‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 55 sur 76 · L. Ric. De les arranger avec aH* Ce^^ndant arranger · texte numérisé non relu

L. Ric. De les arranger avec aH* Ce^^ndant arranger

5ss ET.UDES

aérait. ici un mot Faible : assembler pn^nte une xiiMig#« Elle ( Phèdre) devrait être les cheveux ëpars; c*est une main étrangère et importune qui le» a assemUës. •

{^% Que les nœuds soient de cheveux ou de tonte autra diose 5 on n'a pu les former qu'après avoir assemblé lés che^ ▼eux. Le poète eût donc pu faire dire à Phèdre, avec autant de vérité et de justesse :

Quelle importune mtia , assembltnt met eherenx ^ A. pri5 soin snr mon front de former tons ces naads?

Maïs alors l'action d'assembler les cheveux ne devenait qu'une circonstance de la phrase , et il valait beaucoup mieux la présenter comme l'objet principal : il le fallait même pour faire entendre , non-seulement que ces cheveux « maintenant assemblés sur le front 5 devraient être épars , mais qu'ils l'étaient naguère en signe de douleur et de deuiL

la Dienx ! qné ne snis^je assise à l'ombre des forêts I Quand pourrai^je , an travers d'une noble poussière , Sui?re do rœil un cbar fujaut dans la carrière ?. . .

L*B. Ceci est une traduction vive et rapide d'Euripide, e Hélas I dit Phèdre > que ne puis-je à présent m'égarer dans »> les bols i etc. ^ etc. »

L. H. On voit qu'Euripide est toujours trop long , et Racine toujours précis.

L. R. On est obligé de prononcer rapidement ce vers , suivre de l'œil, etc.

j^:^^ Ce qui était bien plus utile & remarquer, peut-être , c'est ce détour adroit par lequel Phèdre 9 pressée de s'ouvrir à Œnone , la met sur la voie de deviner œ qu'elle n'oserait lui déclarer ouvertement, c'est-i^-dire, sa passion criminelle pour Hippolyte, qui faisait sa principale occupation de la chasise, ex excellait à conduire un char rapide. Un faaMui écrivain du dernier siècle, connu surtout par la grande part qu'il a eue à l'Encyclopédie « en ëteit si émerveillé qu'il a dit:

DE LA LANGUE FRANÇAISE. SaS fc Le poète n'a pu se promettre ce morceau qu'après l'avoi» » trouvé , et je m*estime plus d'en sentir Je mérite t 'c[ue d« » quelque chose que je puisse écrire dft ma vie* »

l3 Les ombres par trois fois ont obsonroî les cîeux , Depuis qne le soaimeil n'est entré dans ros jens ^ Et le jour n trois fois ckassé U nnit plisovre , Depuis que votre oorps languit sans nourriuire* . .

L. H. Ces quatre vers peuvent ^p^rsiliTe pompeux ^ etc'esl l'avis de Luneau. Observes cependant que, s'il est plus court de dire, il y a irois jours çue vous n^avez mangé ni JormipiVon autre côté le dire en quatre vers, qui ne sont que poétiques sans être pompeux, a pour objet de rendre, par la longueor de la phrlise, la longueur de l'abstinence et de l'insomnie. Il n'y a donc que delà vérité , et point d'affectation. Cest ce qu'il était ton de noter contre ceux qui s'autorise* raient de ces quatre vers pour faire de la poésie mal-à? propos.

4C5^ Je, veux que ces quatre vers ne soient que poétiques • mais ne le sont-ils pas trop pour la circonstance ? Ne le sontils pas trop dans la bouche d'une suivante, et d*une suivante affligée de la douleur de sa maîtresse 1 Je veux que ces deux périphrases peignent mieux la longueur de l'abstinence e| de l'insomnie, que ne le ferait l'expression simple, depuis .fivis jours es depuis trois nuits , vous n'avez ni mangé ni dormi : mais celte symétrie et cette sorte d'antithèse du premier vers de la seconde périphrase avec le premier ver» de la première! N'est.<e rien là qiie de bien vrai, que de bien Naturel , que de bien conforme au langage de la douleur ?" ïe ne sais, mais il me semble que ce serait déplacé^ même dans un récit purement épique. J'aimerais mieux, fè l'a voue , que le poète n'eût énoncé le temps qu'une seule fois , et que , réduisant les quatre vers à trois , il eût dit ual exemple : . r .

Les ombres par trois fois ont o^Mprei les oienz ,. DepuiN que le sommeil n'est entre dans vos yeux Depuis que votre corps linguit sans nourriture;

ou bien:

Le jbnr • par Croit fois <thawé U ttnil' obscure , Depuis que votre dorps languit sans noorri tore ,

Depuis que le sommeil n'est entré dans yoa yeux.

Qu'on rapproche des vers si poétiqui^ d'OEnone , les vers si simples où Josabeth , dans Alhalie^ Acte !•' , Scène II, exprime que y depuis trois jours ctt trois nuils , elle ne fait (jue jeûner et prier : . *

; , Surtout j^ai oru devoir aux larmes , aux prières.

Consacrer ces trois jours et ces .trois nuits «ntièrea»

l4 A quel aCfrenx dessein vous laissec^vous tenter?

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