‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 99 sur 162 · Étude sur les origines des églises de l'âge apostolique · texte numérisé non relu

Étude sur les origines des églises de l'âge apostolique

règles et les conditions dans ses discours et surtout dans le serman sur la montagne.

‘Le collège apostolique s’est reformé après les apparitions du Seigneur ressuscité, et a groupé autour de lui tous ceux qui croyaient en Jésus Messie. Ils ont donc formé une société, et c’est sur le modèle de cette société primitive qu'ont été établies en Palestine et dans le monde païen les nouvelles communautés chré-

tiennes.

E. de Faye ne veut pas dire que ces sociétés étaient

des églises parce qu'elles n'étaient pas, d’après lui,

organiquement constituées, qu’elles ne possédaient ni chefs, ni institutions; c’est là une question de mots, et il ne serait pas difficile de démontrer que, dès l'origine, ces sociétés ont été ‘appelées églises, et que, d’ailleurs, si elles n’ont pas eu tout d'abord une organisation complète, elles avaient cependant un commencement d'organisation qui se développera plus tard. 11 y aurait d’autres observations à présenter. Nous pré-

-férons reconnaître que le travail est bien conduit, et

qu’on y trouvera d'excellents exposés principalement en ce qui concerne la lutte entre Paul et les judéochrétiens.

VIL. La question des sources du livre des Actes des apôtres a été longuement discutée et les hypothèses pour la résoudre ont été tellement nombreuses qu’on a dû en conclure qu’elle était pratiquement insoluble. La conclusion la plus plausible est que l’auteur, Luc, a eu des sources puisqu'il n'a pas été témoin de tous les événements qu’il raconte, mais que, dans la plupart des cas, il est impossible de les distinguer.

Waitz! avait essayé de montrer que la péricope des Actes, VII, 5-24, où il est parlé de Simon le Magicien

4. Die Quelle der Philippusgeschichten in der Apostelgeschichte: ZLeits, für die N. T, Wissenschaft, 1906, p, 360,

provenait des Actes de Pierre et il en avaït conclu que c'est à ces Actes que l'auteur des Actes des apôtres avait emprunté tout ce qu'il racontait sur Pierre dans son écrit. D’après lui c’est indûment que le diacre Philippe avait été introduit dans la péricope, VIIT, 5-40, à la place de Pierre dont parlait le document primitif, les Actes de Pierre. Un diacre ne pouvait être le ministre de la parole que les apôtres s'étaient réservée. K. Pieper réfute cette théorie!. Après avoir rapidement passé en revue les diverses hypothèses sur les sources des Actes et exposé les preuves que Waitz donne de l'existence d’une histoire primitive de Pierre, il examine les difficultés que soulève la théorie qu'il discute.

Sa conclusion est que la péricope de Simon le Magicien provient de la plume de Luc et non d’anciens Actes de Pierre qu'il aurait retravaillés. Il rejette par conséquent ces mêmes Actes comme source des premiers chapitres de l’œuvre de Luc.

VIII. Le décret du Concile de Jérusalem, Actes, XV, 28, 29, qui trace aux convertis du paganisme les règles particulières qu'ils doivent observer, se présente dans les manuscrits des Actes et dans les écrivains ecclésiastiques sous deux formes : l'une dite orientale, parce qu'elle se trouve dans les témoins orientaux et l’autre dite occidentale, parce qu’elle est surtout dans les témoins occidentaux. Cette seconde forme se distingue de la première en ce qu’elle ajoute le précepte de ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas qu'il nous fût fait et que le décret est présenté comme une sorte de petit catéchisme moral. La question souvent débattue et que traite à nouveau le P. K. Six?, est de savoir quelle est la forme originale du décret, quelle

Page 1