L. H. On le trouve enoorè d«RS Volt«ir« t
S^natj si toqs l'oses , que Bratas les dénia
Ponvqaoi nous priver flvi mot ^ui xépond au 4fe,negare àçn L^tin^ j çt qui n'a rien de d^^gr^ble ?
jfi[j^ Boîleau è^em est âqnri oomae Ibicine f. daj(s Cftt vers de son Art poétique :
Se donoe par $eê mains l'enoens qn'oo loi d4ni€ /
et l'Acadëmie ne dit point du tout qu'il ait vieitU. Il semble nnème, d'après la définition qu'elle en donne, qiic c'est un niot nécessaire ; car ehlin il ne signifie pas simplement re— fuser^ mais refuser quelque chos^ que la Bienséance, rhoti'^ néteté 9 réqqiuSella justio» ne veiidimt pas qu'on ^^ifse : On lui a dénié les alimens; on lui a dénié taute justice i ne me déniez pas votre seooHrs. Dénier se 'prend aussi pour nier^ et en ce sens , il n'est guère d'usage qnte dans ces sortes dé phrases : Dénier un fait ^^ dénier un crirrkô , dé^ nier une d§tte,un dépôt; mais dénier ^our refuser ^ peut-îl se dire avec le pronom personnel ^ comme dans ces vers cités par le Dictionnaire dé Trévoux :
l^oin dopo, sidui%a9tf fi^a^ie 9 Prompte eause de nos revers. C*e8t fait^ mon km^ se dénie ' A des màa& t^op ioag-lemps socrfrefls ?
L. B, Peut-on <Iiro laisser ta mémoire de qnelfffà^wt ^. pour en perdre le souvenir? Noos ne croyons pasctette mair^ aière de pacler ex\xbimmoai o^Mts^^ie^
L. H. n ne s'agit pas de laisser voiré mémoifé : il s'agit de laisser d^ vous fusfu*à voire mémoire : ce qui est à ctifféreni j que dans celte phrase laisser me parait le meilleur possible.
23^ Ldiisêri^nl te dire également et de la personne et de la mémoire t Je veux vous laisser^ je veux , ^ui plus estf laisser jusqu'à votre mémoire ; et il n*en serait pas de roêiiie de perdre, ou du moins il ne se dirait que dans deax sens absolument différens : Je veux vous perdre , c'est-àdire , je veux vous ruiner, vous déeréditer, vous dèimire; je' veux perdre votre mémoire , votre souvenir , c'est-àdire, /« veux vous oublier.
46 Vons résistes en vain , et j'entends TOtre faite.
L. H. Votre fuite pour vos refus n'est pas ici un bon synonyme.
{;Q^ Mttliridate ayant dît \ Monime qu'il allait l'unir à Pharnace.4 IVlonime avait répondu :
Phit6t de mille morts dussiet*TOos me p«nir !
C'est alors que-Mithridate , qui ne croit pas & la sincérité de cette protestation» et qui la regarde comme une feinte, dit à U reine qu^elle a beau résister^ qu'i7 entend sa fuite* Or^qoe signifie ici ce moi fuite ? La, roénië chose » ce me semble^que refus simulé ou artificieux, et c'est en effet la signification que lui attribue quelquefois l'usage de la langue. Mais s'il en est ainsi * ne j)ouvail-il pas convenir, au moins pour le sens , aussi bien que refus ? Car enfin que veut dire Mithridate ? N'est-ce pas à peu-près ceci : Vous, usez de dètouff vous voulez me donner le change*, c'est une fuite; mais je n*en suis pas dupe; je vous entends, je vous comr prends. Henri IVj dans la Henriade , veut se refuserai! récit do la journée de Contras, si glorieuse pour lui ; et Eli' &;^bc[th., qui est jalouse d'entendre ce récit, lui dit:
Non , je oe reçeâs point tos modestes refus.
Le mot fv;^^ convenait là parfaitement, et le mol faite oa tout «autre semblable eût été dë|jlaeé , parée qu'il nW avait «b la fMirt de Hei^fi ni feinte ni artifice, et qu'en supposer^ c'eût -ëtë lui faire injure*
47 Ce mot m'a fait frémir da péril de ma reine.
L. B. Ma reine ^ ma princesse x espi^essions fades et bourgeoises*
L. H. Elles le sont devenues , mais elles ne l'étaient pas slors : parce que des valets de comédie ont appelé leur raat« tresse ma reine , ma princesse» était-il défendu à Racine de faire appeler /^r»/»c«sx0 ou reine celle qui l'était? Distinguons toujours les temps et les variations qu'ils amènent dans le langage.
Jv^ Lonaau ne condamnait sans doute ces expressions que ponr le temps où il vivait, et il n'entendait pas les condamner pour le temps où vivait Racine. D'ailleurs, il ne pouvait les regarder comme fades et bourgeoises^ que lorsqu'elles étaient employées par galanterie. Ma princesse lui eût sûrement paru noble et sans fadeur dans la bouche de Fatinie, quand implorant Dieu en faveur de Ziaïre , Acte V5 Scène II, elle lui dit:
• • • . . Diea tout-puiasant, éclate en ta bonté! Faia descendre la grâce en ce séjoar profane! Arrache ma princesse au barbare Orosmane.
4B Les Dieux qoi, m'inspiraient, et qne j'ai msl soivis, AI*ont fait taire trois fois par de sagea avis.
L. H. Des Dieux mal suivis est une expression impropre^ au lieu de mal écoutés»
KO^ Suivre est ici nécessairement , ou pour ^ abandon^ n^rà , se laisser. conduire à, obéir à , comme quand on dit , suivre sa pensée , suivre ses imaginations , suivre ^n passion , son emportement , son caprice , etc. ; ou pour se conformer à , comme quand on dit , suivre la ^odCi l* usage , les coutumes d^ua pays; suivre les
«4o ETUDES
ans^ têse^MséiUy l^^JuMpU 4^ 4/uêlfa'nn \ ^uiên Us 0rdas fu'cn a MÇf$s, elc« Maîi il pamll qao d«u kqvd qa» œ soît de ces diipeis êeoM, il ae ipeii^ guert «voîr pour rëgime qu'an nom de chose. Cepenckittl oe q«ii poumit U faire passer ici , c'est cette oppositipo au il sp itonfe avec inspirer. Oa peut aussi bien stn^re des inspirations 9 je croîs t qne des avis , àes eonseih : w, les suivre on né pas les suivre , n'est-ce pas en quelque sorte suivre où n9 pas suivre ceux qui les doanent ?
49 I*fe ▼oudricK-¥oas poin( .qi»*#pproav^nt h t^np , Après TOUS avoir tu toot pereé ae ses coups , Je suivisse k l'anlel un t^ranoiquè jpons. '
L. H. Proprement l'adjeclif iyrannii/ue m «'applique qu'ans choses: un pouvoir //ni^^^/xifa^ , une rpodùîte (f ra^ni^U^ » etc. Mais cetjLe espèce de naétooyroie q^i le trans|>ojrt^ nus personnels » n*a rien de rëprétvçns^bLe ep fjo^sie* yplt^ir^ aussi a dit daçs Mom^e sauvée :
Catililia pour nous semi^ moias îftupimque.
f!^ Toujours des métonymies pu il n'^ en a point ! \a métonymie est ^ comme le dit assez rëtymologie 4u niot , l'emploi d'un nom pour un autre nom; elle ne peut avoir lieu que dans l'espèce des noms ^ et c'est ici un adjectif. Mais il y a là pourtant une figure : quelle est-elle ? On attribue à une personne ce qui ne peut convenir qn'à une chose; et poupquoi le lui attribue*t-on ? Parce que la chose est dans la personne même , et y est tellement dominante , qu'elle semble rbcGifper toute «niière et se copjfçnd^ en quelque sorte ^vec elle. La figure en question est donp nnjst métaphore j, meta" phore un peu h.anlie, si Ton veut ^ mais pas plus cependant que Drille autres asses gënëralement ^.utprjsées. Racine et Voltaire ne sont pas les seuls qui aiept a|>pliquë aux per« sonnes l'adjectif /^r^/t/ïi^r4^..9o|luau dit dans ^a $atirç >^1:
On ne reeooMlt plus qn'asarpaicarB iniques >, Que iyrmnniqt/^es.Bfiiii,ùfiiMf^ ^aods ^(^itiq^s.
DF LA LAHOnCrUANÇAISE. 44t
So Veocte , «A qn'à ràhCel ma promesse accomplie , J^ar éta ûaavtàs herùtih l'un à l'autr'e nom lie.
L. Rac. Li*ajateur« c[ui, pour dira' &V/;iM//«r, emploie oidi^ juireroent l'expression alier à Va$Uel , n'a jamais employa celle que Corneille emploie si souvent, donner la mitith» César dit à Cornélio :
0 cœur Trai.ment r^maio.
Et digne du héroS qui vous donna la main !
et clan3 Putchéfie :
Prétex-moi TOtre main , je tous donne l*£mpîr«4
Donner la main n'est pas du style noUe , et dans celte tra-^ gédie cette image est rendue irès-poëiique par ces vers :
Et que dans mre^ara de Votre sang fcnnante , J*elUsse mettre , hélas ! la main de votre atbante.
{!^ Pré/er la main à quelqu'un veot -dire l'aider ett quelque affuire^ ou le faforisef* Donner la main .peut avoir cette méine signification ; cela dépend d^ circonstance^ du discours. Mais que donner la main ne soit pas du siyla noble., c'est un peu fort »i'Acadcmle disant que do^aer la rnaîn se ilit en style poétique pour épouser. Je Crois qu'e^ effet il peut é(re as^es poétique, et je n^ vois point du ioit|t en quoi il ie serait peu ; par eseraple » dans ^^s vers que D^ liile prête à Dàdoo I à la suite de ceux que ^nous avons ctté^ plus haut , sous le n^. ;29 :
9e \x donne mon ocenir , mon Empkè , fiia mainc
O foreur ! ci voilà que ee monebre inhumain i
Ose imputer aux Dieux aon horrible parjure ^
Me parle d* Apollon , et d*oracle^ ei 4'*1>fiure !
Mffis il me semblerait que m^i/»^ alors» va mîejnx, en général^ ctprësenteiln sens plus précis, avec ce qu oftuppelleuf) pfonoti^ possessif, qu'avec l'article la^ Il tne sciublorail aussi, je tfi **»s tro|i pourquoi , que donner, je .ne dis plus la main i 'ûais sa main y se dit mieux de l'épouse quc^do l'-époux^
44a ETUDES.
quoique IVpouse et IVpouz se donneni rëciproquement /tf main. Quoi qu'il en soil, sa main estj dans ce cas-lk» pour donner sa foi , en signe de laquelle on donno la main , et c*est une métonymie du signe , je toux dire une métonymie par laquelle on prend le nom du signe pour œlai ite la chose signifiée.
5i Songes de quelle ardeur dans Epkèse adotee ,
Âvoi filles de cent Rois je tous ai préférée.
L, B. A quel mot se rapporte celui à^adorée ? Cest à Monimeé Cette phrase parait manquer de clarté.
L« H. Pas plus que celle qu'il a lui-même approuvée toutà-l'heure dans ces deux vers :
On lassés on soumis^
Ma funeste amitié pèse tous mes amis.
Cestla même construction , rqcue en poésie, et même dao la prose soutenue. /
^ 6* F. Construction hardie > elliptique , où l'on supprime quelques mots inutiles à la clarté , mais nécessaires h la marche ordinaire de la phrase. Pour réduire cette construction aux règles communes , il faut suppléer ce qui manque* Songez de fuelle ardeur éiani adorée par moi dans Éphése, je vous ai préférée , etc. ; ou bien , songes de quelle i^nc/tfur ( c'est-à-dire 5 avec quelle ardeur) je vous tai adorée dans Ephése, ei préférée aux filles de cent Sois. C'est cette heureuse audace qui enrichit la langue poétique ^ embellit la versification , et l'élève au-dessus de la prose, même la plus noble* Biais n'oublions jamais que ce qui est audace dans un homme de génie g n'est que témérité dans un écrirain médiocre , et que ces hardiesses , quand elles ne sont pas inspirées par le talent, ne sont que des phrases barbare^ et gothiques , telles qu'on en trouve dans nos versificateurs modernes, qui abusent de l'autorité et de l'exemple de Racine , ponr hérisser leur style du plus obscur galimat hias.
{!^^ Voilà donc pourquoi M. Gisotfroj a ^ contra ta cou« tivne , tant alongé sa remarque I C'est pour donner un coup de griffe aux versific^^teurs modernes , et les repijiésenter comme replongeant la langue dans la. barbarie dont«Racine particulièrement avait tant contribué à la tirer. Je ne prétends point , assurément, prendre la défense des piaùvais ▼ersifiCateurs^ qui n'ont été et ne seront toujours qu'en troff grand nombre ^ mais je prends la défense des principes', et f attaque les inconséquences du beUesprit qui sacrifie la Logique au plaisir de faire une épigràmliie. N'estai! -pas lingnlier que oe qu'ii exalte dans Racine > il le condamne d^na ceux qui veulent Se régler sûr ce grand poète ^ Oppô!<6ias4uî encore une fois> car je croii avoiir déjà èû écéasioi^ de 'te faire, -opposons-*lui ce que* dit , dans un cas k peii-j^rè^ semblable, l'abbé DesFonUines à l'abbé d'Olivet : l'abbé DeS;' fontaines doit être une très-grande autorité ^our M* Geô^ froy, le Desfontaines de ces derniers temps : ce Serait-il' pbify> sible qu'il fût interdit au cômniittt'des écrivains d'imiter les i> modèles ? Cette construction est une heureuse audtfce dam y> Racine; et parce qu'an auteur est jeune ; et qu'il n'a *pas » de réputation , il ne pourra pas emplojher un pareil-tour ? J> N'est-ce pas dire : Puisque c'est Racine , il faut le luipâr^ » dokiner; mais si quelque autre a cette hardiesse , }&Mhk » lui pardonnerai pas 7 »
Mais la construction dont il s'agit est-elle, au fend, et hardie, si hardie? Elle l'est bien^ippips^^à ipon sens, que . celle des deux vers, ot^ lassés pu soumis $. Ole., he participe. adorée , qui n'est pas non plus un ablatif absolu ^ 99 rapporte naturellement au régime de la proposition principale ^ l'ofu préférée , et ce régime est un réarme direct. C'est Comme s'il y avait : Sorîgez de éjuçtle ardeur je vous ai » vous adorée dans Ephése, préférée aux filles de' cens Rois; ou Yneui songez de Quelle ardeur fe^ous ai pré^^ Jérée aux filles de cens Rois ^ "ùùùs adorée' dans Ephês^l H faut pour la régularité que de ftîetle ardeur so râppoH'è autant et méme|>hu., à /e ifoas ai préfériez qu'à àd6rée\
oar ao>lel«Âie$ rikpporter qcCh oo deniî«r/.eotaii*ftnl {itSUte*
ffOEnVoiif z Songa^ fê -vous 'ai préférée? '■ : ■ '
5à 'Sflfns vous parë^ pour lui d'une. foi qui m'est due,
'^I^érdes-én là tà^ihofre &ussf tien ^ùe la me.
li,, B.. On dit bien jferdre la nfèmoire Ue qu«lq<»{*q,nt mais on ne peut na^ dire ëgaleoieht ejt perdre la v«<r,
L. H. Non , niais l'up faitp^sser Tautre gàr li; princijpç dç ropposition, déià Qi.pli que* plus d'une fois.
f;^.Ijorftqc|D ^EUSrJ^d.siçQiploie.arviic^Mf eitle Q<mi d'i)«
le r4gm^:<^^'^ A^P^^4f^ > ^y Vqo o^ dijL ^yp:$r4r6j0 iom de ^u^ fié 9m,sm^}^P^'^4ref^elflf^"^n de .vue\ ce çktl sh> gni&e .a*r'«r i/< 4« vq^t^j^h de yAV4)jir^^04trJft^^eux. CVil i|ue>la 9Ji^« éta^( If^.faciilléde voir2.aa l'actioa^ppçitie.fd^ c^tÂj ;|eu4 la rappoi^tons plutôt, e|a^lA4o4Ulre:^ kVoffei ^Hfyimtnu'i^ r<7^^Ztv^.Cçser^iM9M^^ contraire, ai nom ^iM$,/7ar^/v /o. i/i^^ d^,ç^efçià,'isn* Il y a bivo de» cas pà WKHi*^^9»m être pwr a,*peçL,^9^T présence , comme j^a.n4 MidÂt.? /«^^ ^rofikh à lajiiue de, çeihqmn^^v mais i'eslj tmo^illmion.; caç.^f^é^,, 4^118 ceca«^.JHii;res AcoiUaU^s, so dit «açflre; par r^pp^xrC à, celui yM voi/; -et c'«st coii^aie ^*4l jf
liomme \ et autrement, /« m^ $rQnhh .e» ivo/4K#/ x?^^
ià3' ^en s*en' faut que mon cteur, peiicliaht de son e6>te y ' '%^me*eoikdaiiiiie eorcof de trop de* oi^uté.
Ç. p.. On dit. accuser çuel^u'' un de cruauté, et l'on ne Situas, condamner auelgn' un de crnauùe \ mais telle est la force seccè le de 1 ai\au»gie entre accuser ci coudamner»
a* u'i peine s,'aperçoil-Oii d^c bette faute contre l'usage*
^^^ Je mMloupe-^que M» Geoffroy a'ait pas.fait remarxjvfr là u«).'kitifi4Afne. Jgt) Jati^,^ on donne .^H coad4^mner pom' fffffi^ede.i à raisonne,, le même régime qi\'9 acct^er, u^ rogÛYlé, gœ aoiu of^qiicuis en fcajoçais jiar la .préposition. ^;^î
DE LA LAtïGtTÊ FRANÇAISE. 44I
^f (fést ^ètirquoi , ^atis doute, le pôileiauradit -eàndMfHnèf iiè eruàHié, Tkitér 6^ accuser èu'sscm ihibtrl Vàrki pfetlt*^ Itre ^tfr rdtàétrttiàe gyàthihàtreàÛ'; liini^ Côndkmnef a bi^n ^liiï dd ïbrte. MoKèœ Tsi Giihpfôyë cjuél^uefois^ ftit ésémp!é> dafns A^pliytrîùn , l«*te IH , Scèie il :
C'est trop me pousser Ik-dessus, lEi ^infidcïili me voir i^p condamnée } ^
et dans, lé TaHuffe , Aqle IV , Scène III : .
« fEX c'est trdp <eondnmàêr ma iMoeii^ dVmporfiinBw ^
54 Hé quoi! tous ayez pu, trop craelle à vous-même^
Falfe vlû. Mtm liée d^tni UiiH dhrdétire?