‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 23 sur 76 · L.IL Injufe est ici dans le sens de tort fait ou reçu · texte numérisé non relu

L.IL Injufe est ici dans le sens de tort fait ou reçu

a56 ÉTitDES

tVontrâg& en ùànbriy ^t a\oH mon infnrtf , sùn injure, ionih/ntô , etc. , né s'ûfltètiâént jamais que passivement , pour Vtnjuré éfùe Von m* d faite ^ i/aoti lui a faite ^ yo'o/» 4'tf faîte : c'est V injuria des latins ^ qui n'a pas d'autre accep-* fion tliéz eux , que celle ^(njusticù y de violation de droits ( du mot jus^ jaris ]• Dans notre langue il sî§mûe aus^i paroles offensantes , et alors il ne se prend jamais qu'activement avec Id proaohi t

SoalAnrai-j« k-lâ<^dit ta gbirë a U» lajwta?

iMieifin».

loi injures veut dire les infères if ue êu m* as dites.

^IZ^ Cette distinction est aussi }uste que fine. Mais com-> mentaav^ir si c'est aeti^emèàt ^>i ffassi¥^Ment que le mot injures di»ît se prendra? On le eait par les ciroonstances da discours , et pariiculièl^eitnetol par le verbe avec lequel ce mpt le iroXive ^mbinë cotnïife ^Het un <e^niffia f^me. Si l'on ignorait l*in}uètke faif« ti BKvan^icu» par l'enlAvement de Joûie, on verrait ton jours pAr ce» tiNstiles parôlea d'Agri^ pine » ùù>nme vùHs /e* fese^^s ^of iftjftres « qull s'agit d'une injustice reçue pat ce prince t car si les injures^ venaient de lui , ou ne pourfaii i^as pins les ressentir avec lui epL*'A nepourraitlesressemir kfri-^ièfne. Le verbé souffrir , dans le second cas ^ pourrait né pas a^seii fairi) «onnattre par lui seul qu'il s'agit d'injures en paroles dites au personnage qui parle par celui à qui il s'adresse , c'est-à-dire à Éripliile , par Ipliigënie. Mais la scène violente qui viêill d*aVoir lieu entre ces deu!c rivaleâ , ne laisse aucun doute à cet égard*

a6 Su&Yez-moi xhem Pallas , qù je vais' vouç .aUepdre.

Lk H. Comme ces mets ûben Patlas équivalent à la maison de Patlas y la partieule de lieu ùà ne serait point ici T^prëhensible > même on prose ; au lieu qu'il y a une véritable faute dans ces vers y où rien ne rappelle l'idée de lieu :

Le Térîtablo Amphitcion

Est PÀmphitrioQ où Ton dfaie.

liai) ces verS|( qui sont devenus une espace de proverbe » loat d'une touçQure ai naturelle , qu'elle seiuble iodi$pealable y et ç'ef t ici que rimposs'OtuUié de dire ausal biçn ce qB*il fallait dire ,, fait, disparaître la faute, ou plutat fait dç la faute Hii m^cit^.

{^ Ce qui figft dû la fauèe un mérita , ce n'est pas l^im^ possihilité éie dire.anssi àien ce ^u'il fallait dirê^ mnis la manière plaisante de le dire par-cette faute. C'est là «osn , je crois , ce tfaï a fait pafser ces vers en proverbe* Mais hors 4e ce proverbe , et4»«>rs des applipatior^ qu'on peut en fiiire par jeu d'eep^tt ; la- îà^Vb serait t^raioieiit faute « mente daiM le style le pUn -comique.

S7 Tandis qu'on toos verra d*ai\e Toi^ suppliante

Semer ici la plainte , et non pas l'épouvante ;

Que vo) ressenJÙmens se perdront ei| discours «

Il n'en faut pas douter^ vpus too^ pUiodres toujours.

L. H. Il y avait d'abord, tarttqiiè Von vous verra, etc. » et tant tfue valait' î^Teux que tandis que : celui-ci veut dire p^ndaat ia t^fifp4f^»tf» l'autre ^/4,rJtJ( long'- temps ^ue, et çfi dernier e^î.l^^.ifeuajé^ de ^a^te^r^ Peut-être Ta- i-il çri^

alors Q|oi^a,{^ia^^ V^^PW K^J^^^^^^^^S9^^ ^1^^ 9.9<?¥WS| çîpoé3ie,qa!api4M'Q3e. . /> . ^

/ 6* F.. Oiiii4it ^sûn§0ffVèpou9mmie^, parce que l'^paudràtilf^ ar uùltipUÀ(5cifiiinie les grainea qu'ona sériées \ mais pitoi-fu^ im semer ia*plàiniei Non^ saQadoirte4«iuiaonpwoitir^ kiendi^«à.poëÀi<(:: .

Semer ici la plainte , et'non pas l'èpotiTftnte*

Ttn ai donné la raison ailleurs.

^f^^ Je ne sais pas si M. Geoffroy a donné ailleurs cette raison; mais'it n^éùt pas mal fait de la donner encore Toi. Cette raisou n*est-ellc pas que, V épouvante étant l'objet ^u'on a priucipaleinent en vue^ Vi^cûou de semer se rapporte principalement à elle , et puis , que la plainte^ comme B^Ht gOère q«^nMlst<ied9e^'.t^s«oiaailBfneut> à la fiiveDr

s38 ÉTUDES

de Vipoitvahte^ Aa reste , semer an figure, ne se dît pas seulement des choses qui se multiplient comroA les graines^ mais encore des choses qai poussent en quelque sorle ^ et croissent, se développent comme tout ce qui vient d'un germe : semer la/aiousie^ la division, la discordey etc. U ae dit dans le sens de répandre , dé* divulguer, de propager, d*ëtendre, etc., en parlant de bruit,; do nouvelles y «le maximes , dé doctrines , de dégoûts , d'amertumes , etc. Or^ comme la plainte peut -se concilier avec quelqu'un de ces verbes , elle ne doit pas répugner extréoiement avec jtf jn^r» surtout en la compagnie d'un moft auquel ce verbe s'adapte parfaitement. Semer la plainte vaut bien » ce me semble j semer le danger^ qu'on trouve dans l'Ode de J.-B* Rotts«« seau ; Paraissez , Roi des Rois :

Ib ont sar votre peuple exereé leor forie; Ils n^ont pensé qù^k l'afQiger.

. Ils ont semé d«ns leur patrie .

L^horreur, le trouble tt le danger*

Quoi qu'il en soit à cet égard , le sens de la période où so trouve semer la plainte , est celui-ci : Tant qUe 'vous né ferez que vous plaindre y au lieu de ifous faire redouter ^ vous ne gagnerez rien, et vous aurez toujours à vous plaindre. Mais que l'on rapproche l'une de l'autre les deux propositions > tant é/ù* on vous verra semer ici la plainte^ vous vous plaindrez toujours , ne sembleront-elles pas d'abord revenir à , tant que vous vous plaindrez , voué vous plaindrez toujours ? Or, pourrait dire un épilogueur ou un mauvais plaisant , n'est^e pas d'une vérité un peu trop incontestable.?

fl8 Que vois-je autour de moi , que des finis yendm ^ Qui sont de tous mes pas les témoins assidus ; Qui , choisis par Néron pour ce commerce infirme , Trafiquent avec lui des secrets de mon àme ?

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