Ses yeax ne ront-ils point sMuite
L» H. Séduire n'est point ici. le synonyme de mvyfjp«r, et par conséquent le terme est impropre. Séduire fi toujuurs un sens plus pu moins moral, au lieu quejtes objeM inanimés peuveut trompât comme les persopnos» Ainsi ie$ .app^uren^^» le» circonstances, la nuit, le bruit, etc.^ trompent ,M^}f^ ^ séduisent ^ASm On est ^0^»V paiv^^es propres yeux ou par
teux qn^on aime^ mais nullement dans le sens dont il s'agit ici • e( il y a une grande différence de Terreur à la sëduc-. lion.
G. F. M. de Laharpe se trompe. Sèduiie est ici le mol propre , le mot piHkique» On e^t séduis fw les yeux 9 cjuand on s^imagine fauÊSsement avoir vu ce qu'on désirait voir»
j;^^ On est sëdttit par tes yeUx comme moyen , mafs non pas ^erttr /e5 ^ea^B comme cause; c'est-à-dire, que Tes yeux peuvent bien servir 9^ 1^ sëduclion , mais que ca n'e^t pas d'eux qu'elle peut venir, que ce ne sont pas eux qui peuvent la produire : eniin , c'est par eux qui'on séduit, mais ce ne sont pas eux qui séduisent. M. de Laharpe avait dit tout ce qiril fallait dire : que séduire^ dans le sens de irom^ per^&e faire iombèr dans l'erreur ^ suppose une intention morale qui ne peut convenir qu'aux personnes. Séduire ne peut se dire des choses , que dans le sens de plaire , de ioti-' cher^ de persuader^ et alors , comme l'obsen^e IWcadénile ^ il se prend ordinairement eil bonne part : Cela séduit ; son ion séduit; sa manière de tire séduis; tandis ^ne ce n'est qu'en mauvaise part qu'il se prend dans le premier sens*
68 |loxane est-elle morte ? — Oui , j'ai tu Ptâsassui Keiirer son poignard tout fumant de son sein.
L. Rac. Retirer son poignard tota fumant de son sein, pour retirer de son sein son poignard toutfum/tntm Invei>sion trop forte«>
L. H. Toutfttmftntde son sein est pn mauvais arrangea Jinent de mots^ bien rare dans nn poète qui sait si bien 1er arranger. C'est encore une trace de cette négligence qui se laisse en effet apercevoir dana celte pi^ce..
SC]^ Il y a bien peu de vers où elle, soit aussi marquéequedans celui-ci. On ne conçoit pas qu'il ait pu échapper à Ra*cine* Le vice n'en est pas une inversion trop fone^ eomme le dit Louis Racine, et il n'y a même pas U\ , ù propreinei>t parler, d'inversion , puisque le poignard tout fumant est le régime direct de reiirett, et que de son sein n en est que lo:
rëgiine indirect; maïs le rëgime indirect derait» tant po«i la clarië que pour Tharmonie , être place le premier» non* seulement parce qu'il est plus court que le direct, niais encore parce que ce/oa^/tti9t4MU|» qui le précède « ne pouvait que produire une sorte d'équivoque ; car de ^qn-sein, peuton demander, se rapporte-l-il à lom/umoA^., ou à rtiiinrt Est-ce le poignard qu*on a vn^reiirer de son sein ? ou estce U poignard qu'on a vu ^otufumantde eonsein î
69 II «.unrohë rtn nous, et d'une main sanglante ^ Il noQâ a déployé Pordlre-doBt Amant Autorise oe monetre: à ce doubla attentat.
L» B. et L. H. Déployé est le mot propre y à cause de la forme des lettres du (^rand-^Seigneur* Ainsi on a eu tort de critiquer cette expression. Remarques de Louis Racine.
K^ On ne déploie au propre que .ce qui ëtait plié. Si donc on peut déployer les lettres du Grand-Seigneur, ce n'çst sans doute quepaix^eque ces^ lettres sontpUies, n'imr porte comment* Mais toutes .Ijo^ lettres, tant des autres sour yerains qiie des partie ti^Uers.^ n^ aant-^eiles pas en général pliées ? Cependant je ne sache pas qu'on dise déployernae lettre, comme on dit la plier^ la fermer, l'ouvrir* Et ici ce p'est même pas une lettre qu'on déploie ; mais ce qui est plus fort,^'est nn ordre* H est vrai que par ordre ^ on entend bien moinr Vordre lui-même que la feaitfe qui le contient écrit 5 et que c'est une métonymie du contenant pour le contenu i semblable à celle par laqtrellé on prend- pour la lettre même la feuille où la lettrcrest écrite. -Mats cette mét<^ nymie que l'usage a consacrée ponr la lettre tiu'on plie» qvCon/erme , qu'on oupre, etc. ^ n*est pas consacrée potR' le nàot ordre , même avec œ» verbes. Coaunent donc le serait-elle plutôt avec le veibe déployer?^ An reste, je Us toutes ces difficultés, bien moins pour attaquer U^xpression de Racine I que pour attaquer la manière dont on a voulu U justifier. On pouvait dire, ce me semble , que déployer un ortlre ne se dit paa ordinairement, et qu'il ne se dit ici que par
•stension, par oaMcbrés^t cl .<pie T^t,mééonymie^ mais qoe cette double figure est peat-étp^ ici aiissi baurause que nouvelle , pour exprimer, fair^^vair cei oisdrû^ , et le fairô^ voir tout au lon^^ le faire tê fit dans tetuVa^areip^ dans toutes les formes ^ui peuvent le rendre augusÂà e^ imposant.
7e B»jam«t était mort. Nous PaTotts t'eo contré De morti et.de nioùrans noblement entouré 9 Que , ¥e«ge^Qt,sa.défaita>9 el «édiMlt foiM'ic aambce , 3 Ce héros, a fprç^ 4'i4oompa§uoV'foo anitio. '
L. H. Sans doute l'inversion. qui S(ip^re/j«j morts etJes mourons du ^àe relatif,' est upe incoireclion ,' mais qu'il ne &ot pas absôlùmeilt interdire en Vers, quand elle n*a d'ailleurs aucun incon^'ëùienl. Ici he vërîlable défaut , c'est la seconde interposition » ^u^ » vengeant sa défaite^ etc. Il en résulte une phrase dure et mal côiisirulte*
L. Bac. Le mot défaite me parait ici Iiasardë. Il se; dit dé la déroute d'une armée. Les défaites de Kfithridate sont celles de son armëe.
{^|[||^ Le mot défaite exprime une idée de dissolution^ ^ dissipation j de dispersion , de dërout^ Il ne peut, donc ^ è;i effet , se dire au propre que.d^une armëe ou que d'un QO]çp? cjp troupes. Mais on peut considérer le cbef d'une armëe par rapport à ce grand <^orps dont il est la t4te. et Tàme tQut ensemble, et j par une synecdoqw de la^ partie pour) le tout^ lui attribuer quelquefois ce <jui y au fond ^ ne. p^i^l^^se dire et s'entendre quQ de toute l'armëe. Aussi lit-on dans te Dictionnaire de ïrëvôux : «Xies seules J^/ai/«^ de Mithri-* » date ont presque fiiit toute b^loire de plusieurs capîmines » romains.» Aussi Voltaire fait-il dire à Henri IT/ en parlait de CoUgny, Henriade , Chant' H :• * '
Savant dans les combats , savant dans les retraites, Phis grand , plus glorieux , plus craint dans ses défaites. Que Dun6is ni Gaston ne l'ont jamais été Dans le cours triomphant de leur prospérité |
et , en parlant de JoyeusiB, Chant IIÎ :
Je eherehai dons Contras ce superbe Joyeuse. \ouê turew sa défaite et sa fin* malheureuse.'
Le même poète dit de Mayenne , Chant VIII du même poème:
Vaineoy mais plein d'espoir, et maftre de Paris , Sa politique habile au fond de sa retraite , Aqx Ligueurs incertains déguisait sa défaite.
71 Je vais , non point satiTer cette têle 'cou pafile , Mais , redevable ans soins de mei tristes amis , Défendre jusqu'au bout leurs jours qu'ils m'ont commis.,
L. H. C'est la dernière impropriété ,de termes que nous aurons à remarquer. On dit confier ses jours y et non pas commettre ses jours à fuel^t^un.,..
Nous avons obsenrë dans cette trag^,4ie cinquante, oa soixante vers plus ou moins mauvais > e^ il }\,eJi a bieuautant de faibles» Ce n'est pas là le calcul ordinaire de la critigae dans les pièces de Racine, surtout dans celles qui vont suivre.
{^^ n me parait étonnant que M^ de Laharpe trouve de l'impropriété dans commettre ses jours à ^ueUfu'im, '<( Comjr^ettre 9 Ali l'Académie, sio^nifle encore confier. J'ai » àommis cela à vos soins, » Le -Dictionnaire de Trévoux en dit autant^ et cite, entre autres exemples, celui-ci : ce Cet '» homme est Iiabilé ; oh peut lui comrnettre , lui confier »' les négociations les plus importantes.» Voltaire no blâme que le mot ordre dans ce vers de Rodogurie : •
. . . I^e commettait qu'd moi l'ordre de S«s supplices.
Il dit qu'il fallait le soin f et voici ce qu'il a ipis lui.- même , Henr^ade , Chant !•' i ;
C'est aux mains^ài^ Bourbon qne..i£iir sort est commiu
Chant X: * .
Devant lui sont ces Dieux , ces br&lans Séraphins » ji <jui de l'Vniyer il commet Ic^ dfisUhf* .