PHÈDRE
Si PA^^ir* ne remporte pas eanènUimrlphigémi*,tiU iLt pas du moins au-dessous . ken juger par l'enthou- «aune avec lequel BoileaudUi Racine:
El oui , yojtVLt nn jour U douJenr irertneiUB
P, Phèdw m.lgr< soi perfide , incestàewe ,
D»an si notte tr«»«l jusiemeat étonné ,
Jfe Mai» à'khoti le siécU foctnaé
Qui , renaa phs fameu |«»r tes iUwtres veillea»
Vil Qslire sous, tt msin ces pompeuses merveilles?
Ce qui prouve encore en faveur de cette piice , c'est <pe c'est celle qui escit» le plus contre l'auteur les fureurs de l'envie , et qu'on attaqua avec le plus de violence et damertume. Que ne ûi-on pas pour ëlouffer à sa naissance « cbef-d'oeuvre du génie , et pour l'immoler en quelque sorte à l'oeuvre de la sottise , à la frokle et plate ineptie de ce Pradon qu'on ne connaîtrait plus .ujourd'liui sans le ndicule ùnmortel dont l'a frappé notre fameux satirique ? Sn- Wigny , qui avait critiqué ^ndmma^ne et Bérénice, p«- LUa , sur les deux Phèdw ( sur celle de Racine et sar celle'de Pradon ), une dissertation où se trouvent quelques observations fines et judicieuses , mais qui ne peut plw .ervir maintenant qu'à faire voir combien la laugne aloi» était pauvre et pusillanime , et combien elle doit à U plume éloquente et hardie de Racine. Subligny, osanl étendre .a critique jusque sur le style, qu'il trouve tooiefou fort et majestueux , sVti.one que les terme» A'impmr, A' incette , à'adultére , de chaste , A'Achénn , i» paternel et maternel, se rencontrent dans des vers où d'aillé»» on admire Unt de belles pensée». Ces terme» paniissaicoi
DE LA LANGUE FRANÇAISE. Sti
donc exclus àé la poésie , araiil que B^cioe les Qt ei^trejç dans. ses . vevs ^ où il. a sai les encadrer si artistemeat T Cette sorte de conquête n'est pas la ^scule ile^ce grand. pfî^Jt^i ^ ce n'est pas ,de quelques teroïc^ senlement, qu'il a enrichi la langi^^ aups d'upe infinité de, l^oiirs» d'expressions ^^de figures. incy>pipa|r#.bl^ , . uniqja^ , pour la force , Tënergie , la noblê^;, ^a ffkce, Tel^gai^ce, .pu la pompe. Et qui aura pli^ai fei^ poUrJa poësie^t; le h^t style î qui a9ra plus fait pour la ileitf^aa en gét^^vêA.j'€fne Tëçr^ain . dont àoua pourops opposa.. Ip siyU ^ la Phèdre au s(ytc(.ei( jk U DiJo» de,VÂr§ae.? '... i ...!,, ^ ^ ' , ".^ , ^
1 Par' nn indigne' qbsuole it n*est point' reUnu ; ' • ' '* ^ ' " ' Et fixant -^ 'séé vœux rinconstanée'fatde , ' ''^ "' Pfaèdre<^'dep«tt^long«tempty. ne efaint phia ds>rif«fte« ;
Ii*AB. D*Ouv* Pendant qu'on lit le second y&^Sj ^^ .^ persuade j et ayeç.rfiisoQ , qu'ici se, xf^pporte au. noimiirai^f
ëpopLqé.d«Wfs..iç,pnefni«f^ 9fl «'ie*î d4*TCWP^^q«« ?««• le troisième verSf,,,quipr/)ttve^ que tout ;Ce , qui est dit dans le
aecan4 , Actf^ippo^^^ à P^é^f^f II fA^drait , pour parler plus
dairement, f)ir?; ^^ depui^Jong^ femps Phèdre, fixa^
Vincenft^jkQ^.dfiyf^Â v^uçç,,, if^ ,ÇiKam^,pluide.riv^l^p
J'a▼o^ç. , ftt ie;4e)rfais' être las de le rëpélçr , qftç>ej*ucoî;\p de ^iiQjsp9S4tipiu^^. qui seraient de vr^^ie;» faillies, dan^ Jâ prese^. sffpf 4eg?rfjn4s ori^emens dans la poésie; mais j^i Tune niraulçe ne coonaissi^t aucuae sorte de beauté y^.e'iii faveur .d^ J^q^elle. il puji^se.étrjs pero^if, de; donner \a^ plu;i légère atteinte à la clarté du discours.
L« Rac* Gomme bxi ne s^arréte Jamais à un vers 'dont un pailîcipe isilspeadjeisensyet qu'on lit de suite le vers sui* vaut, cette in^cevsîoii ne peut causer d'obscurité ;■ on entend taut d'ui^cQup qf)fi,Jlx^ni se rapporte à Phèdre, et-^e^ vasux à 'fbéâ^ée. jL^abbé Desfontaiiies me parait avoir raison quand il jusii^e.cyïs ^eux vers contre la critique de M« l'abbë d'OUvet^, ,en' dil^ixt : Si l'on, suivait le génU timidf de nofre la^gi^ed^iH^ leeven^ iU^erotient d*une//v^r
déùr 'iH^Vffpotiabïêi Cê.ite serait^ én'fuèlfMesogte, ^n de V élégante proié'itiéèufée'ei wimée f^â peu-'prés comme ta plupart dé n^ê *vifrs d'opéra. . , .
'' ({O^ t\ tatit reûcltiepistice^ Pabbë Desfontaînes iW ]w^ fifie les deux vers pâff des raisons Hin ]ièu ^lus dit«cles. U dit que lésr transpôsillb'ns qui -iië jëttetit'poiliï-d'i'qiiivoque, qui ne forment point de'^as touche ^'sobi de vfàîès beatt« tèë èû vers'; que celle idonf il Vagit ici ât ^'rlserrée de ce
dëPdtitV'qti*i^'t>*7^^^*^^'''^^^'^^ âceoutûW 'h ne Kreqne de fa prose qui puisse ^ùppo^r 'quel qde 'Ibeiàctiilude dans le sens du second vers ; que tout homme âccôntiimé & Kre des vers sait que les transpositions sont naturelles dans notre versiGcalion', c^mn^. dans la langue Utlr\c)4 ,ft^qa*en lisant les preoiif ri. mots de ç^U^ phrase» il ait^ad* ifi fia de la pé« riode. Mais toutes ces raisons^ néanmoins, me paraissent plus spéneuVs que solides' i èl je n*}» vols guère que supposé ce qû*il fallaSt'|nroiiver,'Savmîr, qà'*îl d'y a 'rien' d*obscur ni Je louche dans le secdiîd vèr^. Enfin la riémarquef de d'Olivet reste s seion moi ; danà toute sa force, et viètorieose de tonta les lattaqnèsJ'Tout^ibmme accoutumé à lire des Vers, comme Vlire delà prose', s'arrêtera* nëtessaireiiùent^iti second veni q\}i 'fôrmè une snspeiision inarqùée^, et jùsques^Uy il lerap' poi'retv , coMne mâîlgré lui» atr sujet de là j^hi^asè prëced^ûie, qu'il croira être encore le sujet de b nouvelle phrasé ; et ce ^ui cotitribudi-a même à cette méfirisé'd'mi ïhomént , c*est 'C(u6'cc vers semble d'^afiord' correspondre 'k' un 'autre qui commence la phrase j^rét^édénte ; et qui est celui-ci : '
rDe ses ieunes erreurs désormais rerena.
S • Hé r depiib quasil , 6«ign«nr , ontigtJe^^oof 1» préfcnot I . ]>e ces aim«U«B lie»»;i^i çk0nk .vq*re/.«iitece7: . •
^^ 'L. H.La présence pour Taspect, apjplaquée aux lie»x, 'est certainement n/itf hardiesse poéti^tie': car' on aurait \ortd*étrè si banU en "^ prose, ou ricfu tte vous oblige de Vètre. Mais a-t-on cru raison « conàmel'aSsure le commenta" *teur< Xunieau )> de ^éUver contre ctivèliardiêsse Cest ce
DK LA LANGUE FRANÇAISE. ^i5
que je ne crois pas. On dit bien 9 en présence du ûiel \ en présence des 0iuels , etc. Voilà d'abord une raison '<i*a* iialogie;el puis un lien peut être éloigné: pourquoi un poète ne le ferait-il pas présent ? Je ne saurais étie^ blessé ^e cette expression, qui après tout sera » si l'on veut, une métonymie; car ce n'est pas la présence des lieux qu'on craint proprement, c'est la présence des objets qu'ils offrent on qu'ils rappellent ; et cette espèce de métonymie est assea claire pour que peisonne ne s'y trompe : elle n'çst donc pat vicieuse , puisqu'elle n'a rien de forpë.
6. F. La présence des lieux esl une figure d'tlne hardiesse très-beureuse , également avouée pat le goût et par le sentiment : les lieux sont. personnifiés , et mis à la place des objets dont ils nous rappellent le souvenir.
{|^3^ Je ne prétends point condamner la présence des lieux', mais je vais exposer ce qu'on peut dire contre, ce qu'on peut opposer aux raisons de M. de Laharpe : on jugera ensuite. Le fnot présence , d'après l'Académie , signifie l'existence d'une personne dans un lieu marqué» Ne semblerait-il donc pas qne ce mot ne peut* se dire que des personnes , et que ,'dans aucun cas , il ne peut se dira d'un lieu, puisque ce serait faire exister un lieu dans un lien? Il est ▼rai queBoileau , dans sa deuxième Satire, a dit laprésence des grandeurs : *
Et fuyant des grandeurs la présence importune , Je ne vais point au Louvre adorer la Fortune :
et J. B. Rousseau , la présence du soleil , dt^m ssl belle Ode , les Cieux instruisent la Terre :
L'Univers ,\sa présence. Semble sortir du néant*
Mais que les grandeurs soient la pour les grands dan s l'appareil de leur grandeur , ootpi'elles soient pour les honneurs, pour'les dignités qu'elles serrent h désigner, elles n'en -sont pas moins toujours personnifiées par cette expression poétique ; et le sgleil le serait par cette seoh expression , s'il
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ne ratait pas d'ailleurs par tant d'autres de ce morceau sa« Mime , où Ton le représente comme le roi de l'Univers , et comme l'âme de la nature. Or, des lieux peuTent-ils se prêter aussi bien à cette fiction que le soleil et que les gran* deurs » qui frappent l'ima^nation de tant d'éclat , et ont sur elle tant d'empire ? Et supposé que ce soit une métonymie bien naturelle ,que celle par laquelle on prend des lieux pour les objets qu'ib offrent à la Tue , cette métonymie peut-elle bien raisonnablement aller jusqu'à la personnification 7 On dit bien , dit M. de Laharpe, en présence du ciel ^ enpri^ eence des autels , etc. Oui, l'on peut dire , je pense , en présence du ciH , puisque le ciel se prend souvent pour la cour céleste , ou pour Dieu lui-même. Maïs est-il bîea vrai qu'on dise» en présence des autels^ Dans le Dictionnaire de l'Académie» je trouve , à la face dee autels i mais , pour en présence » non. Un lieu , dit encore M. de Laharpe , peut être présent ^^QOmtAe tX peut être éloigné '^ mais l'opposé à^ éloigné ^ n'est-ce pas plutôt proche t qot présent? et l'opposé Ae présent 9 n'est-ce pas absent^. Or, dirait-on un lieu absente Dirait-on Y absence d'un lieu^
3 Et U oréte fumant da sang da Minotaure.
L. H. Observes que fumant est ici un participe ind^ dinable du verbe fumer ^ et n'est point l'adjectif verbal fumant , fumante» Ces deux manières de parler sont également françaises , et le poète a choisi celle qui convenait k son vers»
{^3^ n y a , je crois , une différence de signification entra le participe actif et l'adjectif verbal. L'un nous reporte aa moment mémo de l'action « et la rend actuelle» présente ; l'autre rappelle bien moins Taction elle-même que la modification ou qualité imprimée au sujet par l'action » et qui n*est qu'une sorte de souvenir» de trace de celle-ci. Le premier semble aussi nécessaire dans la phrase que le nom même auquel il est joint» et s'offre à l'esprit comme le principal objet de son attention ; lo sf^cpnd ne parait guère qu'AO
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 5i5
fe9Soire5 et ne se prësente le plus souvent que comme une lorte d^ornement et de luxe. Diaprés cela ^ fumant ne valaitil pas mieux que fumante ^ dans un tableau rapide et animé des exploits de Thësée 7 et le poète n'ayt-il pas dû le préférer, quand mèmefumante eût pu entrer dans le vers sans en rompre la mesure 7 Voir Tartide à*jindromafue sur le vers :
Fleurante aprè* son char vons vonles qa'oii lue voie ?
4 Ariane anx focbers eontant ses injosiiees,
L. H. Ce vers est le plus beau de ceux qui composent ce résumé rapide et brillant , et qui tous sont beaux* Quel in-* térèt dans ce trait narratif , jeté comme en passant, aux ro" chers contant ses injustices ! C est l'imagination qui produit cet intérêt de stjle dans les plus petits détails. Luneatt dit ({ix^il n'ose pas blâmer ce vers. Quelle discrétion I
{1^ Louis Racine a £ait sur ce même vers une remarque que je ne puis approuver dans toute son étendue, ce Ce seul » mot aux rochers, dit-jl, fait entendre en quels lieux » Ariane fut abandonnée, et toute l'inutilité de ses plain- » tes. » Très-bien jusque-là , et rien de plus juste. Mais devait-il ajouter : ce Conter ses malheurs aux antres, de » quelque nation que soient ces malheurs, c'est toujours » les conter aux rochers. » Quoi de plus injurieux à la nature humaine , et en même-temps de plus faux I L'hoaune ne naît point insensible et cruel ; il est fait pour la pitié comme pour les larmes , et, instruit dès sa naissance à souffnr, rien ne lui coûte moins en général , ou , pour mieux dire, ne lui est plus doux que de plaindre et de consoler.
C'est dans l'Ile de Naxos, où elle avait été abandonnée par Thésée, que la malheureuse Ariane contait aux rochers les injustices dont elle était la victime. Sa douleur et son désespoir ont été retracés par Catulle avec une énergie et une éloquence dont rien n'approche. Virgile a emprunté plusieurs traits de ce tableau dans son quatrième Livre de ^'Enéide ; et > de l'aveu de ses plus grands admirateurs , de
5i6 ÉTUDES
ravco de Delillc lai-inèine, il D*a pas toujours , maigre tout son talent , surpasse son modèle, ce Mais où il est reste le » pins inférieur, dit Delille , c'est dans la peinture de la dou- » leur de Didon après le dëpart d*£n^ : il se contente de la » représenter contemplant , du haut de son palais , la flotte » des Troyens, s'éloignant du rivage; il s'adresse alors à 3D cette amante abandonnée , pour lui demander ce qu'elle » éprouvait en ce moment* Dans la même situation , Ca- » tulle peint Ariane gravissant une. montagne élevée , d*où » ses yeux suivent aussi loin qu'ils le peuvent 5 le vaisseau » qui emporte son amant ; au moment où elle le perd de » vue f elle tombe évanouie , mais furieuse. Il la compare » alors à une Bacchante représentée en marbre : image ad- » mirable, parce qu'elle peint à-la«fois la fureur de l'araoor » désespéré et l'immobilité de la douleur stupide : Saxea » ut effiles Bacchantis. »
5 |Lt moî-méne k mon tour je me verrais lié !
G» F. Lié 9 pris ici dans un sens absolu , est impropre « et ne signifie autre chose t^ attaché avec des cordes ou des chaînes. On pent être lié par un amour honnête. Thésée n'était point lié : il rompait aisément des nœuds formés pf le caprice.
({^^ £iV serait très-convenable , si Thésée lui-même eût été représenté comme véritablement lié ; mais il a été représenté^ au contraire, comme se jouant de tous les liens et de tons les engagemens; il a été représenté comme le pi us inconstant et le plus volage des hommes. Cependant il se s'ensuit pas que liéj qucnque sans doute un peu vague, aoiî dans un sens absolu , et offre plutôt l'idée d'un lien physique que l'idée d'un lien moral et d'un lien d'amour. Les mots à mon /o/ir suffisent seuls, d'après tout ce qui précède , pour déterminer celte dernière idée. Lié , .dans iin sens vraiment absolu , ne pourrait signifier que ce qu'il signifie dans les Plaideurs > quand il y devient un sujet de
querelle entre la comtesse de Pimbéclie et Ghicaneao ; ou que ce qu'il signifie dans ces vers de Boilean , Satire IV :' '
• » . • li •
Qu'on le /le , on je crains , ^ son air fiirienz ,
QtM ce ntitivcan Tiun n'esoalidê' les icieai. t
Et y comme lier^ dans ce sens-lk , àe dit asses àoovent des fous et des frënëtiques, qu'il faut empêcher de nuire , on ▼oit quelle allusion maligne et injurieuse ^urrait j être assez naturellement attachée.
6 Dans mes Uehes sonpin d*aatant plus méprisable ^
Qa*an long amas d'konnears rend Thésée excosable ,
Qa^aucuns monstres par inoî dom'plés jàsqa*atajou«d'hai...
L. H. Voilà/un exemple ^ aucun , aucune « employé au pluriel* Cet exemple est rare, même dans les poêles, dans les classiques s'entend. Selon les principes de la Grammaire^ fondés en raison, aucun nV pôiAt de pluriel , parce qn'il signifie pas un» Autrefois on disait aucuns pont ^riéifti&S'* uns , abusivement, et on ne le dit plufc* D aucans-àtins le même sens est an jaif on populaire et barbare*
fï3^ Le Dictionnaire de VAcad^ic est très-précis Ià« dessus, et voici ce qu'il dit: m Aucun 9 aucune, s'emploie ^ rarement an pluriel dans le sens- négatif. On peut dire » cependant : Il ne m*a rendu aucuns soins. Il n* a fait » aucunes disparition^ , aucuns préparatifs^ Aucun , )> sans négation^ s'emploie au pluriel : Ha obtenu ce çi^'il >i demandais sans aucuns /rais. Aucun , dans le même )> sens, s'emploie aussi en style de palais. Ce fait raconté » par aucuns; et en style marotique ou badin : D'aucuns )^ croiront que j* en suis amoureux. Il signifie alors ^uet^ » ques^uns.'» Qu'on accorde cet article avec la note de M. de Laharpe et avec la Grammaire de M. de Wailly, dont cette note semble empruntée» Cependant on ne peut pas dire qu^il ittstiiie pleinement le vers de Racine. On trouve^ai^ le Blême défajat,4^0S.oelui de Girpeille :
Aucuns ordres p ni soins n'ont pv le aecoivnri^
dans celui de La Fontaine :
J*ti TU beaaopop d'hymens^ aucuns d*Àix ne m« taiieal( dans le dernier de cea trois de J.-B» Boussean :
Tel qoe le riens pattaar des troupeaax de Neptune t Protée, k qui le Ciel j, père de UFortonej Ne eacbe aucuns secrets»
Uais Boileau ëtail-il plus fonde k eoiplpjer aucun an sîngulier« sans négation , de l'employer pour fuei^u^un ou pour un seul:
Eq Tain je Teax sa moins faire fr&ee à ç|iielqa*att ^ Ma Muse aurait regret d'eD épargner aucun ?
Satisb vnr.
Je ne sais si Ton trouverait beaucoup d'exemples du même genre. En voici deux de. La Fontaine où aucuns est pour fuelfuesruns :
n^dte était si snéçinet tpî'uucuns l*en ont Uàmé.
- Fahlc du Pdir$ et du Liom
n est nu sihge dans Paris À qui l'on avsit dooné femme; Singe en- effet d'aucuns maris.
Il la battait
Fable du Singe , Li?. XIL
M. de Laharpe ne se trompe^t-il pas , en disant KpfaucM signifie pas un ? C'est nul qui le signifie » parce qu'il est formé de ne ullus, ou de ne unus. Aucun parait formé A^aliquis unus ( quelqu'un ) » et n'est le synonyme de nid^ qu'autant qu'il es^6ulvi d'une négation :'éncore a-t-il moim de force absolue et exclusive que nuL
7 Ne m'ont acquis W droit de ikillir comme lni«
L. B. On ne se sert plus dn vdot Jaillir; notre langue» en l'abolissant , n'en a point substitué d'autre qui exprime la même chose.
L. H* On te 9ert très-bien du mot faillir 9 il ne s^agit ^e de savoir le placer.
f;^^ Selon Louis Racine, ce verbo ëtaît autrefois plus en usage qu'^aujoord'hui ; selon M. Geoffroy, il ne peut vieillit en poésie 9 comoie ' consacre par CoruAille et Racine, et .même on peut le placer heureusement dans la poésie élevée^ comme a fait Corneille quand il a dij(: .
Qu'une liliê gëoérensé a de peine \ faillir I Pei failli , Je Tavona» ..«••••
Selon rAoadémie«ybir//^r pour manquera exécuter, à faire, iiieiiUt\ mais il ne vi^iUii point , à ce qu'il parait , dans leseufs où il est ici , dans le sens de faire quelque chose contre son devoir^ ou contre les loix : seulement dans co sens 9 comme dans tous les autres , plusieurs de ses temps ne soni ^e de peu d'usage*
8 El dans an fol amour ma jennesse embarquée.. ••
. L. H. Une jeunesse embarquée dans un amour e^i à^hn fois une impropriété de terme et une phrase inélégaule.
SCZ^ S'embarquer se dît iigurément pour s'engager à quelque chose , ou dans quelque chose : S^ embarquer dans une méchante affaire ^ dit l'Académie; S'embarquer trop avant dans une fausse démarche ; et fioileau , Sa« tire m : •
Poi^ de là s*embarquant é»iiê la nouvelle guerre g A. Tainou la Hottande ou battu PÀnglètenre.
Or, si le terme s* embarquer n'est pas impropre dans ces différens exemples, pourquoi, le serai t<-îl dans le vers de Ra~ cine? Ce que je crois , et ce qui me parait certain^ c'est que ce terme n*est que du style familier ou comique* On troure dans Molière, Amphytrion , Acte V, Scène dernière:
19e Toiis embarquez nullement -, Dans ees douceurs congratulantes s C'est un maufais embarquement*
4m : ETUDES - r
9 On TonA Toit uoins sonveiit, orgaèiilèaz et ttiiTa|;e, Tant6t faire voler an char sur le rivage » ' ' ' Tantôt I savant da^s Tart par Neptpne, inventé ^ Kendre docile au> frein an coursier indompté. « • .
L. Rio. Oh ne trokive point ici fl*obscfiirilié , quoiquon n'y puisse trouver une construction régulière. On entend qu'il veut dire : On vous voit moins souvent vous oceu" -peti tantôt à faire vokfif.^.^ tantôt .à.r^ndredocih 9 etc.
^(v^ Je ne voî» pas en quoi cette construction n'est pas régulière. Est-cç que voir ne petit pda avoir un infinitif pour régime ? £st«co qu'on ne peat pas dira tout vti\ifyieni: On vous voit,. •• /aire tK>/tfA««»9 rondi^o docile,», et qoe quand on le clil , c'est par ellipse de. ^Vca»/^#r à ? On vous ^it„.* /aire voler**** f rendre docile^ c'est-à-dire, on vous voit**,, faisant voler..** j rendant docile : c'est ainsi qu'on dit : Je rai vu arriper^ je l*ai entendu chanter^ foxxx je l'ai vu aniçamt , je t'ai entendu chantant. Et que font ici Ici adverbes moins songent el tantôt^ Que font les ad jectib orgueilleHoa et sauvage 1 La construction , en les admettant, n'en reste pas moins la même. Mais, au sujet à^ orgueilleux g nous «appellerons une observation du.Commentateur, qui nous parait fort juste* « Orgueil et fiené , » dit-il , se prennent ordinairement en mauvaise pari : y> dans cette pièce , ils se prennent .ordinairement pour une x> sévérité vertueuse. »
Des sentimeBS d'ancosuc nJÊer, si dédâignen
Mais fidèle , mai» Jier^ et même an pen faronehe
10 Que ees tains «réemens , qne ots voilea me posent!
L. H. Des voiles qui pèsent! Quell« vérité d'idée dan» cette espèce de contre-vérité d'expression ! Cette singulière espèce de beauté n'est qu'indiquée dans le grec , qui dit seulement : Je souffre arec peine lé vdtté qui couvre ma tête; mais Dénis d*Hâlicarnasse remarque une intention imiuiive dans le commencement du vers grec, comme il y
DE LA LANGUE FRANÇAISE. Sat
en a une dans le» dernières syllabe» dû vers. français* Le vers grec commence par une sorte de pied compose dé deux brèves et d'une longue (l'anapeste) > en Aorte que le vers semble tomber à la troisième "^yllab^ ,, comme la (été de Phèdre* Voilà de ces finesses de diction et d'harmonie qui doivent souvent échapper aux modernes dans les écrits des Anciens.
|{^3^ Le fond de cette remarque a été fourni par Louis Racine , et M. de Laharpe n'en dit rien » lui qui ne pardonnerait pas tH Lnneauces sortes de réticences» Il y a toutefois cette contre-vériié d* expression dout Louis Racine nO' s*était point avi^é. Mais cette conere'-^éinté csl-elle bien réelle? Y a*t-il véritablement une sorte il*opposition do mots dans ces omemens et dans ces voiles qui pèsent? II nie semble que jne pèsent peutsignîfier aas5i bien , et même plutôt, fn*incomTnodenti m'embarrassent ^ m'importu-^ Tient i qne pèsent sur moi, me surchargent, m*acca^ blent. Cela n'empêche pas que le vers ne soit toujours trèsbeau, et pour l'expression , et pour Tharmonie. Qu'il me soit permis de rappeler^ en passant , l'heureuse application qu'en fait Marmon tel, relativement à l'usage des épilhètes {Ency" clopédie méthodique , article Epithète du Supplément]» c< Quand la passion vient se saisir de toutes les facultés de » VAme , et Toccuper de son objet unique , tout ce qui n'a- » joute pas à l'intérêt de l'expression lui est étranger. Ello Ti rebute les mots de pure ostentation , elle dédaigne le soin » de plaire. Son unique soulagement est de se répandre au- » dehors. L'^/^i/A^/^ qui Taide à s'exprimer lui devient pro- » cieuse ; celle qui ne ferait que la distraire , la ralentir, la » refroidir , la gênerait ; et , comme Phèdre , la nature di- » rait alors :
Que cet yains oroeméns , qae ces Toiles me pèsent 1
11 Qaelle importtme main, en forment tons «es noods, A pris eoin sac mon frqm d'a«ieabler mes obevens?.