PSYCHIQUE
La partie psychique du langage n'est connue actuellement qu'en partie sous le nom incomplet de syntaxe. S'agit-il de savoir de quelle manière s'expriment le génitif, le datif, l'accusatif, c'est de la grammaire ou morphologie; s'agit-il de savoir quel est le sens de ces cas et quand il faut les employer, c'est de la syntaxe, c'est de la psychique. Mais, comme nous le verrons, la psychique s'étend bien au-delà de la syntaxe.
La psychique est l'élément purement intellectuel qui répond dans l'ordre de l'expression non seulement à la morphologie phonétique, soit ordinaire, soit prosodique, mais aussi à la graphique proprement dite et à la mimique.
La psychique est Y étude de la pensée expressible, et par la pensée il faut comprendre aussi le sentiment. Elle devrait donc rigoureusement se diviser en ces deux parties : la psychique de la pensée et la psychique du sentiment correspondant à la morphologie proprement dite et à la prosodie ; mais nous ne ferons pas ici cette division pour ne pas pénétrer dans le domaine de l'esthétique.
La psychique comprend : V I9, psychique statique, c'est-àdire l'étude soit de l'idée, soit de la pensée expressibles considérées à l'état de repos; 2** la psychique dynamique, considérant les mêmes éléments à l'état de mouvement, soit sous leur impulsion réciproque, soit sous celle d'éléments extérieurs, ou des autres parties de la linguistique. En effet, si les pensées agissent sur les mots et par eux sur les sons, par une réaction nécessaire, les mots et même les sons influent aussi sur les pensées.