‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 56 sur 76 · L. B« On né dit point se laisser . ientcr à auelqw chose · texte numérisé non relu

L. B« On né dit point se laisser . ientcr à auelqw chose

' ll« H. Je suis convaincu qu*on le dit très-souvent et très- Bien* Se laisser lenier à.*.., pour se laisser aller à la ieniation ^0 •..•', est une phrase proprement française, une espèce de gallicisme elliptique. Je ne voulais pas aller à là Comédie 9 mats je me suis laissé tenter à Phèdre-

'G.' F. Se laisser tenter à t/uelque chose est contraire ï ta Grammaire et n'a rien de favorable à ta poésie. M* de Labkrpea essaye dé justifier cette façon de parler. Il a pris la peine de faire lui-même une phrase pour servir 4'exerople et d'autofité..*. Cette phrasé^ aussi ridicule que malheureuse, est Sa propre condamnation.

(f;^ Toujours des assertion^ gratuites , et jamais une seule raison ! Gomment cette phrase oondamne-t-elle Laharpe? En quoi est-elle si malheuretise et si ridioulel Se laisser tenter à f uel f ne chose contraire à la Granymaire! St depuis quand ? Une chose ne peut-elle pas nous tenter, comme elle peut nous séduire , nous ep traîner^ nous eraper<ter, nous vaincre ?Qr, ne dit-on pas très-bien, ( j*en appella ail' Dictionnaire de l'Académie), se laisser séduire à une éhose I s*y laisser entraîner, s'y laisser emporter, s^ laisser vaincre ? Toir dans Iphigènie ce qui a élé dit sur ce vers : le me laissa conduire k œl aimable' guide.

DE LA LANGUE FtlANÇAISE. daS

15 Gflees au oiel, mes mains ne sont point onminelles. ' w j ' 'Mût irnx'Bieiii qiie'^bti c^ur ibi innocent «omme elles !••

L. H. Le pronom elles ne doit point d'ordinaire se trouve^ Il la fin d'une phrase quand il se rapporte aux choses, mais seulement qàaûd^il iie rapporté aux personnes : le contraire |i*(;st, p^s un solécisme^ mab une faute d'ëléganoe. Ici t^es ndoi^ fs^njime eUe^ sont si bien placés fit y.ontsi bien au sensk £u'il^^*j| a rien à difCii Mais je ne sais si l'on rencontjcerait àam jin^çiw^ deppis J^fidramoi/ue «. pi^ autre endroit où il ait manqué jt cette règle de 44ctian ^ .aunt Voltaire .p^rittl avoir tenu bien peu 4!^. .compte- daiis s^ versification. Voin lises daiis Tancràde :

Msis qui'pèat 4lté#er Vos bontés- paternelles ?

»iisi seule y 'vonq , ma fille , e^ abnsant 'trop d'«i/^j, .

, ,. ,1 \ ." ' \ ' . • 'il" /

Qui est-ce qui ne sent pas combien cet elles , placé là»

rend la phràseiAchect languissante T Cette construction ne serait {)as supportable , "même en prose.

{^3^ Cela eH très-vrai i mais JVsfscrMtf ji'est pas la pièce de Voltaire qui passe pour la mieux écrite^ et M. de Laharpe ii*ignoràit pas qiie celles dont ce grand' poète a un peu soir gne la versification , n'offrent pas ce défaut , qu'on ne trôavërâîif pas une seule fois, je crois , daiîs toute la Henriad^^

''Au rè/s.te \ pourquoi cet elles est-il si mal placé dânS Ic^ , 'deux vers dé Tànàréde l Pareè que \ei tontes paternelles auxquelles il se rapporte , ne sont présentées que comme une simple «b^aUion y <•! qa^*l>n'^ à^ri^A^ àî dans- le premier vers, ni dans le second ^iquic^icftHle xnèflie k les per* sonniGer. Pourquoi le même pronom est-i^ j^ au cot^Wîl^;) très-bien à sa place dans les vers de Racine ? Parce que les mains ^ auxquelles iUe rapporte j spn^p^rsp imites jusqu'à un certain point , comme le cœur, par cette espèce de sentit«sent^:d'inieifUoii*^aé'S6nsbleiitiem:f^ les mots^i^ nmineihf ei'ii^ûcem^\Ei Q^tB'fmoMïÈêcàtiong soif^dià cœur, soit de la main mèmOi est très-ord.inaire| non«»al«(h .

5a6 ^ ETITDXS.'

ment en poésie , mais mérae dans la prose ëjev^^ parce qœ le cceifT concevant le crime,« et la 7yiaj^,.resëçuianl, il est asses naturel de les regarder comme j prenant une part ao-

flVC», •-.»... ....

16 Songei-^ons q[iCen naissant nuM Jicas ^roas ont rcçae ?

Xi. h. Le gërondif en naissant se rapporte par te sens \ Phèdre « et parla construction à CKnbne* C'est une faute de Grammaire \ excusable en faveur dé h' clarté et de la ()i^iàion da vers» mais qu'il ne faudrait s\& permettre qu'avec la plus grande réserve i et avec les marnes excuses bien avouées. Racine se Test très-rarement^ermiSe*

([l^ Pas tout-à-fait Si rarement , et ptiis souvent , peutêtre , que d'autres dassiqaes dont le style, i^'a pas » à beaucoup près, la môme réputation de^ pureté et d'exactitude. Voir dans Briiannicms ce qui a été dit sur les vers :

. Mes soins .en «ppmriqnce ëpargoant wn doulems , De son fils, en mourant. loi cachèrent les pleurs.

17 "bn reste' :deelialeor toai piéi li s'etbaler,

'L. H. Dans tout ce morceau sublime'de passion et de style, depuis Ces mots» mon mal vient dé> plus loin ^ etc., riea si est emprunté d|£uri|^iue; mais le poète, toujours plein de l'esunldes Anciens, a fondu dans ce couplet quelques-^uas des vers les plus passionnés que. l'antiquité npns ait laissés. Celui de Virgile:

TJl vidil utperHl'ut me mmlus eksUdit enw l

., ...Je le visjjo fottgia^iepUia à «a vue.

Celui d'Horace : ~ •

In me tola ruens yisnus.

C'est Vénos toute entière k sa proie attachée.

Si^Veia.vera de>)|k.^neaiseOde de Sa^ho,. traduite par Beî« kau, maia qui sènifeados idt avecS pJbis .duAnbles^e «i4*élér

DE LA LANGUE FRANÇAISE. Sty

tJn trouble è'ëleva dans mon lime ëperdae.

Mes yetijL ne voyaicni pins , je ne poayais parler j

Je senlis toat mon corps et transir et bràier.

Et dans loua ces endroits imités , Rocine me paraît supërienr aux originausE ; et quels originaux I Et-dans ce qui est à lui , il n'est pas au-dessous. On convient génëralement que la scène entière est un modèle étonnant de toutes les beautés tragiques et poétiques dans leur perfection ; intérêt, dialogue et siyle , tout y esl au plus haut point. Une pareille scène pèse plus d'une tragédie , et Racine en a plus.d'une de ce poids.

O ^«>'^^« *a«^îne » qui a fourni le fond de cet article, rapporte , avant le vers si énergique ,

C*est Vénus tonte entière k sa proie attftebée , celui dont il est précédé 5

Ce n'est plos nne ardeur dans mes veines eaekëe^ .

et il y ^'oint une observation qui me parait pouvoir contrl-i buer à faire connaître le génie de notre langue, ce La Phèdre >> de Garnier disait :

> • • • • L*amonr consomme enclos M L'humenr de ma poiuine, et dessèche mes os j » Il rage en ma moelle , et Je cruel m'enflamme » Le eœur et les poumons d'une mortelle (Umme.

» Notre style noble ne reçoit plus moelle^ poumons, poi^

» irine. Vaugelas prétend t{\xe poUrinô est proscrit, parre

» qu'on dit une poitrine de veau. Plusieurs autres mots

» sont proscriU du style noble , sans qu'on en puisse donner

» de raisons, comme sueur, moelle , les poumons , Ua

» ^Tï/m/Z/tfjysi ccnestau'figuré. V estomac n'a pas plus

» de privilège, quoique CorneiUe l'ait liait entrer dans un

3» vers de Rhodogune :

» D'une profonde plaie, en l'estomac ouverte.

)> Nous n'osoDfr MOmmer Us nerfs, ei aous booiiboiis étégani- » menC les f eine» :

> Ce n'est plus ai|e ardcor dans mes veines cachée..../ » Jusu ciel ! v>QtinMi sang daiia tstm ?«ûae»te gWte..'. .

£sthen

M Je ictts de teistf en rtxnt tfntf «abffle llamme.

Boilaiu»

Voilà ce que dit Louis Racine, et c'est en gënéralasses juste, avec celte restriction, toutefois, que Tari et le talent parviennent souvent k donner de la noblesse à ce qui en paraissait le moins susceptible. Est-ce que sueur , par exemple, n'est pas très-heureusemenC placé dans ces^vers de DeliQe, tra* duction des Qéorgi^ues , livre III :

Le coattfier, i*œfl ^eiiit et Pcrreilfé héittét , Diatillant lentement nne sueur glacée , Languit I chancelle , tombe , et se débat en vaûi.

18 Détrompes son erreor, fléchisses son coarage.

L. Hic. Il e«i vrai , comme 1er remarque M. d'OTîvet , que détromper une erreur n'est pas en usage. Le poète qui pouvait mettre, corrigez son erreur^ a préféré détrompez.

UxB. Desfont, ce Je u^ose, dit M* d'Olivet, reprendre » cette hardiesee dans un. poèleu)» Voilà M. d'OKvet, qui enfin approuve dans nos vers ce qoi serait haibare dans notie prose. Hé ! potir(|ucn coftunence-^t-il si tard à eotanaitre la différence des deux slyles?.>,*

L. B. et L. H» On détrompe quelqu'un , on le fait revenir de son erreur; mais on ne dit pas également détromper l'erreur de quoiqu'un , comme Ta remarqué M. Tabbé d'Olivet.

G. F. L'usage veut qu'on dise détron^er^ désabuser ^ dans un sens absolu ; on, quand on y joii>t un régime, on dit détromper^ désabuse f de quelque chose, parce que ce n'est pas V erreur qui se trompe ; c'est celui ou celle qui est dans Verreur,

DE LÀ LANGUE FRANÇAISE. 5^^ j[^^ Boileaa ai ëlë sans cloate phis exact ^[iiànd ii a dit ^ Satire IX:

Bétrômpei^ lés esiptki dés étretm dé leur tcv&ty» f

maïs i\ rf parlé en ♦ert comme bn parlerait en prose; et if S*agtt ée savoir si , dans lé st^le pa^ionné db la poésie ^ dé^ irompet Vérfeur de çuêlfu*iàn est absolument vîciéur. D'abord , je trouve que M. de Laharpe est peu d'accord avec* lui-même, pûis<]pi1l a Yùtié àilletits dos expressions ana-»' logaes à etHie^là^ par e:rempl6 , âaasBaJazec: l'ont ce tfui eonçaincra leurs perfides amours ; et dans Mithridai:e i Épargnez mes malheurs. En quoi: détrompes son erreur^ est-il plus absurde ? Et pnis ^ tout le monde n'approuve- t-il ^% fléchissez son courage 't Or, détrompez son erreur est-il , au fond y beaucoup plus hardi ? Il est pour déirom^ peZ'le fuant à son erreur^ tout comme fléchissez sofz courage est pour fléchissez -le quant à son courage , et il n'est pas besoin de voir là une personnificalion piroprement dite.

* 29 Ce n*«tt dono point, Isméne, m brdit mal «fferati?

L. H. Terme impropre. Mal assuré était ici Tespression nécessaire , parce qu*o/» Ôruit nïal assuré ne signifie qu'i#/» bruit mal constaté ; ce qui est le sens dé la phrase , et Ton Toi-t que, dans ce sens, affermi jûl ait plus synonyitie dW- ^uré*

G. F. Mal affermi est impropre; mal assuré le serait davantage : et je suis étonné que M. de Laharpe l'approuve , tandis qu'il condamne malafferrr»-^ on ditivis hrAit'vague^ incertainm , .

{^^3^ Je veux que mal assuré toit iMvpropre ; niaîa sevait- H plus impropre <fa^ mat affermi ? Mai assuré veut dii%' à-peu-près peu sûr, et mal affermi , peu fern%e. Or, un\ bruit peu sûr serait*il en effet plus répi'ëhensible qu'unt bruit peu ferme ? Bruit est ici pour nouvelle , et Ton dit^ assurer ime nouvelle i maiidirnt«'OB \ affermira Qullesl*

63ù ETUDES

rare que M. Geoffroy fasse une remarque tout-4i*fait )iiate ! Voltaire dit 5 dans la JWori de César^ Acte I«', Scène III :

Un brait trop «onfirinë se répand sar la terre.. ••

et il a pu le dire , si le bruii n*est censé -irop eonfinné qu'après avohr commence à se répandre , et si irop eenfirmi est» comme entre deux virgules, pour^/i» ne -se confirme fue trop ;'si j en un mot, la confirmation An bmit n'a fait que venir après le bruit répandu ou se répandant* Il a pu le dire, parce qu'il en est h-peu-pràs d'un bruis comme d'une nouvelle ^ et qu'on dit très-bien confirmer une aokçelle i ou qu'une nouvelle se confirme.

so Mais qn*il n*a pu sortir de oe triste séjour, Et repasser les bords qu'on passe sans retour.

L. H. Il est impossible de mieux rendre ( que ne Ta fait Bacine par ce dernier vers) ce que les Latins exprimaient par uh seul mot : ripam irremeabilis undœ , Virg. C'est ttn avantage de leur langue : la nôtre n'admettrait point jnvpassable. Mais remarquez la beauté poétique de ces quatre Vers d'une confidente, qui pourtant n'ont rien de res^em* blant à l'enflure: c'est que ce sont des idées de la Fable, avec lesquelles notre imagination est familiaiisée d'avance daos un sujet fabuleux.

(Jî^ Ces quatre vers si beaux sont , avec les deux ci«de»- 5us , les deux derniers des quatre suivans, qui les précèdent:

On dit même, et ce bruit est partout répandu ,

Qu'avec Piritboib aux eifers descendu,

Il a vu le Cooyte et les rivages sombres ,

Et s'est montré vivant aux infernales ombres, etc.

Un mauvais plaisant pourrait dire qu'il n'est pas étonnant qn'on ne puisse repasser des bords qu'on ne repasse point. Mais ces bords qu'on ne repasse point , ne pent-on pas lâcher, s'efforcer de lesTepasser, comme on peut lâvher, s'efforcer dejléchir ce qui est inflexible , de réparerce qai csst irréparable, ou de pénétrerez qui QsiimpénélnUtel

DE LA LANGUE FRANÇAISE. SSt

n faut senlement que rdcrivain sache , comme Racine , faire approuver ces sortes d'expressions, ce On s'est moquë^ dit Louis » Racine , de ce vers dé Longepicrre daris son Electre : n

Mais on n^éfface point def Iraiu ineffaçables.

ai Je sais de ses froideilrs ^ut ce que l'on récite.

G* F. On dit hien faire un ricii^ fonr/aire une narrai tiorà , et l'on peut dire aussi réciter, pour raconter : il est cependant aujourd'hui peu usité en prose dans ce 8en»-là« Réciter, à proprement parler, c'est prononcer ce ^ue l'on . a appris par cœur y moins il est en usage enprose dans le . sens de raconter, e( plus il convient à la poésie. . < .

^^^ Ne dirait*oa pas ^ d'après cela , que raconter^ comme bien plus en usage , assurément , en prose y convient moins h la poésie ? Je suis sûr cepend^ni qu'en poésie» commq en prose» on le préférera généralement à réciter ^ et que même on l'y jugera seul propre dans bien des cas» comme ,

par exemple , quand Henri IV dit à la Reine Elisabeth , Heariatic, Chanil«» :

Pourquoi demaades-YOus que ma bonolie raconte Des prinoes de mon saug les fureurs et la boule?

aa £t même , en le rayant , le bruit de sa fierté A redoublé pour lux ma ouriosité.

L. H. Curieux peut entrer en vers dans le style noble : curiosité ne le peut guère , à moins que la curiosité ne soit ^ personnifiée , comme dans le style épique» De plus a reJou* blé ma curiosité pour lui n*est pas une asse&- bonne phrase ; ce vers est inélégant. On remarque ces sortes de vers dans ce qni est supérieurement écrit» comme on en remarque qael- , ques-uns de passables dans ce qui l'est mal* '

^^^ Le bruit de sa fierté est pour le bruit qu'on fait de sa ilerté » comme dans Iphigénie , le bruit de sa noblesse est pour le bruit qu'on fait de sa noblesse. Il a été déj[à observé sous le n^. 9 » t^'e fierté, se pend en bonne part relativement à Hippolyte« •

Mais n'y at*t-il rieQ à dire sur ^ca gëropdif ^ en le voymu^ ]N'est*il pas ^ussi mal placé que celui ^oi a é\é critique par le ipême Conunentateur dans le vers ^

SongeB-Tçoi qu'ep :naJ8sant ^et bras voii9'<>ot reoaef

En le voyant ne 8erappjorte^l«-il pas, parla construction, aa iruiâ de sa fierté ^ tandis que » par l.e sens, il se rapporte à Phèdre ?

a3 Le fer moisAotma tout ; et la terre liomeetée Ikit è regret ile «ang des neTcas d'Cf:^|ée«

L. B. L*ëpithète Shumectèe est inutile ; mais c^est Hih convénicnt de la rime. L*expression la terre but le sangeii prise d^Eschyle , dans les sept chefs devant 2''hèbesJ9a6s^ a{outeqaela terre hutà regret le ^ang,... d*Brccthéef(!eii que ce roi était fils de la terre.

L, H. La richesse da cette rime , accolée si heurenseroeDC à ce nom ^Ereektée j celte espèce de rime pea commane aans paraître recherchée, l'harmonie remarquable de ces deux vers , le rapport naturel entre humectée et hnt^ toutes ces raisons jréMoies ne me permettent pas de voir ici 4c Vinconvéniemt ni de VinutiUtà* Il n'est pas de principe qae toute épithète, tout dâuil qui n'est pas A}>soUiixient nécessaire au sens de la phr^^ çq prose/ spit iaulila àU phrase en, vers. Il y a des épithètes et des détails d'ornenœnt pt lie l*iclicsse , et ce' sont des attributs de toute poésie. Le goût consiste donc à distinguer ('usage et Pâ-propos , et il fa^^ examiner toqt avant dé prononcer que le plus parfait deji éçrivajiis français a employé un mot |:^pndanJt.

. QHÇ^ l4)i^ Racine préférait l'épith^te inondie ou itir^uvèe à Tépithète hnnf^çtçe » q\ii nç lui parait pas a^e^ forte. Cepei^dan^ il trouve que cette épithète plait , ^t i] croit en voie la raison dans la beauté de la rime. Pour moi , je peo' serais qpe , |a terre étapt personnifiée pair l'action de boire a regret f une épithète relative |i sa douleur eût été de beaucoup préférable^ tant h celle que le poètç a employée i qu'a celles que son fils indique en échange*

%4 T^me , je ftM c« loi de pins aobUt rîiiiasies^ liMkTMAQ» ^ tMi fèe» f et «on p«i jU« ImUms«9.

L. B. Le mot priser s'est perdu en poésie : cependant l^asage qu'en fait ici Racine aurait Ml le faire conserver.

L. H. Le Commentateur fait faire couvent <l«s pertes imaginaires. Qui est-ce donc qui empêcherait de dire ea vers :

J'estime 81b yertu , je prise ses seryices.

. Ç^y^ Je cjnoirais ass'ev que priser n*est pas d'un trèsgrand usage dans la poë3ie héroïque , ou qu'il ix'y serait pas toujours aussi bien placé que dans le^ vers de JElacioe > mais 4|u'oa p^ut Teioployer très^bien dans les genres moins élevés , ainsi que l'a fait osses souvent BoUcay , coxome quand il dit. Satire ÏII:

Tandis que mon faquin , qui sa Foyait priser, Atco.ub ris moqnonr les priait d'exAiMer. • • •

Satire IX , en parlant de GhapeFain :

Qn'oB vante en lai rbonnenr, la ioif la probité 3 Qu'on prise aa eandenr et aa «ifilitc.» • •

Ëpttre IX f en parlant de ses vers :

Qae le bim et le mal y sont prisés au juste.. . •

n y a même bien des cas 9 sans doute, oit priser convient mieux c^ estimer : par exemple , quand il s'aigit bien moins de la haute ou bonne opinion qu'on a d'une chose , que du prix qu'on y attache , ou quand on regarde bien moins encore à son mérite ou à sa valeur réelle et intrinsèque , qu'à l'utilité y à l'avantage 5 à l'agrément qu'on y trouve»

a5 Je réyoqne des loix dont j'ai plaint la rigueur.

L. B. On se plaint de la rigueur d'une loi , mais on ne peut pas dire ea plaindre la rigueur* ( Dissertation sur les tragédies de Corneille et de Racine, tome II » page 377. )

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