L. H. L'abbé d'Olivet a raison de trouver cette phrase
3od ETUDES
vicieuse ; elle ne rerid pas la peasëe de Tautenr* Si Pbënîce yyperd^ ce n'est pas parce qu'elle y pense ; mais ^E^/tij elle y pense « plus elle s'y perd : c'est la différence de sens entre d'autant plus ^ue, et les deux plus en opposition •
({i;^^ L'expression de Racine est évidemment défectueuse , et elle l'est par la raison donnée par M. de Laharpe ; mais elle ne le serait pas , ce me semble ^ arec un plus ajouté à Jy pense 9 ainsi qu'il suit : Je m* y perds d'autant plus 4jue plus j*y pense. Voici mêmeun assez beau vers de laHen* riade y Chant VII « qui la justifierait pleinement : il s'agit des successeurs du premier des apôtres :
D^a,utant plus respectés ^ue plus ils 8*abussèrent.
Et ce qui ne la justifierait pas moins , ce sont ces vers de Boileau, EpttrelX:
J'aime uq esprit aisé qui se montre , qai s'cavre ^ Et qui plaît d'autant plus yoe plus il se découvre.
L. Racine , qui condamne lui-même le vers de son père tel qu'il est y prétend que d'autant plus ne peut plus se dire eh ce sens , que pltès en a pris la place, et qu'il faudrait dira aujourd'hui : Je me perds , pins j'y pense* Je ne nie pas qu'on ne puisse dire, je me perds, plus j'y pense: Voltaire l'a dit dans Nanine, Acte II , Scène IIÏ :
Pourquoi me fuir ? Je nCy perds , plus j'y pense ;
mais cela ne prouve rien contre d'autant plus , employé comme dans l'exemple de Boileau et dans le premier de Voltaire. Et pnis , n'y a-t-il pas un autre tour aussi autorisé que ceux-là , et même plus usité ? C'est le tour même indiqué par l'abbé d'Olivet : Plus j'y pense , plus je m'y perds. Il consiste, comme on voit, à ïnetlre /y/«j devant chacun des deux verbes en opposition , et à éuoncer le premier celui de ces deux verbes qui sert comme de motif à l'autre.
iS Rassurons-nous, mon cœur, je puis encor lui plaire.