‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 91 sur 162 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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I. Dans son ouvrage, « Saint Luc, l’homme et son œuvre ! », H. Mc Lachlan, professeur de grec hellénistique à l’Université de Manchester, examine les divers

4, St. Luke, the Man and his Work.

al

points de vue auxquels on peut se placer pour connaître et juger les œuvres de Luc. Il tient grand compte du texte occidental, mais il ne croit pas qu’on puisse l’accepter ou le rejeter en bloc; il y a lieu d'examiner chaque passage en particulier.

L'auteur des Actes était un homme de haute valeur, un véritable homme de lettres. Il est plus classique que les autres évangélistes; c’est un helléniste qui sait varier les formes de son style, suivant que le sujet l'exige. Il a dans les Actes si bien coordonné ses sources qu'il est difficile de les distinguer. Il connaissait la littérature grecque. Sa chronologie est aussi exacte que celle des historiens de son temps; il est bien au courant des coutumes et des institutions de son époque. Il ne semble pas que Luc ait connu le latin. Il n’est pas certain qu'il ait connu l’araméen ou l’hébreu; il est probable cependant qu'il a traduit lui-même ses documents araméens. En tout cas, il reste beaucoup d'aramaïsmes dans l’évangile de saint Luc. Il a édité ses sources avec une certaine liberté, leur donnant sa forme de style et y introduisant ses expressions caractéristiques.

Comme théologien, Luc a beaucoup insisté sur la prière, sa pratique et son efficacité, sur les actes du culte. Sa doctrine sur le Saint-Esprit et sur le Messie est très développée; celle sur l’autre vie, sur la rédemption l’est moins. Il est cependant question de la rémission des péchés dans les Actes.

Mc Lachlan insiste sur l'humour qui se trahit dans certaines paraboles de l’évangile; il y relève même de l'ironie. Les deux lettres qu’on trouve dans les Actes sont authentiques, bien qu'on puisse y reconnaitre la main de Luc. Les discours de Pierre et de Paul ne peuvent être tenus pour des reproductions littérales des discours originaux, çar ils sont reproduits dans la

langue et la phraséologie de Luc. Même dans les discours de la première partie des Actes, qui sont de provenance araméenne, les citations de l'Ancien Testament sont empruntées aux Septante. Luc a donc corrigé le texte targoumique par le texte grec. Dans les discours de Paul on retrouve des expressions pauliniennes et quelques-unes des doctrines de l'Apôtre. Luc a représenté exactement la situation dans laquelle se produisait chaque discours et les paroles de l’orateur ne sont pas aussi littéralement reproduites que ne sont exprimés ses sentiments et sa personnalité.

Le Journal de voyage de Luc est à peine la dixième partie des Actes, mais il en est, à certains points de vue, la partie la plus importante; les détails géographiques et nautiques y sont d’une exactitude parfaite.

L'auteur examine enfin le caractère de Gallion et sa conduite lors du procès de Paul, devant son tribunal; le passage du codex de Bèze, Le, VI, 4, sur l’homme qui travaille le jour du sabbat; les rapports de Luc avec le livre de la Sagesse et la péricope de la femme adultère. D’après lui, elle n’est pas de Jean; elle est absente de nombreux manuscrits du IV° évangile et n’en reproduit pas le style et la phraséologie. Elle provient de l’évangile de Luc, dont elle a les termes caractéristiques, les tendances linguistiques et les idées.

II. La première partie du travail de H. J. Cadbury : Le Style et la méthode littéraire de Luc !, est consacrée au vocabulaire de Luc et des Actes. L’évangile de Luc contient 2.080 mots différents et les Actes, 2.054. Luc et les Actes ont en commun 1.014 mots, de sorte que le vocabulaire de Luc et et des Actes est de 3.120 mots. Si l'on retranche les noms propres le total n’est plus que de 2.697 mots.

Afin de comparer le vocabulaire de Luc avec ceux

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