‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 89 sur 162 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

2, Cf. notre Histoire des livres du Nouveau Testament, T. III, p. 338 ss. Paris, 4908.

3. Nuovi Manoscritti e la finale di San Marco; Rivista storico-critica delle Scienze theologische, T. IV, p. 521. Roma, 1908.

et a conclu que non seulement cette addition ne faisait pas partie du texte primitif de la finale, mais qu’elle n'était même pas contenue dans le document duquel celle-ci fut extraite. Il est possible que cette addition dérive d’une parole authentique de Jésus, mais il n’est pas impossible qu'elle ait été composée de toutes pièces par un autre que Marc. Ces versets ne sont pas de beaucoup antérieurs à l’an 130, ni postérieurs à l'an 200.

XIV. Le P. Van Kasteren reprend dans De Studien l'étude de la finale de Marc et soutient que la finale longue et le logion Freer, inséré dans cette finale, proviennent d’un ouvrage supposé d’Aristion. Marc dans sa finale n’a pas transcrit le texte d’Aristion servilement, mais l’a adapté à l'esprit général de son évangile. Le logion a été ajouté par un lecteur pour combler la lacune entre les ÿ 14 et 15. Le P. Vosté qui expose cette théorie dans la Revue bibl., juillet 1916, ne l’accepte pas et croit que la finale longue est bien de Marc qui a condensé à la fin de son évangile en quelques phrases mal cousues ensemble ce que, en des circonstances normales, il aurait raconté plus en détail dans son beau style si expressif.

XV. B W. Bacon! croit que le ch. XIII de l’évangile ‘ de Marc est un facteur décisif pour fixer la date des évangiles synoptiques. Il rejette l'hypothèse de la feuille volante apocalyptique que Marc aurait insérée à cet endroit de son évangile et croit que le chapitre apocalyptique des synoptiques est dans sa structure générale la composition de notre second évangéliste, suivie par Matthieu et Luc, sans emploi par eux de sources étrangères. Il démontre les deux points suivants : 1, Dans sa structure générale l'apocalypse

1. The Apocalyptie Chapter of the synoptic Gospel; Journal of bib- Literature, Vol. XX VIII, p. 4, New York; 4909,

de Marc, XIII, est la composition du rédacteur luimême de l’évangile, RQ, se basant principalement sur la Source Q, les épiîtres pauliniennes et l'Ancien Testament. 2. Le compilateur du Marc canonique a formé sa construction en se référant aux événements de l'an 66 à 70; il n’est, par conséquent, pas antérieur à 70, 71, ni postérieur à 75.

XVI. M. Goguel ! nous apprend, dans sa préface, que son travail est la première partie d’une étude sur les sources de l’histoire évangélique et la composition des évangiles synoptiques. 11 étudie, à propos du second évangile, le problème qui résulte de la coexistence de trois récits parallèles, Matthieu, Marc, Luc, entre lesquels il s’agit de discerner quel est celui qui est l'origine des deux autres. Ce travail, une fois fait, il faut essayer de remonter au- delà des textes actuels pour découvrir à quelles sources ils ont puisé.

L'auteur, s'appuyant sur les données de la tradition, établit que Marc, juif de naissance, a écrit son évangile à Rome sous l'influence de Pierre. 11 étudie ensuite le plan du second évangile en le comparant avec ceux du premier et du troisième évangiles et conclut à la

priorité de Marc. Il examine alors un à un tous les

récits du second évangile et les rapproche de ceux de Matthieu et de Luc et aboutit à la même conclusion, c'est-à-dire à la priorité de Marc. Entre temps, il avait recherché les sources d’où provenaient chacun des récits du second évangile. Voici ce qui ressort de ses recherches.

Le rédacteur du second évangile aurait juxtaposé des récits de caractères très divers et aussi de valeur historique très inégale, suivant un plan qui lui est

1. L'Évangile de Marc et ses rapports avec ceux de Matthieu et de Luc.

personnel et qui est dominé par quelques idées très simples : Jésus, le Christ sauvant le monde par sa mort; les Juifs endurcis, d’après un plan conçu à l’avance par Dieu; le mystère du Royaume confié aux apôtres. Il a emprunté les éléments de son récit principalement aux souvenirs de Pierre, puis aux Logia, à la source particulière à Matthieu et à Luc, à un document indépendant de cette source, à la tradition primitive ou secondaire, à une tradition populaire, mélangée de légendes ou transformée par la conscience chrétienne. Il a retravaillé ses sources en y ajoutant des détails ou en en supprimant. Le tout a été disposé d'après un plan tout à la fois psychologique, chronologique et géographique. Les-événements se déroulent d’une manière : logique, finement observée, exprimée avec netteté et dans un ordre bien marqué. Cependant, il y a tendance à grouper les récits qui présentent le même caractère principal. Enfin, on découvre dans le second évangile des traces d’interpolations ou d’additions dues à des rédacteurs postérieurs. Marc aurait écrit vers l'an 65 ; l'apocalypse du chapitre XIII aurait été ajoutée vers l'an 75. Quant à la finale, XVI, 9-20, elle serait plus tardive. |

XVIL. Rohr! pense que Marc non seulement a utilisé les souvenirs de Pierre, mais aussi l'évangile de Matthieu dans son état primitif, c'est-à-dire sous sa forme araméenne.

Passons maintenant aux études d'ensemble sur l’évangile selon saint Marc.

XVIIL. Le travail du P. Lagrange sur l’évangile de

saint Marc est le plus complet qui ait été publié jusqu’à nos jours sur cet évangile. Après une bibliographie détaillée le savant dominicain étudie les questions

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