L.H. // me représenta l'honneur et la patrie Et
trois vers après : De quel front».*, j'irais , etc. Ces phrastf
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 46i
Jiffëreiiles ; gouvernées par le même verbe , et qaixhang^t la coBStructîon sans la blesser^ servent k varier la marcha^ d'une përipde , et ont de la grâce dans le style , surtont dans la versification , mais ne sont qo'à l'usage des écrivains quL roanîeni supërieurenient leur langue et la poésie.
^!^ Voltaire nous fournit dans Alzire , Acte III, Scène IV, nn exemple à-peu-près semblable & celui'- Ui« Alzire se justifie auprès de Zamore d'avoir donné sa main à Gusman : ,
Je ponrrais t'ailégiieri ponr affaiblir mon crime , De mon père sur moi le pooToir légitime , L'erreor où nous étions , mes legrets , mes combats , Les pleors qae j'ai irois ans donnes \ ton trépas : Qtte des chrétiens vainqueurs, esclaTe infortunée; La douleur de ta perte k leur Dieu m'a donnée.
7 Moi-même , je l'avone avec quelque pudeur.
Charmé de mon pouvoir, et plein de ma grandeur. Ces noms de Rot des Bois , et de cEef de la Grèce , Chatouillaient de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse*
L, B. Cette expression chatouiller est ici très-beureuselœnt employée ; c'est le peruntare de Virgile. Corneille a^ait déjà employé cette expression , Acte III , Scène I de /^ Monde Pompée » eo disant de César^ auquel on présen-r. ^t la tète de ce grand homme , qu'une maligne joie Chatouiliait , malgré lui^ son àme avec surprise;
vers qn*on pent regarder comme une espèce de traduction de celui-ci de Virgile , Enéide , Liv. I :
Làtonœ tacitum perterUanl gaudia pectus.
L. H. Le mot chatouiller ne fait pas tout seul la beauté du vers de Racine; car ce mot par lui-mèiye a besoin d'être relevé pour entrer dans le style noble. C'est chatouiller Vor-- S^eillense faiblesse qui forme une suite d'expressions xieuves, fortifiées et embellies par lenr assemblage. !
Chaiouiller son àme açeo surprise est une expression B^uvaise de tout point.
46t ÉTUDES
O. T. Otgtie'UêHsê , ëpitbète d\ifi êénê HdmiMiMè} ctf orgueil et vanité n'ont pour principe que ta faiblesid. Cka» ionilhr i*i>rguë%Uêmt fa^bteiSé \ ètyle d'uno estréot duergîe ^ mais dont la hardiepse n'a rieil de choquant , parue que les ezpretsiona eont aussi f ustes qua hardies. La oiériie des mots dépend de la manière dont iU août plaoési <ie l'ordre et de l'airangament de la phrase*«»«
On a prétendu qoe le vers de RaciMe était imtid «le celiii oi Virgile dit , qu'à l'aspect de Diane et de ses Nymphes % lé cœur de Z»aione est ému d*une foie seoriie ; mais il n'y a aucune ressemblance entre ees deua vers. Virgile peint un sentiment naturel et légitime ; Racine t ie meoTemeat d'unt passion coupable. Chatouiller eêt un terme familier et bas ; perteniare est en l«iùn une expression Hoble et agréable*
({;^ Levain orgneil suppose moins peul-ètre la faiblesse que la sottise ^ lUais la suppo&ât-il également , la faiblesse ne le suppose pas de même à son tour^ on , ce qui revient au même , ïa/aiHesse uW pas nécessairement orguilleuse , et orgi^eil e\ faiblesse n'en i>ont pas moins deux sortes d'ex* Irêines opposés entre eux.Or, c'est la ràinîon ^ici si vraie» de tëÀ deux eitrèmes dsLnsfaiblesse vtguUUusèt qui rend cetti éipression tout-à-fait pittoresque , et en fait une très-heo'' reuse alliance dé mots. 11 n'en fallait pas davantage pour relever chutohiller, et lui donner cette noblesse qu'il n'a pas dans Tusage ordinaire.
8 Técn^ÎB en Àrgos pour liiier eè Vôjsge.
L'ab, o'Oliv. Argfis élaot un nom de v^lle» il fallait à ^rjUr , quoique cette ville donne son nom à un r j unie. Ou dlrait»y*dcnVtJÀ M/sroc,et non en Maroc. Autrefois on mett«iit en devant les noms de villes qui cotnmenceet par une vt)yelte, en> Avignt^n, en Orléans. Maïs t/i , depuis long-temps y ne va pkis qn'avec des noms de grands pays 4 en Angleterre ^ tn Italie ^etté
L. B. et L. H. M. Tabbé dX^li^^t crok que, selon la Gramniairei il faudrait j'éirivia à Argos'^ ei à!» de Mar^
montel prëlend qae AactDe a cra pouvoir prendre cette li« cenoe pour éviter l'hiatus désagréable que forme la rencontre des deux voyelles à A, Nous croyons, avec Tabbé Desfon-^ laines, qu*tf/f wdf/^j signifie ici le pays d'Argpsg et non la ▼illo de ce nom ; qu'il vaut mieux dire en Argos qu'à Argos.
G. F. Il est évident que Racine s'est servi de cette façon de parler, en Afgos , pour ne pas blesser les lois de Thar— inonie , souvent plus sacrées en poésie quo celles de la Gram* maire. Louis Racine et De^fontaines prétendent mal-à-pro* pos qu'r/s Argos signifie en ArgoUde* Argos ne peut pas plus signifier VArgolîda que Milan ne peut signifier le Milanais* Marmontel ne se trompe pas moins en prétendant qu'il faudrait , même en prose, prendre la même licence que Racine a prise en vers. Rien ne serait plus ridicule qae de dire en prose : J*ai écrie en Arras^ en A ries , en A (oignon*
^^^ Et rien n'est plus ridicule que toutes ces assertions tranchantes d'un homme qui veut toujours qu'on le croie sur parole , et ne se met jamais en peine de donner la plus petite raison. Pourquoi donc / *«» écrie en Arras 9 en Orléans, en Avignon , serait-il , à son avis , si ridicule en prose, dés qu'il est loin de le trouver ridicule en vers? Est-ce que la prose est ennemie de l'harmonie , el que le plaisir de l'oreille ne doit y compter pour rien? En Avignon , en Orléans , en Arras , ne peuvent être ridicules que parce qu'ils ne sont plus autorisés par l'usage.
9 Et ne craifnei-votts point l'impatient AebiUe ?
G. F* Il ne faut pas prendre à la lettre ce mot impatient^ qui signifie dans notre langue un homme qui s'irrite d'an rien» L'impatience dans ce sens est une petite passion de comédie qui n'est ni héroïque, ni tragique. Impatient A chillo^ veut donc dire le bouillant, V impétueux Achille* Racine Ta pris dans le sens des Latins. Il est vrai que les Latins, dans ce sens, y joignent toujours un antre met ^ impaêiene
ir4B\ c*esice qu'a frit J«-Bf Hoiuscao dans «on Odeaucomie
Oa tel qae d'ApoUon le ministre terrible, I«Ei|>9tie«t du Dîeo dopt le touEfle invincible Agite tous ses senf y ete,
f^]J^ Ce n'est pas donner une idée juste du root impa'iiéiU , que de dira qu'il signifie daaa notre lang^ue an k0mme fui â*imiê d'un rien» Il peut signifier cela ; nMis ne signifi»rtp^l que cela seul ? Impaiieni veut dire à k lettre , qni naanque de patience, soit dans la souEfrance d'an mal , soit dans l-atlemle de quelque bien. Il poavait donc se prêter à la aîgnifiieation qu'en lui donne ici , h celle de , fui ne s^wraii souffrir des ooutruriéèè* y dee mksiaclee. En latin, il a aouvent un génitif pour coroplément \ mais ce coni|)l^meiit »A lui est pas toujours nécessaire , et il peut , dans bien dcf cas, s'employer, dans celte langue comme dans' la n^ire, 4'iino maniÀre absolue.
10 Je plains mille yertus , nne smonr matuelle , Se 4>itété poar moi , ma tendresse pour cite.
L. B. et L. H* Racine a pris ce mot piété dans le même sens que les Latins. Nous n'en avons point d'autre qui puisse e^^primqr ce sentiment de la nature.
d^^ Xes Ijatins voulaient que les parent fussent honoié( par les eofans à l'égal des Dieux, et c'est pourquoi ils appt-* laient aussi du nom àe piété l'amour filial. C'est cet amoori dont Enée a été ches les Anciens un si g rand modèle , qui lui valut , autant que son sèle pour la religion, le tkre de pieux* Mais ne disons-nous pas , nous , dans le style souténu , la piété filiale ? Ne disons-nous pas même simplement la piété , quand toutes les circonstances du discours indiquent asseï que cette piété se rapporte aux parens ? Et il y a plus, nous appelons piété pour les morts , les sentimens et les marques d^affection qu'on leur continue après leur mort ; nous appelons piété envers les malheureux , cette piété active, tendre^ pleine de ménagemens, qui ne k
tornç p^ h 1q9 pUindrc. C'est cç y;ç cj^j Iç DictÎQIi^^ijr^
même c)e i* Académie.
. 1 1 Prends cette lettre. Coors aa^^dertilt d# l« Jbsmt ,
L»Rac. Cette ex|ir6MioD aiUr au^def^nc est ici dans le sens très^împle et juste , prMens son ofrirée. Qttelque&>is elle mgrque do respect > si^iveni robserv^lion du P. Bouhours : On va au-devant du Roi , im JUs va au-devant de ^^ p4re. ^inv la çoitfi((fînt^ d^ >lot^m^ devait lui ^ire
tpl çoç d^ ^ui «^irç : Fen^^p fi fa r^nco/^tf^. Alff ^d» rfifr eonir€ est uQe^)^pç^^ipfil qui n^ p^w^t p^ çespw*MieH«^« JO C^stbieii f^u^ fÏQ^i^fQ,}^r prfiref$ir9 ^^ 9îNp WW
pas, li^croi^, sedire d^mf le i^««j cj^ préveair^ ayçc i^^ pçqi de p^pqpe Goi|>m« ^ v#y ^il .D^g^ d^ cji^<>^ , ejt q9ffl|fpe i}^^ ces «x^mpie» : -^/4^ çk¥'4^îaM 4(4 m^l i alUr ^li^fyiffj^ d'une 0A/(!^ofi^ H .««^ ^i^ç^rs ^9^4^^q^ ^ ce ç/^'q^ fmujQukaiurd^ Im^i y»i^p9yrl^?prpliii4f^L^ ^'ftAfgf^ k 1»^ 17 de Aii4f4f9d^ê^ }i
s« On eccose en secret eette jetioe &jpliîle ^ Que lui^mtaey eapiwTe, anosa de I^e^boi.
L*àb. d'Qliv« Que lui-même amena captivé , serait l'arraDgement de la prose; aiais que lui-même capHV9 amena est i|pe inversion forcde dont je crois n'avoir ^u d'exemple que dai^^ Marot ; encore n^en snis-je pas aâr. Androma^ue est une tragédie de Racine, ^uélui-mémg, nouvelle , fit jouer en i^îjÇ. Une inversion si gothique dans lu prose» le serait-elle moins Jans les versf • '
L'ab. DfisroNt. La phrase de Raeine revient h eelle-ci : Cette jeuns Eriphiia fue Jud^màamÀléUnApé^ fV^W de ^esbos. La transposition du mot çs^pews ^ pUoé avant le ^*Kb« i^m^^m I 4^m^ plwf ^e force : vp^à^^ç^V If n^fsl^re. Q^ant à ce que le censeur dit qu'il n'a vu aucun ezemp|j^,dLi
466 ETtJDES
cette inversion dans nos poètes , je puis l'assnrer que ricà n*est si commuo^ surtout dans les Odes : il faut que le censeur ait lu peu de vers. .
L. B. et L. H. Cette inversion n*est point sans grâce , comme l'a remarqué Tabbë DiesTontaines : elle est familière à nacine , qui dit encore « au même acte , scène II :
«... Les Trojrcns pleurent une autre Hëldoe Qae TOUS aves, captiyej envoyée à Bfycène.
{^^ Ce dernier exemple ne ressemble pas du tout au premier : captive y précède seulement le participe qu'il mi" Trait dans la construction ordinaire, et^ si Y ordre d'ana^ lyse se trouve interverti entre les deux mots^ du moins, comme ils restent joints immédiatement Tun à'I'autre, et qu'ils sont en accord de genre et de nombre > on voit entre eux cet ordre de liaison absoUiment nécessaire dans (ouïes les langues^ et jusque dans les plus grandes hardiesses du style. Dans le premier exemple , au contraire , il n'y a ni ordre d!analy8e , ni ordre de liaison , puisque captive se trouve j non pas simplement entre le verbe i au régime duquel il se rapporte « et le pronom lui-même , sn jet apparent de ce verbe , mais entre ce pronom et un autre sons-entenJu ( il ] véritable sujet. Et notée bien que cet adjectif^ si bisar** rement placée ne peut en aucune manière» dans cette phrase, être considéré comme une sorte d'ablatif absolu. Ainsi l'inversion dont il s'agit est moins un ordre renversé ou inverse qu'un vrai désordre. Elle serait légitime et ne pourrait qu'être approuvée » si captive venait immédiatement après que fonr laçuelle « dont il est l'adjectif ; et le vers n'en serait pas moins élégant , quoique peut-être un peu moins doux dan9 les deux premières syllabes:
Que eaptive lui-même amena de Lesbos.
i3 Et que puisse bientêt le ciel qui nous arrête ^ Ouvrir un champ plus noble à oe copnr excité I
* L.B. Et que puisse...* le ciel»... ouvrir, 6tc. Inversion dure.
L. H. Constmctionlrès-poëtique , très^animëe >'tm»ora« toire , et adoptée par tous les poêles et les orateurs.
({^^ C'est sans doute ce ^ue devant puisse qui a fait paraître à Luneau cette construction dure. Mais si ce çua n'ëtait pas exprime » ne faudrail-il pas nécessairement le sous-entendre ? La proposition qui commence par puisse n'en suppose- t-elle pas avant soi une autre dont elle n'est qno le complément , et ne la fait-elle pas suppléer dans l'esprit ? Voltaire a employé le même tour que Racine dans ces vers du rôle d'AIzire , Acte I*', Scène V :
Que puisse seulement la colère céleste
Ne pas rendre ce jour k tous les deux funeste t
14 Tandis que , poiy fléchir Pinclémence des Dieux ,
Il faut du sang peut-être , et an plus, précieux. G. F. Inclémence est ici une expression noble 5 poétique» et très-lieureusement employée. On dit Vinclèmenee de i'air^ Vinclèmenee de la saison. Il semble que Vincîé^ mence s'applique surtout aux Dieux du Paganisme, injustes» capriciçox et cruels» On ne dirait pas bien Vinclèmenee de Dieu « parce que Dieu ne peut avoir ni vices ni passions.
({ii3^ Puisque M. Geoffroy a tiré toute cette remarque de Louis Racine > il devait au moins le dire,; il devait aussi s^yyulQvji^ieV inclémence des Dieux rend très-bien Vincle* m.entia Divûm des Latins.; qu'au reste ce n'est pas Racine qui a fait ce mot-là ; que Corneille s'en était servi dans une de ies premières pièces ( Cliiandre )• A-t-il donc cru , au moyen de cette suppression et d^on petit changement dans la style > déguiser son larcin? ou a-l-il cru que ce n'était pas voler que de ne voler qu'à moitié ?•.••• ^
Voltaire a dit aussi fléchir Vinclèmenee des Dieux^ Oedipe , Acte II , Scène Vi
Je vaisL» je vais moi-mâme , accusant (eue si1ence> Par mes ?œux redoublés fléchir leur inclémence? t5 Et qui, de son destin qu*ielie ne connatl pas , Vient , dit-elle , en Aulide interroger Calchas. L. B. Interroger de est un tour latin, * Inierroger sur^ qui a prévalu ^ est un tour grec»
h6è ÉTiJéti
L. ft 11 feit Vràî qiiUnâèrtogér âè , ( tntértôgdtè dé) «t pins latîil 4ûé Aràtiçfti^ 7e né Voii^ pits pt^à^quoi Râcifié â préféré Jté k iitt. Cette derniért' fâçèh dé ^àWëf è^t Ist sénlé en tiS^e. Mais )ë ne àaU poui^qodi të c'^nfihiënCÀtèdT la fiflf gfec<|tl«« Il ^ ti'ciM^ë : èh gtéc ^ 6n ^x^ïtpiri^ et non pa^ l^f , ^i Mpôiid h klbtte pt^po^itfôh ir/K
((^^ fâa'is péri rëpond & Je ^ Coiicnahl , au sujti de^ et €*est prëcisëment ^6 que Kacine a mis. Donc interroger de peut être aussi une /açoil de parler grecque. M. de Laharpe a prouve tout juste contre lui-même.
Au reste 5 il est aise de voir pourquoi le poctc â préfère de k sur» C'est parce qu*abusë sans doute par le tour latin ou grec, il a pu le croire aussi bon, et parce que d'ailleurs il l'a trouve plus doux. Sur eût « en effet « rendu le vers bien dur : Ei^ui sur son destin»... Enfin a'a-t-il pas pu penser que sur n'eût pas si bien feit entendre que ce destin était tout** à-fait inconnu?
1^ Vii% Se Idut khotà la BOftVelItf est
L« H» Clyièmhestre et les deuk prînces5es ne sokit point venues par iher. A bord n'est dame [las le mot propre. Oo dit J)ien abord pour approche , à son abord pour à son ap'^ proche ;d'oii vient la phrase abôràj^r ^uet^u'un ponr ap* procher* Aiâis quand il s'agit d'arriver dans un lieu , d'entrer quelque part , on ne peut aloirs se servir à* abord et d'a^ border comme synonymes^ h rooinï qo'oà n'arrive par eau. Il s'agit, dans le vers cité , de l'entrée des deux princesses da^s le camp : il y a donc impropriété do terme.
G. F. On a fait sur cette expression leur abord au lien de leur arrivée , beaucoup do chicanée grammaticales : on veul qu'aiorj ne puisse se dire que des personnes qui 5oftt venues par eau ; cependant on dit bien aborder i/uelqu* un , pour dire s'en approcher : on dit à son ahord ^ au premier abord y sans qu'il soit question là de mer ni <i'eau. La noU' relie de leur abord signifie donc la notweUe qu'elles approchent. Dans cette cxpressiou oondsimncc par Laharpe
•t Lôuiâ Racine ^ il n'y r pas mèRie UM îaste Je Crammaîre; seoleiueni c*eHt uli6 face A de parler peu usilée « qai tté eoiivkfnJraît pas en pfose» mais qo*i) faut lâiaser aui poAM comme un synonyme A* arrivée» ••
{;;> Si M. Geoflroy Irùi bien fait âUenlioii , il aurait va ^ue ce que dit M. de Laha^pe 1 c*Mt i^mb^rd ec aborder se disent bien pour r^^y^Tveittf 1/^ ijfuelqu*un et pour approcher de quelqu'un , mais qu*ils ne peuvent se dire pour arriver et entrer dans quelque lieu , Kiaauiahi ^u*on arrive par eau* Il se serait, par cônsëqueuti ëpar^në toute la première partie de sa remarque, qui ne porte que sur une fausse supposition. Quant à k seconde pàrtfo, die aurait pour elles avecrautoriié de Racine, celle è^ LaFoniaîite, Paysaa da Danube :
C'Mt Ik M ^« j*ai va dans Itoom k mon ahofd $
ào Molière, dom Garde de Navarre , Acte IV, Scène I : A de Vabord du comte éventé le secret ;
de Boileau , Lutrin , Chant III :
Aux cris qu*k son abord vers le ciel il envoie , n rend tous ses toisms attristés Ait sa joie.
Mais l'usage est pins fort que toutes ces autorités, et il pàratt que l'usage n autorise plus abord dans ce sens^là; il paraît même que le DiclioAnaire de rAcadémie le condamne d^une niJAÎère au moijîs indirecte.
17 Votis vouliei voir l^Aniide oè se» pèie rappelle « . Et FAvlide vous voit arriver eiVce etle.
L. B. L'abbe Desfctatàittos observe , dAns séi ttOt«l sur V Enéide de Virgile, ^ue tous nos auteurs français^ disent VAulide^ comme si c'était une province et non une ville , ou un port de mer*. Nous croyons avec lui qu on devrait dire jiuliSf comme on dit Memphi^ 9 et non Memphide*
L. H» Qu'importe ? Où est le mal que le canton de W Grèce où est le port i^AïUis, s'appelle VAulide dans no» poètes français t
^d^ Tel ëCait méine, suivant Louis Radoe^ son Téri«« table nom. « Le port , dit-il , s'appelait Atêlis , et la cou- )» ivéeVAulide', ainsi il faut Aiteea Aulide i et dans » l'Aulide :
» Je l'aimais à Lenbos , et je l'aine en jâulide..,^ a Jamais Iphi^énie en jAuUde amenée.
» BoiLSA.ir. a
• / »8 Et de tant de grandeurs dont j^étais prëvenae ,
Vile esclave des Grecs , je n'ai pu eonserver
Qae ta fierté d'un sang que je ne pots prouver.
G. F.. Dont j'étais prévenne ^ c'est-à-dire, qui m'é^ iaieni annoncées ; façon de parler ^ui ratinque de neiteié et d'élégance.
({^^ Je ne vois pas qu^clle manfn» d*éiéganc&, mats je vois très-bien qu'elle manque de netteté ^ puisque, matériellement la même que dans ce vers de Bajazet, justement censuré sous le n«. i5 ,
Le peuple prévenu d'un nom si favorable»
elle présente un sens tout-à-fait différent , et qui ne parait pas plus avouié par l'usage, si même il ne Test pas moins. U me semble qu'il y a une grande différence entre des gran'deiirs dont j'étais prévenue ^ ex des grandeurs dont 01% jn* avait préifenue ; que des grandeurs dont /"étais pré" venue signifierait 5 si on pouvait le dire, des grandeurs dont j'avais l'âme préoccupée , éprise , et que dés gran^ deuTS dont on nh' avait prévenue signifierait des gran^ deuws dont on rn^avait avertie par avance..
19 Mais Calebas est ici , Calobas si renommé , Qui des secrets à^% Dieux fut toujours informé'. Le ciel souvent hii parle.
L« B, Si Calchas est toujours informé des secrets des Dieux f il est superflu d'ajouter que le ciel lui parle son-- ^ent; c'est dire la même chose d^uoe manière* plus» faible»
L« H. Pourquoi donc ? Assurëmenl cet hëmistiche , le ciel souvent lui parle , ajoute à ce qui précède , et ne Tafo- Êtiblit nullement. Il y a cent manières d'être informé des secrets des Dieux y mais celui à qui le ciel parle ^l parle souvent f a un privilège particulier.
^Cy^ ^ ^^î^ P*' révéla tion directe , immédiate ; il sait pnr les Dieux mêmes » et , par conséquent , d'qne manière sûre , indubitable y de manière» dis- je , à ne pouvoir être induit en erreur. Il pourrait n'en être pas de même , s'il ne savait que par voie indirecte» que par ouï-dire» que par divina^ tien » ou que par conjecture.
%o Ce destructeur fatal des tristes Lesbiens ,
Cet Aobille » l'auteur de tes maoïf el des miens , Dont la sanglante main m'enleva prisonnière , Qui m*arraclia d*un coup ma naissance et ton père» De qui , jusques au nora , tout doit m'é:rc odieux , Est de tous les mortels le pins cher à mes yeux.
L. B. Cette expression , m*arraeha ma naissance » n'est point correcte : on ne peut pas dire en effet qu'o/s ar-^ rache la naissance à une personne» en lui étant les moyens de connaître ceux de qui elle tient le jour.
L» H. Qtti m'arracha d'un coup ma naissance e^ ion père » est un très-beau vers. L'ellipse du secret de ma naissance est si claire après tout ce qui précède » qu'il ne restait à remarquer dans ce vers que la force et la précision. Mais remarquez aussi la beauté progressive de cette période de six vers» depuis ce destructeur fatal ^ etc., jusqu'à ce dernier vers» qui partout ailleurs serait fort commun» et que les cinq vers qui l'amènent rendent si frappant.
({1^ Ouij levers» gui m'arracha ma naissance et ton père , a de la force et de la précision. Mais cette force et cctio précision ne nuisent-elles pas un peu à la clarté ? Ma naissance » étant avant ton père » et immédiatement après ar* racha » pari^it-il bien que c'est avec le père de Doris qu'a été arrachée la naissance d'Ériphile ? Et puis , que doit
«7» ÊTÙDËS
signifier» à la ngtietir, »t*arraetia ma naisâaneê ? NVst-ee pas YmvêH ilê ^ plùtdi qae l« ^actèt dé qui semblé tods-eDt€A<ia entre ces deux motà? Oti si Ton Veut qu'il y ait du êtêteif n'esHce pas alors Va¥tn du seareh? Et t>uiï enfin, accordons que ce soit pnrétnent et siiilplement m^ arracha h secret de ma wtnesanee, camand le Teat M* de Loharpe, jn'éÊrracha le se'cret de ma HairsaHce ne sîgniiieni-t-il pas encore me fit af^mett déclarer ma naiseùnte} ^^ est-ce là cb qu'EripUle pouvait et vonlait dire ? Non , je ne croîs pas du tout qtiW/wcAersoit le terme propre. Voluire fait dire avec bien plus de justesse à Bmtm > en parlant 4e Uessala , Acte V, Scène I :
^^atteadais qoe^dv nains Pappareil des aap^liaet De sa bMiohe infidèle tirraekéi ses complices z
c^esf^-dtre , le nom , la dënondation de ses complices.
ai . Le ciel s*èst fait sans doute une joie inhameiBe A rassemUer sor moi tons les traits de sa haine.
UjA. a'Otiv. Après se faire ttnefbte , 11 Aait plus naturel ei plus régnUer Je tnettre de qu^i. On dit ,j'ai de lafoiè a vous voir, ei/e inèfais une joie de vous voir. J'avoue que c'est là une observation bien légère ; mais je m'y atf^te esprès pour JFaire sentir à ceux qui connaissent te mëirjie dé rexactitnde^ que toqte négligence qui n'est pas raisonna» fait peine au lecteur, surtout quand Tauteur pouvait TeViter il si peu de frais. J'appelle négligence raisonâée , celle qo*on se permettrait avec mûre réflexion , et pour donner un sorte de grâce au discours. Quctdam eiiam ne^ligènHa estdiUgens, nous dit le grand maitrc en TaH d'écrire, ( Cicéron, flans son livre de POratenr )•
L. H. Je suis entièrement de Tavis de Tabbé dtMiVeC. /• me fais une foie de 6st la seule construction française.
^13^ Tous les autres commentateurs , Desfontaines , Lo"^ Racine « et Geoffroy, pensent lâ-dessns comme d'OUvei et Lahar(]ie. ^o^is Racine dit cependant que son pere> q^
DE LA LANGWË PKANÇAISE. iji
p<myâit itieilre tie^ a pi*ëférë à. Desftïniâinés» {xHir etnise^ le poète» dit que , de son t^ttipSy on f^btivail tnettre indiffé^ remoient de ou à* Geoffroy dit tout ttaimettt que éè faire une joie à est une véritable faute contre Ift Gràhimaire, dont il ne résulte aucune beauté*
Pôof moi, je reoonnaîs^uési que 0e faire une joie à e^t uiM faute; ronis Raeiaé n*a pas dit se faire udsjeiB à ; il a ait ;rft faire une joie inhHmmime à% el il me semble que ce û*esl pM à beaucoup pris la niéme chose* T^ïja le premier cas, /oiV laisse h désirer un complément : çuellejoie^ Et dans lé se-* cood , il en a un : inhumaine» Reste à savoir si , avec ce complémeat » dé était encore de rigueur» Je ee le pense pas, et je |>ench«^rdiis même à croire que a a pu par^attre mieux convenir, comme plus fort el plus énergique. En effets il montre le ciel s*acharnant en quelque sorte sur sa victime} il le montre comme jouissant à la poursuivre , â l'accabler* Enfin , slH y a une £aiutc dans l'expression dont il s*agit » elle se réduit à* bien peu de chose» el ce n*est pas précisémeat celle qu'on a reprise.
a2 Je me laissai conduire k cet aimable gaide*
L. B. Il serait plus exact de mettre par eéi ûiiifBaéle gniaie; car se laisser conduire à fuei^u'u^ ^ c'est se laisser conduire auprès de çueifa*nn»
L* H. Là remarque est juste ; msis quel tableau que ce« lui i{d'£iriphîle vient de tracer! quelle poésie, et de seùti-^ ment , et de style 1 Le rèle d'Ériphile eèt une des choses que Racine a le plus fortement écrites.
^Z^ ^ T^î ^^^^ V^^ '^ préposition à ne peut guère remplacer la préposition par après conduire , c'est qu'elle sert or<!i« naircment à marquer le but , le terme de l'action que ce verl^î exprime : mais , comme c^est par un guide , ordinairement » et non pas auprès d*un guide qu'on se laisse conduire 9 à doit prendre ici bien plus naturellement le Sens de par que celui d'auprès, et l'équivoque^ par conséquent » se réduit à
peu-près à rieia , cbinme dans ces vers de J.-B. Rousseau ,
Ocle> Paraissez , Roi des Rois :
OoTresy OQvreilesjreAs^ et laÛM»-voiis eondoire Am divins rayons de sa foi.
On demandera si, toule équivoque à part, se laisser conduire à ^ueUfu'un , peut bien se dire pour se laisser conduire par fuelfu*un? Le cas est^ je crois « le même pour se laisser conduire , que pour se laisset séduire* Ofj voici ce que dit Voltaire sur ces deux vers de XHéra'clius, de Corneille :
Impatient d^jk de se laisser séduire
jîu premier impostrnr armé pour me détruire.
fc Se laisser séduire à tjfuelqa'un n'est plus d'usage , et au » fond c'est une faute. Je me suis laissé aimer, persuader, » avertir par vous , et non paa laissé aimerj persuader, » avertir à vous. »
Mais diaprés l'Académie elle-même , on peut st laisser vaincre à la pitié y à des raisons , se laisser emporter à la vengeance , aux plaisirs. Pourquoi donc ne dirait-on pas se laisser séduire , ou se laisser conduire À ? Il me semble qu'il faut distinguer si le régime indirect est un nom de chose ou un nom de personne ; que , dans le premier cas , il faut à , et, dans le second , par* Se laisser séduire aux plaisirs , et se laisser séduire par un conteur de sor^ nettes ; se laisser vaincre a la pitié , et se laisser vaincre par un riçaL Pourquoi celte différeiice? C'est que la préposition par présente son régime comme cause inlelligeiilt et aclive de l'action exprimée par le verbe , et que la prépu^ sition à ne le prësenCe que comme cause aveugle et passive.
D'aprcs cela , l'exemple de J«-B. Rousseau rapporte cidessus esr non-seulement sans reproche , mais conforme «i la règle. Il en est de même de celui de Roileau , Eptlre VII :
Et mille antres qn'iei je ne puis faire entrer, A. leurs traits délicats se laissent pénélrtr^
•t de ceux de VôUairc , Henriade y Chant X :
L*£ternel à ses vœaz se laissa pénétrer,,., CombatUiA sans Coarage , ei eh retiens sans Tertti , A qacl indigne appât vous iaisseib^vous séduire?
»5 • . . lié bien I ma fille, embrasses votre père. Il tons aime tiOojoafs. •— Que eette amour m*est ehère I
L« Ràc. Oq vient de voir amour an féminin, pour la passion de Tamour^ dans ces vers du rôle d'Ëripkile :
Je périrai , Doris, et par une mort prompte^ Bans la nnit du tombeau j'enfermerai ma honte | Sans chercher des parens si long-temps ignorés , Et que ma folle amour a trop déshonorés.
Ici il est encore au féminin , parce qu'il est pour la tendresse paternelle.
([^^ Depuis long^-lemps amour ne peut être féminin aa singulier, que i lorsqu'il signifie la passion d*un sexe peut l'autre ; encore n'est-ce qu'en poésie qu'il est susceptible de ce genre*. Maïs dans ce même sens, il est presque toujours féminin 'au pluriel , même en prose. Je dis presque toujours l car on le trouve quelquefois au masculin. Molière , Femmee Savantes , Acte iV, Scène II : .
Mais ces amours pour nfoi sont trop subtilisés ,' Je snis nn pen grossier, eomme vous m'aconsea.
Voltaire , dans son Conte du Dimanche :
Agonis raconta ses malheureux amours^
dans son Enfant Prodigue, Acte V, Scène V :
Un autre dit que e'est un effronté, Wamours obscurs follement entêté.
Xiamême poète , tienriade , Chant I ^ fait amours m^^cxk,* lin t en entendant par ce mot uqe chose aimée aFec pas-^ *ion: , .
Les soldes ver las furent fes seuls umQurs^
476 ÈTUpRÇ
tandis que MoUèi^e^i Femmes Sii4Uinies^ Ai^e I^ Scèoe l| dit en parlant de la passion pour une chose :
^t U pbiloimpM.e. H V^Mit^ iq((» pit^onn.
a4 Anx «ffronls d*ati refas eraignant de tous commeUre , n m'avait par A^eai enyq^é celte lettre.
L'ab. n'OuY. Oa dit biep eomm^êire fuêlfu*un , et m eommeUrCy pour signifier exposer tpielqn^ un, el ^e^ç^pt^tr êoi-mémp à recevoir un dëplai&ir. M^is ce verbe ne s'emploie qu'absolument » et Ton ne «lit point secommeUrek quelque chose. Craignant de n}OMseommeiire aux affronta d*un refus » n'est pas français : outre qu'il faudrait , Vaf' front d'un refus f plutôt <]^ae les affronts d'un refus. Et même , si je ne me faisais une peine de tant insister sur celle phfftse 9 j'ajostefais que Vaffront de fuelfue chose nVst guère bon. Affront va tout seul y à moins qu'il ne soit sntn 4*1111 vèerbe amec la pnéposiiioB Wa. Car on dira Vajfiont d:é^ rqfuei » hiaA mi^eta qu'on ne devait Vajfipnt d'u»
'(/4)^J)i»i^f!0fii}. Gbminai/rtf dans ceseaane.sVmplfseea fCfol^ qu'ahsolufiNint. l/eapre^ion est dçnc pins latioe.qiv 6villÇW^ » el l'abbq dX>li«el a eu ici miaos» Miûs ponrqum dit-il que V affront d'un refus^ aurait mieux ^lé que tâi affronts ? f^es (tffron^ nip semblen,^ pl^< eftpressifs et plus harmonieuse. Il ^9}^\^^çspl^XiS^rQ^t4'¥^^ ,<if¥^^ n>»l guère bon ; que Y affront va. tout ^nl. C'es^ le prosateur gr^iQr mairien qui décide toujours : en cet endroit il décide mal i même en son genre.
(JQ^ Louis Baçîj^, l-HP^P et lAb^tif>« IM^P*F«»t la j^ marque de l'abbé d'OUvet |ivec les restriclionsde l'abbé Pesfontaines. Geoffroy en rejette jusqu'à la partie qu'adoptent ces quatre critiques, ce Puisque l'abbé d'Ol^vet , dit-il , avoue )> qu'on peut bien dire se commettre ou commettre quel^ M ifu 'un, pour dire s* exposer ou expûsarfuelfu 'un à reee^ )) i^oiV un déplaisir y pourquoi no dira il-on pas se commettre D ou commettre quelqu'un à fue/fue chose ^ Cesi usa
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 4yf n .hlmrlé qu'il faul laiaser aux poèt<ss 11 |i'eBe84pa84^ méma ii^ de se çommsun oominf» 4» 4^ oompr^m^UM ^ qui jpm » peut être employa que dans ua «ea» iU>fola » eu praaa >} comme en vers* » Mais c*est prëcisënient ce qu'ont pré-* tendu tous les autres commentateurs , que commeurf çuel^ fu'un ou se commettre , pour exposer que L/u'um ou sVjcposer^ ne s'emploie que 4^^s w^.sens tkbsoUâ ^ c*estrà-dire. De prend point de rëgiiiie indirect» ne preiid point à avec un nom de chose» Et ces Messieurs ont pour eux le Dtctioonaîra de l'Académie 9 qui dit que ce verbe , av^ un r^«^ime indirect , siffnifie confier à ou se confier à. D'après cela , toua les raisonoemens sont inutiles ; il faul céder à Tii^age. Est-i^ rrai d'ailleurs que la poésie puisse ici plus que la prose ? Le sens des mots n'est- il pas essentiellement le ipéme daÎQ^ tpus les genres d'écrire î
•5 Arcas s^st va trompé par optre f ^arcnieQt.
li. H. Le commentateur (Luneau } pense <\}x^4garemeBi ne se prend plus que dans le sens mo^t^L J'avoue qae , dan* ce derui^r s^ns^ iU*t plus co0un.UflL que dan« 1^ sea» propre. Je ne VOIS cependant aucune raison quelocm^uo pawr ne pat L'eipployer ^u physique , et je w>'vk q{u» nette acception est encore admissible.* Ne dirait'-on pa^ dan$ une histoire» no. parlant d'un officier : u L*égarement de sa troupe , qui se i> trompa de chemin , l'empêcha d'arriver ^ l'çuiiemî? n
({^3^ M* Geoffroy dit que M. de Laharpe a prouvé contre» Ini-mème par cet exeipple de sa façon ; qu'égarement ne peat se prendre qu'an figuré , pour signifier les désordres de l'esprit et du cœur ; mais que l'autorité de Racine et la pauvreté de notr^anguQ devraient peui-^tre le bave admettre en viers, pour signifier l'erreur qui fait qu'on s'égare en roUtv.: Hais pourquoi ne s'est-il pas donné la peino d'ou%Yir le Dic^ tionnaire de l' Aeadémie ? il y aurait vu ifa! éffareme/gt s^em^ ploèepluf ordinairement au figuré ^ mais qUe cependant on' peat^ns doute l'eiiiplQyeraa propre ; et il y aurait tronvdœl . eoDeuiple analogue k celui* de ]\adae et h teltti de Laharpe i^i
Après un long égarement, ils revinrent dans leur cAemin. Ea voici un du Dictionnaire de Trévoux : L'égaré^ mens ess dangereux dans les bois es les montagnes.
a6 Et mon choix , cpe flattait le broi^t de sa noblease ^ Vous donnait avec joie au âU d'une déesse. Mais y puisque désormais son lâche repentir Dément le sang des Dienx dont oo le fait sortir. Ma fille , c'est k nous de montrer qui nous sommes^ Et de ne voir en lui que le dernier des hommes*
L. Ràc. Le bruit de sa noblesse a ici un sens ironique. Comme elle ne le regarde plus que comme le dernier des hommes 5 elle fait entendre que quand on le dit fils d'une Déesse , ce n'est qa*un bruit qui peut-être est faux*
G* F. l/n choix flatté par un bmit, et par un bruit de noblesse I Ce style est trèfr-hardi. Flattait mon choix, c'est-h-dire» jr^ flattait, moi, ^ui l'avais choisi. Bruit ^ comme l'observe Louis Racine > a ici un sens ironique dans la bouche de Clytemnestre*
^^3^ Bruit peut avoir ici> en effet, un sens ironique; mais il faut {pourtant savoir que Racine emploie asses sou' vent ce mot en bonne part et par éloge , comme quand Xiphares dit à Mithridate :
Montrer aux nations Mithridate détruit , Et de votre grand nom diminuer le bruit.
et Ismène à Aricie^ en parlant d'Hlppolyle:
Et même en le voyant , le bruit de ft^flerté A redoublé pour lui ma curiosité.
Un bfuit de noblesse serait bien ridicul% Mais Racine ne Va point dit; il a. dit le bruit de sa. no blesse^ pour/tf iniit ^ue fait sa noblesse ou çu'on/aitde sa noblesse , et il. n'y a là rien de très-hardi , ce me semble* Ce qui est yéritableraeut liardi , et plus que hai^i péut*âtre , c'est un cl$oix flatté d'un bruit, par un bruit, et, par conséquent ^ réputé sensible à ce bruit* Mais ce qui surtout paratt au-delà
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 4jg des bornes de la hardieue, c'est ce choix yui donne avec joie. Ce choix fiatti qui donne avec joie , forme ane peraonnification si dëcidëe et si soutenue , que la personne qui fidt le choix n'est pins, en quelque sorte , que dans le choijt lai-roénue. Or, est-il bien permis de personnifier ainsi un choix 7 un choix , qui n'est ni une faculté, ni une affection ou une passion , ni enfin une qaaUu$ de la personne mais un simple acte , et un acte instantané , de sa volonté ? * Voluire fait dire an vieux solitaire de Jersev, Henriade Chant I: . ' *
Là , qaelqne espoir an moins flmue mes dwiiiera joaw. Mais , comme la persoûnification ne lient qu'à un seul mot qu'elle parait sans dessein, et qu'elle passe rapidement, l'esprit , qui l'aperçoit à peine , la rëduit à l'insUnt même à Texpression ordinaire , mefiaue dans mes derniers jours. Et d'ailleura , les jours étant pour la vieillesse , dernier âge de l'homme et son dernier état physique , répugneraient-ils. autant qu'un choix à une personnification plus marquée?
Boileaa , dans son portrait de la Dévote bilieuse. Satire X, personnifie le soupçon de cette dévole à peu-près de la même manière que Racine a personnifié le clioix de Clytemnestre : .
Il n'est rien où d'abord son soDpçon atuché
Ne présume du «rime et ne Toie un pëohë. '
Mais cette personnification ne. peut être ni pins natu^le ni mieux entendue, puisque'le soupçon est tellement tourna en habitude dans les personnes soupçonneuses y esi telle- «îent un des traits disUnctifs de leur caractère, et est même tellement identifié avec elles, s'il faut le dire , qu'elles font ▼oir en tout le soupçon, ne se montrent jamais que par le soupçon , et ne sont pins , enquelque sorte, que soupçon elles-mêmes.
*7 • ' • • Oui , vous l'aimea , perfide, El ees mêmes fùreun que tous me dépeignes. Ces bras , que dans le saog vous aves tus baignés ; .
48a ÉTUPÇ»
Sont les ^raiu dont l' Amour {'a graxé (^a^^ 79Uf ^,^.
Jj. Bjmc lJi(e YUbe^t-«IU «a oojobvitdesUaîts deTAinoiir? EripbU^ % nonmë L^q9 i «l > ^Qinviie Ipkigdme , daas sa ràaôl4 » HfAS» 1^ mQls ^*«Ue a prononce , Lesèoê ie trouve m iMv^AUmfM plai)^ avoç lef moru, 1« cendres,
^i^ Desf/uneurs, des iro^ ieinêsde sang, des mo^itr, d6s cendrtfi igné sont pas plus a» nombre des traits de l* Amour ^' une ville* Maïs une rivale jalouse peol pensi^r que t0Ui cdft ne £aii que ra|^er la gloire ^ le tnomphe du hérou qu>ll|D ador? , et pe ^rj m^W^ q^*^ le ff ire ^dqiirfr et chérir .davantage. << Quellç p^p/oipiiçur de yërilé dans ce< » y^rs, s'écrie li^harpip î QuçUe prpfppdei^r de vërilë , sam ^> p^rlçr des ^utfçs n^^r i(p3 1 QwfiH^ çqnD|(i^nC9 4w ççeur >) bmpain , et si^rtoifl d^e çfii\^ ëUr^gf F^^PQ ^ TiniQ^r lu
ftB 'Vom ipe donnes des noms qni doivent ne sorprendre, l|«daitt« ; op ne m'a pas inatniiu k la» anicndre ; Mk Im QîevY 9 contre moi dès lon|;-tampf isdignës, X iKioii o^iUe ^neor li;s «v/|i«»t ^arg«4s.
L*AB. DssroivT. On reprend ici enûor fonr/asçu'â pré-' sens « et on a raison. Mais encore signifie quelquefois au moins ; et il peut avoir ce sens-là. Cependant j'aioieraû mieux que Racine eût mis au moins.Ce qu'il y a de singulieri c'est ^n'eneore signifie sans difficulté /iixfii *à présens ^ quand la proposition est négative: par exenpple, je n'aipsu enr» eoMe ési malade. Eu vérité , l'étude de la Gramnaairs fran» çaise inspire un peu la tentation de mépriser notre U^gne* Que de bisarreries on y découvre l
L. H. Encore pour jusqu'à présent ^e peut se dise que quand la pbr^se est négative , et par co^qaent l'abbé Desfontaines, qui convient du principe» a eu tort de îoatifier ce vers de Racine > qu'on \ui a jusi^Pont reproché^ Dans les phrases affirmatives , encore signifie de noueean quand il s'agit de temps. Il n^éêaitpai encore venu , pour dire , il
DE LA LAPfGPE FRANÇAISE. 481
cors v^f^u , {ipor dira , il 04^ v^nu 4^ t^auç^a^. AiU^um » il « un â^m imgiçenwif. Çe^ *cêjf^ daM^çim^ eu moQUk plus bfilU ^up çéfU4 d'Swipidei. Jl «st i^u$si elUpaqwe^ .«4 doppoaç une xela^on a Atëcëdente. Pt^isr}^ fnçor^ «j^ 4Qjutcr3 ^oiij^nteAdu, a/irrf/ «jm ielU cho^sfi. Cq qui p^t {àira voir U danger ;d«8 lautes. d^xui lem 4u|«ura clatsiqu^, c'«rt que ce Yers de Bapû^^ oji le o^ot «acon» e»t npdt pl«^« «aj^i pourtant ahërer I9 «en^ de la phraisp , ^ ^^ cause que Dube)^ loy l'a ^lyiployë pleinewenf à çoptcs-sçii^. 1\ dit, en parlaal du canoii , dQAl lea Ai^glai? se aervirenc le» prewer» ; Bt donc Iq seul Anglais elfrak meor la tecre |
ce gui veut dire, en bon français, que les AnglaU se Wr veat encore du canon quand personne ne s'en sert plus , e( c'est tout le contraire de sa pf*nsée.
G. F. Les Grammairiens ^t Les Lii^rateurs s'aqcordenf i^ condamner cet encor, ^uis fOur jus fn'icf : tous convienfLcpit qn* encore ne sjgni&ç Jusqu'ici que lorsque la pbrase e^t n^« gaiive. Les avaipi^i çt\core ipfi^f^fhis 0 n^n. oreifU signifie ne les avaient pas e^Cf^re fmt en^tendru à p^om^ oreille : c'est ce qui fait ^ne cçt ^/?çprne ptôque point, p^ fait aucune équivoque 5 et {Quoiqu'il soit conïfair^ à la leltrf de la Grammaire , il n'en contredit pas l'^j$prité
î^ DesfojBiaiwis .eï Geoffroy pnt tnèsrbien senU que le vers pouvait ^ |u>liecjp, Mai^ le jus^Ufi^r comme ils ont fait l'un et Taut^^i n'esjt-ce p^s le copdaiooer d'une manière au oaoin^ indirecte? Sncore , auivaniDpsfootaine* , peut quelqufil^Ï9 ^igniAer aif QfPM^. Hais q^isa^i peu^il le signifier ? Ce n'^l guère, je ^rois, que lorsqu'il es( accompagna de U Qpfijpnc^^on si, comme d^Qs ces exemples i Une m'i^ rien ifiry si e»CQre il eût daigné m entendre! li m'a fait 4issez 4e m^l f siti^çpt^ il v^^ laissait tnmf aille! En^ cpre f*il vouL^ .'• . Or, il ^t asses offideni qœ^e n'eat point ici celf . Les amiçni enc4>re épargnés à mon oreiUe aigwfi^, dit Çeoffroy,;^^ Ips avaient pa4 encore fait e«r
48îi ÉTUDES
tendre. Oui ^ c'est bien là sûrement , quant an fond ^ ce que Racine a voulu exprimer; mais cela erapéche-t-il que les avaient encore épargnés ne soit une phrase affirmative? Or si» comme il le prétend avec tous les Grammairiens et avec tons les Littérateurs , encore ne pent jamais signifier jas^ &u*ici dans une phrase affirmative, est-il bien d*accord avec lui-même de vouloir cependant le lui faire signifier^ ici ? Gomment donc justifier ce vers? Examinons le principe établi ou reconnu par ces Messieurs comme incontestable. £st«-il bien vrai i^ encore , dans les phrases affirmatives , ne sig^nifie » comme le dit Laharpe , que de nouveau > quand il s'agit de temps? Il me semble qu'il peut signifier aossî tou^ Jours fC^esi-k'^i^, continuation de la même chose : 2'els vous vues autrefois ces lieux • iels ils sont encore. Cet homme était bien léger, bien vain , n'est-ce pas ? Eh bien! il est encore le même. Comment .'vous êtes encore ici? Je vous croyais pani depuis long^ temps. Encore ^ dans tous ces exemples , n'est->il pas bien évidemment pour toujours? N'est-il pas bien évidemment pour toujours dans ces autres exemples du Dictionnaire de l'Académie : // rà^ gnait encore , il y a vingt ans : elle vit encore ; il vivra encore dans vingt ans ; il est encore au lit; il n'est pas mort , il respire encore; depuis vingt ans fu*ils sont ensemble j ils sont encore à avoir la première querelle. Or» l'exentple de Aacine ne se rapporte*t-il pas exactement à ceux-là ? Encore n'y revient-il pas de même à toujours , et toujours ik jtis^u' ici f k jtis^u' à présent ? Gependant il ne s*en suit pas quV/i con? ne signifie point de nouveau dans les phrases affirmatives : il s'ensuit seulement qu'il ne l'y signifie pas nécessairement , qu'il ne Ty signifie pas toujours. Quand donc peut-il l'y signifier? Quand il s'agit d'une action réelle» effective, et en même-temps instantanée, p.issagère» comme A* aller, de venir, de donner, de recevoir, de lire » do chanter^ etc. : Donnez-moi encore à boire ; voias race* vrez encore de mes nouvelles ; j'ai tu vos vers , mais je Us lirai encore ; chantez-nous encore, on vous entend
afec plaisir. Et quand signifie-t-il ioufàur* ? Qoand il s'agît moins d'une action que d*un sia»ple ëtat, ou* quand il s'agit d'une action purement négative » ou d'uçe action con* tinuelle et permanente ^ sinon en elle-même » du moins par rapport à une autre , conune dans les divers exemples cités plus haut.
Observes « au reste , que la signification ^encore peut dépendre, et du temps du verbe qu'il niodifie , et des autres cir« con;!ances du discours : Il m'a dit encore aujourd'hui ^tt' il viendrait vous voir\ c'est- à-dire, il m'a dit de nouveau» Ce n'est pas tout , il m'a dit encore ^u'il vous demanderait raison de tel propos ; c'est-à-dire, il m'a dit de plus» Il parlait encore yuandje l'ai quittai c'est-à-dire, il continuait à parler. Je suis encore toui étonné de ce ^ue j'ai entendu \ c'est-4i-dire, /'«/s suis tout étonné jusqu'à ce jnoment.
Il résulte de tout cela que le vers de Dubelloy est en effet très-réprëhensible, et forme un vrai contre-sens. Mais, si M. de Lah arpe a raison d'observer que les fautes des An-* teurs classiques peuvent tirer à conséquence , a-t-il aussi raison d'assurer que la faute de Racine , supposé même que c'en fut une , a occasionné celle de Dubelloy ? Pour me le persuader, il faudrait, certes, que Dubelloy l'eût dit lui-' même. Son vers n'a auc\in rapport avec celui de Racine, et il a pu le faire, comme il l'a fait sans doute^ sans songer à aucune imitation. Mais tout le monde sait que Laharpe n'ai* mait pas Dubelloy ; tout le monde sait aussi qu'il n'attendait pas toujours, pour lancer un trait de satire, que l'occasioâ s'en offrit d'elle-même. Du moins,, il eût bien dû, en attaquant Dubelloy, ne pas rendre Racine responsable d'une faute qui lui est tout-à«fait étrangère. JT*était-ce pas assez <le lui en avoir imputé une qu^il n'a point faite ?
sg Avei-voas pa penser qa'ao sang d'Agamemnon , Acbille préférât une fîUe sans nom , Qai de loiil son destin ce qu'elle a pa comprendre,. C'est qu'elle sort d'un sang qu'il bride de cépàadre..
Uà». Dksïoirr. ic Voilà ; dit M. d'Olivet -, un ^ui âoîtt Te n verb« né parait point; mais l'vsafg^ l'autorise , et c>at un » gaHicisme* ss L\isa^e TautàHsiB ! Il ktté iieinUé qtïe celte phrase ainsi ooiûtkiiive n'est gii«re conforme à l'usage irul- ^âirè. Je né conààispdint <fe yn)^' place dé cett^ iok'te dans nos ouvrages de prose. Cependant » comme il faut de là liWté daiis là ^ehificatibn , je veto bi(eh èire àûsâi itodlilgent que
I anféur des Retoaï^ues;
L. H. Cette phrMte est très-extraordinaire 5 et jè hé safs si cil iVuu virait ailleurs une pareiffé cènitrufcUon. a Qui h'i ^ riète pà comjprèndre de son destiti, si ce À'est qiï'e, eCc.» Voilà la jphrase régtdière. Essayer de tonstruiHe celte de Ràcîuè « Vous verres que )e çbï ue se rà'^pbVte i rien , et nV îrnMe nucmi TeAe à sa snit^. Ce nVst Ifi ïii uifO Kdeuce ni ùa ^àllicfSitnW : c'e^ tout simpTemebt un bÀrburisnie de phrase.
II n'y a pas moyen d'adm^t)re une côâslrucûbn ôÛ le nothi-^ iiàtif uè gourenie kiDn. Pour cette fôi's , c>st ôs'er trop , et d^aùtànt qu*il n*eu irësùUe àulcune beantli. Otek le ^hi , et K'scK la phrasé entîëk<e : «Ce qu'elle k pu coï!nprehdrte de lôut >> l(ou dèsUn , c'est qu'elle sort d'an sang qo'Àchillc fcrûle <)è » k^patfdre. » Il u'y a ^as un mot & dii'e* : cela teït clair cooime le jour. Mais que fai't là oè ^m» t Que devient-il ? Il reste tont seul. Encore une foiâ , ce n'est pas là parlée français , et cette construction n'est hième d'ancune langue. Il h'y en a point d'autre exemple dans Raciue ; mais celui-là est bien ^iiigalièi*. Au f^ste i c*éït la s^eule fois que tVacine a ose th>p , tui qui ose si sotivent et ad hoUfeùsement.
f^ Louis Racine avait dëjà ^ avant Laharpe , contlainD^ cette construction comme irrëgulîère.Geoffroy^ en la condâmtoaUt d*apràs Lahàrpe sans Te nommer , s'étonne que le scrupuleux €t timide d^Otivet, ceâ homnïe tout ehHergrammairiea^ excuse Une poreille faute en t'a donnant poar un gallicisme. XI parait Ht pas xtxrttA s'étemier que Desfontaiaes, presque toujours en opposition avec d'CMiv^t, aime mieux ici partager son indulgence que la combattre. Ce second «tonnement est très-peu fonde* DcsPontaînes avait comme
DE LA LAN^&trt: FRANÇAISE. ^8^
Mt réStk de j«ICift»l* eu tout Hackiflr tKfttièè <rCNH«é : it flb
pdttVAît àoiÊc pAi dëcttihmiskil attàqttérd'CNWët {Usfiibfat Râ«*
ciné. Le premier étôhheilfeiil li'eit pA» fÂàs tbnéé ^e lé MT»
ooiid , b'il ne poi^ 41m sai* l'id^b f[tte d'OIivét i/ëUit ((iiè
gtanraiAirien. D'Otbet a prouvé , et pëiit*éerë ihtévhé qtiè
^eoffVôy I qà'il ëtaif tt6^boli Utcéràtèur etlidrtnfae dé ^oût.
Ne lîsait-il Raeinë <pi'eft {[tariMràiHéii , èelfti f{lli à dît :
a J'ânraié ett sorutent de ceâ riéûs h obsèHreV Aatnk Rédhé ;
» msôA ctU'arHvàil - il ? Apttii tih illoîhëiit d» i^ëfiéiion àdt
%> Feipèce da faute qui tt'ârrAtayt » fè rètonme h, ifift lecture ,
» et bientôt eette bbUe âîiltaptitîtë^ cette doute Hàtmonie ,
)) cetlld ëloquëûcé» qiii àont lé tôii dbmitiâDC, irlëhnent à
» me frapp«r de façon que je suis tionteuk d'iftvoir eu la
» tenutidu de criti^ëK »
3è Orgaeltlèose riValê , on t'aiinè , et tu màrmafes i Souffrirai-je k la ftis ta gloiî^ et téi injhrèsf
L. B. et L. H. Racine a trouve moyen d'employer heureasement te mot injures dans le sens àHnveotivês. Quoique dans cette aeception injure ei»poéno ne sott pa» noMe « cette expression y qui s'emploie très-bien lorsqu'elle signifie injure Jaite ou reçue , devient basse et triviale , lorsqu*ellô signifie paroles injurieuses , et il faut alors beaucoup d'art pour l'employer en ce sens. On en trouve encore un exemple dans la tragédie à^jdndromayue :
Je craiitf Vtftfë Sllltaèé^ ëC iMnpiM v^ iikjarël.
Cet exempté ià?eli po» , k bëàdeoiip pi%^ ^ àfiM ikêtwéùi que celui dent il s'agit îA ; car ^ dtnl& <ié vers ,
Sooftirirai-je k la fois ta ^oiré et tes ii^ares r
la bassesse du mot injure est relevée par la noblesse du mot gloire quiVempéche de faire un mauvais effet.
{Ï3^ En vérité , \e ne conçois pas cette prévention de M. dé Lahdrpe contre certains mots. En quoi donc le mot f^ur» est-il si'b^ài, dans le sens d'mTëcittë» d^iis le sens de parole ofTensanle^ outrageuse ? Il est yrdl qjâé thmitélr
milh injures 9 dire ou se dire de grosses injures » sont du style populaire ou familier. Mais est-ce à cause du mot injure? et oe mot u'est-il pas^hors de ces sortes dé phrases, aussi noble que tant d'autres ? H me semble qu'il ne faut pas beaucoup d'art pour le faire entrer avec dignité dans le style même le plus sublime. Voici un autre exemple da même poète où il ne parait pas place moins heureusement que dans les deux ci-dessus : on le trouve dans une réponse d'Oreste à Hermione » ^dndromoéfue , Acte IV , Scène UI :
Si je TOUS aime I O Dieux! Mes sermensy mes parjures , Ma faite, mon retour , mes respects « mes injures , Mon desespoir , mes yenx toujours de pleurs noyés j Quels témoins croirez-YOUs, si tous ne les croyes ?
Voltaire nous offre dans un même couplet du rôle de TuUte , Bruius, Acte IV, Scène III, le mot iujure employé d'abord pour injures en paroles :
Ab I c*est trop essuyer tes indignes murmures , Tes vains engagemens , tes plaintes , tes injures / Je te rends ton amour , dont le mien est confus. Et tes trompeurs sermens , pires que tes refus.
et puis , an bout de dix-neuf vers , pour injures en actions :
Je jure k tous les Dieux qui vengent les parjures , Que mon bras , dans mon sang effaçant mes injures ^ Plus juste que le tien , mais moins irrésolu , Ingrat, va me punir de t'ayoir mal connu.
Or, je le demande, est-il moins, noble dans un sens que dans l'autre ? et paralt*il que les vers du prenaier exemple aient plus coûté à l'auteur que ceux du second 7 Voir dans Brisannicus, l'article sur le vers : n suffit. Comme tous je ressens vos injures.
Si Je saurai profiter de cette intelligence ,
Pour ne pas pleurer- seule, et mourir, sans vengeance.
. L* Rac. Il faudrait en prose répéter ne pas, ou mettre ni mourir, etc* v
L. H« Le sens et la construction exigeraient en prose qne l'on répétât la négation , et ne pas mourir tans ver^ geance* On ne peut pardonner cette licence à la poésie 9 que parce que le sens est si clair qu'il n'y a pas lieu à se nié-« prendre. Mais la licence est forte « et il ne faudrait pas rifuiter. Je ne sais même si Racme Ta risquée deux fois.
f;^^ Cette construction est-elle en effet bien défectueuse, dés que les deux verbes sont si rappocbés l'un de l'autre , et que les deux mots de la négation se trouvent tous deux avant le premier verbe ? Ce serait différent s'il y avait un certain intervalle entre les deux veriies^ comme en mettant» pourne pas éùre sente condamnée à pleurer, esmourit sans vengeance ; on si le premier verbe se trouvait entre ne et pas 9 comme en mettant, par exemple; pour ne pleurer pas seule , es mourir sans vengeance» Dans le premier cas , la négitton est trop éloignée de mourir^ pour paraître s'j rapporter , et dans le second , elle est en effet toute bornée au verbe qu'elle embrasse et enferme entre ses deux parties.
39 II en croit mes transports; et, sans presque m'entendre. Il vient en m'embrassant de m^scoepter pour gendre.
L. Rac. Nous avons des mots qui n'entrent point dans le style poétique > sans qu*on en puisse dire la raison. Noos disons en vers neveu , et même nièce. Dans Britannicus :
Prii insensiblement dans les jeux de sa nièce.
Ces mots oncle , tanie , belle^mire , beau^père , n'en-* trent point dans les vers nobles , et gendre y ferait de la peine 9 s'il n'y était placé k propos. Dans ces vers de Corneille:
Le Destin se déclare, et nous yeoons d'entendre Ce qu'il a résolu du heau'père et du gendre,
ces deux mots ont une grandeur que n'auraiest point les 2M>ras de César et de Pompée.
l£i, gendre, dans la bouche d'Acbille parlant à CiyteoH
mstVe , né fidt àueiiné pëihe , pàfcè kjà^vhàfi^fii uhe p»rVilfe iloitVélld j it n% d^it paschèrcfier àè péiipHrâse ; d« ntéffle iqU'Agrippiti«,i}UflildëUë dit à K<i^ôti qtt'elte par- ▼im à lui faire ëpouseÉ* là fiU« dé PehkiMrëùir , fn vous
Htmmai son geràdrè ; ti ^tiand ëllë dit de ett empéttnt ,
Qa*an jour Claade k son fik dût préférer son gendre,
tbWt par Part do placer les mots qu'uii habile écrivain les tonoblit.
{i^ Il est vrai ijue, de tous les noms qoi exprimeat des rapports de parenté, il n*y a guère que ceux A'épaux .et à^épouse , de père et d^ehfam du de fils i de meFe et ie fille , de sœur et àe frère ^ qui paraissent propres pour le haut style de la poésie* Cependantnos bons écrivains ont stt y faire entrer tris-à-propos , non-seulement ceux de heau'^père ei de ^ndte f d*09^le el de tante ^ àe neveu et de nièce 9 mais même ceux de tnari et de fenune ( poar épouse) » qui ne sembleraient être que du langage populaire. Corneille 9 dans Cinna :
Le mari par Bh femme en son lit égorgé. . . •
Voltaire, dans la Henriade , chant VII :
O ! combien les ï'râo^sis votti refondre de larmes ^ Quand f soiis la même tombe ^ ilè Terront réunis ^ Et l'époux et Im femme , et la nkére et le fils ! • •
E t dans Zaïre » Acte I, Scène IL
J'atteste ici ma gloire , et Zaïre , et ma flsmme ,
De ne choisir que tous pour mallresaeet pour femme**»
Jue inèine pe^ empl6ie*t«il le fcnot gendre avec moins de noblesse que Racine » quand Alzire di^ à Montèae » son père > Acte !•' , Scène IV :
Zamore^ mon espoir, périt dans lé éotnhat , Zamore , mon amant , choisi pour votre gendre ?
Et quaud Zamore , Acte II, Scène IV> dit à ce même Mantèae :
DE LÀ LAltÔtiË rAANÇAISE. 489
Ch€r MMicèlre) êit-ee toi qné jt tietaà datu mes bras ?- Revcîi t))B teher Zttnore Sel&ikpf^ê du trépas , Qai , da Min dtt fmttbteââ -y rbfihlt poiar ié déféildre ; Bevof» ton tendra ami , iMi àHiig f ton gtrtdi^ 7
Aèfnâhjadtts qne, dàtt& la po&ië coihihe dan^ la prb«e, et édtis le stylé le ^Ittà ëteré coMm'ô dans celui de la conversation, quand il ne s'agit point de marquer expressément îe rapport dé pâreâtë , i'oi:i dit , èik parlant aux personnes mêmes avec <^i Tbà a èe i*âp^ôK , pire o\ï Miré ,fih ou fttttf jS-^/j» ou hk/ir, plutôt que gràvnâ^pire oU jgrand*"'^ mère , bèau-^père ou tèltè-mêre , petit- fils ou petite^ fitle , gendte du h'rù j àfeaïi-Jtls où. hette-fille , bèau-frére ou belle-sœur.
33 La Reioe permettra qoe j'ose demander
Un gage k votre amoar , qu'il me doit accorder.
L'ab. d'Oliv» On dirait en prose: la Reihe perrHêHTa que j* ose demander à votre amour un g^gc qu'il mm dois accorder* Pourquoi Tinversion de Racine nous pa-^ ratt-elle rude ? Parce que l*amour àe la dartë ayant placé le que relatif tout près àe son substantif ^ Toreille est accôutuiHëe à ne rîen entendre qui les sépare.
|{^^ Louis Racine trouve que Y inversion na rien qui choque^ et, selon Desfontaines , elle n* est point rndo pour quiconque à l'oreille poétique. Il ne doute point qu'en prose ou ne dut écrire comme le dit l'abbé d'Olivct ; ce mais Racine , dit-il , parle en vers : ainsi la remarque » est fort inutile. » Non , elle n*est point inutile, si elle peut eropécber <][ue quelqu'un n'imite en prose l'exemple de Raicine. Mais peut-être d'Olivet a-t*il été ici trop timide ; peuuétre eùt-il dû observer que cet exemple ne doit pas toujours être suivi , même en vers. Je veux que l'inversion ne soit ici ni bien choquante ni bien rude \ mais il y â mille cas où elle serait tout-à-fait barbare.
54 Montres que je yais luiyre , aux pieds de noc aaub^ Un RoiquiyQoo content d^effrayer les mortels , A des embràsemens ne borne point sa gloire , Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa yictoire; etc.
L. B. On ponrrait dire» laisser attendrir un couir vioiorieuxi mais laisser attendrir sa victoire n'est-il pas trop hasardé ?
L. H. Ce qui est irisr-hasardé , c'est la censure d'une expression qu'un a cilëe cent fois comme une des pins belles en poésie. Je ne sais pas ce que c'est qu'un cœur victo^ vieux 9 si ce n'est en amour; mais tout le monde entend ce que c'est Kp* attendrir la victoire , qui est par elle-mèmej comme dit Cicëron, insolente eC cruelle.
(1^3^ Nous avons déjà observe ailleurs que 5 laisser at" iendrir sa victoire est un tour poétique pour dire» se laisser attendrir dans sa victoire , ou se laisser atten^ drir lui victorieux» C'est Y abstrait ( un abstrait relatif), employé par Synecdoque pour le concret.
35 Mais c^est pousser trop loin ses droits injurieux , Qu'y joindro^ le tourment que je souffre en ces lieux.
L'ad. d'Oliv. On dirait en prose » que d*y joindre , et c'est assez l'ordinaire des infinitifs qui suivent la conjonction ^lue 5 d'être précédés de la particule de. Mais ne concluons pas de là qu'il soit indifférent ^ ou de supprimer , ou d'employer celte particule avant les infinitifs. J'en rapporterai un exemple qui me parait digne d'attention. Aimer mieux signifie tantôt , préférer la chose qui flatte le plus noire goût, et tantôt^ préférer celle qui est la plus conforme à l^otre volonté. Or « le premier de ces deux sens exige la suppression de la particule ^0 » ef l'autre exige qu'on l'emploie. Préférence de goût, "(aime mieux diner ycie souper; faime mieux lire ^ue jouer. Préférence de volonté, 'faimê mieux ne rien avoir, tjue d'avoir le bien d' autrui \ ^aivte mieux mourir « que de me déshonorer* ,
L'ai. Desfout* Qui ne sait qu'en prose on pourrait dire >
^e d'y joindre ? Mais on it'y serait pas oblige : k plus forte raison, en vers. On cite ici Vaugelas sans nécessite. Vaogelas , ainsi que son commentateur , ne paraissent pas \
avoir raison » même par rapport à la prose. '
d^I^ Louis Racine ne condamnerait pas ^u'y joindre, même en prose; mais il convient que d'y joindre serait plus régulier. Pour moi , je ne puis pas faire autorité; mais il me semble qu^/oZ/t^/v serait très-condamnable en prose, et je ne crois pas qu'un bon écrivain voulût se l'y permettre. Si on doit le passer aux poètes , ce n'est , je pense , que par manière de licence, à cause de la contrainte de la mesure : encore les bons poètes n'useront-ils de cette licence que rarement. Boileau n'offrirait pas beaucoup de vers tels que le dernier de ces six sur la Dévote bilieusem Satire X:
Mais dans ce doaz éut molle, délicieuse ,
La hais- tu plus , dis-moi , que cette biliease
Qoi , follement outrée en sa simplicité ,
Baptisant son chagrin du nom de piété.
Bans sa charité fausse où l'amoar-propre abonde.
Croit qne 6'est aimer Dieu ^ue hair tout le monde?
ni Voltaire beaucoup tels que le second de son Bmius , Acte IV, Scène VIII :
Peut-élre des Romains le salut en dépend ,
Allons , c'est les trahir que tarder un moment. *
56 Souffres que loin du camp et loin de yotrcMme , Toujours infortunée , et toujours inconnae, j*aille cacher un sort si digne de pitié , Et dont mes pleurs encor tous taisent la moitié.
L. H. Je vous tais la moitié de mes malheurs serait de la prose. Mes pleurs vous en taisent la moitié^ voilà de la poésie. Ce ne sont pas là les figures qui font le sublime ; ce sont celles qui font* l'élégance continue du style , et rélèvent au-dessus de la pureté. Personne n'en a un aussi grand nombre que Racine.
{!^ Un épilogueur pourrait demander si un son se di--
49a ÉTUDES
vïsçi , et si on p^t y 4^ng^er def partie^. M«Û4 nout pfe»dfons yolox^ti^riiA coixii^e le pof te^ le sqçI 4pn| U s*«git , le sort 4'PriphiiC| pour celle ^^ociiinutatiai^ 4e oaltiean dout il semble se composer , pt nçu^i dirais çtyec lui , fa py>ùu d*un sqriji infortuné ou H à plaindra , pour IsL^ftoiâé d'une si grande infortufie ou de lanf de malhenrsm Dct
fitleurs peuvent-ils taire , demanderait peut-^élre epçore *épilogueur ? Eh 1 pui , sans doute j ils peuvent taixe^ çov^n^ ils peuvent dire. Suite et effet des qaalhenrs | ils les annpDr cent nécessairement par eux-mêmes ^ et les annppœr^ c*ea Im^ dîce. Mais ils peuvent ne les annoncer ^*impar£Fiilement « n» pa^ In tous annoncer « ou ne pas les annoncer dans tonte leur é\fmàm Or ^ c'est là ne les dire ^u'à moitié et ne les dire qu'à moitié ^.c^est à moitié les taire.
37 IL me verra , Madame , et j* ta^ lui parler.
L. Rac. Quel étranger , s'il ne connaît noire ^anyue <{iie pour ravoir étudiée d^S <iPS livn^, çqrapi»i|dxale sAPsdece vers qui lui paraîtra «i simpte ,et ^WfOfié 4a a«H» qui sont du style, le plus i)o^aAfl(iaa ?
L. H. Dans la eituattoa où l'on est« -c^est Adiille qui dit 4'4f aijoemneii : il me verrq 1 CW là 4^ Ip 4ÇfWi'S «* combien celle que va témoigner Iphigéaiie ^jo^te à celle 4i« spectateur l
gn^ La force de ce vers est toute dans le ton dont il doit être prononcé. Ce ton est suggéré par rarran|[enieDt même des m^ns , et il rend terribles ces mots d'ailleurs si simples ^ et qu*on dirait du style le plus commun. Mais le second hémistiche t cependai^t , ne serait rien ^s^^ le premier , qui lui donne son énergie et son caractère. Je vi^it lui parler pourrait être par lui-même asses doux ; maif après il me verra, i\ ne peut être que menaçant , il ne peut qu annoncer les éclaU d'une fureur qui se contient à peine. Bientôt ce môme Achille^ jurant que les Dieux ont en vain ordonné la riiort dTphIgénie, fera entendre ce versfameusi si digne de lui , et qui le peint si bien :
Cet oracle est plus sftr que cdui de Calchas.
58 !)««• lin Uche ^mmcil crof^tw q[!i*«»8ef cii AçlûHe ViT% poar ellç impu^^niaqt pU^ I
L. H. Impunément pâli l Quelle énergie , et qaelle ort- ^nalitë d'espreasioM ! Et tout ce rôle d'Ériphile est ëcrit avec la même force , et rempli de traits semblables. Racine n'a rien écrit de plas parfait dans Texpcession des sentimens aniecs et violeos.
f;^S% Qu*est-ce que Tautenr a voulu dire par ces deuic ▼ers ? Cfois'îu qu'Achille enseveli dans un lâche sommeil, aura pâli pour elle sans punir» s^tns se vengera Maïs est-ce bien là cç qu U a dit en çffipt ? If'a-t-il 1^19 dit; au contraire: Ûrçi^-iu ff^'AcIiille enseveUdams w$ lâche sommeil, amu pâU.pour elle 00 ea impunité , c*est-àdire , sa^ en 4tre puni, ou sans ayoir à s*çr^ ^epentir^ C'est là , à la lettre^ ce que signifie in^punpment, par rapport au sujet du verbe qu'il modifie. Le tour s^iva^^ ^l^ait du moins exact :
I]ftii# un iàobç sonun^U wroif* iv qV^pscfieU, Achille y^ç^eat pour eUç VkT% pVi?'
89 Et que fera«f*il doue ? Qaal eoarage endvrei jSnqiicndfjiit Les ttsaau qa*on loi prépare iei t Vue ip^r£ ^^ Carear > Uf larnics d'ane filla , \.^ Pf^ , (q dé«e9poir de toute une famille j^ L^ sang , k ces 9l>iet8^ facile k s'ébranlfr» j^chille menaçant tpot prêt k l'accabler ?
|i. H. Qss quatre 49rniecs vfurs fen^ Iç tableau de tout ce qui vfi s^iyrf!... Oq ne savait ^\to que le sang s*ébranle \ ^brar^Ur n'est p^s ici le fl^nonjrn^e àHmouvQir, qui ét^it. le mot propre.
{Qf^ Ébmnler signifie au propce , fair^ qu'une chose ou vue personne soit moios ferme dans son «assiette physique $ f^t , au figuré 9 il doit signifier , faire qn'elb soit moins ferma dans son assiette niprale» Par conséquente il ne peut pas se dire dilJ'iXii^» qui n*a jamais ni assiette morale^ ni assiette pby^iqne^ «t ne s^rt ptônt d'ailleurs à y > maintenir ce qui
:ï94 études
en a une. Mais il peut trèirbien se dire , par e<i»n»pTe , da courage ^ de la constance , du cœur , parce que c*est par le CQDur I par la constance , par le courage , que nous nous tenons fermes dans notre assiette morale, c'est-à-dire , dans la- situation d'esprit où nous sommes « .
Le sang , qui n^ peut a* ébranler ou éire ébranlé, ne peut pas non pins ébranler , sans doute ; et Voltaire , par conséquent 9 a eu tort de dire des remparts de Rome, Bru^ lus 9 Acte I*'. 9 Sccoe II :
Dti sang qui les inonde ils semblent ébranlés*
4o Je ne sais qui m'arrête et relient mon eoarroox ; Que par nn prompt avis de tout ce qui se passe , Je ne conre des Dieux divalgaer Ja menaee.
L'àb. d'Oliv* Voilà un vvzi gallicisme , c*est-à-dire, un« construction propre et particulière à la langue française , 'contraire aux règles communes de la Grammaire , mais autorisée par l'usage : fe ne sais fui m'arréle 4fue je ne coure..» Il me paraft que c'est aroir une fausse idée des gallicismes f que de les croire phrases de la simple conrersation* lies gens de. lettres « qui veulent tout rapporter à des règles connues , donnent volontiers dans le préjugé.... Après l'exemple de Racine , douterons -nous que plusieurs ' de ces irrégularités ne puissent avoir place en toute sorte de styles 9 puisqu'elles ne déparent point le tragique ?.•• Elles ne sont quelquefois autre chose qu'une ellipse « ou plusieurs ellipses combinées, qui ont fait disparaître pen-à-peu divers mots j diverses liaisons ^ qu'un long usage rend fiaiciles à sous-entendre /quoiqu'il ne Ait pas toujours facile de la suppléer , ni même de les deviner*
L. H. C'est la phrase ai commune ^ je ne sais ^i mê iienlçue je ne fasse telle chose , phrase elliptique, où l'on sous-entend ef empêche çue , .etc. Cest «m gallicisme très-favorable à la rapidité du style. Racine est celui de tous nos poètes qui a fait entrer dans fe style noUe le plus de tournures familières, qu'il sait eiinpbUrponrla foépàe, el
^i donnent à la sienne ^ant de vërilë. Cest un art trètparticalier » et beaucoup plot rare qu'on ne pense, tria-es~ •entiel k la poésie dramatique t où Tauteur , forcé de faire parler, le personnage en vers^ doit pourtant le ramener , le plus quM est possible ^ au langage naturel, sans nuire au langage de convention. .Mais combien peu d*écrivains y ont rëflëchi ! Combien peu même se doutent de tous ces secrets de l'art!
G. F. Que par un prompi avis : c'est le ^uin des Latins. Racine a su ennoblir cette phrase devenue familière dans notre lan^e , en la rapprochant de la phrase latine*
j^^^ Admettons que ce soit nu vrai latinisme « et qu'il y ait en effet une phrase latine correspondante» comment Racine a-tr-il pu ennoblir cette phrase française si fa^ jniliire , en la rapprochant de la phrase latine ? Est-ce qu'elle n'en est pas nécessairement aussi rapprochée dans le style familier que dans le style soutenu ? £t puis, si cette phrasé n'est devenue familière que depuis Racine , devait* il en coûter beaucoup à Racine pour V ennoblir J
41 O conslâDce ! ô respect) pour prix dé sa tendresse , Le barbare k Pantel se plaint de sa paresse.
L; H« Observes ce que c*cst que d'adapter l'expression à la situation et au personnage : .si ce mot paresse n'était pas ici en dénigrement 9 ou si c'était Agamemnon qui s'en servit y il ne serait pas supportable ; il est ici pour lenteur f et vaut beaucoup mieux.
2^^ C'est Cly temnestfe qui dit qu'Agamemnon , pour prix de la tendresse d'Iphigénie, de cette £Ue si soumise et si dévoilée qui respecte la main tfui lui perce le cœur ^ la trouvant trop lente a se rendre à l'autel , l'accuse de paresse , et c'est la juste indignation de cette tendre mère contre un époux si barbare à ses yeox^ qui justifie ce mot. Mais si Agamemnon s'en servait eu effet lùi-mème^il aurait dépouillé le cœur d'un père , pour n'avoir plus que celui d'un monstre , et il sortirait du caractère que lui a prêté
le poète.
4^$ . iTirnss
ifi Teiift !>• 4é«eiitc» point une rade foBfllt«k Owi y ve«s 4tet k M119 , eto. , eu. , «te.
tj. tf • tl 7 • tle déplace au milieu d^une tirade si r&é* inen(e ce petit récit épiaodicjue de Tliistoire dUelène ; mais c'est la seule imperfection de ce morceau, partout ailleurs al pathétique* Il Pest au point que ce léger hors-d'œuTre de Huit ou dis vers be saurait le re/rOiJir, qaoiqu*ea di^e le cooimentateur ( Luneau )••• Je ne dirai rien des vers : il faudrait les relever tous : la fin du couplet surtout est ane tempête qui étourdit et abat Agamemnon. Au sujet de ces duatre vers , où il n*; avait à remarquer que leur terrible ^ergié :
0^ ao9t*iU CM pooibtts ^ç veof aT«ar«i<)a9 ? Qoelt flots de sang pour elle «Tes-vous répartie? Quel débris parle ici de votre résistance ? Quel champ couvert de morts me condamne an silence ?
lecoimi^CD^^^^v "^ pense qu'à demander si i*on peut dira rendre dês oombaps ? 11 n'7 a pas de phrase plus cpnnue et plus usitée, même en prose. Il avoue que hs furetsrf d9 Clyumjiesire -^oni mieux placées que d^ns E(iri|]jde : il ▼eut àlrefnieux iraiiéeSf car elles sont également. bien placées dans le grec et dans le français \ mais du moins s'il j a erreur dans Texpression , il n'y en a pas dans rintenlion* Dans Euripide , trop de raisonnemens , et trop peu de grands mouvemens* Ils abondent ici, et jamais ce cuuple( fameux n'a été entendu qu'avec des transports , toutes les fois qu'il à été bien rendu*
£^ Est-il bien certain que ce récit épisodique de l'histoire d'Hélène soit un hors-d'œitvre? Nëtait-it piis un peu liécessaire poui^ préparer le dénauemei^t ? Et dès qu'il n'avait pas pu être placé ailleurs j ne fallait-il pas qu'il le fût ici? An l«ste , les vers purement narratifs s'y r^uisent à six j à
.AffiaiSt qqVm nœnd fatal Tanlt k vetre Uètt^ TLésée avait osé l'enlcTer à son pire :
DE LA LAIf6U£ F&ÂNÇAISE.
Tons «ires j et Ca|c)iaf ipiile fois Yr>n$ l'a dit. Qu'on hjmen qliAcle^tiii mit oe prioQe eq son lit \ Et qa^il eq cal pour ^«ge qqe jeune pnneesie^ ^ Qae sa mère a eacbée au reste de la Grèce.
et si on veut les rëcîtèf ou les lire avec un peu do râbîdltë • on verra ^u*îl n*onl rien de froid. Feul-étre même t'rouverat-on , après y avqir un peu réfléchi , qu^il ëtaît à propos <juo dytemnestre , au milieu d^une si loqgue et si vive tirade , se' modërit'et se çalraàt même un moment , pour reprendra en-' suite avec une violence qui 4ovai^ ^Iler jusqu'aux' égarçmens du délire et [uaquVaz emporlerpeiis do la fureur.
43 Trop jaloux d*iiq poorcir qa'oa peat vont ^TJçf;, De Totre propre saag tou^ çourea le payer. Et Toulea , par ce pruc , épouvanter Paudaea De quiconque vous peut disputer voire place.
6. F. Place est un terme un peu familier pour daigner le rang suprême et l'empire sur vingt Rois : il devient ici ëner^ g^que par Tusage qu'en fait Clylemnestre pour avilik* Aga— inemàon.
^^ Cette obseryatioyi parait assez juste , surtout d'après ridée que nous attachons maintenant au mot place* Iplti** gëoie^ parlant à Agamcmaon a^'cc une tendresse pleine de res«* pect, lui avait dit auparavant :
Hé ! mon père , oublies voire ranif à ma vu^ ^
et Clytemipeftre avait employé le mime terme à soj^ ^^d^ . lorsque» sans savoir eneore qfi'elle ^ùt tant de.Iairmes à ^^ pandre , elle se plaignait de la défense qui loi était faite d accompagnée Iphi génie à Tau tel :
Fier de soq nouveau ran^, m^osert-^ méaoqnsttre?
Ce})enda|ijt jie 4m(e que Racine ait eu TinteatiOB qu'on lai prôte ici dans Tusage du mot place; et ce qui me confirme ddiis mou <loute, c'est que le même mot^ dans un sens ua peu difféi'ent » il est vrai , est employé par Oreste pour he« nover ci flatter Pjrrrhus » Andromaque , Acte I*' , Scène H:
El vous avefe montré , par une heureuse audace^ Que le fi if srui d^Acbilie a pu remplir sa place.
4g8 ETUDES
44 Un lïruit «sset étraoga est ^enti jasqu^k moi , Selgnenr; je Tai jugé trop peu digne de foi. On dit ^ et sans horreur, etc., etc., etc.
Li. H. C'est là cette scène immortelle , l'une des plus imposantes «l des plus vigoureuses que Ton connaisse sur aucun théâtre, et l'un des diefs-d'œuvre du genre héroïque ; et cet héroïsme est animé do l'esprit de la tragédie , parce que la terreur est ici avec l'admiration : elle y est au point que, sans le nom d'Iphigéuie , qui est ici pour Achille ce qu'est pour lui Minerve ds^s V Iliade , le glaive et le glaive d'Achille serait tiré contre le diadème do Roi des Rois. Cest un coup de génie d'avoir su transporter sur notre théâtre cette grande scène de V Iliade , et d'avoir su la placer si heureusement. Racine est le seul des modernes qui nous ait rendu le sublime d'Homère dans le dramatiaue , et nous retrouverons encore le sublime de l'Epopée dans les tableaux du cinquième acte.
45 Qa*en dites-vous, Seigneur? Que faut*il que j'en pense?
L. H. Ce premier effort que se fait Achille pour ne pai éclater d'abord devant le père d'Iphigéuie, est supérieurement conçu 9 et ne fait que rendre la terreur plus grande. On entend h chaque vers le bruit sourd qui annonce l'orage, et Ton attend Tesplosion ; elle ne tardera pas, car c'est Achille, et Adiille ne se contraint pas long-temps. Il n'est que plus terr'd>le quand il a pu se contraindre.
46 Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins. Ma iîUe ignore enoor mes ordres souverains;
Et quand il sera temps qu'elle eu soit informée , Vous apprendres son sort, j*en instruirai alarmée.
L- H* Ce n'était pas une médiocre difficulté de sou^lenir la dic^nité d'Agamemnon devant Achille, qui, d'après la fable et notre imagination , est pour jious d'une grandeur presque surnaturelle. Racine en est venu à bout. Agameinnoa ne dit pas un mol qui suit au-dessous de son rang et de la fierté
DE LA LANGUE Fl^ANÇAISE. 499
des Atridei. J'en^ in^iruirai l'armée esit le premier trati de ce mépris froid ei.calme qu^il devait opposer à la violenço d* Achille. 11 loicoofood avec le r^ste de raroiée. Quel d^daio^' pour Achille ! Et ce dédain finira par aller jusqu'au dernier. outrage quand. Achille Taura menacé* .
.47 Ah ! je 8^ trop le tort que vons lui réieryes, dir Achille.
PoQfqaoi la demeadev^ pnieqae vobs le sav<s?
répond Agaihemnon.
L. B. Cette i^éponse » qui fait ordiftaivemenr sourire le spectateur, est bien dans la simplicité des Grecs; mais notre goût , plus difficile , se trouve blessé de ces naïvetés « qui ne conviennent qu'à la comédie*
L. H. *il y a dans ce vers , familier en Im-mème / mais ffoe la situation , ce me semble , relève suffisamment , plus d'aigreur que de nai^tiém Cle vers est l'aven de tout ce qu'il y a de plus horrible , et c'est aussi à oe ven qu'Avhille ne se contient plus. S'il est vrai qu'on puisse y sourire ^ ,c*9Si ap-r' paremment la faute de l'acteur.
48 Vous penses qu'appronraDt yoê desiclns odieux , Je voua laisse inmoler votre fille k vos yenx 7 Qae ma foi ^ ou» aoioar, mon hooneor y cooéenlo?
6 • F. f^ous pensés^ que fe vous laisse. •«• , qrn ma foi y consente ? C'est une licence poétique potu*» que fe vous laisserai. .•• 9 y consentira.
^^^^ Il fallait bien voir une Ticenec poétique dans un tour de phrase qui ne (ait pas plus à la poésie qu'à la prose î Ce dont il s'agissait , c'était d'esaminer si ce tour est bien régulier ; si je vous laisse et y consente ^ au présent da sub»îonctif , sont bien exacts après vous pensez , qui ne marque ni doute ni incertitude. Pour moi , je crois que ce mode et ces temps exigeaient avant eux pensez^vous , et non paa vous pense» ; je crois qu'avec votts pensez , il aurait fallu le futur^ ou^ tout au moins, le présent de Tiadicatif» Lm-
1^ 9é j)^iait atiMi bien à psn^g^i^M* qtili ^imt péàsèÈ.
Cdtttiftebt donc I0 poèieiH-t^il pd i«tf« celte rné^rtM? £lb»
^ftf^fent etéctetMûi à cdle que ûoitt iivbiiS' rtprîjM «iaus U v«r^
Yoot croycM qa^an amant vUnna vont intiilter ?
On la retrouve dans ces vert de Voltaire, Èàîit » 4cte IV« Scène IV ;
Qaoi t jtf ittls f «Cfe Mi»ii»| «t feua fM^«É jttiiiwr Qa'à mon fang , \ ma loi ^ j'aille ici renoncer ?
i(9 . Mon ««ar> p6<ia la taiHoifj tona OQWfijfc ikae iroië t Ifaia voua ne daa^ndea, vona ne cberçheai^pif Troie» Je Tooa fermais le ohamp où tous vouiea courir.
Yoas le vonlea, partea ; aa mort va vous l'oavrir.
Imi H« Quel ait d'aveilf au^qoor» faire enleadte îei la mot d'oa pare dan» une lecMe o.ù.il aetinble ^a!AgafB0auioii m I^ilia^e Atra que Reu el del»ire relotober sur Achille liû«* ivéïne tdui l'odlans du aaorifioe dont il vient deman dar raison \ Que d'a)>erfaf d*ttB esprit.supi^r^r ^ es dont Airipîde ne s'c»i pas doute l Ah I disons avec Vel taire I »4dtniruH9 Raaine, non assez admiré !
^iZ^ Nu aerait^ce pas une petite négligence que ces deux vous' v^uhif si rapprockés Tub lie If'eislni t Ne semUeraii-il pas aussi que le verbe ocim/' n'aurait pas dA^sQ trouver daax £ois dans quatre vers qui se suivent «t vont ensemble? Cependant que pouvait faire le poète ? Dans le premier cas ^ ce verbe était comme appelé par voie , et nul antre oe l*eùt valu : dans le second , n^étaitril pas absolumeut nécessaire pour correspondre h ferme)", et soutenir ^allégorie ? Ah ! qu*il est difAcite^ même aux meilleurs écrivains ^ cFécHre quelques phrases où Ton ne pdt rien trouver à redire t
. ^ &o Jamais vaiascaïuL, partis def rivea du Scauiandre , Aux champs thessatieas osereot-ils dcscciHlre ?
L. BLaCé Nous ne dirions p )S j jamais vaissemtuf pariis du wage dû l'jingUtipis 9 osirwni^ils descendra aux
DE LA LANGUE PBANÇAISE. hk
mkiùnpê fraiti^u ? Je poofvail népendr» à. «éftte terHiquA^ que i Vspmàon id est {aale % parce quBi daoa le temps de 1^ gnerae de Troîe » ceus qin arrÎTaietit par mer, ooBnne^çaîeBt pur tirer de la mer lear# vaUieaux , et laa laiataieet tnr le lif ▼âge; mais y iant avotf betoin de cette raîiiOBt je' trouve Timage poétique , parce que par vaisseaux on entend les soldat» qui y ioo|.'Le peinte pouvait aielirc jamais- soldats foriis ; ou on coasenrant vaisseaux f dire a^x tords ihes^ ealda/ês , plutôt qa*aiix champs. Maia les eapressions dont il s'est aenri pei^tfeut la deiceate d'une ana^ qui airife par. mer*
f3^ Il fallait ètra bien dëpoamni de goét ^ lieu ëtnoiger aa latiga|(e de la poésie et au langage fiiîuré , pour critiquée d'aussi beaux vers. Nepeat-on pas prendre un vais&eau pour ceux qu'il porte» comme on prend uhe maison, une ville, pour oeait qui lliabîteBt ? Qtt'est'-oa que cette jwUdnyaiie et la peraenaificf tion qui eanosullc , ont de si .(^^uaat et de si absurde 7
Mais ce qui était à rea»arqner dans ces vers et clan3 les deux qui lès suivent p c'est celle allusion ironique et mali^^ne , par laquelle Achille reproche à Agamemnunlçs.. indignes ou*^ trages o^ujés par les siens ou par lai-méaîe : . .
Si jamais dans Larissa aa Hpbe rstisteer . Ma Tiat*il ^^reroa «m Isi^aiy en asa sa|Bf.? .
Quoi de plus propM à btet^erTôrgutril chltautllètt du Rbl des Rois ? Et cepeodanf il n'a pas droit de se l'àrher^ puisque le reproche est si indirect qu il n'a m^me paa l*air d'un reprodie. ...
5i Ne poii-je pss d*AeiiiRe knmilier Tawitce ? *Qae m» fille i ses yeux soit un sujet d'ennai : Il l'aioM { «hs tins pear «a satre qoe UL ' ^
L» H. QtMf mafilU à s0s y eu» sois a* €uj^ d'èhmui.^ Vers faible . où l'expression n*est pas ëgale à la pensëe. Cette fauto vient en partie de ce qu*alors le mot à'enfkjtU avait une valeur qu'il n'a plus , et quM ne doit pas avoir. Un sufes
de regret, de* douleur et dé déêëspoir, voilà ce qu'Agi-* meniDOii doit dire > et ce qpe le ttiot ennui, ne dit pas. Ge mot, pour ceux qui savent ëcriie, ostaujourd'hoî beaucoup plus restreint , et pour signifier douleurs^ maiheurj, etc. » il doit être le plus souvent au plutiel , et fortifie d'une épi* thète. •
(^^ Quand même ennui conviendmit parfoiteinent » le vers u*ea siérait guère meilleur. Que veut dire là^ â eét jreux^ Eii-<e, pourries y eux ^ ou bien, depdnt seéyeux ^ deeantltti^'O^tÈepexxi être que Tan ou-rauire, et il est assez évideut que l'un ne vaut pas inieus que l'autre. Et puis, sujet se dii-il aussi bien en ce sens d'une personne que d'une chose? ,
52 Gardes que oe dëparl ne leur soit té^éXé.