‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 37 sur 76 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

Ma plus grande amer^ome^ en ce funeste sort. C'est d'entendre, AWarès prononcer -notre mort?

1$ I^es p'euples , prévenus ^e ce nom favorable^ < Savent que sa y.ertu. le r,end seule coupable .

G. T^ Ck^ ne dit j^oïnt-pnév^nu d'u»' nom^ favorable »

Tk\s\% prive nu e^favetir d'un nom • . .

(J^3À^ On est , jç .crpis, prjève^u, en. favjçur d*mie personne, et non pas en faveur d'un nom : prévenu en fa^ i^eur d'un nom serait ^^ ce me semble, ridicule. Ce n'est pas prccisëment prévenu d'un nom qui est vicieux: car on peut être prévenu^ c'est-h-dire j préocctipé, ioniptein^à^wx nbm ehërî, c^mnie on l'est d'une opinion, d'une passion. Mais ce qttt est vicieux , ' a mc^n sens*, c'est l'ëpithète favorable f jointe ftu nom : caf que veut dîne U favorable ? Veut-il dire propice , avantageux ; ou biea: ^ui. mérite fitçear? Aucun de ces deux sens ne pent lui convenir. Qui est eu faveur pfsnït donc i« sens que rauie«r>a<«u>'eii vue. l^ais ce «eiis^esl-il » aujourd'hui aa moins , avoué ipstr l'usage ? Je croirais pouvoir assurer que non: ce veit»de 'Bàjazetest v>uleibis^'on en conviondca , moins rëpréliensible^que celui é^A*> êhatie :

JH David à ses-yeuv , le nom est favoroftlen

DE LA LANGUE FRANÇAISE. 3i5

16 Bijatet TOUS est chei'. Savet-tons si demain Sa liberté^ ses joùcs, seront en TOUre main ?

L'As. d'Ôlïv. On dît bien ^ $à we esienirs vos mains i ^wt. dire y i/éf^nd, Je vous» Mai3 sa vie es,ù en vatre main , ^st«*ce>oiie phr^s^ à recevoir ? J'en ^douterais ^ d'an^tant plûsquQ oesmanièFes de pitfliçr> qui reviennent dans la conversation I à loue moment» ne veulent • point être changées.

JJfkB, Destoi^Ti J*avçue qiie ^cçtte. expression 5 en votr^ main , pour dire en votre pomoir^ est plus latine que française : cependant elle ne me déplaît pas en vers » et j*y trouve delà force; certainement elle est plus poétique et plus élégante (Centré vas mains , expression que M. Tabbë d*Olivei prétend 'tenir -du ^proverbe, ^ene sais pourquoi*. ' *ÎC^ ^'^ P^u plus loin dans la mème.piè^» Bajaaet dit à Rolane , en pariant de sa vie :

' Yods ftontes nie Tôter : elle ekt entre vos mains. ■

Voltaire mét'àilàâi mains, au pluriel^ sôit pdur dire que Dieu seul est le maître de nos destinées :

L^Bternol dans éts Ynaîns tient seul' nos destinëes $ *' . * *

•• HsNa. Ch. II.'

soit pouf dire que c'est lui qui règle* à son gré lès Volontés des hommes :

Et leç coeurs des humains sont dans ses mains divines*.

Hehb. Ch. X'. '

Mais , si le plujrîel dans ces sortes de cas est plus d'usage.» u ne paraît pas que le singulier soit une faulc^ et on ne le con-* damnerait siirement pas dans ce vers où J. B. Rousseau dit j en parlant de Dieu, Ode IX du Liv. t : . " '*

Les jours des Rois sont dans sa main*

Voltaire aoènsuré d«ns CorneiUe le second de œsdeox ▼6VS de Folyèuoie , et n'a rien dit Ju premier :

Et Diea^ qnî tient votre àmè et Vos jours clcr/u sa main, ' Prometi-it k vos tobux de le vo^oir demain?

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