L. H« Coureni hasafd e^t eiicore du prosaïsme fimilier
DELA LANGUE FRANÇAISE. 40g
f^^ Ce qui me parait singalièrement contribuer à cette £amiliaritë, c*est l'emploi de hasard sans aucune espèce d'article. La roAme sorte d'expression n'est pas sans noblesse dans ces vers de Molière , qui ne sont pourtant que des vers de comMie :
Votre honneor atcc moi ne court point de hasard. Et n'a Bidle disgrâce k craindre de ma part.
16 Utîs quelque amoar cneor qui me pfrt éblouir^ Quand mon père paratt , je ne tais qu'obéir.
L. H* Qtti me put séduire , qui me pas ensruifsery ëtait lldée de l'autenr : il n'y a rien là qui '{suisse éblouir* C'est un terme impropre.
([;^^ Éblouir peut bien signifier» an figure» tenter^ se" duire ; mais on ne remploie dans ce sens qu'en parlant des choses qui sont censées briller d'un certain ëclat» comme les rîcliesses» les gi&ndeurs , les promesses. Or» l'imagination » qui prête des/KaiTsm^/ à l'amour» ne lui prête pourtant point dVe/tf/» et c'est sans le faire briller aux ycnx qu'elle lui fait brûler les coeurs. Éblouir feut aussi» pris figurëment » signi« fier» surprendre l'esprit par quelque chose ie vif» de brillant^ de spécieux. Mais alors il ne se dit qu^ de ce qui s'adresse à l'esprit» et tend à persuader» à convaincre» comme le discours » les raisonnemens » le style » l'éloquence » etc. Or» l'amour ne s'adresse point à l'esprit» mais au cœur» et eap^ iiver^ enchaîner, c'est pour lui persuader et convaincre : il 7 parvient» non pas en éblouissant , mais en aveuglant. Boileau n'a pas très-heureusement employé éblouir dans ce dernier sens figuré » en disant dans son Épitre IX :
Set yeux , d*un tel discours faiblement éblouis » Bientèt dans ce tableau reoonnaltraient Louis.
Des discours peuvent éblouir, mais é bleuissent '^'ûa les yeux ? Le premier sens figuré est-il plus heureusement ap« pliqué k /ormes dans ces vers de Delille» traduction des Géorgiques » Livre IX :
liais plus il Vébiouit par nulle firmes vaines « Plus il faut resserrer l'étreinte da ses chaînes?
4io ÉTUDES
L. B., d'après L. Ràg. Venez à sa rencontre , oett« expression n*est pas noble en vers.
L. H« Je ne sais pas pourquoi Louis Hacine est quelquefois si indulgent ^ et quelquefois si difficile. Venir à la renconlre peut se dire partout.
(|;3^ ce Ceuï qui font profession de bien ëcriré, ditVau- » gelas , n'approuvent point aller à la rencontre .« du » moins il ne se dit que d'égal à égal ; car, quand on vent » marquer de la déférence , l'on se sc^rt à^ aller au^iieçafU.v> n est vrai que c'est Phœdime , une confidente , qui parle ainsi k Monirae. Mais cette confidente , «qai montre tant de tespect et d*a<Imiration pour Mithridate, ne deiyait pas ignorer que Monime elle-même devait de la déférence à ce grand Roi. Voltaire ne dit point dans la Henriade , Chant IX y que TAniour conduisit Gabrieile d'Estrée à la rencontre , mais au-devant' de Henri IV !
L'Amotir s'applaudissait en la Toyant si belle : Que n*espérait-il point, aidé de tant d'appas I ji.U'deifant du Mfonarfua |7 conduisit ses pas»
18 Et toujours Xipharès revient vous traverser^