‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 45 sur 76 · L. Hl i^ourqubi donc ^ Tout-^r heure peut se tiire partout · texte numérisé non relu

L. Hl i^ourqubi donc ^ Tout-^r heure peut se tiire partout

2^^ Il ne peut pas se dire partout , iA csjL vrai ^ comnM lepor^e le Dictionnaire de l'Acadëoiie y qu*ii ne sedise qn'ad- , verbialcipent et jamilièrement. Aii reste , il ne veut dire ni à l'in^tànff ni sur-le'Chftmp ^ ni sur l'heure, mais dans un moment» s'ils*agitd'un futur ^ et il ny a ^u'un moment éa*ii s'agit d'uapaftsë* La Fontaine l'a pris^mal-àpropos pour synottyni^ ^àusiùfAt 'éàv» ce vers ém sa Fabl« du n%al ynané •*'

Eh I Madame, reprit son mari , tout-^-Diewre. . ••

^9 tl Ve Yléli6>9 en b« Ueùf, *d*àbaii(fôti\iét ta phiie.

Ju. B.- n le fâche y expression un peu vieiUie* X*H. Elle l'est tout-à-fait; elle est mauvaise : il faudrait aujourdliui.

II t'çn.eo(kte aaîourd'iiiii.d'jibajid0Dner ta-proie* *

^d^]^ Voici textuelledient ce cfiie porte le Dictioniiarre <ie •rAcadëmic: «Fâcher $c dit aussi h, l'impersonnel. Il me » fâche, il lui fâche, pourdife, je su3s.dtagrhi y je f^î^ » affligé; il est chagrin, il est afflige dcé... Iltme/âclte » Bien de vous, ^uiuer; il lui fâcli^erait fonde perdre /a » charge. » Peut-on croire, d'après cela, que cette expression ait tant 'ùièîlin Peut-élrc bien n'cst-èlle pliis guère que du

DE LA LAIÏ&UE ÇHANÇAISE. 433

dépUw^e ici : j'y U:oti»e d'atlacUé je np sai&4^oi dironique *t ^'amçr qui l^ rend jinguUèr«fijiM|t ç'ijçrgiq^e, Cumbi^n çei

40 Wi r««lciir dent Ui Mit que j« l'»i reoherob^.

L. It Z7Ô/»/ pour avec fafuelfe est reçu non-sèulenieil en poésie, mais dans la prose soutenujB, él nous dispense fort heureusement de ces phrases fnttgutssa ntes, ai^^c hfml par lequel ^ etc. L^bbç 4'OliY/^ta^AeifÇ, 9vec une ço« ponction de vrai Grammairien , h combien d usages ce mot dom est propre dans hotrë'iângué. ' - - •

ÎC> C'est bien là qu'il fullait'voir dé la componction , H faire une épi^amnàé l... Voir èan^ Bérénice l'article sur

Mais d'un foio si crad la. fortune me ioue.

41 Mais AVBBl tfim partie jeiinti^rai jostioe;

L.Ric. On Irouvepa h\QnX6iyji vous y place' mént^ avanfçne de parti r.'V auteur a toujours éi'é exact à dire , açam fue de, et il aime riiieux <lîrc , mais avant ^itl partir^ que de dire, mais avant départir. IJçs ëçr;iva}nJ d\iajourd'*hut disent souvent tff'a/zV^e. .' . 1

L. Ç. etL. IJ. Avaritïfue ne se met plus devant un. infinitif :on dit av'anttte ou avant ç né de,

LVb. DEsroîiT. M. Tabbë d'Olivet prérend qiic nos n^or dernes prosateurs ont grand lorid écrire javant de. ce Plu- » sieurs , dit-il , de ceux qui écrivent aujourd'hui en prose » et qui S€f'fJqHentdtf bien écrire, veulent, à la manière » des poètes, dire avant de. Pourquoi toucher à des ma^ » nielles vd^<piiff)er.jqpi sont aussi . antienne que la. l^ng^e?, ^ T>piMP«»^iU 9utl«|uet.rud««e Aw% tmtnut qn€ d^T}y Om.^ n l^.fne ioulUe. J^dei lie as«» le vcurbe A la pi^poaiiioa •K«s/. fie plus ^ f€V*ilauiour.d.huLru8age le pluâ CQmipiHi , tt cela suffit. J<ancieene(^ d'une expjémon e»-t(ie^le fifuilâ ^lé uniilfie daai «ne laegm ^vaaie? for qi^oi (fS9sA

43if ÉTUDES

M. d'Olivet , loTsqu^il dit qu'on ne doit point ioneher à Jef manières de parler anciennes ? Eh ! combien j a*i-op touche depuis Vaogelas ! On a prëtendu sans doute perfectionner la langue* Si on consulte l'oreille , elle est également accoutumée à Tun et à Tautre; mais il n'y a personne qui ne trouve pliis de simplicité et de douceur dans afant défaire 9 que dans avan^ ^ue de faire.

^^ Voir dans Bérénice l'article sur le vers :

Si detant que mourir la triste B^rënîee,

4s Joiqa'iei la fortune et la yietoire niêine*

Caobaieat mes oheteuz blancs soos trente diadèmes.

Ii'AB«n'Ouv. Veut-on que ift^mc^ soit adjectif, régi par les deux substantifs précédons ? Pour cela il eût fallu les rappeler par un pronom qui leur soit commun , et dire , lafor* tune et la victoire elles-mêmes. Je suis donc persuadé que mêmes est ici adverbe , comme s'il y avait , et même la vie* /osW*. Racine a écrit mêmes ^ parce que la rime le deman» 4ait , et que l'orthographe de son temps ne s'y opposait pas. Autrement ce serait un solécisme, dont il n'était pjs capable. ^.

L. H. Mêmes ne peut se rapporter qu'à victoire , et non pas k fortune • Le pluriel est donc uue véritable faute. Hais quelle magnifique image et quel nombre majestueux dans le vers suivant ! Quelle rare élégance dans ceux-ci , où Mithri* date 9 après avoir dit , mes ans se sont accrus , mes hon^ neurs sont détruits , ajoute :

Et mon front dépooiUé d'oa si noUe avantage » Du temps qui l'a flétri , laisse voir tout l'outrage*

^3^ J'observerai quant à mêmes , adverbe , écrit arec un # ( je dis un , et non pas une . car je fais , comme Port- Royal, toutes les consonnes masculines ) , que ce n'était psi Mine faute du temps de Racine, et ijue bien d'autres^crivaim de marque l'écrivaient an besoin avec cette lettre ; psr -exemple, Boileaû , dans ces vers de son Épkre VIII :

J>é}<k U maoïvaU aeiM, reprenaat tes esprit» , SoDge k nom redonner des poènus épiques ^ S*empare des discours mêmes sGAdémiqiies; .

et dajM 06ux*ci de aom Épkre X r

Qne si mêmes nn jour le leolenr gracieux , Ameroé par mon nom , sur toos tourne les yeoz p Pour m*en récompenser, mes vers , a?ec usare^ De votre autenr alor»faiies-loi la pein&ure.

45 Quand je me fais jostiee, îl faut qa^m se la fasse*

L*Ai* d'Ouv. Toui nom ^ui n'a point d'ariichy ne peui a9oir après soi. un pronom relatif ^ui se rapporte à ce notn-là* Vaugelas ëtablit ce principe soUcIement \ et c'est là-dessus que le P. Bouhoun condamne les deux phrases suivantes : Vons avez droit de chasse, et je le trouve bien fondé: le Roi lui' a fait grâce ^ et il l^a reçue allant an supplice* Mab il excepte celle-ci de la règle générale : Si vous ne ime faites pas justice ,jè me la ferai moi-même. Par-là il sauve le vers de Racine que fattaqoe ici. Pour moi» je consens que cette phrase » à force de revenir dans la conversation» ait acquis le droit de ne paraître pas irrégulière ; mais elle ne laisse pas de l'être , surtout dans le style soutenu. Faire grâce 9 Ka\y9cûX le P. Bouhours lui-même « ne laarait être suivi d'un pronom. Faire justice n'estril clone pas de même nature ?

L'ab. Desfont. Cela est à la rigueur contre te purisme ^ Biais non pas j à mon avis , contre la pureté de la langue. Je lais la règle de Vaugelas.».. Mais ( dès qu'il y a des exceptions ) cette règle est fausse dans sa trop grande généralité i c'est faire de notre langue une longue bisarre que de lui prescrire de pareilles règles. Pour moi» je ne puis concLironer cette phrase : Vous ne voulez, pas lui faire grâce; un autre plus indulgent la lui fera. C'est perfectionner la langue ^ue de Taffranchir de toutes ces petites loix» que le caprice observe et viole à son gré*

t{^\ Luneaa de Doisicrroaio » Laharpe et Geoffroy» n ont

4$6 , Été^^DES

rien dit Ih-dcssiM* Mais Louis Rncioe â ptkAé défis le àens de Tabbë DesFontaines , et il s est même expHmë d'ane maaière Irès-dëcidëe : ki Je laisse, dU*iI , les puristes critiquer ce » vers. S'il est condamne au* tri banal àt la Oranoimaire , j'ev » appelle au gënie de la langue , qui sait faire des exceptiaas i> aux FÀgtes. » Il cite ensuite la phrase approuvée par Boa* hours , et y joint la phrase suivante de Pascaé : ce L église » dëfend h ses enfoiM ée se faire jnsiiôe à eax'^èmci) et » c'est par son esprit que les Rois chrétiens ne se la font pas, » dans les crimes même de lèsc-maiestë. »

Voltaire pensait là-déssùs cdmtne Louis Racine et comme Désfodtaines , puîsqtf tl dit dtms Méropè , Acte If , Scèae III :

J*ai mal connu lés i)ieni| j'ai nal oonnu les hommeft; ^en attendais Jualice , î/s la refusent loua :

dans V Orphelin de la Chine , Acte V, Scène IV :

Vous me deve^/ufiicè , et ai voua êtes Roi ,

Je la veux , je i*aueada pour moi contre Toefr-méoc.

Page 1