‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 93 sur 162 · IIL. E. J. Goodspeed! étudie le vocabulaire de Luc et · texte numérisé non relu

IIL. E. J. Goodspeed! étudie le vocabulaire de Luc et

4. The Vocabularÿ of Luke and Acts; Journal of bib. Literature, vol. XXXI, p. 92-94. Boston, 1942.

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des Actes; il fait remarquer tout d’abord que le compte des mots donné par Graux et Nestle est approximatif. Le tableau donné par Smith! serait plus exact. Le voici avec une indication du nombre total des mots, du nombre de mots différents et du nombre des mots particuliers à chacun.

Nombre total des mots Mots différents Mots particuliers

Luc 35.239 2.697 715 Paul 1 31.457 2.446 797 Jean 27.185 1.396 212 Matthieu 17.921 1.542 111 Marc 10.720 1:529 c TA

fl y aurait eu lieu d'examiner séparément les divers écrits de chacun, par exemple pour Luc, l’évangile et les Actes : c'est ce que vient de faire Goodspeed. Il constate que l'évangile de Luc contient 2.080 mots différents et les Actes 2.054; Luc et les Actes ont en commun 1.014 mots : ils ont donc en commun la moitié de leur vocabulaire. Pour serrer la question de plusprès, il faudrait examiner la proportion des mots particuliers à Luc, qui se trouvent dans les Actes, car l'emploi de la même langue produit nécessairement l'usage des mêmes mots. Ainsi, Matthieu qui a 1.711 mots en a 845 qu'on retrouve dans les Actes, donc presque aussi la moitié de ses mots. Il faudrait tenir compte aussi de l'emploi des noms propres, des particules qui se retrouvent nécessairement dans les deux écrits que l’on compare.

IV. B. Weiss? a repris à nouveau la question des sources de l’évangile de Luc qu'il avait déjà traitée dans ses précédents ouvrages. Luc a eu sous les yeux le texte de Marc tel que nous l'avons actuellement, et il

4. Presbyterian and Reformed Revew, oct. 1891. Philadelphie. 2. Die Quellen des Lukasevangeliums. Stuttgart, 1907.

s’en est servi, en y faisant quelques changements, supprimant quelques détails, mais reproduisant scrupuleusement les paroles de Jésus. Quant aux concordances de Luc avec Matthieu contre Marc, elles ne proviennent pas de ce que l’un des évangélistes se serait servi de l’autre, elles s'expliquent par une rencontre accidentelle, par le même motif de polir le texte difficile de Marc ou par l'emploi d’une tradition orale. Luc s’est servi de la source Q qu'il possédait dans le même état que Matthieu. Les divergences entre eux s’expliquent par leurs différents procédés littéraires. Marc se serait servi aussi de la source Q, laquelle aurait contenu non seulement des discours mais aussi des récits. Enfin, Luc aurait possédé une troisième source qui lui était particulière et contenait tout ce qui lui était propre et quelques autres parties, qu’on retrouve dans Marc avec des différences, ce qui explique pourquoi Luc s'éloigne quelquefois de celui-ci : il ne reproduit pas Marc, mais sa source particulière. Cette source était écrite; son auteur paraît bien connaître la tradition johannique et la suit de près; c’est un judéo-chrétien universaliste, qui estime très haut la vie ascétique et qui, se plaçant au point de vue de l'Ancien, Testament, voit dans les pauvres des hommes pieux et/dans les riches des impies.

V. Easton! examine cette source L au point de vue linguistique et arrive aux mêmes résultats que B. Weiss. La liste qui est donnée des rapprochements de Luc et de Jean et qui comprend 39 passages parallèles pourra être utilisée pour la solution du problème johannique. C’est surtout dans le récit de la passion qu’ils sont le plus nombreux et le plus frappants.

4. Linguistic Evidence for the Source L: Journal of bib. Literature, Vol, XXIV, p. 139-180; Vol. XXX, p. 78-103, New-York, 4910-1941,

VI. Dibelius ! recherche d’où provient cette source particulière de Luc. S'appuyant sur la persistance de la tradition orale et la facilité qu'on avait dans les milieux non littéraires à conserver le souvenir des faits et des paroles, il n'admet pas une source écrite. Luc était natif d'Antioche, et il y a vécu au temps où se formait la première communauté chrétienne. Il a donc pu recueillir la tradition de la bouche de ces Hiérosolymitains qui, après la lapidation d’ Étienne, vinrent à Antioche. Parmi eux étaient Manaen, Barnabas et aussi un prêtre, qui connaissait bien les usages du Temple. Luc leur doit aussi les récits qu'il lisait déjà dans Marc, mais sous une forme indépendante et peut-être meilleure, ce qui nous explique que dans certains passages parallèles Luc paraît avoir un texte plus original que Marc.

VII. Parsons ? trouve trois sources utilisées par Luc, indépendamment de Marc : ce qu’il appelle la « grande Interpolation », IX, 51-XVIIT, 14; le Sermon dans la Plaine, VI, 17-49 et un document christologique dont les matériaux sont répandus à travers les ch. ILI-VII. Ces trois documents ont été écrits en Palestine, probablement à Jérusalem, pendant la période missionnaire du 1°’ siècle.

VII. Le P. Lagrange Ÿ examine à nouveau la question si souvent débattue de la date du recensement de Quirinius et se demande comment il faut traduire : aÜrn émoypaph mpwrn Éyévaro fyemovedovrog this Euplas Kupnviou. Il ne croit pas que l'on doive traduire : Ce fut un premier recensement au temps où Quirinius était

1. Die Herkunft der Sanderstück des Lukasevangeliums: Zeitsch. für die neutest. Wissenschaft, Bd XII, p. 325-343. Giessen, 4911.

2. À historical Examination of some Non-Markan Elements in Luke. Chicago, 1M4.

3, Où en est la question du recensement de Quirinius? Revue bib. N. S,, T. VIII, p, 60-84, Paris, 4911,

gouverneur de Syrie, mais : Ce recensement eut lieu avant que Quirinius ne fût gouverneur de Syrie, Il prouve que rpros peut être employé dans le sens de rpétapos, qui, outre : premier des deux, signifie aussi : qui va avant un autre. Il donne plusieurs exemples de ce sens. « Luc parle d’un recensement qui eut lieu vers la fin du règne d'Hérode. Des personnes qui n'auraient connu que le fameux recensement de l’an 6 après J.-C. auraient pu se demander si c'était le même. Luc aurait répondu en distinguant le recensement général de celui qui eut lieu plus tard; ce contexte est aussi satisfaisant que possible. Mais la phrase est un peu lourde par l'accumulation des génitifs. » IX. Dans un article de l'Éxpositor! et dans son ouvrage sur le « Support que donnent les récentes découvertes archéologiques à la valeur historique du Nouveau Testament? », W. Ramsay est revenu lui aussi sur la date de ce recensement. Il justifie complètement l'évangéliste et affirme que le recensement fut bien le premier de ceux dont on a constaté l’existence en divers lieux, notamment en Égypte, qu'il eut lieu vers 8-7 avant J.-C., d'après les usages orientaux, auxquels s’adaptait l'administration romaine. Il explique comment Teriullien a pu dire que le recensement a été fait par Sentius Saturninus. Il est possible que Quirinius ait gouverné la Syrie une partie de l’année et ait eu pour successeur Sentius Saturninus, mais il est plus probable que Quirinius et Sentius Saturninus aient été en même temps légats de l’empereur, avec des offices différents. On a d'autres exemples de ce fait. Ramsay, dans le cours de l'exposé, cite une inscription trouvée à Antioche de Pisidie en 1912, où est 4. Luke's Narrative of the Birih of the Christ; Expositor, VII s.;

Vol. IV, p. 385-407, 481-507. London, 19142, * 2, The Bearing of recent Discovery on the Truthworthiness of the

New Testament. London, 4915.

mentionné P. Sulpicius Quirinius duumvir et une autre trouvée au village de Hissar-ardi près d’Antioche, où l’on relève aussi le nom de P. Sulpicius Quirinius.

X. J. G. Machen examine dans un premier article! les hymnes du premier chapitre de l'évangile de Luc et dans un second? l’origine des deux premiers chapitres de cet évangile. Il constate que ces hymnes sont écrits dans la langue des Septante, respirent un esprit juif et ont des rapports très marqués avec les Psaumes de Salomon et des prières juives. Ils ont dû être écrits par un Juif, familier depuis sa jeunesse avec les expressions de la piété juive. Mais comme on ne peut supposer qu'un narrateur chrétien aurait introduit dans son récit des hymnes juifs, Machen induit qu'il faut les attribuer à Marie et à Zacharie. Le cantique de Marie est le produit de sa méditation pendant son séjour de trois mois en Judée; Zacharie a composé le sien à une époque qu’on ne peut préciser.

Une étude lexicographique des deux premiers chapitres de Luc établit leur parenté avec les Septante et leur origine palestinienne. Le contenu prouve une familiarité intime avec les sentiments judéo-palestiniens et la piété juive. Malgré cela, Luc peut être l’auteur de ces chapitres, mais seulement avec cette supposition qu'il était en possession des traditions palestiniennes, qu'il les ait eues dans une source écrite, araméenne ou grecque. Machen conclut que les récits de l'enfance appartiennent à l'état original du troisième évangile et représentent la tradition palestinienne, primitive et authentique.

La question de l'attribution à Marie ou à Élisabeth du Magnificat continue à être discutée. Nous avons

4: The Hymns of the first chapter of Luke; Princeton lheological Review, X, p. 1-38. Princeton, 4912.

2. The origin of the two chapters of Luke: ibid., p. 242-277.

donné les éléments de cette discussion dans l'Histoire des livres du Nouveau Testament, T. I, p. 515. Voici quelques précisions.

XI. Dans l’article Magnificat du Hasrines, Dictio- nary of Christ and Gospels, Vol. Il, p.101, A.E. Burn discute d’abord les autorités qui, Le, I, 46, ont la leçon : xx éixev "Ehod6er. Les trois manuscrits vieux latins a b 1 sont des représentants du groupe européen et ne forment qu'un témoignage, auquel vient se joindre celui de Niceta, évêque de Rémésiana, qui devait avoir entre les mains un codex du même type. Quant au texte d’Origène, il doit être probable- . ment de Jérôme qui connaissait des manuscrits vieux latins ayant la leçon : Et ait Elisabeth. Pour le passage d’Irénée, IV, 7, 1 : Sed et Elisabeth ait, deux manuscrits ont Elisabeth et un autre Maria. Dans un autre passage, III, 10, 1, il y a : Propter quod exsultans Maria clamabat... Magnificat. Il est probable que le traducteur latin a corrigé le texte d’Irénée, et y a introduit la leçon Elisabeth, en se servant de son codex vieux latin. Cette variante serait donc représentée par une seule autorité : le texte de type européen de la version vieille latine, du mu° siècle. La leçon xai ere Mopiés, appuyée sur des autorités d’origine diverse, doit être préférée à la leçon xat etre ’EloG6er, appuyée sur une seule autorité, un des types de la version vieille latine. Tertullien prouve que le texte africain de la vieille latine était en faveur de ait Maria : Exsultat Elisabeth, Johannes intus impulerat, glorificat Dominum Maria, Christus intus instinxerat!.

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