L. Rac. yojis en servir pournjouê perdre i JJn bon^ppili
tait tout dire noblempnU Dans Bajatei^foya dire étraa^
gler:^ : -, .
A.?ait ao nand ûital abuadottné sjM- jovK .
'(P3^ Ij^Uue et rantue périphrase ^otit sdbs doute nobles ^ ëlë^tff^ ; mais il itfttit conVemr ^e le (toèle ïie pout^ guèite , dàïA aiYtiun des '/léux cas, employer le terme biiiiptb et ôrAiAftire. Sè'ftendrè'^t sT/>'à>i^fersbtit également ^x*dus dfi Irty le soutenu-, et il ferait bien plus diflièiie, jej^ètise, 'dele^y faîVe èuiHfr^Véc dignité, que de les y remplacer pdr quelque heareus éqtfivàtent. C7est aù^si avec rafisbxf ^ ^otré' poète i-èèl abstenu , dans lifter, dès moxs^gtbèi ^ pQê&HciB , et qu'il a dît bne fois :
et faites promptement
"EBèfkfét %a ftiort k ^«nieai'iiisièniiaebt ;
utae awire fois :
A la porte d*Anian ^st d^jk préparé D^on idflme trëpas l'rastrament exécrable.
55 Daos la confusion que nous venons d'entendre.
Les jeux peuvent-ils pas aisément se méprendre,? ,
L'ab* Desfont. Phrase tronquée et impropre , dit notre Graiiiiuairien ( l'abbé d'Olivet}* C*est ainsi qu*il qualifie uue
excellente éllipae^qui revienl à ces paroles : Dans la eoH^ fusion où nous venons d'entendre ^ue sont les choses»
L« B. G'est-^-dire, dans la confusion des faits et des xècits que nous venons d'entendre'^ etc. Le troable da personnage se peint dans ses paroles : il n*a pas le temps ds tout dire.
L. H. Cela est juste; mais , pour prévenir les conséquences abusives de ces licences des maîtres s dont on se sert pour jus* tifier des fautes d'écolier^ ajoutons que» dans une situation tranquille, une ellipse aussi forte que celle-ci ne serait pas excusable*
flQ^ ^ personnage qui parle n*est pas dans une situa* iion prc'cisëment tranquille* Mais on voit par tout ce qu'il dit , qu*il se possède aèsez bien , et qu'il ne devait pas se pcr • tiieltre une construction aussi étrange et aussi choquante. D'ailleurs , le trouble et le désordre du personnage fussentils censés à leur comMe , ils ne le dispensaient point de parler français; et, en bon français» on. ne peut pas plus, ce me semble ^ entendre une confusion que la dire. Passons cependant/a confusion entendue, q\ie dirons^nous des reux qui se méprennent dans cette, confusion ? Ce n'est pas à la confusion même entendue , repi.endra-t.on , que se rap* porte la méprise des yeux , mais à la eçnfusion des choses ^ui viennent d'être racontées* Mais alori^il fallait ,' les jeux n'ont^ilspaspu ^ et non pas , les yeux ne peuvent^ils pas se méprendre ? Il fallait ^ -dis- je > un passé , et non pas un présent.
Admirons Racine quand il est Racine: mais quand il lui arrive de s'oublier , et c'est si rare ! ne lui faisons pas gr&( e , parce qu'il n'en a pas besoin. Cest se piquer d'on bien sot et bien ridicule respect envers ce grand écrivain, que de vouloir adorer jusqu'à ses négligences 5 que de louer en lui comme divin ce qu'on ne balancerait psis à condamner dans un autre.
DE LA LAfTÔUE f RANÇAISE. 447
dS Qiiaml jt ii*«i ««fait pa« k «out«U« langlMite» n est mort , et j'ea al f^our faraos irAp eertainà SoD oolirage et «on nom ^ trop suspects aux Romains.
L. H« Dana U doulear qui déchire Mooiroe ^ on doit \ui passer Texpression cte nouvelle sanglante , qu on «erait peut-étn* en dmit de reprendre dans une situation moins tra* liqoe* Mais Monime est amante : elle s'ima^iiH» ywi couler le sang de Xipharès s elle confond la nouvelU de aa aion Rvec l'image même des bles&ures qu'il a reçues.
57 Mais sur qui ^ malheorense , ose»'Ui t^etteteir ?
G» F. S'excuser sut queU^uun n*est ni bien exact du t6të de ta Grammaire » ni bien élëgant du c6t^ de la poë»ie 9 tt il n'jr a que les beautés qui excusent les fautes grammatitaies.
{^ Quoi I s^esccuser sur quelqu'un ^ une faute gram<« Quiticale ! Et depuis quand donc? Ouvrez le Ilictiounaire de TnSvouit, vous y lirej qu'on dit , s*fixcusor surquelqaUm , pour remettre la faute snr lui* Ouvres le Diitionnaire de l'Acadëmie 9 vous y trouverez cet exemple : // s^esi excusé sur un tel : ce qui %'eut clîre sans doute» il a rejelë la fatue mr un tel pour s'en disculper lui-même.
59 Tison de la diseorde , et faule furie
Que le démon de Rome a formée et nourrie.
Lk IWk Démen n'eti pai qb mot de la bonne latinité* Les Romains disaient génie 1 el non fias déHÊOt^ CorJleiUo 4 riîA^o.do iliire.dif» à une Romaîu^'i
Voyea qu'un bon génie à propos nous l'envoie >
mais il ne devait pas faire dire à Cornëlie :
Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir*...
4'aiitani plus Ipe bfm , d^^ns notre langue 9 ne va point awtc ce mol. On n vu 4afis JBrùaanicus » ■ Qn^ei démoda en^ neuat ^ oie, Malborbe n*a pas eraplojré ce mol à propos en parlant d'un jardin :
Non 9 sans quelque idémoii qui défend atiz birers D'en effacer jimais l'agréable pcintare.
Nous ne nous servons guère àe ce mot en bonne part que quand nous disons ^ le démon de ta poésie. Il est mis ici fort heureusemeni dans la bouche de Mouime^ qni est grecque» et dans la langue grecque il veut dire génie. Il se disait d*on Dieu ou d'une Déesse , d'un génie bon ou mauvais. On lit dans une ancienne inscription latine > habei irammgenium populi Romani. C'est ce génie irrité du peuple romain que Monime appelle démon»
^^^^ Le mot démon s'emploie encore dans le sens dei Anciens j pour^<»/»iV,pour esprit^ soit bon^soit mauvais, attachë à un pays , à une personne \ mais ce n'est gnère que dtni cette phrase , devenue proverbe , le démon de Socraie, Ainsi le démon de Rome , pour ie génie de Rome , ne serait pas aujourd'hui» je ci^is, une expression plus heureuse» même dans la bouche d'un personnage grecj que le démon de la France , le démon de Paris , etc.
Démon n'offre pas ce même sens dans le vers que 0>rneille prête à Cornëlie , et ce vers n'est déplacé ou mauvais» que parce que l'expression bon démon est moins du langage de la tragédie que de celui de la Comédie ou de la conversation. Cette expression ne répugne nullement dans cette dei^ nière sorte de langage , et elle peut même y avoir je ne sais qu'elle grâce » comme dans cette phrase de l'Acadéaiie : C'est tên Aon démon fui m'a inspiré cela»
Démon déplatt-il dans ces deux vers d'une comédie de Voltaire :
En vérilé , les filles » comme on dit , Ont an démon qoi leur forme Tesprit^
On dit aussi en bonne part , mais familièrement , de quelqu'un qui a beaucoup d'esprit» qu'f/ a de l'espris comme un démons et de quelqu'un ingénieux à trouver des expédions» et habile à se tirer d'affairé , que c'esi un démon y an vrai démon.
Ce n*est pas précisément en mauvaise part que l'on Jit » le démon dû la poéHe^ et c'est même en très-bonne part, sans doute , que démon se trouve employé dans cette strophe de la belle Ode de Rousseau au comte de Luc :
Tel, aax premiers accès d'oBe sainte mante ^ Mon esprit alarmé redoute du géuie
L'assaut victorieux.
II 4*)élonoe; il combat Pardear qui le possède. Et Voudrait secoueit du cléraoi) qui l'obsède , Le Joug impérieux.
Mais ce mot a-t*il toujours , relativement à la poésie , un sens favorable ? Il me semble que quelquefois on le fait servir à désigner la manie des vers « ou cette espèce de fureur qui possède le métromane. Quelquefois aussi on fera un ^émon du génie ou de la muse d*un genre de poésie malin et piquant, et c'est ainsi qu'on dira Ifi démon de la satire ^tandis qu'on ne dirait pas 5 je crois ^ le. démon de la tragédie , le démon de l'épopée ^ ni ntème iè démon de l'ode ^ quoique Rousseau , dans une Ode ^ appelle démon te génie qui l'obsède.
Quoiqu'il en soit à cet égard , démon se prend en trèsmauvaise part , ^ù\xv<mau9ais génie y ou , si Ton veut , pour génie malfaisant^ destructeur i et c^est ainsi qu'en -poésie « mais en poé>ie seulement, on dit le démon des cbiÈibats ; le démon de la guêtre i eXz, .
Le démon des combatiy respirant les fureurs.
HiMa, , Cb. X.
La Discorde accourut : le démon de la guerre y La Mort pftle et sanglante étaient k ses côtés.
cb.vm.
Quelquefois aussi on fait servir ce mot démon.h désigner
certaines passions honteuses ou funestes, comme la passion
de l'avarice, du jeu, etc.:
Hé ! que seraii-ce donc si le dériïon du jeu ,
Versant dans son esprit sa ruineuse rage ,
Tous les jours / mis par elin ^ deux doigts du na^frag^^
4So ÉTUDES
Ta Toyni loua tes biens an sort ilitiidoiiBés , PtTcair le botin d'oa pi^œ qo d'aa so^aev?
0O1L. ^ DSt» X«
Mais on ne dirait pas , je pense , le démon de la gloire , ni même le démon dé Vamour.
$9 La Mort an désespoir oavre plu d'aoe TQÎt.
L. Rac« Monime paraît reuloir dire a« contraire, le dé-^ Sispoir ouvre plus d'ime voie à la mon.
(t^^ L'on pourrait croire , en effet , qu'il y a là une sorte de contre-sens ira de sens inverse ; et c'était peut-être unç raison pour diercher un autie tour. Mais ce qui me semble justifier suffisamment fauteur, c'est que , la Mort étant li nécessairement personnifiée , on entend assez naturelleroenl mj^eVie ouvre au désespoir plus d*une voie vers elle oa jusqu'à elle , plus d*une voie pour la trouver^ D'ailleors le vers est très- beau par lui-même.
60 Et périsse le jour, et la maio meartri^e
Qui jadis sur mon front l'attacha la première 1
L« Bac. Le jour on il fui auaché 9 os la maia^ fui i'^uacha* La vivacité de ce tpur ne peotêtre critiquée. L.B. et L« H. Isfui me 9e rapporta point ji/«iir» oqbum
o# Ta pré(ea49*
|{Q^ Le fui se rapporterait à jourcotome à ia mmia,
et meursriirc 1 qui plus est | s'jr rapporterait Clément, si
Tonne voulait juger que d'après les règles ordinaires , puisque
lesdeux noms Jour et main sont joints par la conjonction etf
et que le jour sepible demander, comme la main » un oom*
plément après soi* Mais ce qui fait excuser le désordre de
cette phrase » c'est le désordre du personnage qui parle » et
qui , dans la circonstance où il se trouve , n'est pas censé
pouvoir toujours bien lier ses idées.
61 Si ta m*aiinais^ Pbeedimft, il UX\ùt me pkncer.,..
L« H* Excellent morceau. Voilà cet intérêt de style^ saos lequel cehii des situations ne se soutient qu^ l'aide du théâtre
DE LA LANGUE FRANÇAISE» 45i
et de ractrioe. Ici la doaleur derienC plu^ douce et ploâ ealoie ^ sans èlre moins touchante > et ce contraste avec le morceau précédent est encore un autre genre de mérite* Monime est plus tranquille » ^arœ qu^elle se croit sûre de monr^. Ses paroles soot pleines de ce pathétique profond qae les Anciens savaient donner à ce qu'on appelât en latin noçissima vêt6s, les demière^pamles , ies paroles de mari: c'est chea euk que Racine l'avait appris*
Et lorsqae in*arrftoluat dti déox sein de la Grioe, cte.
Ce retour vers son heureuse patrie « si naturel dans un pareil moment ^ rappelle le
Dulees moriens reminhcitur Argot:
£t Vhisfoire malheureuse de ma glaire i Que de beauté i
{^^ Ce morceau si admirable a seiae vers ; c'est sur les huit suivans que portent principalement les observations ci* dessus:
Si^tu m'ftimiU , PheodioM, il fallait me pleurer^ Qaand d*«a titre IttneMe on me vint honorer r Et loraqve , m'arrâoliant da dottz seia de la Grèoe , Dane ee elimat barbare on traîna ta raattreiSe. Reio«nie mamteoant ehei eea peuples hedreaa ; £a 9 si mon nom eneor e^eet conservé ohcs ann , Dis-leus ae que ta vois 9 et de tenta aaa gloire, Phcsdime , oonte^aar la malheatensa histoire.
B% B'abordy il a tetité les atteintes mortelles
Bea poisons qna la»»méma a onas las phis fidèles.
li. H. Des poisons fidèles ! H n'y a point d'épithète plus neuve et plus hardie : elle est si bien placée qu'elle ne le parait pas^ tant l'auteur et le sujet ont eontribué à la rendre claire»
({i;^ En prose^ on dirait les poisons les pins subtils ^ les plus actifs » les plus prompts y etc» Mais on sent ai5é-. ment coixAnen fidèles dit plus* En prêtant de la foi aux poisons , il les représente comme attentifs à bien servir celui
:45a ÉTUDES
qui les emploie i comme attentifs à bien justifier sa confiance, h bien remplir son espoir. Il faut que cette ëpithète ait ifté bien do goût de certains poètes ; car on la retrouve h tout momeiii dans leurs vers. Mais aucun , peut-être , n^en a fait un plus fréquent uaage que J.-B» Rousseau.
63 Le sang et ma fufcuK m^emportent trop AYant.
L. Rac» Ces mois, sang êi/^oraur, ëtant joints, on en-* tend par sang: mon ardeur à répandre le sang.
ijl^ Il est bien cerlain que le sang ne peut s'entendre ici que de la soif du sang, que du sang à répandre , que du carnage* Mais si , au lieu de et ma fureur^ il y avait a/ la fureur^ il ne signifierait plus cela 9 mais le sang même du personnage qui parle , ion sang enflammé, son sang bouillant de colère* Observons toutefois que Tellipse est un peu forte , et qu'il n*y a que la violence de la passion qui puisse la faire excuser.
64 ( Juste ciel ! ) — Xipliurâft , toujoars resté fidèl», El ^u*Mn fort du combat une troupe rebelle , Par ordre de son frâre , avait enveloppé , Biais qui, d*enlre leurs bras à la fin échappa , Forçant les plus mntint , et regagnant le reste , Hçnrenx et plein de joie en ce ipoment funeste , A travers milie morts, ardent, victorieux , S'était fait vers son père un chemin glorieux.
L. H. Que ceux qui connaissent les difficultés de notre langue et de notre versifieation , examinent combien il j a de choses dans ces huit v^s , combien il en fallait pour que tout fût clair et motivé , et combien il était difficile de ne Cbiire de. tout cela qu'une seule phrase , sans qu'un seul membre de celte longue phrase embarrassât ou ralentit la narration , qui doit être ici vive et rapide, et qui en effet ne cessé jamais de l'être. Voilà ce qui est également hors de la portée de$ écrivains 'médiocres et des regards de la multitude.
(f;^ Ces vers font même plus que ne'Jormer tfu'un^
SBuU -plirasè ; ils ne forment que la dernière partie d'une phrase liée à une autre par la conjonction e/y et qui com-* mence au quatrième des cinq vers suivans , dont le dernier arrache à Monime rexclamation , fusie eiel!
J'ai TU , qui l'aurait ern ? j'ai tq de ^ontei parts Vaincus et reaversés les Romains et Pharnace , Fuyant vers leurs vaisseaux abandonner la place ) Et le vainqueur, Ters noua «'avançant de plus près, A mes jeux éperdus a montré Xiphar^.
Il eA aise de voir que Xipharès , à la tète des huit vers con^ sidërës par M* de Lahaq>e comme ne formant ensemble qu*ane seule phrase» n*èst point employa comme sujet de quelque verbe qui vienne après , mais comme régime rëpëtë d'un verbe précédent , du verbe a montré.
65 Dans leur sang odieux, j'vi pu tremper mes mains , Et mes derniers regards ont vu fuir les Kpmaina*
L. Rac. Les tegards ne i;oi>a/ point. Le regard est l'ac^ tion de la vue.. Cette expression de Malherbe, éblouir les regards 9 paraissait hardie à Ménage. La hardiesse du vers de Mithridale est bien plus grande, et elle en fait la beauté*
.L» Hk Ce n*est pas sans qiielque répugnance- qu'on est forcëde rappeler ici une critique-mille fois répétée : ( rien ne se répète tant que les sottises )• On a prétendu qu'bn ne pouvait pas dire, mes derniers regards ontiHiy parce que c'étaient les yeus qui i^oy aient ^ et non pas les regards^. Quel plat et absurde purisme! En ce cas, Ton ne pourrait donc pas dire frappé d*'un coup \ car assurément c'est la main qui frappe ^ et le coup n'est, qu'une idée abstraite , aomme le regard» Mais qui peut donc ignorer qu'il n'y a point de figure plus commune dans le hii^gage , que de prendre l'action de l'organe pour IWgane même , comme on prend la (Mr lie pour le tout, l'effet- pour lis cause , la cause pour l'effet ^ elc, ? On ne pomrrait donc pas dire que Dieu ionne\,CAT assurément il ne ionne pas, il fait tonner^ Quelle pitié ! Tons cas divers tropea ont leurs noms daiiS W
454 ÉTUPES
Grammaire et la lUi^torlque» et la oonmlisaoce B?es en VlUe qu'aux Graoïniairiens et eus Rbéleura ; car Ua«aMt les prendraîMt , comiûe Fradcm » pour des iann^ 4ê chimie. Mais ce qu'il est bon de (lire à la foule des cpiliquei^ c'est que , pour bien juger de la poésie et du langage » il faut aavoir un peu plus que la Grammaire.
({^^ GW^à^ire un p^u plus çtis la Grammmre des Grammasisêss ^ que cett^ GranMoaire volfaîra ei mécanique , toute bornée au tnatéviel dea mot»; c«r la grammaire qui s*éicve jusqu'aux rapport» des- idées avec les mota^ et df la pensée avec le langage , la Grammaire plûlosppbiquei noua d^ouvre elle-même tout le mjf$tère de ces ei^pressioiis figow l^es si hardies dont s'étonnent les Pradons de tous les Ages» et nous apprend à eu çonnailre \t^ raispu » it çn pénétrer lj| sens y à en apprécier la valeur* Mais venons aux regards qui onê va. Les reffards sout Ih pris |>our les yenx , point de doute; et c^est,- comme Ta fort bien observé M. de La«* tarpe » TactMMi de l'organe même > cai le regard est raction de regarder » et Taotion de regarder est raction de» yeas » organe de la vue» Or, quelle ei^t cette sorte de fig«re1 Ce p'est paf tf^«>di£^icile à trouver* Toute action suppose une fau^9 eto cQp^Jéréii pav rapport à sa cause» elle est un effct^ Les regards sont doue l'effet des yeus » puisqu'il» ont Içs yeux pour c^iuso physique. Qr, que £ait-<oa en prenant le zuot regards poi^r le mQ^y^^3^^ On prend le aeoi deTeffisC pour celui de la c^use. Xa^ iigttre dent il s'agit est daDCone m^ton, ni(iB de V^i^x pour 1^ caiise* Les latins emploieat très-souvent i^ne métonyo^ie ^^^[Icigve à celle-ià* Ceat b mot lumièipe ( lumen) pour le mot (sàl% L'eail ne produit pas piéctsément la lumière ; 99ai& dès qu'il la transosel comme organe , dès que saus lui naus ne pourriftoa la voir , il e&t par cela ra^nn^ censé la produise » il en eut selatiTement 4 ])aii^ upe sorte 4a cauM).
%J Jfe pArdei point U temps qne tous laissa^ leiir fiHe A rendre a mon loi^tMau d^s soins dael j« • toiw qoîtle.
Gt F. Je vous fttiue pour/e vous Hens fiiiSÊo $ je vous
DE LA LAKCVE FRAITÇAISE. 46S
ÉlispêmsB. Lft terme ii*ett ni très^usité^ ni trèi-noblei mais il ne mes»ied pas dans la bouche de Mitbridate ; il n'en exr^ prime que nûeiiK iQn mépris pour de v^ii^es çAritoooi^ (u^ nèbres.
ifZ^ Quiiiêrfent bien n^ètre pas irès^usUé ; mais il ne faudrait pas en conclure qu'il n'est pas en usage ; car si c'était ainsi, TAcadémie n'eût sûrement pas manque de te dîrd* // n*Bsipas tris-nohle ne doit sans doute s'entendre qu'en ce sens , qu'il n'eit guère que du style d'affaires , comme dans ces exemples de l'Académie : Je vous quiue de tout ce ^u& vous me devez ; je vous quitte des intérêts et du princt» pal ; ou que du style familier , comme dans ces antres esem-> pies , aussi de l'Acadéinie \ Je vous quitte de tous vos cotn-^ piijnens , de tous vos remercimens , etCf Dn reste , Tob— servation est non-seulement juste , mais fine, et jen^ai garde de la contredire.
67 Q«« Pli«nisçe imponi « le« Romains ttiomph^ne. . . , Irf. G(. N'y a*Wil pas aussi des critiques qui ont prétendu ^'un bomme ne pouvait pas elfe imputa f ^impuni ne se disait que des choses ? On peut cooseilter à ces critiquef d'étudier leur langue encore long-temps.
(p^ Ces critiques auraient pour eux le Dictionnaire de l'Académie f qui dit expressément qu'im/»/»/ n'est dHisage qu'en parlant des fautes et des crimes, et qui cite ces esemr* pies : Cette faute ue demeurera pas impunie ; Dieu /xn laisse point les crimes impunis. Mais il fauft convenir que , si impuni ne peut pas se dire de^ personnes comm9 des choses « notre langue manque d'an mot absolument nécessaire pour rendre une idée asse» importante ^ et qui re^ vient assex souvent dans le discours. L'on dit-bien une per^ sonne punie ; et il y a plus : il paraîtrait que puni ne s'appliquait d'abord qa'au;( personnes > et qpe ce n'est que parexcensîon qu'on la ensuiie appliqué . aux choses. Pour-!quoidonc ne dirait on pas également une personne impunie? L*un peut- il plus réi^ugner que Tautre 7 L'on dit bien aussi, fi je ne me trompe jjV/^pi^î{^ d'uu cai^ps^fi » comme Vim-^
punilé d'un crime. Mais rabstraît impuniii ne suppo5e*t-îl pas ponr le coupable comme pour le crime , le concret iifipuni? N'est-ce pas impuni qui a fait impuniii^ Que l'Académie examine encore et prononce.
68 Yenes , et reeeves Time de Mithridate.