivante : ÿ 7 : « Mais allez, dites à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée, là vous le verrez, comme il vous l’a dit. Et elles sortirent et s’enfuirent du sépulcre, car le tremblement et l’effroi les avaient saisies. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. Et voici, Jésus vint au-devant d'elles et leur dit : Salut! Celles-ci s'étant approchées, saisirent ses pieds et l’adorèrent. Alors, Jésus leur dit : Ne craignez point; allez, dites à mes frères de partir pour la Galilée, et là ils me verront... Et les onze disciples s’en allèrent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait ordonné d'aller. Et Jésus vint à eux, et quand ils le virent ils l’adorèrent, mais quelques-uns doutèrent. Et il leur parla disant : Toute autorité m'a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc et faites mes disciples toutes les nations, leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées. Et voilà, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles, »

Sous prétexte que l’ordre de Jésus de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit a été mis en doute par quelques critiques, Goodspeed ne l’insère pas dans sa reconstitution de Marc. On remarquera aussi qu’il a fait quelques modifications au texte de Matthieu. Cette reconstitution si séduisante qu'elle soit, n'a que la valeur d’une conjecture. Il n’est pas d’ailleurs le premier qui ait essayé de retrouver la finale de Marc dans le texte de Matthieu. Volkmann l'avait déjà fait.

IX. H. Schmidt! a essayé de reconstruire la finale de Marc à l’aide des conjectures de Rohrbach sur le chap. XX de l’évangile de saint Jean.

X. L. Brun? a tenté aussi de préciser ce que pouvait contenir cette finale; il y trouve surtout un rôle particulier à l'apôtre Pierre qui aurait reçu des ordres de la bouche même du Seigneur.

XI. D'une étude rapide des témoignages externes et internes sur la finale de Marc, J. Mader? conclut, tout en acceptant la canonicité : La finale de Marc, XVI, 9-20, n'a pas été écrite par l’évangéliste Marc, mais elle est la conclusion d’une des nombreuses narrations évangéliques dont parle Luc, I, 1. Elle fut ajoutée à l’œuvre incomplète de Marc même avant la composition de l’évangile de Jean et est peut-être le reste d'un écrit du presbytre Aristion.

XII. Le P. Lagrange‘ a étudié à fond la finale de Marc : il examine d’abord la tradition diplomatique et patristique, puis la canonicité et enfin l'authenticité

4. Zur Frage des urspr. Markusschlusses; Th. Studien und Kritiken, Bd 80, p. 487-513. Gotha, 1905.

2. Bemerkungen zum Markusschluss, Th. Studien und Kritiken, Bd 8%, p. 157-180. Gotha, 1911.

3. Der Markusschluss; Bibl. Zeitschrift, Bd 411, p. 269-272. Freiburg Br., 1905.

a, Evangile selon saint Marc, p. 4%, Paris, 4914.

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littéraire. Cette finale est canonique; sur ce point, pas d’hésitation. Par l'étude interne de la finale il constate « qu'il y a trois raisons très graves de penser que la finale n'est pas de la même main que le reste de l’évangile... Ce sont là, ajoute-t-il, des raisons de critique interne, et il faudrait peut-être les sacrifier, malgré l’évidence qu'elles ont pour ceux qui sont accoutumés à ces études, si elles étaient condamnées par les témoignages externes. Mais quand on compare ce fait à cet autre que des manuscrits très anciens, de l’Afrique à la Syrie, en passant par la Palestine et l'Égypte, omettent la finale, on est acculé à choisir entre deux hypothèses. Ou vraiment l'évangile ne contenait pas d'abord la finale, ou elle a été retranchée parce qu'on y a reconnu la main d'un autre auteur. Dans les deux cas, Marc n'en serait pas l’auteur... Cette proposition est présentée ici cependant sous toutes réserves, comme le plus probable, et avec une restriction sur laquelle il faut insister. »

Le P. Lagrange! étudie ensuite l'addition à la frols de Marc que l’on trouve dans le manuscrit Freer des évangiles?. De son examen il résulte que l’addition Freer ne peut absolument pas être regardée comme faisant partie de la finale et même qu’elle n’a pas été composée pour être insérée dans la finale. C’est un morceau, emprunté quelque part, qui a été inséré dans cet endroit au moyen de deux petites sutures, dreoyoüvro au début, et &\Xé à la fin. Il est possible que nous ayons là l’écho affaibli de paroles authentiques, prononcées par Jésus.

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